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Led Zeppelin

Groupe britannique de rock et de hard-rock formé en octobre 1968 par Robert Plant (chant, harmonica), Jimmy Page (guitare), John Paul Jones (basse, claviers) et John Bonham (batterie).

Mi-1968, les Yardbirds se séparent. Jimmy Page, musicien de studio réputé (Who, Rolling Stones, Them, Kinks), troisième et dernier guitariste à s'y être fait connaître (après Eric Clapton et Jeff Beck), doit honorer plusieurs prestations sur scène. Pour ce faire, il s'entoure de John Paul Jones, arrangeur émérite (Rolling Stones, Jeff Beck) qu'il a rencontré lors d'une session avec Donovan, et de Robert Plant, chanteur blond au charisme évident, qui va l'aiguiller sur son collègue du Band Of Joy, le batteur John Bonham. Ensemble, ils se produisent aux côtés de P. J. Proby et s'embarquent pour une tournée scandinave contractuelle sous le nom de The New Yardbirds. De retour en Grande-Bretagne, ils se rebaptisent Led Zeppelin sur les conseils amusés de Keith Moon, des Who, qui leur prévoyait un avenir aussi catastrophique que celui du fameux dirigeable. La légende est en marche.

La genèse du hard-rock. En 1969, et en seulement trente heures, ils enregistrent un premier album, qui va faire date, Led Zeppelin. En puisant dans le patrimoine blues (Howlin'Wolf, Albert King, deux reprises de Willie Dixon) et en dynamitant le tout avec des solos électriques majestueux et sauvages, ils inventent le hard-rock. On les décrit à l'époque comme les successeurs des Cream et les grands rivaux du tandem Jeff Beck/Rod Stewart. Le succès est immédiat. La voix nerveuse, haut perchée, de Plant s'accorde à merveille au jeu si fort de Page à la guitare. Le second disque, Led Zeppelin II (1969), suite logique, célèbre la rencontre de deux mondes : la lourdeur électrique du rock et la prestance du blues, Avec un volume sonore hors du commun, une puissance primaire (l'hymne Whole Lotta Love) et une grâce féline, Led Zeppelin devient un véritable mythe. Sur le Moby Dick, Bonham écrase la batterie sous ses coups de boutoir, gifle les cymbales à mains nues. Sa frappe colossale, titanesque, est d'une sauvagerie sans précédent.

L'escalier vers le paradis. Le troisième album Led Zeppelin III (1970), avec ses morceaux semi-acoustiques (le poignant Since I've Been Loving You) et ses accents folk, prépare une ouverture stylistique qui se concrétise avec le disque suivant Led Zeppelin IV (1971), véritable pierre angulaire de l'histoire du rock. La pièce maîtresse, Stairway To Heaven, sublime ballade, marque la symbiose du mysticisme hippie, des préoccupations mythologiques et des climats moyenâgeux qui passionnent le groupe. Jimmy Page y est à son apogée. Ce brillant innovateur (techniques de l'archet et de la guitare à double manche) déchire ses solos entre exubérance bruyante et fine dentelle. Sur Black Dog ou ailleurs, sa maîtrise du feed-back (interaction entre l'instrument, l'ampli et le haut-parleur) et de la distorsion (saturation du son de l'instrument) est absolue. Ce qui n'est pas complètement le cas sur l'ambitieux et déconcertant House Of The Holy (1973).

À cette époque, Led Zeppelin fraie aux côtés des Stones, des Who et bat en concert les records d'affluence détenus par les Beatles. Ils caracolent en tête des ventes d'albums, des sondages, mais aussi des colonnes de la presse à scandale, notamment pour la destruction d'hôtels (comme les Who), les excès de drogues, d'alcool, de filles (continuité des paroles salaces de Plant ?) et leur passion pour l'ésotérisme (messes noires).

C'est Peter Grant, un ex-roadie (machiniste de tournée), catcheur, acteur et finalement leur manager, qui est l'artisan du succès du groupe. Réputé pour son caractère tumultueux, son hyperprotectionnisme (comme le fut le colonel Parker avec Presley) et sa poigne de fer, il a mené une stratégie commerciale différente pour chaque pays.

Les forces du mal ? Avec le groupe, il fonde le label Swan Song (où se produiront Bad Company et Dave Edmunds) et sort le disque Physical Graffiti (1975), quatre-vingt-deux minutes de mystère, de facettes multiples et intrigantes où se mélangent les cultures indiennes, nord-africaines et celtiques. À l'image de sa somptueuse pochette, la teneur musicale de l'album est riche. Mais un accident de voiture au cours duquel Robert Plant est grièvement blessé met un terme aux concerts qui devaient suivre. Pourtant, en 1976, un double live approximatif est tiré du film The Song Remains The Same, un mélange de fiction banale et d'extraits d'un concert new-yorkais. Alors que le groupe démarre une tournée en support du décevant Presence (1977), le fils de Plant succombe à une infection virale. Cela relance le débat sur les phénomènes paranormaux qui entourent le groupe (leur passion des sciences occultes et l'achat du manoir du sataniste Aleister Crowley par Page). Toutes les activités du groupe sont interrompues pendant plusieurs mois. En 1979, l'album In Through The Out Door n'a qu'un intérêt relatif. Le 25 octobre 1980, après une série de concerts européens et à la veille d'un périple américain, John Bonham meurt chez Page, étouffé par son vomi après avoir absorbé quarante verres de vodka. C'en est trop : le 4 décembre, les monstres sacrés du rock se séparent. En 1982, Coda, une collection de vieux enregistrements et d'inédits, ne constituera qu'une maigre consolation.

L'après-Led Zeppelin. Depuis, John Paul Jones s'est lancé dans la production, tandis que Jimmy Page et Robert Plant ont entrepris des carrières solo distinctes, avec des hauts et des bas. Malgré des années de spéculation et des offres mirobolantes, il n'y a pas eu de reformation durable, juste des réunions ponctuelles. En 1990, Jimmy Page a travaillé sur des versions remastérisées de chansons puis de tous les albums du groupe.

Quatre ans plus tard, à l'occasion d'un concert « unplugged » (non électrifié) sur MTV, Page et Plant se retrouvent et sortent, en compagnie de musiciens égyptiens et marocains (Gnawas de Marrakech), un album captivant, No Quarter (1994), où ils reprennent sur des rythmes arabes certains vieux titres de leur répertoire, révélant ainsi leur passion commune pour la musique nord-africaine. Le hard-rock est désormais loin derrière….