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François Michel Le Tellier, seigneur de Chaville, marquis de Louvois

Louvois
Louvois

Homme d'État français (Paris 1639-Versailles 1691).

1. Le réorganisateur de l'armée

Fils de Michel Le Tellier, il reçoit en 1654 la survivance du secrétariat d'État à la Guerre. Membre du Conseil des dépêches (1661), il est associé à son père au secrétariat d'État (1662). Surintendant des Postes (1668), il devient membre du Conseil d'en haut et ministre d'État en 1672.

Dans le domaine militaire, son œuvre est inséparable de celle de son père, les deux ministres se partageant le travail surtout à partir de 1666, le père dans les bureaux, le fils en campagne ou en inspection. Louvois organise avec son père une armée monarchique dépendante des bureaux de la guerre. Il développe le corps des commissaires des guerres, qui assurent la solde, l'entretien et la police des troupes. La discipline est restaurée et la désertion est sévèrement réprimée. L'avancement est régularisé (ordre du tableau, 1675), et des compagnies de cadets assurent le recrutement des officiers. En outre, Louvois crée des magasins généraux pour les vivres et les munitions, des hôpitaux fixes et ambulants à la suite des armées, et contribue à la fondation de l'hôtel des Invalides (1670-1674), destiné à recueillir les militaires estropiés. Sur les conseils du marquis de Chamlay, il crée la milice en 1688.

2. L'instigateur d'une politique de force et de terreur

En tant que ministre, Louvois joue un rôle déterminant, poussant Louis XIV aux solutions de force et de grandeur : pendant la guerre de Hollande, il rejette les propositions de paix des Provinces-Unies (1672) ; il incite à la politique des réunions et dirige l'occupation de Strasbourg et de Casale Monferrato (1681) ; lors de la guerre de la ligue d'Augsbourg, il fait dévaster le Palatinat (1689).

Hostile aux protestants, il soutient la politique des dragonnades et approuve hautement la révocation de l'édit de Nantes (1685).

La faveur royale soutient longtemps le ministre de la gloire militaire, qui éclipse vite Colbert. En 1683, Louvois rachète la charge de surintendant des Bâtiments, Arts et Manufactures et supervise, à ce titre, les travaux du château de Versailles.

Témoin du mariage du roi et de Mme de Maintenon, il est regardé par le roi comme son élève, vivant à la Cour, formé à la Cour, exclusivement préoccupé du prestige de la Couronne. Louvois obtient le financement de ses dépenses militaires en traitant avec le roi par-dessus le contrôleur général des Finances. Il conseille les ambassadeurs, dicte aux généraux leur plan de bataille. Mais les revers militaires (perte de Mayence, 1689), les difficultés financières et l'hostilité de Mme de Maintenon ruinent son crédit.

Il meurt à la veille d'une disgrâce (1691). De son mariage avec Anne de Souvré, marquise de Courtenvaux (1662), Louvois avait eu sept enfants, dont le marquis de Barbezieux, qui reçut la survivance de la charge de son père en 1685.

Pour en savoir plus, voir l'article royaume de France sous Louis XIV.