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livre

(latin librum, accusatif de liber, aubier)

Henri Fantin-Latour, la Liseuse
Henri Fantin-Latour, la Liseuse

Assemblage de feuilles imprimées et réunies en un volume, broché ou relié.

Introduction

C'est à partir de 1450 et de l'innovation de Gutenberg, avec l'invention de la typographie (composition des textes en caractères mobiles fondus), que débute vraiment l'essor de l'imprimerie. Pendant plus de quatre siècles, on assiste à la permanence d'un procédé réunissant, dans une même technique de base, la conception graphique, la composition, l'impression ; cette période délimite l'« ère typographique ».

La seconde moitié du xixe s. annonce le déclin de cette hégémonie. La lithographie d'abord, la photographie ensuite, puis l'apparition de nouveaux procédés d'impression – l'offset et l'héliogravure – modifient peu à peu le marché de l'imprimerie et de la communication imprimée. Cependant, si les procédés d'impression se diversifient progressivement, au détriment de la typographie, il a fallu attendre jusqu'aux environs de 1950 pour voir apparaître les premières installations qui préfiguraient l'ère du traitement électronique des textes et des illustrations. Depuis, d'incessantes évolutions techniques ont bouleversé le paysage traditionnel des industries graphiques. Dans le même temps, les besoins des consommateurs, exprimés en termes de communication, se sont largement diversifiés alors que l'accélération des mutations technologiques transformait les structures de la chaîne de réalisation graphique.

Aujourd'hui, des marchés se développent, tels ceux de l'emballage, du conditionnement et du marquage des biens de consommation, celui des magazines, celui des catalogues de vente par correspondance… D'autres voient leurs produits stagner, voire régresser, comme certains secteurs de l'édition, des imprimés administratifs, de la publicité. Mais l'écrit, pérennisé par la communication imprimée, demeure irremplaçable et le secteur des industries graphiques résiste bien à la concurrence des médias audiovisuels, qui peuvent eux-mêmes être générateurs d'imprimés.

Les plus récentes évolutions intervenues dans la chaîne graphique se situent dans le domaine de la préparation et du traitement des textes et des illustrations ; l'ensemble de ces opérations représente la phase dite de « pré-presse ». La réalisation des éléments imprimants, notamment pour la gravure des cylindres utilisés en héliogravure, fait largement appel aux méthodes de la fabrication assistée par ordinateur. Les presses, qu'il s'agisse de machines alimentées en papier par des feuilles ou par des bobines, bénéficient de plus en plus de systèmes automatiques de contrôle et de régulation, également assistés par ordinateur. Le dernier maillon de la chaîne, celui de la brochure et de la reliure, doit répondre à des conditions d'exploitation difficiles en raison des quantités de produits souvent complexes, à traiter dans un temps souvent très limité, la distribution et la mise en place sur les points de vente ne souffrant aucun retard.

Dates clés du livre

DATES CLÉS DU LIVRE

3000 avant J.-C.Premiers livres en Chine, imprimés par estampage (sur bois, puis sur soie).
Rouleaux, manuscrits sur papyrus.
300 avant J.-C.Fabrication de parchemin à Pergame.
105-730Fabrication du papier par les Chinois, puis par les Arabes.
1041Caractères mobiles, gravés, en Chine (terre cuite, plomb, cuivre).
1100Fabrication du papier en Europe.
1370Impressions tabellaires ; gravure sur bois (bois protat).
1455Impression de la Bible " à quarante-deux lignes " par Gutenberg.
1460Gravure en creux sur métal par Maso Finiguerra.
1499Premier caractère italique, gravé par Francesco Griffo à la demande d'Alde Manuce.
1542Gravure du " garamond " par Claude Garamont.
1631Fondation de la Gazette de France, premier journal, par Théophraste Renaudot.
1640Fondation de l'Imprimerie royale, par Richelieu.
1775François Ambroise Didot perfectionne le point typographique de Fournier.
1796Découverte de la lithographie, en Allemagne, par Aloïs Senefelder.
1798-1803Invention de la machine à fabriquer le papier en continu, par Louis Nicolas Robert.
1816Invention de la photographie par Nicéphore Niepce.
1837Découverte de la galvanotypie.
1850Premières gravures chimiques de clichés typographiques (F. Gillot).
1868-1872Invention de la photogravure trichrome, par Ducos du Hauron.
1878Invention de l'héliogravure par Karl Klietsch.
1885Composition mécanique en lignes-blocs (Linotype).
1887Composition mécanique en caractères mobiles (Monotype).
1904-1908Mise en service des premières presses offset.
1944-1954Invention et commercialisation de la première photocomposeuse de seconde génération par les Français Higonnet et Moyroud (Lumitype, Photon).
1948Premiers scanners, ou systèmes de gravure électronique de clichés.
1953Débuts de la télétransmission par lignes téléphoniques.
1955-1965Dissociation, sur les photocomposeuses, de la saisie et du traitement.
Commande par bandes perforées puis magnétiques.
1967Emploi du tube cathodique pour les photocomposeuses de troisième génération.
1970Utilisation de " lecteurs optiques " pour la saisie des textes.
1973La technologie du faisceau laser est appliquée aux photocomposeuses (quatrième génération) associée avec celle du RIP (Raster Image Processor).
1975Emploi des terminaux à écrans de visualisation (saisie, corrections, codifications).
1980Emploi des terminaux à écrans interactifs de mise en pages.
1982Configurations intégrant les systèmes de traitement et de montage électronique des images (sélection, corrections, incorporations…).
1985Évolution des systèmes de traitement de texte vers la P.A.O. (publication assistée par ordinateur).
1986Mise au point d'unités d'insolation pour l'intégration des illustrations en couleurs dans les textes mis en pages.
1989Apparition en France de rotatives d'héliogravure équipées avec des cylindres de 3,08 m de laize.

