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Italie : géographie physique

Toscane
Toscane

Étirée sur plus de dix degrés de latitude, l'Italie présente des paysages variés, avec prédominance des collines (42 % du territoire), devant la montagne (35 %) et la plaine (23 %). Trois ensembles se dégagent. Au nord, l'Italie possède le versant méridionale de l'arc alpin, élevé mais coupé de nombreuses vallées. Il domine la plaine du (50 000 km2), qui s'élargit vers l'Adriatique. Au sud enfin, de la Ligurie à la Calabre, l'Apennin forme l'ossature du pays : en Italie centrale, il est bordé de collines, de plateaux et de plaines alluviales. Le climat est partout chaud l'été, mais froid l'hiver dans le Nord (plaine du Pô et arc alpin de la Méditerranée au Frioul) et particulièrement sec l'été dans la partie péninsulaire et la partie insulaire (Sicile et Sardaigne).

1. Le milieu naturel italien

1.1. L'Italie : une terre de formation récente

Un relief italien compartimenté

Les grandes lignes du relief italien sont simples. Au nord, bordée par le massif des Alpes, où serpente la frontière séparant l'Italie de ses voisins, s'étale jusqu'à l'Adriatique la plaine du . Celle-ci est fermée vers le sud par l'Apennin. Commençant au col de Cadibone (non loin de Savone), cette longue chaîne montagneuse, étirée sur plus de 1 200 km, forme l'essentiel du relief de la péninsule. Véritable épine dorsale du pays, elle tombe directement dans la mer à ses deux extrémités, en Ligurie et en Calabre. Ailleurs, elle se fait précéder vers les côtes par de petites plaines alluviales ou par des reliefs de plateaux et de collines désignés quelquefois sous le nom d'Anti-Apennin. Ainsi, vers le sud-est, dans la Pouille, la plaine du Tavoliere s'interpose entre l'Apennin et les plateaux du Gargano, suivie par le plateau des Murge. Vers l'ouest, de la Toscane à la Campanie, les sommets montagneux s'écartent du rivage pour faire place à un ensemble hétérogène de plaines, de collines et de petits massifs. Enfin, les deux grandes îles accordent, avec des caractères différents, une prééminence absolue aux reliefs élevés : montagnes et collines en Sicile, plateaux en Sardaigne.

Le bilan de cette description se résume en un chiffre : 23 % seulement du territoire sont occupés par des plaines (41 % par des collines, 35 % par des montagnes). Cette discontinuité du relief est lourde de conséquences. Elle a été un facteur de l'effritement politique dans le passé ; récemment (et encore actuellement), elle a été un obstacle non négligeable à la mise en place d'un réseau moderne de communications, exigeant parfois de véritables prouesses techniques.

Une structure fragmentée

Géologiquement, l'Italie est une marqueterie de roches d'âges très variés. Les terrains primaires cristallins apparaissent dans les Alpes, en Calabre et en Sardaigne. Les mers secondaires ont déposé des sédiments argileux, gréseux et le plus souvent calcaires, que l'on foule sur les plateaux de la Pouille, dans l'Apennin central, dans les Préalpes de Bergame ou dans les Dolomites. Les apports tertiaires constituent la masse la plus grande, près des deux tiers, avec d'épaisses couches de calcaires, d'argiles et de marnes. Des terrains quaternaires recouvrent par endroits ces sédiments : ce sont des alluvions d'origine fluviale ou glaciaire, ou encore des épanchements volcaniques.

Cet ensemble a une histoire mouvementée et complexe. À l'exception de la Sardaigne, il s'agit d'une histoire récente. L'acte majeur de cette formation est le soulèvement au Tertiaire des Alpes et de l'Apennin. Les traits actuels de l'Italie se dessinent au Pliocène et se précisent au Quaternaire. Des soulèvements d'ensemble ont lieu, accompagnés de nombreuses failles. L'action glaciaire a retouché notablement le relief (creusement des lacs subalpins, dépôts de moraines) ; les importantes éruptions volcaniques ont créé des formes particulières.

