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Drapeau du Bangladesh

Bangladesh

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Carton de situation

Bangladesh
Nom officiel : République populaire du Bangladesh

État d'Asie méridionale baigné au sud par le golfe du Bengale, le Bangladesh est limité à l'est, au nord et à l'ouest par l'Inde, au sud-est par la Birmanie. Le Bangladesh est membre du Commonwealth.

Superficie : 143 000 km2
Nombre d'habitants : 162 221 000 (estimation pour 2009)
Nom des habitants : Bangladais
Capitale : Dacca
Langue : bengali
Monnaie : taka

Chef de l'État : Iajuddin Ahmed

Chef du gouvernement : Cheikh Hasina Wahed

Nature de l'État : république à régime parlementaire

Constitution :

 Adoption : 4 novembre 1972

 Entrée en vigueur : 16 décembre 1972

 Révisions : juillet 1989, août 1991

Institutions

Exécutif

Chef de l'État : président de la République

Chef du gouvernement : Premier ministre

Législatif

 Assemblée

GÉOGRAPHIE

Le milieu naturel

Le Bangladesh appartient, pour l'essentiel, à la vaste zone deltaïque où se déversent les eaux du Gange, du Brahmapoutre, de la Tista (qui draine le Sikkim) et de la Surma-Meghna (qui draine le plateau de Shillong). C'est la partie vive de ce delta, presque totalement inondée pendant les mois d'été. Le pays comprend aussi, à l'est, une étroite région montagneuse : les collines de Chittagong, formées de chaînes plissées parallèles, qui appartiennent à l'Arakan. Il règne un climat de mousson très pluvieux (avec des moyennes pluviométriques de 1 850 mm à Dacca, 2 678 mm à Chittagong, plus de 5 m dans les collines de bordure). Mais il existe un grand contraste entre la saison sèche, de novembre à mars, et la saison humide, d'avril à octobre. La situation peut être aggravée par les cyclones qui ravagent les côtes du Bengale vers la fin de l'été et provoquent parfois des inondations catastrophiques dans les zones amphibies.

La population

Le Bangladesh, deuxième pays musulman du monde après l'Indonésie, est un État surpeuplé : plus de 162 millions d'habitants sur un territoire grand comme la Grèce, soit une densité de 1 130 hab./km2. Il est constitué d'une population relativement homogène. Le pays correspond, en effet, à la partie orientale du Bengale qui fut partagé avec l'Inde selon des critères religieux, le Bengale-Occidental indien ayant accueilli les populations hindoues lors de la partition de 1947. Les marges montagnardes (Chittagong Hill Tracts) hébergent toutefois des tribus aborigènes tibéto-birmanes, bouddhistes, qui mènent une guérilla contre les colons bengalis poussés par la croissance démographique et encouragés par le gouvernement. La répression militaire a provoqué le départ de près de 100 000 personnes vers l'Inde voisine.

   Le développement économique du pays est constamment freiné par la poussée démographique qui reste toujours trop forte, malgré les campagnes en faveur du contrôle des naissances lancées dès les années 1960. En dépit de la baisse de la croissance annuelle de sa population, passée de 2,8 % en 1975 à 1,5 % dans les années 1990, le Bangladesh manque toujours d'espace et de réserves alimentaires. Le pays, qui compte 31 % d'habitants âgés de moins de 15 ans, peine considérablement à fournir une éducation minimale aux enfants et compte 58 % d'analphabètes. Or l'éducation (avant tout celle des femmes, dont seulement 1 sur 4 sait lire) est un facteur déterminant pour le contrôle des naissances et l'amélioration de la santé publique. Cette dernière constitue un problème majeur, car le pays doit faire face à l'un des climats les plus hostiles de la planète en raison des cyclones dévastateurs (100 000 morts en 1991) à l'origine d'inondations récurrentes et d'épidémies. Les crues d'été, qui entraînent souvent l'inondation de 30 % du territoire du Bangladesh, charrient des sédiments et modifient les lits des fleuves : elles provoquent régulièrement un désastre économique (coût en vies humaines, cultures arrachées, villages dévastés). Le développement du pays passe avant tout par la mise en œuvre d'une politique hydraulique globale. Mais le manque de financement et surtout de volonté politique empêche la construction de digues résistantes. Cependant, l'Union européenne (encouragée par la France) a soutenu un vaste projet à long terme (Flood Action Plan) d'endiguement des côtes les plus vulnérables.

