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Tacite

en latin Publius Cornelius Tacitus (ou Caius Cornelius Tacitus)

Tacite
Tacite

Historien latin (vers 55-vers 120 après J.-C.).

Introduction

Tacite a composé ab excessu divi Augusti, c'est-à-dire depuis la mort de l'empereur Auguste, une vaste fresque, vivante et contrastée, où l'on admire en même temps une interprétation pathétique des débuts de l'Empire. Ce monument, articulé primitivement en 30 livres, se présente à nous accompagné de trois opuscules (Vie d'Agricola et la Germanie en 98 ; Dialogue des orateurs vers 102) qui en éclairent singulièrement les tendances. Les documents externes relatifs à Tacite sont rares ; ils nous confirment au moins que l'homme fut un des grands personnages de son temps : avocat et homme politique, consul en 97 et plus tard proconsul d'Asie.

L'expérience du malheur

Celui qui devait plus tard méditer avec tant de profondeur sur les destins de Rome est pourtant, nous n'en pouvons douter, un « provincial ». Les compagnons et les mentors de sa jeunesse (qu'il a mis en scène dans son Dialogue), son mariage dans une famille de Fréjus, son amitié comme fraternelle avec Pline le Jeune nous orientent vers le sud de la Gaule ou l'Italie du Nord, Vaison peut-être – patrie de l'intègre Burrus et où l'épigraphie nous atteste la présence d'un Tacite – ou Padoue, patrie cent ans plus tôt du grand Tite-Live. L'intérêt qu'il manifeste dans son œuvre pour la partie occidentale de l'Empire et en particulier pour ses confins septentrionaux invite à rapprocher son nom de celui d'un Cornelius Tacitus, qui fut, à la génération précédente, procureur de Belgique. Quoi qu'il en soit, la famille de Tacite était de rang équestre ; elle s'était, vers la fin du règne de Néron, suffisamment enrichie et illustrée pour que, vers 78, Vespasien (69-79) pût ouvrir au jeune homme, alors âgé de quelque vingt-cinq ans, la carrière des charges sénatoriales. Ce pouvait être, dans une Rome qui après le désordre des temps néroniens reprend une fois de plus son souffle, une carrière sans histoire ; les fonctions militaires, les tâches administratives requéraient d'abord toute l'activité de l'homme jeune ; ensuite, avec l'âge, les activités du barreau, en rôle d'accusateur, d'avocat ou de juge, passaient au premier plan. Le Sénat restait, d'ailleurs, un organe important de la vie politique : quel que fût leur tempérament, les empereurs du ier s. et du iie s. ont toujours eu affaire à lui.

Mais bien vite le temps était redevenu mauvais. Dans le système qui fonctionnait alors depuis près d'un siècle, la personnalité de l'empereur – qui n'était en théorie que le premier des sénateurs – avait une importance décisive. Qu'il manquât de savoir-faire, d'égards pour ses pairs, qu'il s'entourât de collaborateurs suspects et les malheurs étaient inévitables : on n'avait plus à la tête de l'État qu'un homme sur la défensive, harcelé d'attaques incessantes, affolé de soupçons et qui pour pouvoir continuer à remplir ses fonctions était condamné à riposter, coup pour coup, par des procès criminels ou des exécutions sommaires. On en était venu là dans les dix dernières années du règne de Domitien (85-96), la période précisément où le jeune Tacite engage sa carrière, qui va en progressant : successivement édile, préteur, quindecemvir ; tandis qu'autour de lui, dans son milieu même, la guerre engagée entre le Sénat et l'empereur multiplie les victimes.

Ces années ont été décisives dans la formation de Tacite, qui y avait fait provision d'inquiétudes et de remords inextinguibles. Toute sa vie, il ne cessa de réfléchir sur le devoir de résister, sur les possibilités de le faire, sur tout ce qui se mêle alors de noblesse morale, de griserie individualiste, de fatuité et d'héroïsme. Revenant indéfiniment en pensée sur ce qu'avait été sa conduite, sans pitié pour lui-même, voire étrangement cruel, mais sans renoncer à comprendre ce qu'il avait fait, essayant de se fixer à des positions moyennes, il finit par se convaincre, avec horreur et sans aucun espoir, que l'existence seule d'un prince bon ou mauvais – les bons princes sont les plus hypocrites et les plus haïssables – attente inévitablement à la liberté, à la dignité des citoyens.