La mobilité des paysages italiens

Le façonnement de ce relief se poursuit. En altitude, l'action conjuguée des glaciers, de la neige, du gel défonce la montagne. Dans les collines, les versants argileux sont lacérés par des rigoles profondes, les calanchi, et des glissements de terrains, les frane, sont fréquents, constituant un véritable fléau. Sur les plateaux calcaires se développe la « morphologie karstique ». Le volcanisme est toujours actif. Enfin, les tremblements de terre sont encore fréquents (Sicile en 1968, Frioul en 1976), et, depuis le xvie s., deux cents ont été classés comme désastreux.

Les grandes divisions du relief italien

La combinaison des facteurs structuraux délimite un certain nombre d'unités.

Les Alpes

Les Alpes, au nord-ouest et au nord, dressent d'imposants reliefs. Au nord-ouest, les « Alpes piémontaises » s'enlèvent d'un bond au-dessus de la plaine. Du mont Viso (3 841 m) au mont Rose (4 633 m), les crêtes englacées sont au-dessus de 3 500 m, dominant de longs versants verdoyants de schistes lustrés, coupés par des vallées amples à l'amont, mais verrouillées à l'aval. Du Tessin à l'Adige, il y a encore de hauts massifs cristallins (Bernina, Ortles, Ötztal, Adamello) avec de beaux glaciers ; mais les altitudes sont moins élevées, des vallées longitudinales (comme la Valteline) aèrent la montagne, les passages sont plus nombreux et surtout il y a, en contrebas de ces massifs centraux, une zone de Préalpes calcaires trouée par les admirables lacs subalpins. Ces Préalpes prennent racine à l'est du lac Majeur et de l'Adige pour s'épaissir dans les Dolomites, région où les falaises taillées dans les roches triasiques dominent un paysage verdoyant. L'intense travail des glaciers a façonné des cols, élargi des trouées. Mais jamais les Alpes n'ont constitué une barrière infranchissable.

La plaine du Pô

La plaine du Pô fait suite à ces montagnes. Tandis que les Alpes surgissaient, une fosse se formait dès l'Oligocène sur l'emplacement actuel de la plaine. Remblayée par les matériaux arrachés aux montagnes environnantes, elle s'étend aujourd'hui sur 50 000 km2. Cette plaine n'est pas homogène. Aux piémonts encombrés de dépôts morainiques succèdent de hautes terrasses perméables et des basses terres, souvent couvertes de sols riches ; entre les deux surgissent les eaux de résurgence (fontanili). Ces basses terrasses sont plus amples vers l'aval. Les alluvions charriées par le et ses affluents créent un vaste delta qui avance dans la mer Adriatique ; elles exhaussent le lit du fleuve ; d'où de fréquentes inondations qui ont nécessité la construction de digues. L'ampleur de cette plaine, unique en Italie, au pied des principales routes transalpines, est la grande chance offerte par la nature à l'Italie.

L'Italie péninsulaire et insulaire
L'Apennin

Avec l'Apennin commence le monde du discontinu. Culminant au Gran Sasso (2 914 m), l'Apennin est composé d'éléments très différents. L'Apennin ligure ne dépasse pas 1 500 m d'altitude. Surtout calcaire, il forme une barrière efficace entre la Méditerranée et la plaine padane par la raideur de ses versants ; il ne se franchit aisément qu'à la faveur de quelques ensellements. L'Apennin toscan, plus élevé (2 200 m), a une topographie plus molle à cause de la prédominance d'un matériel argilo-gréseux (le flysch). Il cache sous ses sommets arrondis et ses versants ravinés un grand désordre structural (avec des nappes de charriage et de grands chevauchements de roches argileuses et gréseuses troués par des klippes calcaires). L'Apennin calabrais est tout différent, avec des massifs cristallins de 1 500 à 2 000 m d'altitude (chaîne côtière, Sila, Serra, Aspromonte). Découpés par une série de failles, ces terrains donnent des paysages de horsts rabotés par l'érosion et de fossés comblés de sédiments tertiaires et quaternaires, où sont venues se nicher les villes.

