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Midi-Pyrénées

Midi-Pyrénées, la vallée d'Aure
Midi-Pyrénées, la vallée d'Aure

Région administrative de France regroupant 8 départements : Ariège, Aveyron, Haute-Garonne, Gers, Lot, Hautes-Pyrénées, Tarn et Tarn-et-Garonne.

  • Superficie : 45 348 km2
  • Population : 2 881 756 hab. (recensement de 2010)
  • Chef-lieu : Toulouse

GÉOGRAPHIE

La Région est l'une des plus vastes de France, mais compte moins de 5 % de la population totale. Elle s'identifie à peu près avec la zone d'influence de Toulouse. Elle regroupe de vieilles provinces historiques ou une partie d'entre elles : le Comminges, le Couserans et le comté de Foix dans les Pyrénées ; la majeure partie de la Gascogne à l'ouest ; le haut Languedoc autour de Toulouse et d'Albi ; le Quercy et le Rouergue, avancées de la Guyenne au nord.

Les conditions naturelles

La Région appartient dans son ensemble au domaine de climat océanique ; les pluies y sont toutefois moins abondantes que dans la partie occidentale du bassin d'Aquitaine ; les sécheresses estivales, en particulier, y sont nettement prononcées, rendant souhaitable l'irrigation d'appoint dans nombre de régions. Les affinités méditerranéennes du climat se retrouvent dans le régime des vents locaux, en particulier dans la fréquence de l'autan. Le climat se teinte d'affinités montagnardes sur les plateaux de moyenne altitude et sur les montagnes tarnaises et aveyronnaises ; il prend un caractère nettement montagnard dans les Pyrénées centrales.

Le relief

Les Pyrénées

Le massif des Pyrénées se dresse vigoureusement au-dessus des plaines et des plateaux du sud de la Région. La transition est brutale entre les horizons tabulaires du plateau de Lannemezan, modelés dans des cailloutis grossiers, et les sommets tout proches, plus massifs que dans les Alpes. Parmi ces derniers, nombreux sont ceux qui dépassent 3 000 m le long de la ligne de crête marquant la frontière avec la péninsule Ibérique – ensemble culminant en Espagne au pic d'Aneto (3 404 m) et en France au Vignemale (3 298 m). D'étroites vallées perpendiculaires à l'axe de la chaîne permettent de les atteindre. En quelques kilomètres se remarque l'étagement de la végétation avec les nuances liées aux différences d'exposition entre les versants – soulane (adret) et ombrée (ubac) : chênes, hêtres, conifères et prairies d'altitude. Dans une montagne qui se dépeuple, la friche gagne au fur et à mesure que disparaissent les derniers témoins des anciens systèmes agropastoraux. Tout un monde cloisonné s'organise autour des vallées communiquant difficilement entre elles, sinon par des cols élevés qui jalonnent les fameuses étapes du Tour de France cycliste (Aspin, Peyresourde, Tourmalet). Les routes s'enfonçant dans la montagne se terminent en cul-de-sac, quand elles ne conduisent pas à des passages à haute altitude, impraticables l'hiver (col de Puymorens).

Les Pyrénées de l'Adour et des Nestes, quoique étroites, sont une véritable barrière. Pour contourner ces obstacles, des tunnels ont été percés à Viella, dans le val d'Aran espagnol, et entre Aragnouet et Bielsa, au fond de la vallée d'Aure. Cependant, la quasi-totalité du trafic passe aux extrémités de la chaîne, à l'est par le col du Perthus, à l'ouest par les routes du Pays basque. Il en va de même des communications ferroviaires : dans la partie centrale de la chaîne, grâce à un tunnel aménagé sous le Puymorens en 1929, une seule voie ferrée assure les relations vers l'Espagne.

Au sud de la Haute-Garonne et en Ariège, la transition entre la montagne (pic de Montcalm, 3 080 m) et l'avant-pays est moins brutale. Elle se fait par des massifs isolés (ainsi le Saint-Barthélemy au nord du cours moyen de l'Ariège) et des petits chaînons calcaires (Plantaurel, Petites Pyrénées), dont les sommets culminent aux alentours de 600 m ; les rivières, comme à Lavelanet, les traversent par d'étroits passages (cluses). La vallée de l'Ariège permet de gagner assez aisément l'Andorre et l'intérieur de la Catalogne.

