En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Frederick Bulsara, dit Freddie Mercury

Queen
Queen

Chanteur, pianiste et compositeur de rock britannique (Zanzibar, Tanzanie, 1946-Londres 1991).

Disparu fin 1991, victime du sida, Freddie Mercury fut pendant plus de vingt ans l'âme du groupe Queen. Un homme aussi secret qu'exhibitionniste qui brisa en douceur les tabous de l'univers machiste du hard-rock. Né à Zanzibar de parents fonctionnaires du gouvernement britannique, le jeune Frederick Bulsara vivra de l'âge de huit à quinze ans en Inde. C'est là, en marge de ses études, qu'il développera son goût pour le dessin et, surtout, pour la musique. Adolescent, il est déjà un pianiste accompli. Il monte des groupes dans lesquels il singe volontiers les vocalises et les maniérismes de ses idoles du rock and roll, Little Richard, Jerry Lee Lewis, Cliff Richard et, évidemment, Elvis Presley. Au début des années 1960, la famille Bulsara s'installe à Londres. Freddie termine ses études pour s'inscrire aux Beaux-Arts en 1966 et emménage dans un appartement à Kensington, au cœur du Londres branché. Il écoute à longueur de journée son nouveau héros, Jimi Hendrix, fasciné autant par son jeu unique de guitare que par ses tenues flamboyantes ou ses mimiques obscènes, et se lie d'amitié avec les musiciens d'un obscur groupe de hard-rock, Smile.

Queen. En 1970, après avoir tenté sa chance dans d'autres formations, Freddie, qui tient désormais un stand de fripes au marché de Portobello avec le batteur de Smile, Roger Taylor, finit par obtenir la place de chanteur qu'il convoitait. Malgré les protestations des autres musiciens, il rebaptise aussitôt le groupe « Queen », anticipant sur la mode décadente. Queen, en anglais, signifie « reine » mais aussi « tapette ». Se faisant appeler Mercury, le chanteur définit la nouvelle orientation du groupe : une rencontre musicale entre Led Zeppelin et les Beach Boys pour le son, des poses lascives et des tenues suggestives et efféminées pour le look.

En quelques années, Queen s'impose, malgré une résistance de la critique, comme l'une des plus populaires formations britanniques. Leur morceau phare, celui de la consécration, celui qui concentre en six minutes tout ce qui fait que l'on peut adorer ou détester le groupe, est Bohemian Rhapsody, une composition de Mercury. Une douce introduction de piano s'achevant dans une explosion hard après avoir fait un détour par le pays de l'opérette, le tout ne servant que d'écrin aux facéties vocales de Freddie, véritable Callas du rock and roll.

Car si Mercury aime le rock, voire même le heavy metal, ce n'est que pour le plaisir de le pervertir, de le détourner, de l'ouvrir à tous les styles de musique auxquels il est censé être fermé : l'opéra, la comédie musicale, le jazz, la valse, la mazurka ou tout simplement la disco. Lorsque Mercury, dans les années 1980, en marge des activités de Queen, ayant abandonné ses combinaisons moulantes et sa coiffure à la Jagger au profit d'un look clone (archétype) gay qui ne jurerait pas au sein des Village People — cheveux courts, moustaches et casquette en cuir — travaillera à des projets solo, personne ne semblera surpris de le voir enregistrer des arias aux côtés de la grande cantatrice Montserrat Caballé (Barcelona, en 1987), une reprise grandiloquente du Great Pretender des Platters ou, appuyé par des vidéos sulfureuses, des tubes de Hi-NRG aux rythmiques synthétiques. Car si Mercury ne s'adressait jamais à la presse, il avait tout dit à travers sa musique, ses délirantes compositions où seul importait son propre plaisir. Un plaisir qu'il savait partager.

Mercurymania. Le 23 novembre 1991, Mercury annonce officiellement sa séropositivité. Vingt-quatre heures plus tard, il décède dans sa propriété de Kensington. Les fans de Queen sont en émoi, ses détracteurs se mettent subitement à réviser leur jugement. Une véritable Queenmania va déferler sur le monde entier. Bohemian Rhapsody, qui figure sur la bande son de Wayne's World, termine l'année au sommet de tous les hit-parades, suivi du prophétique Show Must Go On. Les titres solo de Mercury, remixés à la sauce techno, remplissent les pistes de danse. En 1995, un album posthume de Queen, regroupant les morceaux que Freddie avait tenu à enregistrer dans ses derniers jours, paraît. L'album se vend comme des petits pains. De son vivant, Freddie Mercury faisait figure d'amusante anomalie égarée dans le cirque rock.

Mort, il est devenu un mythe, un symbole de liberté et d'ouverture d'esprit à qui un nombre insoupçonnable de stars (George Michael, David Bowie, Guns N'Roses, Annie Lennox, Elton John, Robert Plant, Roger Daltrey, Liza Minnelli …) ont tenu à rendre hommage lors d'un gigantesque concert devant 72 000 fans inconsolables au stade de Wembley, le 20 avril 1992.