L'Anti-Apennin

Le terme vague d'Anti-Apennin désigne les régions encadrant la montagne. Vers l'est, sur toute la longueur de l'Apennin central, une bande de plateaux argilo-sableux, large de 25 à 30 km, s'incline vers la mer. Le paysage ne change qu'avec la Pouille. Le voussoir calcaire du Gargano est séparé de l'Apennin par la plaine argilo-sableuse du Tavoliere. Le « talon de la botte » se termine par les plateaux calcaires des Murge (400 m) et du Salentino (200 m). Vers l'ouest, l'hétérogénéité est la règle. En Toscane, il y a une alternance de bassins (Florence, Sienne, Arezzo) et de moyennes montagnes calcaires ; ces reliefs se terminent sur une plaine côtière basse, autrefois insalubre (la Maremme), coupée de quelques promontoires rocheux (Piombino, monte Argentario) et faisant face à des îles (Elbe, Giglio, Montecristo...). Dans le Latium et la Campanie, cette alternance de plaines côtières (Campagne romaine, anciens marais Pontins, plaine de Campanie) et de collines se répète, mais, ici, les reliefs sont volcaniques. L'Apennin, en tout lieu, est une barrière : sa position centrale se révèle être un lourd handicap pour les communications. Les plaines, de taille réduite, résultent de l'accumulation des dépôts apportés par les fleuves, souvent très courts. Les plus vastes, celles du Latium (au débouché du Tibre), de Tavoliere et du golfe de Tarente, ne peuvent être comparées à l'étendue de la plaine du Pô.

La Sicile

La Sicile continue en quelque sorte le relief de la péninsule. Il y a un bourrelet montagneux au nord, découpé en plusieurs secteurs (socle granitique des monts Madonie au centre, blocs calcaires autour de Palerme à l'ouest). La montagne est flanquée au sud-est par le massif volcanique de l'Etna. Le reste de l'île est formé de collines argileuses, au relief toujours varié, mais constituant un ensemble monotone.

La Sardaigne

La Sardaigne est un monde à part. C'est un morceau de socle hercynien haché de failles, avec, dans sa partie ouest, de fortes accumulations de laves tertiaires. Par endroits, une couverture sédimentaire subsiste sur le socle. La forme de relief la plus répandue est le plateau aux formes lourdes, interrompu par des abrupts vigoureux.

L'Italie : une grande variété de paysages

Alors que les Alpes s'ordonnent en massifs, de nombreux bassins trouent les Apennins. Au contact de l'Adriatique, des deltas s'imbriquent dans la plaine du Pô. Ces entités naturelles forment des « pays », qui sont encore gérés par une capitale provinciale. La variété des affleurements rocheux et la mise en place très récente des reliefs, jointes à une érosion active, expliquent que la péninsule italienne, véritable laboratoire pour toutes les études néotectoniques, soit si morcelée. De toute part, mais surtout dans le Sud, les terrains ont été déformés, plissés et cassés par des poussées tectoniques récentes, encore actives. À l'extrémité sud de la Calabre, l'étagement des niveaux marins témoigne de l'ampleur des mouvements qui ont soulevé des plages situées au nord de Reggio. Partout, les escarpements de failles quaternaires, très vifs, sont impressionnants. La permanence des secousses telluriques et d'un volcanisme actif constitue deux autres témoignages de l'instabilité tectonique de la péninsule. La vigueur de l'érosion déforme vigoureusement les reliefs jeunes. Les franes, glissements en masse de terrains, gênent plus la circulation que ne le fait l'altitude. Quant aux calenchi (fossés d'érosion dans des terrains argileux), ils ravinent partout les roches tendres et donnent des paysages de bad-lands.