La partie orientale du Bassin aquitain

Entre les Pyrénées et le Massif central s'étend la partie orientale du Bassin aquitain, vaste cuvette où se sont accumulées, depuis l'ère paléozoïque, d'énormes épaisseurs de sédiments. Cet ensemble complexe a subi de nombreuses déformations, en particulier au moment de la surrection des Pyrénées et lorsque le vieux Massif central, réduit à l'état de pénéplaine, a été soulevé et fracturé. Il s'agit d'un pays de faible altitude (de 200 à 400 m en général).

On oppose deux grands types de paysages de part et d'autre de la gouttière qui, entre Carcassonne et Agen, s'étend du seuil de Naurouze (ou seuil du Lauragais) aux plaines de la moyenne Garonne, où s'écoule le grand fleuve à partir de Toulouse. Alors que vers le nord s'impose progressivement une topographie de plateaux, le Sud est le domaine plus confus des collines ; seules de larges plaines alluviales viennent apporter quelques lignes directrices au relief. Au nord, la topographie est déterminée par les couches de terrains secondaires et tertiaires, relevées vers le Massif central. Les horizons tabulaires l'emportent. En fonction des inégales épaisseur et résistance des assises calcaires se trouvent soit de beaux plateaux où les rivières (le Lot, la Dordogne moyenne et l'Aveyron inférieur) s'enfoncent en de profondes et pittoresques gorges (causses du Quercy), soit des lambeaux de plateaux qui se réduisent en de longues échines disséquées par l'érosion (pays des Serres, en bas Quercy). Les Causses du Quercy, dont l'altitude excède les 400 m, sont déjà un milieu rude.

Au sud, les terrains sédimentaires ont au contraire subi de violentes déformations ; enfouis en profondeur, ils ont été recouverts par les sédiments provenant de l'érosion des Pyrénées. Dans ces pays de molasses tertiaires dominent des argiles plus ou moins mêlées de sables, de cailloutis ou de dépôts calcaires. Les fleuves et les rivières ont façonné un paysage complexe de collines et de plaines. Gascogne (à l'ouest de Toulouse) et Lauragais (à l'est, aux confins de l'Aude, de la Haute-Garonne et du Tarn) sont le pays des collines à fortes pentes et sans véritable ligne directrice. À l'ouest de Toulouse, dans le Gers, les vallées dissymétriques (Gers, Save, Baïse) aèrent faiblement la masse des coteaux gascons établis au pied du plateau de Lannemezan. Le milieu s'organise en fonction des grands cours d'eau ; certains ont dégagé de vastes plaines alluviales, aux terrasses étagées, qui apportent quelque aération et sont empruntées par les grandes voies de circulation : Tarn, Hers-Mort, qui mène au seuil de Naurouze, Ariège et surtout Garonne, dont les plaines vont en s'élargissant avant de se confondre aux portes de Toulouse pour atteindre une largeur de 25 km. Dans la moyenne Garonne, entre Montauban et Agen, où se réunissent les basses vallées des affluents de rive droite (Tarn, Aveyron, Lot), cette topographie prend plus d'ampleur.