L'économie

L'abondance de l'eau des fleuves et des pluies n'a pas que des désavantages : elle produit une terre très riche et permet une culture intensive, en particulier du riz (43 millions de tonnes en 2006). Trois sortes de riz sont utilisées : le riz aman, de bonne qualité, qui profite des pluies et de la submersion durant les crues, est récolté en décembre ; le riz aus, moins intéressant, croît sur les buttes et les berges et ne bénéficie que des précipitations. Enfin, on assiste à un développement du riz boro de saison sèche. La seconde production agricole du Bangladesh est le jute (1er rang mondial), culture inaugurée par les Britanniques, mais que concurrencent maintenant les textiles synthétiques, ce qui compromet son avenir. Ensuite viennent les plantations de canne à sucre et de thé sur les hauteurs. Malgré les efforts fournis pour l'amélioration des rendements du riz et la promotion des cultures de saison sèche, moins vulnérables, le pays reste tributaire d'un climat particulièrement capricieux. Le Bangladesh reste l'un des pays les plus ruraux d'Asie : 77 % de la population vit dans les campagnes, et principalement dans le gigantesque delta du Bengale. L'agriculture emploie en effet 51 % de la population active et fournit 20 % du produit intérieur brut (P.I.B.). La situation des paysans est très précaire, du fait de l'absence de toute réforme agraire : la taille des exploitations est minimale, et le nombre d'ouvriers agricoles (paysans sans terre) est très élevé.

   

Le Bangladesh doit son sous-développement industriel (28 % du P.I.B.) aux Britanniques puis aux Pakistanais : les premiers avaient concentré les usines à Calcutta, aujourd'hui dans le Bengale indien, tandis que les seconds avaient accordé la priorité à la partie occidentale du Pakistan. Le delta bangladais est, de plus, pauvre en richesses minières. Dépourvu de pétrole, le Bangladesh dispose cependant de quelques ressources d'énergie, notamment du gaz naturel, avec des réserves dépassant 200 milliards de m3 dans la région de Sylhet. L'hydroélectricité n'assure que 5 % des besoins du pays en électricité. La majeure partie de l'industrie se confine à Dacca, la capitale, et à Chittagong (4,5 millions d'habitants dans l'agglomération), spécialisée dans l'industrie textile (traitement du jute).

   C'est la présence de l'eau qui, une fois de plus, entrave l'amélioration des communications routières et ferroviaires : les fleuves sont difficilement franchissables ; depuis juin 1998, un pont relie les deux rives de la Yamuna, qui sépare l'est et l'ouest du pays. Un autre pont est en construction sur le Brahmapoutre pour faciliter l'accès à la capitale. Dans ces conditions, le développement du commerce intérieur est fortement pénalisé.

   L'économie du Bangladesh se trouve depuis 1975 sous la tutelle des organismes internationaux, regroupés dans un consortium d'aide qui le contraint à mener une politique libérale orientée vers l'exportation, et à abandonner toute politique sociale. L'avènement de la démocratie a permis toutefois une hausse de la croissance du produit national brut et des exportations. Dans ce secteur, la transformation des produits textiles (prêt-à-porter) a connu un formidable essor et constitue plus des trois quarts des exportations. En dépit de ces progrès, la balance commerciale est toujours extrêmement déficitaire.

HISTOIRE

Le Bangladesh correspond au Bengale oriental, région issue du partage du Bengale en 1947 et qui constitua alors le Pakistan-Oriental (Bengale, Pakistan).

L'installation du nouvel État

Proclamée en mars 1971 par le cheikh Mujibur Rahman, l'indépendance du Bangladesh ne devient effective que le 16 décembre 1971, à la fin de la guerre indo-pakistanaise. M. Rahman regagne le Bangladesh en janvier 1972 et forme immédiatement le premier gouvernement du nouvel État. Tous les membres de l'Assemblée nationale et des assemblées provinciales, élus avant mars 1971, forment la première Assemblée constituante du Bangladesh. Abu Sayyid Chaudhury est élu président de la République et M. Rahman devient Premier ministre. L'armée indienne se retire en mars 1972. Un accord d'assistance (janvier 1972) permet de faire face au retour des réfugiés ; il est complété, le 19 mars, par un traité indo-bengalais d'amitié, de paix et de coopération. Cependant, les rapports avec l'Inde se tendront progressivement, un contentieux hydraulique à propos des eaux du Gange et du barrage de Farakka opposant les deux pays. M. Rahman fait aussi appel à toutes les grandes puissances qui ont reconnu le nouvel État. Moscou accorde une aide financière ; les banques et les principales industries sont nationalisées. En octobre 1972, le gouvernement présente un projet de Constitution : le nouveau régime sera une démocratie parlementaire, les députés seront élus au scrutin de circonscription et le Premier ministre sera choisi par le président de la République, lui-même élu par le Parlement.