 

Les procédés d'impression

L'impression en typographie utilise des formes imprimantes en relief, constituées par des caractères typographiques pour le texte et par des clichés pour les illustrations. La mise au point, vers 1900, de l'impression en offset, adaptation du principe de la lithographie, a progressivement déstabilisé le secteur d'activité de la typographie, qui ne représente plus, actuellement, qu'environ 4 % du marché. La typographie est encore utilisée pour l'impression de livres de bibliophilie au tirage limité et pour des travaux dits « de ville » : cartes de visite, de commerce, en-têtes de lettres, faire-part…

C'est le principe de la lithographie, fondé sur l'antagonisme entre l'encre grasse et l'eau du mouillage déposée sur les régions non imprimantes, qui est à l'origine de l'offset, procédé souvent qualifié d'« à plat », en raison de la situation sur le même plan des éléments imprimants et non imprimants. Les formes imprimantes étaient déjà constituées par des plaques métalliques souples (du zinc, à l'époque), accrochées et enroulées autour d'un cylindre. Le système rotatif permet des vitesses de production élevées, jusqu'à 12 000 feuilles par heure et, pour les rotatives, un défilement de la bande de papier de 680 mètres par minute. Un groupe d'impression comporte généralement trois cylindres. Le premier reçoit la forme imprimante : une plaque d'aluminium sur laquelle ont été « copiés » les éléments imprimants ; de chaque côté de ce cylindre sont disposés les systèmes de mouillage et d'encrage. Une fois encrés, les éléments imprimants sont reportés sur une toile caoutchoutée (le blanchet), enroulée autour d'un deuxième cylindre. Le papier, entraîné par un troisième cylindre, se trouve ainsi pressé entre celui-ci et le blanchet ; c'est à ce contact que s'effectue l'impression.

L'héliogravure est un procédé d'impression dont les formes imprimantes sont des cylindres recouverts d'une pellicule de cuivre, déposée par voie électrolytique, dans laquelle sont gravés en creux les éléments imprimants. Les cylindres tournent dans des bacs contenant une encre liquide ; leur surface ainsi complètement couverte d'encre est ensuite essuyée par une mince lame d'acier qui ne laisse subsister de l'encre que dans les creux de la gravure. Le parc des presses d'héliogravure n'est pratiquement constitué que de rotatives et la bande de papier est entraînée entre le cylindre encré et un cylindre presseur ; l'encre maintenue dans les alvéoles est alors transférée sur le papier. Le traitement des cylindres nécessite des installations lourdes et complexes qui font appel aux techniques les plus évoluées de la gravure assistée par ordinateur. Le coût élevé de la gravure des cylindres ne peut être amorti que par des produits dont les chiffres de tirage sont très élevés : catalogues de vente par correspondance, hebdomadaires, programmes de télévision, etc.

Dans la flexographie, les formes imprimantes sont en relief et sont constituées de clichés souples, en caoutchouc ou en plastique ; le procédé est surtout exploité en continu sur des rotatives. Les solvants de l'encre fluide sont très volatils et le séchage s'effectue par évaporation, ce qui permet d'imprimer sur des supports non absorbants tels que les plastiques souples utilisés dans les secteurs de l'emballage et du conditionnement.