Les contreforts du Massif central

La transition entre le Bassin aquitain et le Massif central se fait par endroits sans brutalité lorsque les terrains anciens plongent en pente douce sous les couches sédimentaires aquitaines. Ce changement a très peu d'effets sur la végétation. Ailleurs, le contact est plus vigoureux : le bâti hercynien, cassé et basculé, s'impose par des contreforts dominant les plaines sédimentaires (Montagne Noire, monts de Lacaune). On entre alors dans une zone plus rude, aux caractères accentués avec l'altitude. Si les horizons tabulaires et les profondes vallées l'emportent partout, on ne saurait négliger les grands contrastes de la géologie. Les roches siliceuses donnent les terres froides des ségalas du Tarn et de l'Aveyron, régions longtemps dominées par la culture du seigle ; le chemin de fer et les liaisons routières ont permis l'apport d'amendements et d'engrais, indispensables aux progrès d'une agriculture désormais largement tournée vers l'élevage. Les dépressions des rougiers et les gorges du Tarn, de part et d'autre de Millau, ainsi que celles du Lot, en amont d'Entraygues-sur-Truyère, sont des coupures dans les plateaux du Ségala et des Causses, eux-mêmes en contrebas par rapport, d'une part, aux horsts des monts de Lacaune et du Lévezou, et, d'autre part, aux hauteurs volcaniques de l'Aubrac. Sur les calcaires se sont façonnés les célèbres paysages des Causses, dont les beautés naturelles, liées à l'érosion karstique (gouffres, grottes, canyons...), ne sauraient faire oublier la gageure que constitue leur mise en valeur. Vers le nord-est, enfin, c'est par le haut plateau de l'Aubrac, au sud du Cantal, que s'effectue le contact avec l'Auvergne.

Le climat

La variété et l'irrégularité des climats accentuent encore la diversité des grands ensembles morphologiques. En été, les influences méditerranéennes pénètrent profondément ; de Narbonne à Toulouse, elles suivent la grande dépression qui s'étend entre la Montagne Noire, dernier contrefort du Massif central, et les reliefs qui annoncent les Pyrénées. Souvent aggravée par le vent du sud-est (autan), la sécheresse s'installe dès la fin du mois de juin dans le Lauragais avant de gagner la Gascogne. Cette période de fortes chaleurs, parfois ponctuée de violentes précipitations orageuses, dore les blés peu de temps avant la récolte. Survenant trop tôt et perdurant trop longtemps, elle peut compromettre la culture du maïs. Dès la fin du mois d'août, les orages marquent la fin des grandes chaleurs. Une longue et agréable transition vers l'automne commence alors avec de belles journées ensoleillées qui triomphent de plus en plus difficilement des brumes matinales que font naître les premières pluies, venues de l'Atlantique. Moins arrosé en hiver que l'Aquitaine voisine, qui est largement ouverte sur l'océan, le Midi toulousain ne bénéficie pas de la même douceur. Les températures y sont fréquemment plus basses, et le nombre de jours de gel est plus élevé. Mais, dès qu'arrive le printemps, la lutte entre les influences atlantique et méditerranéenne devient plus vive et plus incertaine : avec beaucoup d'irrégularité se succèdent alors, pendant de longues semaines, des journées déjà chaudes et des périodes très arrosées. Si le printemps donne certaines années un avant-goût de vacances méditerranéennes, son instabilité déconcerte les Toulousains ; dans le même temps, les côtes languedociennes et roussillonnaises bénéficient d'un ensoleillement moins capricieux.

Mais ce schéma général est fortement altéré dès que l'on s'éloigne des zones de plaines et de collines pour gagner les marges montagnardes. Aux abords des Pyrénées ou du Massif central, l'hiver est plus rigoureux. Si la neige et le froid perturbent fréquemment la circulation et les activités sur les plateaux aveyronnais et dans les montagnes, ils sont attendus avec impatience par les stations de ski. Grâce à l'altitude et à une meilleure exposition aux grands flux d'ouest, l'enneigement, dans la partie centrale de la chaîne, est plus abondant et moins dépendant des fluctuations interannuelles. Dans les Pyrénées ariégeoises, en revanche, il est plus aléatoire. En été, l'altitude permet d'échapper aux très fortes chaleurs qui sévissent dans les plaines et les collines.

Les hommes et les activités

La population

La répartition des hommes et des activités a été profondément modifiée depuis la Seconde Guerre mondiale. Après plus d'un siècle de déclin démographique, la population augmente, et la Région attire de nouveaux habitants (+ 105 000 pour la période 1982-1990, et + 121 000 pour la période 1990-1999), ce qui témoigne d'un dynamisme économique certain. Mais, s'il apparaît globalement positif, le bilan est loin d'être homogène : les contrastes s'accentuent au sein même de l'espace régional.