L'échec de la démocratisation

Lors des premières élections générales de mars 1973, M. Rahman remporte une victoire écrasante, mais la puissance de la bourgeoisie pro-indienne, le développement de la misère et du banditisme, la pression de la gauche et de l'extrême gauche le contraignent à accentuer la répression. En décembre 1974, il proclame l'état d'urgence ; investi des pleins pouvoirs, il abolit le système parlementaire et instaure un régime présidentiel, appuyé sur un parti unique. Il accède en même temps à la présidence de la République, dont A. S. Chaudhury avait démissionné en décembre 1973, mais il est assassiné lors du coup d'État militaire d'août 1975. Le Bangladesh devient République islamique, mais, dès novembre 1975, des rivalités au sein de l'armée amènent au pouvoir le général Zia ur-Rahman en tant qu'administrateur de la loi martiale. Pour désamorcer l'opposition, les Bengalais sont appelés à désigner leur président au suffrage universel : la consultation du 3 juin 1978 donne 78 % des voix au général Zia ur-Rahman. Les élections législatives du 18 février 1979 offrent au parti gouvernemental une large majorité dans la nouvelle Assemblée nationale.

La dictature du général Ershad

Le 30 mai 1981, le général Zia est assassiné par un groupe d'officiers. Le général Hussain Mohammed Ershad prend le pouvoir en mars 1982 en destituant Abdus Sattar, élu président au mois de novembre précédent. Après avoir instauré la loi martiale et dissous l'Assemblée, il se proclame chef de l'État en décembre 1983 et se maintiendra au pouvoir jusqu'en 1990. Pour donner les apparences de la légitimité à la dictature militaire, le général Ershad fait organiser des élections en mai 1986, remportées par son parti, le Jatiya Dal. La levée de la loi martiale (décembre 1986) mais surtout le trucage évident des élections renforcent les divers mouvements d'opposition. Ceux-ci se regroupent en deux tendances : le mouvement libéral de la bégum Khaleda Zia, veuve du général Zia ur-Rahman, forme le Bangladesh National Party (BNP), tandis que la Ligue Awami, menée par Hasina Wajed, la fille de M. Rahman, constitue une formation d'obédience socialiste et laïque. Ces deux partis, dont le seul point commun est la volonté de renverser le dictateur, réussissent à mener des actions conjointes et parviennent à leurs fins le 4 décembre 1990, à la suite d'une vaste campagne d'opposition durement réprimée.

Le retour difficile de la démocratie

Des élections législatives sont organisées en février 1991 alors que le Jatiya Dal est dissous. La victoire revient au BNP et K. Zia est nommée Premier ministre ; la réforme de la Constitution permet l'instauration d'un régime parlementaire, mais le manque d'expérience politique du parti freine le processus de démocratisation. L'opposition de H. Wajed, soutenue par les intellectuels et des minorités non musulmanes, devient très vite active. De plus, fin avril, le pays est dévasté par un cyclone ; en provoquant la mort de plus de 100 000 personnes et en laissant 10 millions de sans-abri, celui-ci témoigne des faiblesses du pouvoir qui n'a pas réussi à organiser efficacement les secours. Conformément à son projet, le gouvernement de K. Zia lance une série de mesures économiques libérales pour tenter d'attirer les investisseurs étrangers, mais les politiques sociales restent inexistantes dans un pays qui montre tous les signes d'un extrême sous-développement. L'opposition se durcit vis-à-vis du gouvernement : les syndicats lancent des mouvements de grèves et les députés hostiles au BNP décident d'opérer un boycott complet de l'Assemblée pour protester contre les multiples irrégularités durant les élections de 1994. Leurs revendications, c'est-à-dire la démission de la bégum et l'organisation d'élections par un gouvernement intérimaire neutre, ne seront pas entendues. K. Zia organise des élections législatives en février 1996 et gagne par défaut, les partis d'opposition ayant boycotté le scrutin tout en orchestrant un mouvement de grève générale et de non-coopération. Devant l'escalade de la violence, le Premier ministre se résout enfin à démissionner.