La médiocrité des ressources naturelles italiennes

Des observations précédentes résulte une assez grande médiocrité des ressources naturelles. Les sols italiens ont de faibles qualités agricoles. L'exiguïté des plaines est un premier facteur négatif. Ces plaines sont formées d'alluvions grossières perméables (haute plaine padane) sans grand intérêt agronomique ou constituées de fines alluvions recevant l'eau des hauteurs alentour et, de ce fait, humides, mal drainées (les plaines furent longtemps des foyers de malaria). Dans les collines et les montagnes, la raideur des versants et la vigueur de l'érosion ne sont guère favorables à l'évolution pédologique. À part les sols volcaniques, la mise en valeur agricole demande un travail opiniâtre. Si 90 % de la superficie sont classés terrains aptes à l'agriculture et à la forêt, la moitié ne porte que des bois et des pâtures. Du côté des richesses minérales, l'étroitesse des dons est encore plus grande. Les gisements sont variés, mais dispersés, de faibles dimensions, souvent d'exploitation difficile. Bien sûr, on trouve en Italie du fer (île d'Elbe), des pyrites (Grosseto), du mercure (monte Amiata), du plomb et du zinc (Sardaigne), de la bauxite (Pouille), du soufre (Sicile), du talc (Val di Chisone), etc., mais le seul secteur où il y ait véritablement abondance est celui des matériaux de construction (argiles à brique, marbre). En ce qui concerne les sources d'énergie, la situation a évolué. L'Italie a été gênée dans le passé par sa pauvreté en charbon. Les gisements sont rares (houille en Sardaigne et val d'Aoste, lignites tertiaires dans l'Apennin), ce qui s'explique par la structure géologique. Heureusement, le potentiel hydroélectrique est important, mais il est inégalement réparti (le Sud est fortement désavantagé). Quant aux hydrocarbures, on les trouve sous forme de gaz naturel dans la plaine du Pô et en gisements pétroliers dans le Sud (Basilicate et surtout Sicile). Enfin l'Italie a l'originalité, avec la Nouvelle-Zélande, d'utiliser l'énergie géothermique en Toscane (les soffioni de Larderello).

Sans tomber dans un déterminisme simpliste, on doit noter que le Nord, avec une grande plaine, la proximité des cols transalpins, celle du potentiel hydroélectrique, la possession de gisements d'hydrocarbures, a été favorisé par rapport aux régions méridionales.

1.2. La Méditerranée : une mer pauvre

La mer enserre de toutes parts l'Italie, avec une longueur de côtes proche de 7 500 km. Mais elle ne joue qu'un rôle effacé dans l'économie du pays.

La Méditerranée : une mer fermée, chaude et colorée

La Méditerranée est une mer profonde. À part l'Adriatique, toutes les masses marines entourant l'Italie atteignent très vite de grandes profondeurs (– 3 731 m au sud des îles Ponziane). L'étroitesse des secteurs ayant des profondeurs inférieures à 200 m (la plate-forme continentale) est déjà un facteur de pauvreté biologique. De plus, la Méditerranée est une mer fermée, coupée en plusieurs bassins, ce qui lui donne les caractères d'une mer homotherme avec un taux de salinité plus élevé que dans l'Océan (sauf dans l'Adriatique). Cette absence de brassage des eaux avec les grandes masses océaniques explique la transparence des eaux, mais a pour corollaire la pauvreté planctonique et donc celle du poisson. Si l'absence de marées est un avantage, celui-ci est compensé partiellement par l'existence de courants littoraux quelquefois très forts.

Des côtes italiennes inhospitalières

Les côtes sont peu favorables à l'activité maritime. Elles sont de deux types. Il y a des côtes fermées, dominées par les abrupts montagneux avec des criques ne permettant que la construction de petits ports (les marine) ; Gênes doit forcer la nature, à grand prix, pour assurer son développement. Il y a ensuite des côtes basses, linéaires, construites par des apports alluviaux en bordure des plaines ; limitées par des cordons de dunes, isolant les lagunes, elles sont plus propices au tourisme balnéaire qu'au commerce maritime.