Entre les recensements de 1999 et de 2006, la Région a gagné plus de 225 000 habitants, ce qui représente une augmentation de près de 9 % ; cette progression permet d'effacer les conséquences des décennies de dépeuplement et de dépasser, pour la première fois, le maximum démographique du milieu du xixe s. En rupture totale avec les tendances observées par le passé, le bilan migratoire n'a cessé de s'améliorer. Si Midi-Pyrénées continue à perdre des habitants au profit d'autres Régions françaises, elle en attire désormais davantage. Ces flux, inégalement répartis, profitent essentiellement à une vaste auréole urbaine qui grandit de plus en plus autour de Toulouse.

Le déséquilibre de la hiérarchie urbaine, déjà très accentué, n'a cessé de s'accroître : 44 % des citadins résident dans l'une des 58 communes de l'agglomération toulousaine, soit huit fois plus qu'à Tarbes, la seconde cité régionale. Si l'on excepte la métropole toulousaine, Midi-Pyrénées demeure une Région de petites unités urbaines ; seules dix villes, dont les chefs-lieux de départements (hormis Foix) et des villes industrielles (Castres et Millau), dépassent 20 000 habitants. Autour de ces agglomérations, l'urbanisation s'est largement diffusée dans les campagnes, ce facteur expliquant le bon comportement démographique des communes rurales depuis 1975. En dehors des zones périurbaines, qui sont de plus en plus dilatées, la situation s'aggrave : 11 % seulement de la population, dont le vieillissement est très prononcé, vivent sur 40 % du territoire « rural profond ».

L'économie

Les succès remarquables enregistrés dans l'agglomération toulousaine et la forte poussée des emplois tertiaires ne sauraient faire oublier les menaces qui pèsent sur l'agriculture, qui a perdu 29 000 emplois entre 1990 et 1999, et sur de nombreux petits foyers d'industries anciennes. L'évolution économique de ces derniers est préoccupante. De taille trop modeste, insuffisamment modernisés pour faire face à une concurrence internationale accrue, ils ont tous été confrontés à des adaptations ou à des reconversions difficiles, entraînant le plus souvent d'importantes compressions de personnel ; ce fut notamment le cas dans les bassins houillers de Decazeville et de Carmaux, où le charbon n'est plus exploité. La situation des petits centres dominés par le textile, le travail des cuirs et des peaux n'est guère plus enviable. Seule l'industrie toulousaine, soutenue par l'industrie aéronautique et l'électronique, semble resplendir, renforcée par l'implantation récente d'entreprises de biotechnologie. La région est d'ailleurs le premier pôle national de recherche en microbiologie et le deuxième pour les biotechnologies végétales. En termes globaux, le rythme de la croissance régionale s'est accéléré et, en 2007, la Région a réalisé 4 % du produit intérieur brut (P.I.B.) national (75 milliards d'euros, huitième rang). En 2009 ,le taux de chômage (9 %) est désormais égal à la moyenne nationale.

L'agriculture et l'agroalimentaire

La Région est se partage entre cultures céréalières, cultures fourragères, élevage et forêts : 1 630 000 ha sont en labours (693 000 consacrés aux céréales et 136 000 en jachères), 652 000 toujours en herbe, 42 000 plantés en vigne, 18 000 occupés par des vergers ; 1 264 000 ha sont boisés. La montagne pyrénéenne, forestière et herbagère, contraste avec un vaste secteur fortement déboisé. Une grande zone de cultures céréalières s'étend du nord des Hautes-Pyrénées au sud du Tarn et englobe une grande partie du Gers, de Tarn-et-Garonne et du nord de la Haute-Garonne. Le Lot est une terre de bois et de friches. Dans l'Aveyron, l'herbe prend une place de choix.

L'agriculture était autrefois facteur de prospérité. Alors que la culture du pastel était pratiquée depuis le xvie s., le blé, à la fin du siècle suivant, alimentait un négoce actif vers des régions déficitaires du Bassin méditerranéen ; il était alors associé au maïs, plante américaine. Au xixe s., avec l'intensification des échanges, ces productions subirent la concurrence des importations. Les grands domaines, qui ne pouvaient assurer des revenus suffisants à leurs propriétaires – bourgeois citadins pour la plupart –, furent peu à peu démembrés et morcelés en petites exploitations que les paysans purent acquérir. Une polyculture vivrière diversifiée, peu productive et prioritairement destinée au ravitaillement des familles vivant sur les exploitations, s'est alors généralisée. Faute d'excédents commercialisés, de nombreux marchés virent leur activité décliner, entraînant la stagnation des bourgs et de la plupart des petites villes.