La maturation de la pensée politique

Après Domitien, cependant, le pouvoir est, une fois encore, revenu à des princes raisonnables et adroits, le vieux Nerva (96-98), bientôt Trajan (98-117). C'est un soulagement général auquel nul ne peut rester insensible ; on veut espérer des temps nouveaux où, dans le bonheur et la sécurité publique, l'autorité d'un seul et la liberté de tous sauraient se concilier. Tacite y fait écho dans l'éloge qu'il publie vers 98 en mémoire de son beau-père Agricola (?-93) ; il ne manque pas de faire apparaître que, dans les années mêmes où d'autres s'épuisaient en une opposition stérile et sanglante, Agricola avait travaillé aux frontières de l'Écosse, en Irlande, à parachever l'établissement de la paix romaine. Même sous de mauvais princes on peut servir l'État. Ce discours est à la fois une œuvre de piété familiale, l'affirmation de principes de morale politique, un document irremplaçable sur la civilisation et l'histoire des îles Britanniques au ier s. Le début (retour sur les années de la tyrannie) et la fin (méditation sur l'immortalité) sont parmi les pages les plus émouvantes que Tacite ait jamais écrites.

Quelques mois plus tard, tandis que des incidents de frontière ramènent de ce côté l'attention des Romains, Tacite rédige l'opuscule que nous appelons la Germanie. L'ouvrage est paré de tant de grâces maniérées qu'il est difficile de n'y pas voir (ou de ne pas voir à l'origine) le texte d'une conférence mondaine telle que les lettrés d'alors s'en donnaient le passe-temps ; et cela est important pour nous aider à concevoir ce qu'est Tacite à cette date. Il nous apprend, d'ailleurs, beaucoup de choses, faits historiques, détails de civilisation que nous ne connaissons que par lui ; cependant, il est souvent difficile d'apprécier la solidité de ces éléments : d'où Tacite les tient-il, pour quelle époque sont-ils valables, pour quelle région ou quel peuple de la Germanie, ou d'ailleurs ? Ce qui frappe le plus, c'est la sympathie de l'orateur ; assurément, Tacite sacrifie un peu au poncif du bon sauvage, enfant de la nature. Mais l'intelligence va plus loin. Tacite a su notamment reconnaître l'importance de ces liens personnels et hiérarchisés sur lesquels repose toute la société germanique. Les princes y ont des compagnons et peuvent compter sur eux. Ce n'était guère le cas à Rome, on le sait bien ; ces rapports devaient même être difficilement compréhensibles pour un Méditerranéen aux yeux de qui l'idéal politique se réalise par le règne de la loi, abstraite, impersonnelle, égalitaire, reflet de la pure rationalité. Tacite a-t-il pensé, fût-ce un moment, que de ce côté les problèmes politiques de son pays pourraient trouver une issue ? Est-il possible d'aimer l'empereur ? En fait, il faudra attendre le Moyen Âge pour que ces valeurs assurent la restructuration de l'Occident.

Les violences du règne de Domitien n'avaient pas entamé chez Tacite l'idée que l'institution impériale pût être, quand tout allait bien, bénéfique. C'est sous le règne d'un empereur excellent, Trajan, que cette conviction commence à se défaire. Les premiers symptômes de cette mutation apparaissent dans le Dialogue des orateurs, écrit vers 102. C'est le récit d'un entretien auquel aurait assisté, en 75, un Tacite encore tout jeune ; mais, comme chez Cicéron, la fiction très adroitement ménagée ne doit pas nous faire oublier que l'auteur y débat les problèmes du temps où il écrit. Ce dialogue intéresse l'histoire des doctrines littéraires ; on voit s'y affronter les tenants de l'éloquence classique, récemment remise à l'honneur par l'enseignement de Quintilien, et ceux d'une éloquence « moderne », plus contrastée et plus violente. Mais, quand les champions des deux thèses ont bien débattu, un autre orateur prend la parole, celui qui dirige tout l'entretien et en qui il n'est pas difficile de reconnaître l'auteur lui-même. C'est un orateur qui a renoncé à l'éloquence et c'est en proposant son exemple qu'il invite ses amis à se mettre d'accord. Quels que soient leurs arguments, ils s'entretiennent d'une chose morte. L'éloquence se nourrissait de grands débats ; que débattre aujourd'hui quand tout est réglé par un seul homme, d'ailleurs très sage et très avisé ? Certes on peut dire ce qu'on pense, mais aucune parole n'importe plus. Maternus, pour sa part, écrit maintenant des tragédies et même des tragédies politiques, en dernier lieu un Caton dont certains prétendent que l'empereur s'inquiète un peu.

Quand il est dit tragédie historique, entendons histoire tragique ; la décision de Maternus est celle que Tacite est en train de prendre pour son compte. De l'action vraie qu'il aurait aimé mener et d'où l'exclut l'omniprésence impériale, il va passer dans le monde des images, des représentations ; l'histoire lui sera un moyen de faire entendre ses jugements, ailleurs inefficaces, et de sauver son honneur.