1.3. La végétation italienne

Les traits du manteau végétal et de l'écoulement des eaux sont étroitement liés aux données climatiques. La nature des terrains et le relief ont aussi leur rôle sans l'emporter sur celui du climat.

La végétation italienne : une végétation sur la défensive

Dans toute l'Italie péninsulaire, la vie des plantes est délicate en hiver (car les froids sont malgré tout sensibles) et difficile en été (à cause de la sécheresse). Là où la végétation naturelle existe encore, ce qui est rare, le paysage végétal apparaît comme une étendue clairsemée de petits arbres et arbustes à feuilles toujours vertes, petites, avec des troncs noueux, de longues racines. L'espèce la plus caractéristique est l'olivier. Dans les parties les plus chaudes, le palmier nain a sa place, et la culture des agrumes est possible. Dans tout le Sud, on trouve, outre l'olivier, le chêne vert et le chêne-liège. Dans le reste de la péninsule, la saison sèche n'étant pas trop longue, c'est la forêt mixte méditerranéenne qui étend son domaine. Elle se compose d'un mélange d'arbres et de buissons à feuilles caduques de la zone tempérée (chênes pubescents) et d'espèces à feuilles persistantes et xérophiles (chêne vert) ; on y trouve aussi l'olivier, le pin maritime, le pin parasol, le pin d'Alep, passant en altitude à des châtaigniers, puis à des hêtres et à des sapins. Les forêts de chênes pubescents sont concurrencées par les châtaigneraies nourricières. Les formations dégradées, avec des arbousiers, des bruyères et des cistes, sont du reste plus fréquentes que les forêts. En Italie du Nord, la végétation naturelle ne se trouve qu'en montagne. Dans la plaine du Pô, la végétation méditerranéenne disparaît, mais les forêts naturelles ont fait place à des cultures. En bordure des grands lacs, palmiers et plantes méditerranéennes créent plutôt une ambiance de riviera. Dans les Alpes se succèdent des étages de végétation (chêne ou châtaignier, hêtre, sapin, mélèze, alpage). Sur les rivages, les fortes concentrations touristiques font reculer les pinèdes et détériorent les écosystèmes de zones humides, toujours sensibles à l'action anthropique. La diversité animale est moins bien lotie encore : sur 97 espèces recensées, 40 sont en régression.

Les parcs naturels italiens

Pour lutter contre cet appauvrissement, les parcs nationaux des Abruzzes et du Grand Paradis furent délimités dès l'aube du xxe s.. De nombreux projets nationaux et régionaux sont en cours de réalisation, en particulier pour sauvegarder les écosystèmes fluviaux et marins ; ils concernent plus du dixième de la péninsule.

1.4. L'hydrographie italienne

Les courtes rivières italiennes ont un régime calqué sur celui des pluies. Les crues ont lieu au printemps et en automne en Italie centrale, en hiver en Italie du Sud ; l'étiage se situe toujours à la fin de l'été. Nombre de cours d'eau sont de simples torrents, les fiumare, au lit encombré de pierrailles. Un fleuve comme le Tibre (405 km) a un débit moyen bien modeste de 290 m3s, oscillant entre un minimum de 61 m3s et un maximum de 2 730 m3s. Une fois encore, c'est le Nord qui a la chance de posséder des rivières au régime plus équilibré et le seul grand bassin hydrographique, celui du Pô. Les rivières alpines ont des minimums d'hiver, et les hautes eaux ont lieu au printemps avec la fonte des glaciers et les pluies. Leur régime reste soutenu en automne.