Après une longue période de léthargie, l'agriculture a connu d'importantes mutations. La nécessité d'affronter la concurrence nationale et de s'ouvrir au marché européen a suscité des reconversions. L'investissement et la modernisation ont entraîné la restructuration des exploitations. Entre 1955 et 1988, alors que la surface agricole utile régressait de 19 %, plus d'une unité sur deux a disparu, la taille moyenne des exploitations passant de 14,8 à 27,2 ha. Dans la majorité des départements de la région, les exploitations de plus de 50 ha sont en proportion beaucoup plus nombreuses qu'au niveau national. Cependant, les exploitations de moins de 50 ha sont encore les plus nombreuses : elles représentent deux exploitations sur trois. De meilleurs rendements et l'amélioration de la qualité des produits livrés sur le marché sont allés de pair avec la simplification de l'ancienne polyculture. L'orientation est plus nette encore pour les céréales (blé, maïs), avec une progression récente des oléagineux (tournesol, sorgho), plantes moins exigeantes en eau.

Sur les marges montagnardes du Massif central (surtout dans l'Aveyron) ou des Pyrénées, l'élevage l'emporte et guide la mise en valeur des sols. On compte 1 310 000 bovins. L'Aveyron élève par ailleurs 1 078 000 ovins, surtout pour la fabrication du fromage de Roquefort ; ailleurs, notamment dans le Lot, les moutons sont surtout élevés pour la viande (au total 2 260 000). Enfin, dans tout l'est du bassin d'Aquitaine est pratiqué un élevage de volailles très diversifié, notamment dans le Gers.

Quant aux productions plus spécialisées (vins, fruits, légumes), autrefois présentes sur toutes les exploitations, elles se concentrent dans des zones mieux délimitées. Les producteurs privilégient systématiquement la qualité pour s'imposer sur un marché international où sévit la concurrence de l'Espagne et du Portugal. C'est par exemple le cas des vignobles. Ainsi, l'Armagnac, notamment dans sa partie occidentale autour de Condom et d'Eauze, tire, à juste raison, une large renommée de ses eaux-de-vie, le vin rouge de Cahors est réputée, les vins blancs de Gaillac n'ont guère qu'une audience nationale et ceux de Fronton sont essentiellement vendus dans la région toulousaine. La vigne, pour la production de chasselas, est cultivée aussi dans la région de Montauban. L'empreinte de la polyculture reste vivace ; certaines spécialités, aujourd'hui valorisées (foie gras, charcuterie), peuvent apporter un complément de revenu appréciable, ce qui encourage le maintien sur les exploitations d'une production diversifiée intégrant aviculture et élevage porcin.

Le secteur de l'agroalimentaire demeure le premier secteur économique de la région, à la fois en valeur et en nombre d'emplois salariés. Toutefois, l'ampleur des mutations agricoles et les incontestables réussites ne sauraient faire oublier l'inquiétude qui règne dans les campagnes. La limitation des aides européennes accordées dans le cadre de la politique agricole commune ne permet plus de garantir des prix rémunérateurs. Une majorité d'agriculteurs, fortement endettés, voient ainsi gravement compromis les efforts qu'ils ont consentis au cours des dernières décennies. La survie de beaucoup d'exploitations semble aléatoire à court terme. Le problème des espaces ruraux condamnés à devenir des pays sans paysans se trouve alors posé.