Le gouvernement de H. Wajed

La Ligue Awami (AL) de H. Wajed remporte les élections de juin 1996 par 146 sièges sur 299 à renouveler. Le nouveau gouvernement entame une série de mesures permettant, sur le plan politique et judiciaire, une plus profonde démocratisation du pays, et, sur le plan économique, un renforcement de la déréglementation et une plus grande ouverture vers l'extérieur. Il libère de prison le général Ershad, en remerciement du soutien de son parti (devenu le Jatiya Party) à l'AL, et fait abroger la loi constitutionnelle d'indemnisation, permettant de juger les meurtriers du père du Premier ministre, M. Rahman. Les réformes entreprises portent leurs fruits, cependant que l'opposition ne parvient pas à regagner un soutien populaire, malgré l'utilisation des méthodes mêmes que l'AL avait initiées (boycott de l'Assemblée, grèves) pour chasser le BNP du pouvoir. L'inflation décroît tandis que la croissance atteint 5 % en 1996 (taux maintenu les années suivantes) et que les exportations de textiles progressent. Mais, parallèlement, l'endettement du pays s'accroît et atteind un niveau inquiétant. Quant à la corruption, mal endémique, elle continue de prospérer. En revanche, les mesures de prévention contre les cyclones permettent de limiter les décès lors des saisons de 1997 et 1998. Les efforts de l'opposition menée par K. Zia pour déstabiliser le gouvernement, encore redoublés à l'approche des élections législatives d'octobre 2001, ne parviennent pas à entamer la fermeté de H. Wajed, mais celle-ci en déployant l'essentiel de son énergie à combattre ces pratiques stériles délaisse la mise en œuvre de réformes toujours différées. Ainsi le bilan du gouvernement AL est-il mitigé. L'échec est notamment patent dans le domaine du dialogue politique, mais aussi dans celui des droits de l'homme avec l'adoption en 2000 d'une « loi sur la sécurité publique », autorisant un grand nombre d'abus comme la détention sans jugement de plusieurs centaines de personnes.

   Quant aux négociations menées par le gouvernement avec les aborigènes des marges orientales (Chittagong Hill Tracts), qui mènent une guérilla active contre les colons bengalis musulmans, elles aboutissent à un accord signé entre les deux parties en décembre 1997. Mais l'opposition du BNP à celui-ci, jugé par ce parti comme une atteinte à la souveraineté nationale,retarde la mise en application de cet accord.

Le retour de K. Zia

En octobre 2001, K. Zia, à la tête du BNP et de ses alliés, revient au pouvoir en remportant la majorité absolue des 330 sièges de l'Assemblée (214 sièges, dont 17 à son principal partenaire le parti islamiste, Jamaat-e Islami Bangladesh). L'AL n'obtient que 62 sièges. K. Zia forme un gouvernement avec le parti islamiste Jamaat-e Islami Bangladesh. H. Wajed reprend à son compte la stratégie d'obstruction systématique que sa rivale avait adoptée lorsqu'elle était dans l'opposition, d'où un climat politique marqué par la confrontation permanente, la répression et, en définitive, la violence. Des attentats réguliers visent indistinctement étrangers, membres des O.N.G., journalistes et hommes politiques. Ainsi un rassemblement de l'AL est-il la cible d'une attaque à la grenade à Dacca le 21 août 2004. Si le Bangladesh connaît une période de croissance (5,5 % par an en moyenne), cette dernière reste insuffisante et fort mal partagée tandis que dominent la corruption et toutes sortes de banditismes, révélant des collusions entre sphères politiques et milieux criminels. À quoi il convient d'ajouter l'agitation islamiste, de plus en plus organisée et meurtrière à partir de 2005. Il est vrai que les Bangladais condamnent très largement l'intervention américano-britannique en Iraq, contre laquelle ils manifestent massivement au printemps 2003 à Dacca. C'est dans ce contexte d'instabilité politique tendancielle qu'en novembre 2003 l'ancien président A. S. Chaudhury opère son retour dans la vie publique, aux rênes d'Alternative Stream, une formation chargée de dénoncer la pauvreté, la corruption, et les atteintes aux droits. Il n'en demeure pas moins que K. Zia reste au pouvoir jusqu'en octobre 2006, date où, conformément à la Constitution, elle démissionne. Mais, en raison des tensions entre l'opposition et la majorité sortante, les élections législatives prévues sont repoussées.