Les principaux cours d'eau d'Italie

Les principaux cours d'eau d'Italie

Fleuve ou rivière

Longueur

Bassin versant

Débit

Situation

Les principaux fleuves d'Italie

652 km

70 472 km2

1 460 m3s (au delta)

Fleuve de l'Italie du Nord

Adige

410 km

12 200 km2

 

Fleuve de l'Italie du Nord

Tibre

396 km

17 160 km2

288 m3s

Fleuve de l'Italie du Centre

Arno

241 km

8 247 km2

 

Fleuve de Toscane

Piave

220 km

4 100 km2

Fleuve de l'Italie du Nord

Volturno

185 km

5 450 km2

Fleuve de l'Italie du Sud

Brenta

174 km

2 300 km2

 

Fleuve de l'Italie du Nord

Tagliamento

172 km

 

 

Fleuve de l'Italie du Nord

Tirso

150 km

 

 

Fleuve de Sardaigne

Isonzo

138 km

 

 

Fleuve de l'Italie du Nord

Ofanto

134 km

2 764 km2

 

Campanie et Pouille

Liri

120 km

 

 

Section supérieure du Garigliano

Métaure

110 km

 

 

 

Garigliano

38 km

 

 

Section inférieure du Liri

Les principales rivières d'Italie

Adda

313 km

 

8000 km2

Affluent du Pô (rive gauche)

Oglio

280 km

6 650 km2

 

Affluent du Pô (rive gauche)

Tanaro

276 km

 

 

Affluent du Pô (rive droite)

Tessin

248 km

 

410 m3s

Affluent du Pô (rive gauche)

Mincio

194 km

 

 

Affluent du Pô (rive gauche)

Doire Baltée

160 km

 

 

Affluent du Pô (rive gauche)

Doire Ripaire

125 km

 

 

Affluent du Pô (rive gauche)

Trébie

115 km

 

 

Affluent du Pô (rive droite)

Aniene

100 km

 

 

Affluent du Tibre (rive gauche)

Bormida

50 km

 

 

Affluent du Tanaro

Le est le plus grand fleuve italien. Long de 652 km, il a un débit moyen, près de son embouchure, de 1 600 m3s, cela malgré les ponctions faites tout au long de son cours pour les besoins de l'irrigation. Sa pente est faible ; né à 2 022 m, sur le flanc du mont Viso, il n'est plus qu'à 212 m d'altitude à Turin, alors qu'il a encore près de 600 km à parcourir ; aussi, sa vitesse est-elle très modérée. Son régime est très équilibré, car il reçoit des affluents venus des Alpes, aux hautes eaux d'été, parfois régularisés par les lacs (comme le Tessin ou l'Adda), et des affluents venus de l'Apennin, aux hautes eaux printanières et automnales ; son étiage d'hiver est à peine marqué. Abondance, lenteur, régularité, voilà des qualités bien rares pour un fleuve italien, qui a cependant aussi des crues redoutables (vers l'embouchure, on a noté jusqu'à 8 900 m3s), pouvant alors rompre ses digues et inonder des milliers d'hectares. La charge alluviale, estimée à 20 millions de tonnes par an, fait progresser rapidement le delta. Or ce dernier est victime d'un mouvement inverse : un enfoncement d'origine tectonique menace en effet Venise. Seule voie navigable fluviale pénétrant vers le cœur de l'Italie industrielle, mais difficilement maîtrisé, le Pô n'est pas un axe de transport efficace. Alors que Milan rêve encore de devenir un port, les divers plans d'aménagement envisagent plutôt la création de canaux, comme au temps des doges vénitiens.

Les principaux lacs d'Italie

Les principaux lacs d'Italie

Lac

Superficie

Localisation

Garde

370 km2

Entre la Lombardie et la Vénétie

Majeur

216 km2

Entre l'Italie et la Suisse

Côme

146 km2

Lombardie

Trasimène

128 km2

Ombrie

Bolsena

115 km2

Latium

Iseo

63 km2

Lombardie

Albano

 

Monts Albains

Averne

 

Près de Naples

Lagune de Venise

587 km2

Vénétie

Lagune de Comacchio

400 km2

Émilie

Lagune de Varano

60 km2

Pouille

Lagune de Lesina

51 km2

Pouille

1.5. Les risques naturels en Italie

L'Italie est le pays européen le plus vulnérable aux caprices de la nature. Aucune parcelle n'est à l'abri des inondations, des tremblements de terre ou des effets du volcanisme.