L'industrie

L'industrie connut longtemps un essor limité, animant de modestes foyers urbains, souvent en périphérie, sur les marges du Massif central ou aux abords des Pyrénées, c'est-à-dire dans des zones où les conditions naturelles s'avéraient moins propices à l'agriculture. Les ressources en matières premières sont faibles : carrières de marbre (Saint-Béat), de pierres à abrasif et grande carrière d'altitude de talc de Luzenac, dans l'Ariège. L'exploitation de petits gisements de charbon fut à l'origine de la sidérurgie et de la métallurgie du zinc dans le bassin de Decazeville, tandis que les mines de Carmaux, autour d'Albi, alimentaient verreries et usines métallurgiques. Souvent héritiers de traditions artisanales locales, d'autres petits foyers industriels s'organisèrent autour du travail de la laine (Castres, Lavelanet, Bagnères-de-Bigorre), des cuirs et des peaux (Millau, Mazamet, Graulhet). Nombreux furent aussi les cas de déclin, voire de disparition, d'activités industrielles victimes de la concurrence (draperie de Montauban, métallurgie ariégeoise...). L'équipement hydroélectrique des Pyrénées (vallée d'Aure, Luchonnais et bassin de l'Ariège) et du sud-ouest du Massif central (basse Truyère et Lévézou) ne parvint pas à inverser cette tendance. Il fallut attendre des initiatives extérieures pour voir se créer des industries nouvelles lors de la Première Guerre mondiale. La volonté d'installer des usines stratégiques le plus loin possible du front favorisa l'implantation d'établissements travaillant pour le secteur de la défense : électrochimie et électrométallurgie dans les vallées pyrénéennes, chimie et constructions aéronautiques à Toulouse. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les départements qui forment l'actuelle Région avaient surtout en commun le lourd héritage d'un médiocre xixe s. : une population affaiblie et vieillie, une agriculture mal préparée aux défis de la construction européenne, des industries sans envergure et des liaisons imparfaites avec le reste du pays. Ces problèmes constituaient sans doute un des rares facteurs d'unité de cette partie du sud-ouest de la France.

En choisissant Toulouse comme l'une des grandes métropoles d'équilibre du pays, l'État, depuis le début des années 1960, a donné une impulsion décisive au développement de la ville rose. Dotée des grands équipements publics à vocation régionale (universités, centres de recherche, hôpitaux, aéroport...), la capitale régionale a bénéficié d'importantes décentralisations visant à renforcer sa vocation aéronautique, héritage de la Première Guerre mondiale : grandes écoles de l'aéronautique, Centre national d'études spatiales (C.N.E.S.), Météo-France.

Deux grands pôles d'activité se sont développés : au nord-ouest de l'agglomération, près de l'aéroport (Blagnac, Colomiers) et autour des usines d'EADS Airbus, où sont assemblés les Airbus et les ATR (avions de transport régional) franco-italiens ; au sud-est, autour du C.N.E.S. et de l'université scientifique. C'est là que s'est enclenché, dans les années 1980, un processus de développement technopolitain : la présence d'une importante concentration de matière grise a favorisé l'implantation d'activités tournées vers les hautes technologies. Ce mouvement, initié par Matra, groupe construisant ici des satellites, s'est diffusé au sein de parcs scientifiques ou technologiques. La création d'EADS, véritable pôle industriel autour d'Airbus, a encore contribué au développement industriel régional.

À cheval sur le Lot, l'Aveyron et la Corrèze (en région Limousin), la Mecanic Valley compte 14 000 emplois, réunis dans 250 entreprises de mécanique et de machines-outils, dont le chiffre d'affaire se répartit pour 40 % dans l'automobile, 25 % dans l'aéronautique et le reste notamment dans les secteurs parapétrolier, ferroviaire, nucléaire et médical.

Le tourisme

La région Midi-Pyrénées se place au deuxième rang des régions métropolitaines les plus visitées, et, avec 5 % des parts du marché national, le tourisme est l'une des valeurs sûres de l'économie régionale. La diversité du relief est un incontestable atout pour le développement du tourisme en des lieux où les beautés naturelles rivalisent avec un patrimoine historique unique. Des hauts sommets pyrénéens, propices à l'aventure sportive, aux grottes préhistoriques et aux canyons des Causses, des chaos granitiques du Sidobre aux eaux thermales des Pyrénées, des trésors romans de Conques et de Rocamadour à ceux de Saint-Bertrand-de-Comminges, du pèlerinage de Lourdes aux nombreux festivals de jazz (notamment celui de Marciac, dans le Gers), il est une infinité de sites, de paysages et de destinations dont la découverte est facilitée par la douceur et l'ensoleillement estivaux.