L'état d'urgence

Les désordres qui s'ensuivent (grèves générales à répétition, manifestations, dizaines de morts, appel au boycott des urnes par l'AL) poussent le président de la République à proclamer l'état d'urgence le 11 janvier 2007, à reporter sine die la consultation électorale, et à nommer Fakhruddin Ahmed, ancien gouverneur de la Banque centrale, à la tête d'un nouveau gouvernement intérimaire, qui dispose du soutien discret mais efficace de l'armée. Celui-ci se lance dans une campagne anti-corruption, qui aboutit à l'internement de nombreuses personnalités politiques, dont les deux anciennes Premiers ministres Zia et Wahed. Les pressions internationales le conduisent toutefois à déterminer un horizon pour les élections législatives : fin 2008. Mais, loin de permettre le rétablissement des libertés publiques, les manifestations d'étudiants à la fin de l'été 2007 incitent le pouvoir à durcir la répression. Le tout sur fond de mécontentement populaire, lié notamment à la gestion gouvernementale des catastrophes naturelles, particulièrement dramatiques en 2007, dont le pays est régulièrement victime : inondations ravageuses lors de la mousson d'août (un demi-millier de victimes directes et 8 millions de sinistrés), désastre lié au cyclone Sidr le 15 novembre (plus de 5 000 morts). Une nouvelle vague de milliers d'arrestations se produit au cours des mois de mai et de juin 2008, accentuant le caractère répressif du gouvernement intérimaire et augurant mal de la tenue des élections prévues pour la fin d'année. Pourtant, deux semaines avant celles-ci, l'état d'urgence est levé et la campagne se déroule dans des conditions « normales » : comme auparavant, elle voit s'affronter les deux rivales K. Zia (BNP) et H. Wajed (AL). C'est cette dernière qui, avec 75 % des voix et 229 sièges sur 299, l'emporte le 29 décembre et redevient Premier ministre, avec pour tâches principales de lutter contre la pauvreté et la corruption, et développer les droits et la démocratie. Toutefois, quelques semaines après l'installation du nouveau gouvernement, à la fin de février 2009, la mutinerie sanglante d'une unité des forces de sécurité à Dacca semble fournir une nouvelle preuve de la fragilité du régime et de l'instabilité chronique du pays.

La politique extérieure

L'Inde, qui a permis l'indépendance du Bangladesh, n'en reste pas moins un grand frère envahissant : ce pays encercle la quasi-totalité du Bangladesh, et contrôle le débit des eaux du Gange et du Brahmapoutre qui forment le delta du Bengale ; le contentieux durable du barrage de Farakka, en Inde, a pu enfin être résolu en 1997 grâce à la signature d'un accord. La ligue Awami (AL), au pouvoir jusqu'en octobre 2001, a réussi à maintenir des relations cordiales avec son puissant voisin. Pourtant en avril 2001 les deux pays ont fait face au plus grave incident frontalier de ces dernières années, provoqué par la construction par l'Inde d'une route dans une partie de territoire disputé. Depuis, les sources de tension demeurent – l'Inde accusant le Bangladesh notamment d'entretenir une menace islamiste sur son flanc oriental et d'y nourrir des flux massifs d'immigrants clandestins.

   D'une manière générale, le Bangladesh cherche à promouvoir une coopération régionale, au travers de l'Association de l'Asie du Sud pour la coopération régionale (SAARC) qu'il a contribué à mettre sur pied, pour créer un contrepoids à la puissance de l'Inde. À partir de 1999, le pays obtient un siège non permanent au Conseil de sécurité de l'O.N.U. et se fait, à cette tribune comme à l'O.M.C., l'un des défenseurs acharnés des pays les plus pauvres de la planète. Les relations avec son ancien tuteur, le Pakistan, se sont considérablement améliorées depuis l'indépendance. Quant aux réfugiés bengalis musulmans de Birmanie qui ont fui en 1991 la répression de la junte birmane pour se regrouper dans le sud du Bangladesh, ils repartent peu à peu vers leur pays, grâce à la pression internationale sur le Myanmar. Enfin, des liens économiques et militaires plus étroits se nouent désormais avec l'autre grande puissance régionale, la Chine.

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