Les inondations en Italie

Le Sénat romain s'interrogeait déjà sur la possibilité de dévier les fleuves, pour éviter les inondations. Si la plaine du Pô semble à l'écart des tremblements de terre, l'inondation de 1951 fit plus de 100 victimes. Ce triste bilan sera dépassé en 1953 à Reggio di Calabria, puis en 1954 sur la côte d'Amalfi, ensevelie sous les boues. L'inondation qui ravagea Florence en novembre 1966 toucha plus de 1 100 communes. En 1979, la Toce, dans le val d'Ossola, sort de son lit : 30 personnes périssent. Les effets de ces catastrophes sont d'autant plus ressentis que de fortes densités de population se concentrent dans les zones inondables. Les Italiens n'hésitent d'ailleurs pas à installer leurs villes dans les lits majeurs des rivières : plus de 20 % des habitants des Vénéties vivent dans un espace à risque.

Les tremblements de terre en Italie

L'Italie est tectoniquement très instable. Près de 5 000 tremblements de terre ont été recensés depuis les débuts de l'ère chrétienne. Trois zones sont particulièrement menacées : les Alpes vénitiennes, l'Apennin toscan, l'Apennin central et méridional. Le séisme le plus meurtrier, celui du 28 décembre 1908 à Messine, a fait plus de 100 000 victimes. Les tremblements de terre, comme celui du Frioul en septembre 1976, dévastent des régions entières. Les derniers tremblements de terre notables ont dévasté L'Aquila, en 2009 et la région de Norcia (à 150 km de Rome) en 2016. Plus meurtriers que les inondations, les séismes entraînent leurs cortèges de sans-abri et le détournement des nombreuses aides par les systèmes mafieux, sans compter les répliques (1 500 de ces secousses plus faibles, qui interviennent après le choc principal, furent enregistrées après la catastrophe de Messine).

Les éruptions volcaniques en Italie

Les éruptions volcaniques, associées à la fragilité et à l'instabilité de l'écorce terrestre, sont devenues moins dangereuses, les progrès de la volcanologie permettant d'établir des prévisions sérieuses ; la concentration de population dans les aires à risque a été réduite. Si quelques terroirs, sur les pentes de l'Etna, le plus grand volcan européen, sont parfois ensevelis sous les laves, les accidents restent ponctuels. Mais on ne peut exclure l'éventualité que Naples, coincée entre les vieux volcans des champs Phlégréens et le Vésuve, ne soit un jour ensevelie sous les lapilli de ces volcans de type explosif, comme le fut Pompéi.

Les conséquences économiques des risques naturels en Italie

Les conséquences économiques de ces conditions naturelles ne sont pas négligeables. Les communications ont toujours été difficiles et il a fallu de coûteux travaux d'art pour mettre en place chemins de fer et autoroutes ; les côtes, rocheuses ou basses et sableuses, ont peu de bons sites portuaires. La valeur agricole des sols est limitée. La vigueur de l'érosion a nécessité la construction de terrasses ; les plaines mal drainées ont été des foyers de paludisme, tant que l'on n'y a pas mené des travaux de bonification. Les gisements minéraux sont variés, mais de faible ampleur et dispersés.

2. Le climat italien

Le trait permanent du climat n'est pas la douceur, mais l'irrégularité. Il existe plusieurs régions climatiques en Italie.