Enfin, la sérigraphie est un procédé exploitant le principe du pochoir et dont la forme imprimante est constituée d'un cadre, fermé par un écran qui, à l'origine, était en soie, mais qui est maintenant en Nylon. Les entreprises spécialisées vont de l'imprimerie artisanale aux unités de production les plus industrialisées. L'impression des autoadhésifs sur les plastiques est un des secteurs privilégiés de la sérigraphie, qui permet d'imprimer aussi sur des volumes (tubes, ampoules, etc.).

Les opérations de pré-presse

En utilisant des micro-ordinateurs, les auteurs peuvent fournir aux éditeurs, ou aux services rédactionnels, des disquettes accompagnées d'une version délivrée sur papier à l'aide d'une imprimante. Cette saisie est ensuite enrichie typographiquement dans les ateliers de composition qui en assurent le traitement. C'est la technologie du rayon laser qui est utilisée dans les photocomposeuses pour produire des pages entières, sur film ou sur papier photographiques.

Les illustrations en noir peuvent être reproduites photographiquement ou à l'aide de scanners dont le système d'analyse génère les données numériques de l'image. Pour les illustrations en couleurs, l'emploi des scanners s'est généralisé ; l'analyse du document entraîne la mise à dimension et la production de quatre films de sélection, équilibrés et tramés en fonction des contraintes de l'impression. Les données numérisées pendant la phase d'analyse peuvent aussi être provisoirement stockées ; elles sont ensuite traitées électroniquement pour l'intégration d'éléments complexes de textes ou d'images. La sortie des quatre films est alors assurée par une unité d'écriture indépendante du scanner. L'intégration des illustrations dans le texte est effectuée soit lors d'opérations manuelles de montage, soit à l'aide de systèmes évolués capables d'effectuer la récupération des données numérisées de la mise en pages des textes et de celles des illustrations. Les phases de préparation, d'exécution et de contrôle des formes imprimantes sont de plus en plus automatisées, tant pour la copie des plaques offset que pour l'établissement des cylindres d'héliogravure.

La finition

Les entreprises du secteur de la finition sont souvent équipées pour assurer le façonnage d'une catégorie bien déterminée de produits. Un des plus importants marchés est celui des publications périodiques, dont le nombre de pages et les chiffres de tirage impliquent la mise en œuvre de matériels très performants ; ces chaînes de production assurent l'encartage et la fixation des cahiers soit par des piqûres métalliques, soit par collage, pour les cahiers assemblés. Les livres brochés sont traités en continu sur des lignes de production très proches de celles des périodiques et avec un rendement de 5 000 livres par heure ; la fixation des cahiers assemblés s'effectue généralement par encollage du dos et pose de la couverture. En reliure industrielle, la fabrication est assurée séparément ; les cahiers assemblés peuvent être cousus, ce qui assure une garantie de solidité. Ils reçoivent ensuite une couverture cartonnée qui peut être recouverte de papier, de toile ou de matière plastique de différents aspects. Pour les livres d'usage plus courant, on utilise la technique des feuillets collés. Les produits destinés au secteur de l'emballage sont très diversifiés et nécessitent des opérations de vernissage, de pelliculage, de découpe, de collage… Pour les emballages de luxe, on peut avoir recours aux techniques de gaufrage et de dorure.

L'avenir

L'apparition des disques optiques réinscriptibles, avec leur immense capacité de stockage d'informations, semble annoncer le développement des systèmes de consultation électroniques. Ce mode d'édition favorise la diffusion de tous les produits présentant une forte densité d'informations donnant lieu régulièrement à leur mise à jour par un traitement informatique. Mais les informations traitées, stockées et consultées à domicile sur des écrans ne permettent pas une lecture globale, suivie, prolongée et ne répondent pas toujours à la nécessité de conserver une trace mise en pages des données, encore moins à celle de les multiplier. Par ailleurs, on a constaté que le message oral, le message-écran, le message animé des médias audiovisuels sont parfois difficilement assimilables de la même façon par tous et que seul l'imprimé permet le temps de réflexion adapté au rythme de chacun.

Les industries graphiques vont continuer à bénéficier des retombées de l'évolution générale des technologies : composants électroniques, développement de logiciels et de leurs compatibilités, capacités de stockage des données à gérer, resserrement des opérations de pré-presse, automatisation accrue des unités de production. Des maillons de la chaîne vont se déplacer, notamment ceux propres à certaines opérations de pré-presse. Les entreprises des industries graphiques devront s'ouvrir encore plus aux techniques de la micro-édition.