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Ordres grecs et romains

ordre

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Consulter aussi dans le dictionnaire : ordre

ordre
nom masculin
(latin ordo, -inis)

Architecture

 Système cohérent de proportions modulaires et de formes appliqué aux élévations ; en particulier composition formée de colonnes ou de pilastres surmontés d'un entablement et portant ou non sur des piédestaux ou un stylobate, soumise à des règles spécifiques de proportions et de décor.

 Ordre attique, ordre de pilastres courts, sur un attique.

 Ordre persique, ou caryatide, ordre où le fût de la colonne est une statue (atlante, caryatide).

 Ordre rustique, ordre où le fût est à bossages.

 Ordres superposés, ordres établis sur plusieurs niveaux, en général selon une gradation du lourd au délicat, le corinthien au-dessus de l'ionique, et celui-ci sur le dorique.

Décorations

 Ordre (de chevalerie), compagnie d'honneur de caractère généralement religieux et militaire.

Droit

 Ordre professionnel, organisme de droit privé, disposant de la personnalité juridique, créé par la loi en vue d'assurer la réglementation, la discipline et la défense d'une profession libérale.

Religion

 Sacrement qui donne le pouvoir d'exercer dans l'Église le ministère apostolique ; chacun des degrés auxquels élève ce sacrement.

 Ordre religieux, société de personnes liées par des vœux solennels sous l'observance d'une règle. (L'émission des vœux solennels caractérise l'ordre religieux et le différencie de la congrégation, qui est à vœux simples.)

 Entrer dans les ordres, se faire prêtre, religieux ou religieuse.

ARCHITECTURE

On distingue trois ordres grecs : le dorique, l'ionique et le corinthien. Les Romains créèrent l'ordre composite et l'ordre toscan. La redécouverte des monuments antiques et l'interprétation du traité de Vitruve ont engendré en Occident, à partir de la Renaissance italienne, une architecture utilisant avec plus ou moins de liberté les ordres grecs ou romains, leur modérature et leurs ornements caractéristiques.

DÉCORATIONS

Datant de l'époque féodale, les premiers ordres de chevalerie, religieux et militaires, sont composés de moines soldats liés par des vœux. Certains, tels les Templiers ou les chevaliers Teutoniques, constituèrent de véritables puissances. Supprimés par la Révolution, les ordres réapparaissent avec la création de la Légion d'honneur par Bonaparte en 1802. De nos jours, ils tendent à réunir les titulaires de certaines décorations (tel l'ordre des Palmes académiques ou celui du Mérite agricole). Un ordre national du Mérite a été créé en 1963 et de nombreux ordres secondaires ont été supprimés.

DROIT

Il y a un ordre des avocats par barreau, alors que les autres ordres professionnels sont nationaux : médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, pharmaciens, vétérinaires, experts-comptables, architectes, géomètres-experts. Nul ne peut exercer une profession libérale qui relève d'un ordre professionnel sans y adhérer.

THÉOLOGIE

Essentiel dans le christianisme, le phénomène peut concerner d'autres religions. L'Alliance de Qumran, dans le judaïsme immédiatement antérieur à Jésus, formait une communauté de cette sorte. Le bouddhisme compte des milliers de moines. Le protestantisme, qui avait condamné les vœux de religion (pauvreté, chasteté, obéissance) au temps de Luther, a gardé quelques îlots monastiques et a même créé de nouvelles communautés de religieux, comme à Taizé.

L'influence du monachisme chrétien

Dans le christianisme romain et oriental, les ordres religieux représentent une grande tradition. Elle remonte, pour l'Orient, au monachisme (érémitique et cénobitique) du désert d'Égypte au IVe s., puis à l'influence de la règle de saint Basile ; pour l'Occident, au développement, à partir du VIe s., du monachisme de type bénédictin, d'où procédèrent les cisterciens et, moins directement, des ordres contemplatifs comme celui des chartreux.

La pluralité des ordres

Au cours du Moyen Âge, parmi les nombreux groupes suscités par l'idéal de la pauvreté évangélique, seuls furent reconnus quelques « ordres mendiants », que le concile de Lyon (1274) limita à quatre (Carmes, Franciscains, Dominicains et Augustins). Leur développement posa pendant longtemps le problème des rapports entre séculiers (prêtres dépendant de l'évêque d'un diocèse) et réguliers (religieux soumis à la seule juridiction de leurs supérieurs propres).

La nouvelle création marquante fut, au XVIe s., celle de la Compagnie de Jésus, véritable milice du pape au service de la Réforme catholique et des missions. Le XIXe s., enfin, apporta une floraison d'ordres, d'instituts et de congrégations, pour hommes et pour femmes, ayant principalement pour vocation l'action caritative, l'enseignement ou l'apostolat missionnaire.