Les « Histoires »

L'œuvre historique qu'il entreprend alors et que nous appelons les Histoires est un récit en douze livres qui allait de la mort de Néron (68) à celle de Domitien (96). Nous n'en avons conservé que le début, un peu plus de quatre livres, en fait l'année (69), où trois empereurs se succédèrent et où s'établit Vespasien. Il est possible que ç'ait été la partie la plus pathétique et littérairement la plus saisissante ; nous aurions eu, en tout cas, beaucoup de peine à l'imaginer. Dans l'ensemble, Tacite nous apparaît surtout comme un psychologue, le peintre d'attitudes individuelles, un analyste des consciences ou le chroniqueur d'intrigues de palais. Ici les événements sont des batailles ou des émeutes ; les acteurs sont des masses, légions de Germanie, légions d'Orient, garnisons italiennes ou peuple de Rome, poussant en avant des prétendants éphémères, tandis qu'alentour les peuples les plus récemment incorporés dans l'Empire retombent dans leurs rivalités tribales, dans leurs habitudes invétérées de pillage et de destruction. Ces peintures anticipent si vivement ce qui devait se produire trois ou quatre cents ans plus tard qu'il nous faut un réel effort pour nous souvenir que ce n'est pas encore la « décadence », que l'Empire, après Tacite, a continué longtemps, avec des siècles de prospérité et de rayonnement civilisateur. L'imagination de l'historien a sûrement contribué pour beaucoup à faire de cette année terrible une prophétie en acte, à l'échelle du destin romain.

Le récit du règne de Domitien nous eût sans doute appris davantage sur la tendance de l'œuvre. Les Histoires concernent une période où, après l'extinction de la dynastie fondée par Auguste, tous les types imaginables de transmission du pouvoir se sont trouvés mis en œuvre. Si l'on rapproche cette donnée de la problématique que nous savons familière à Tacite, on se trouve inévitablement renvoyé à l'actualité. Dans la Rome des années 103-108, tandis que l'empereur mène en Dacie une guerre difficile, on a dû souvent se demander ce qui arriverait après lui. Selon toute apparence, Trajan adopterait un des hommes de son entourage, comme il avait été lui-même adopté par le vieux Nerva. Mais beaucoup pensaient, non sans raison, que la femme du prince pouvait exercer sur ses décisions une influence excessive ; ils redoutaient des arrangements familiaux et c'est ce dont Tacite, qui se souvenait de Domitien, avait la plus vive horreur. À défaut d'un retour – devenu radicalement impossible – à la république, ses préférences allaient, ce semble, à la procédure qui est longuement décrite au début du Ier livre : l'adoption officielle par l'empereur, et de son vivant même, d'un successeur que le Sénat lui eût recommandé. À ce moment du moins, les droits de la liberté eussent été assurés et la légitimité du pouvoir fondée solidement.

Cette œuvre amère, pessimiste, où semblait revivre un Salluste qui se fût mis à l'école de Virgile et des tragiques, ne déplut pas à l'empereur, en dépit de ce qu'elle contenait d'avertissements ou de sévérités discrètes. Tacite, de son côté, n'affectait pas de bouder la vie publique : vers 112-113, aux années mêmes où son ami Pline le Jeune est envoyé gouverneur en Bithynie, il accepte la charge, aussi prestigieuse qu'astreignante, de proconsul d'Asie.

Les « Annales »

Dans la préface des Histoires, Tacite avait annoncé un projet. Quand il en aurait fini avec l'anarchie ou les horreurs de la période qu'il allait décrire, il aurait plaisir à raconter la liberté rétablie par Nerva et par Trajan. Retour aux espoirs qu'il avait exprimés au lendemain de la chute de Domitien, ou simple propos de politesse ? En fait, et dans la ligne d'un assombrissement qu'on perçoit déjà en passant de l'Agricola au Dialogue puis aux Histoires, c'est un récit plus noir encore qui va paraître. Mais aussi ce que redoutaient les milieux sénatoriaux depuis 108 n'avait cessé d'apparaître de plus en plus inévitable et s'était finalement produit. En août 117, Trajan était mort en Orient de façon presque subite ; de là-bas Hadrien, le protégé de l'impératrice, avait pris sa place et informé seulement le Sénat, en s'excusant sur l'urgence, des changements intervenus. Il se pourrait donc que ce ne fût pas sans intention que Tacite, d'une écriture qui va devenir de plus en plus vengeresse, s'en prît à la période où, après le règne prestigieux du fondateur, Rome, l'Empire furent, selon ses mots mêmes, « la chose d'une famille », depuis Tibère, le beau-fils, jusqu'à Néron, l'arrière-arrière-petit-fils de l'impudique Julie ; on comprendrait l'aspect sinistre sous lequel sont décrites Livie, Agrippine. Quoi qu'il en soit, tout est mis en œuvre pour montrer qu'un tel gouvernement aboutit à une dépossession intégrale des citoyens, immanquablement réduits à une opposition hargneuse, stérile, dégradante, ou à une servilité qui les déshonore. L'empereur, d'autre part, conscient de ce qu'on pense de lui, conscient de son illégitimité mais hors d'état de pouvoir la reconnaître, hors d'état de se faire aider, s'épuise en faux semblants où les plus solides arrivent à perdre leur équilibre mental. Aucun espoir, car au bout de quelques années le système a détruit les valeurs qui eussent permis qu'on s'en tirât. Dans l'attente de catastrophes vaguement pressenties quoique mal concevables, on demeure enclos en un monde où nulle part le regard ne rencontre un regard qui soit droit.

