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Queen

Freddie Mercury
Freddie Mercury

Groupe britannique de rock formé en 1970 à Londres par Freddie Mercury (chant, claviers), Brian May (guitare, chant), John Deacon (basse), Roger Taylor alias Roger Meddows-Taylor (batterie).

En 1967, Brian May fonde avec le batteur Roger Taylor le groupe de hard-rock Smile. La seule particularité de Smile provient du son unique que le virtuose May tire de la guitare qu'il a fabriquée de ses mains. En 1970, Freddie Mercury, colocataire de l'appartement de Taylor qui se désespère du manque d'éclat et d'élégance de Smile, est engagé comme chanteur. Anticipant sur la mode glam à venir, il renomme le groupe Queen (« reine » ou « tapette » en anglais) puis habille les musiciens de satin, de soie et de talons compensés. Pour le répertoire, Mercury et May concoctent des chansons qui allient la puissance métallique de Led Zeppelin aux envolées lyriques les plus délirantes et déliquescentes.

Éclectisme flamboyant. En 1972, Queen, qui vient de signer chez EMI, sort un premier album éponyme qui, jugé comme simple ersatz de Led Zeppelin par la critique, se vend mal. Mais la formation, en tournant sans relâche, se fait progressivement un nom, tant chez les hard-rockers pour les fulgurances du jeu de May que chez les adolescents glam attirés par la flamboyance de Mercury. Tant et si bien que Queen II, sans crier gare, grimpe jusqu'à la cinquième place des charts britanniques en 1974. Il est suivi, la même année, de Sheer Heart Attack (avec la formidable ballade glam Killer Queen), dont Seven Seas Of Rhye est un tube, n'en déplaise aux détracteurs de Queen qui lui reprochent sa prétention et ses maniérismes pompeux. Le groupe peut désormais prendre ses aises et s'enferme de longs mois en studio. Mercury, May, Deacon et Taylor en ressortent fin 1975 avec sous le bras A Night At The Opera, à l'époque, l'un des albums les plus coûteux de l'histoire du rock. Si la tonalité hard subsiste sur certains morceaux, la dernière œuvre de Queen brille par son éclectisme. Pop song, progressive rock, cabaret, folk, bluette sentimentale ou boogie machiste : les quatre musiciens (ils composent tous) se jouent des étiquettes en abordant tous les styles. Propulsé par les six minutes et le clip (l'un des tout premiers) de l'extraordinaire single Bohemian Rhapsody (devenu le titre fétiche de leur répertoire), qui s'installe pendant de longues semaines à la première place des hit-parades, A Night At The Opera est célébré comme une sorte de Sergeant Pepper's du hard. A Day At The Races (1976) puis News Of The World (1977) restent dans la même veine, avec un succès artistique moindre mais commercial égal. Avec ses effets scéniques grandiloquents et les bodys suggestifs de Freddie qui, tel un Noureev égaré dans une revue de heavy metal, captive les foules, Queen, à l'aube des années 1980, vole de stade en stade de l'Amérique du Sud à l'Extrême-Orient.

Tout est possible. Queen se croit tout permis et ose : refusant plus que jamais d'être prisonnier d'un style, il se paie le luxe de décrocher un hit pur rockabilly (Crazy Little Thing Called Love) avant de réussir le tour de force de ne pas s'aliéner son public hard avec un morceau de pur funk pour discothèques, Another One Bites The Dust. Pour Queen, décidément, tout est possible : une bande-son peu convaincante pour le film Flash Gordon, un album dance, un duo époustouflant avec David Bowie (Under Pressure, № 1 en 1981), une vidéo où le groupe entier apparaît en travestis (I Want To Break Free), des détournements discutables d'images de Metropolis (le clip de Radio Gaga), rien ne semble entamer l'aura du groupe. À partir de 1985, les membres de Queen se consacreront de plus en plus à des activités musicales parallèles. Mais des divers projets solos, seuls ceux de Mercury rencontreront le succès. Après un très relatif passage à vide, Queen battra de nouveau des records de vente avec une compilation et l'album Innuendo, qui entrera directement au sommet des charts à sa sortie, en février 1991. Mais le bonheur de ses fans est de courte durée. Le 24 novembre, vingt-quatre heures après avoir annoncé publiquement sa séropositivité, Mercury décède. Les fans sont sous le choc. La ruée sur les œuvres complètes de Queen peut commencer. Bohemian Rhapsody réédité redevient, seize ans après, le tube de l'hiver et les compilations s'arrachent. Brian May, Roger Taylor et John Deacon tentent de gérer dignement l'après-Queen. Mais leurs escapades en solo n'intéressent que pour y déceler la moindre trace de celui qui n'est plus. Le 20 avril 1992, dans l'immense stade de Wembley, Queen donne le concert de sa vie, aidé par une pléiade de chanteurs (Bowie, George Michael, Axl Rose, Elton John …) venus témoigner de leur admiration et de leur chagrin. Une prestation émouvante en hommage à celui qui était leur âme, celui qui fit d'une obscure formation de hard sans grâce l'un des plus surprenants et inventifs groupes britanniques des années 1970-1980.