L'œuvre est loin d'être homogène, et des lacunes très importantes dans les livres V et XI, la perte des livres VII à X et la brusque interruption du livre XVI, le dernier qui nous soit parvenu, accroissent notre impression d'une diversité. Les premiers livres relatifs à Tibère (14-37 après J.-C.) sont peut-être les plus saisissants : Tibère, parvenu tard au pouvoir suprême et après des services éclatants, était une personnalité de premier ordre, avec un sens héréditaire de tout ce qui à Rome était la politique, sans en exclure les traditions qui lui rendraient, à lui, la vie impossible, un sens élevé de l'État, un désintéressement fondamental ; Tacite ne lui reproche, en somme, que d'être dissimulé et d'être empereur. Le lecteur assiste avec épouvante aux progrès inexorables d'un mal où les responsabilités ne sont plus d'ordre individuel : les efforts de l'empereur pour désarmer l'opposition sénatoriale, pour chercher des appuis qui toujours se dérobent ou le trahissent, les violences et les soupçons, la solitude hagarde où il finit par se réfugier après avoir vu s'entre-tuer tous ses proches.

À l'autre extrémité de l'ouvrage, Néron (54-68) prêtait à une peinture bien différente, digne empereur d'une Rome maintenant toute avilie puisqu'il ne fut jamais qu'un grand gosse de vingt-cinq ans, avec des éclairs de génie, mais surtout des fantaisies désordonnées, sanglantes quand on lui résistait. Le récit, à l'image du prince, devient comme ataxique : crimes, scandales se succèdent plutôt qu'ils ne s'enchaînent ; Néron tue sa mère, tue ses précepteurs, tue son demi-frère, tue sa femme. Tel est le terme du régime fondé par le divin Auguste et auquel Rome semble condamnée. Vers la fin de l'œuvre (mais les deux derniers livres manquent eux aussi), on croit entrevoir que Tacite avait imaginé de dresser des portraits d'opposants, Helvidius Priscus, Thrasea, Soranus, voués au poignard ou au poison, témoins politiquement inefficaces d'un fond de courage imprescriptible, donc indomptable, qui est en l'homme, génies courroucés des temps de ténèbres. On a supposé qu'en approchant de son terme Tacite, s'absolvant peut-être dans une certaine mesure de ses faiblesses au temps de Domitien, osait se reconnaître un peu dans ces héros ; et Néron, par moments, aurait été dessiné comme une préfiguration caricaturale d'Hadrien, lui aussi Grec de cœur, homme de mœurs faciles et qui, au début de son règne, ne put pas éviter quelques violences.

Le dernier des Romains

Il est un peu effrayant d'apprendre qu'une fois ses Annales terminées Tacite avait dessein de s'en prendre au règne d'Auguste, suite, logique d'ailleurs, de cette régression qui le portait à chercher toujours plus haut la cause, la faute initiale, la défaillance fatale à laquelle attribuer les contradictions d'un système où il croyait étouffer. Et à cette même date, par une singulière ironie, l'Empire se trouvait justement au seuil d'une de ces périodes – le siècle des Antonins – qui devaient dans le souvenir des hommes rester comme une des plus heureuses de son histoire, une sorte d'âge d'or ; l'artisan en serait cet Hadrien que Tacite avait tant redouté. Mais le paradoxe n'est qu'apparent : le génie d'Hadrien fut, dirions-nous aujourd'hui, de désacraliser la politique, d'en faire un travail d'administration, de bon sens et d'efficacité, un travail de spécialiste, comme tant d'autres travaux qui sollicitent l'activité humaine et dont, en conséquence, il n'est nullement scandaleux qu'il soit réservé à quelques-uns. Dans certaines situations, il semble que ce parti soit tenable. Mais c'est ce que Tacite n'aurait jamais pu admettre, héritier d'une tradition selon laquelle la politique est une dimension essentielle de l'homme et peut-être sa dimension la plus haute, celle dont rien ni personne ne doit risquer de le déposséder. En ce sens, il était bien, comme on l'a dit, le dernier des Romains.