2.1. Les facteurs principaux du climat italien

Les facteurs principaux du climat sont au nombre de trois. L'étirement du pays de 47 à 36 ° de latitude N. (de Chalon-sur-Saône à Tunis) place l'Italie dans la zone d'influence des climats subtropicaux, qui, sur la façade occidentale des continents, prennent le nom de climat méditerranéen. Ce climat est caractérisé par un été chaud et sec et un hiver doux et pluvieux. L'été, des hautes pressions s'étendent sur l'Italie (« anticyclone des Açores ») ; l'air est calme, stable, et la nébulosité est très faible, ce qui permet un réchauffement maximal. Chaleur et aridité vont de pair. L'hiver, au contraire, les basses pressions dominent et la circulation cyclonique apporte la pluie. La mer est un autre facteur, car elle atténue les écarts saisonniers de température. Quant au relief, il joue le rôle d'écran et il modifie les conditions thermiques. D'autres facteurs secondaires interviennent (éloignement de la mer, courants marins, exposition par rapport au soleil et au trajet des vents dominants) pour expliquer des climats locaux.

2.2. Les éléments du climat italien : chaleur et sécheresse

Les éléments du climat se combinent en une succession continue de types de temps. Le régime des vents est étroitement lié aux conditions barométriques et à la disposition du relief, d'où une assez grande variété ; mais, ce qui frappe le plus, c'est le fort ensoleillement. La distribution des températures met en évidence un fait climatique majeur de l'Italie : la chaleur. La plus grande partie du pays a une température moyenne de 12 à 16 °C (températures réduites au niveau de la mer). La douceur est générale, sauf dans la plaine du Pô. L'hiver, les isothermes tendent à s'orienter selon la latitude, la mer n'intervenant que comme un faible correctif. En examinant la température moyenne du mois le plus froid, janvier, on constate que la ligne des 11 °C ourle l'extrémité méridionale de la péninsule ; celle des 2 °C, la partie nord. Les valeurs extrêmes peuvent être sévères. En dehors des montagnes, le minimum absolu se trouve dans la plaine padane, près d'Alexandrie (– 17,7 °C). Le nombre de jours de gel dépasse 50 dans toute la plaine du Pô, mais il est encore de 10 à Rome et de 1 à Naples ou en Sicile.

La situation estivale est différente. Par suite du vif échauffement des masses continentales, le plus ou moins grand éloignement de la mer devient essentiel, et les isothermes se disposent parallèlement aux côtes. La température moyenne oscille de 22 °C au nord à 30 °C au centre de la Sicile en juillet. Les maximums absolus montrent le caractère torride de l'été italien ; on a noté 49,6 °C en Sicile en 1885 et, à Milan, le thermomètre s'est élevé à 38 °C.

La répartition des précipitations a des conséquences plus essentielles pour la vie économique. Celles-ci sont presque partout en quantités honorables, sauf dans le Sud, où elles peuvent être inférieures à 500 mm (478 mm à Foggia, 452 mm à Agrigente). Les règles générales de cette répartition sont claires : les précipitations diminuent du nord au sud ; elles sont en étroite relation avec le relief, dont elles soulignent les lignes directrices ; elles varient avec l'exposition. Mais, ce qui est beaucoup plus important, c'est l'irrégularité de ces précipitations dans le temps et dans l'espace. Palerme reçoit 962 mm de pluies, mais Agrigente, à 100 km de là, n'en reçoit pas la moitié. D'une année à l'autre, les quantités de précipitations changent considérablement. À Cagliari, il est tombé 664 mm de pluies en 1965 et 352 mm en 1966 ; cette même station a connu des écarts encore plus considérables, avec 934 mm en 1898 et 133 mm en 1913. Les pluies tombent en un nombre de jours restreint, de 80 à 120 jours en moyenne, avec des secteurs, comme la Riviera ligure ou la Calabre, où il y a à peine de 40 à 60 jours de pluie. Il s'ensuit des averses violentes, quelquefois dommageables pour les cultures.

2.3. Les domaines climatiques italiens

Les traits du climat rassemblés comme un puzzle présentent deux grands domaines. Il y a une Italie du Nord avec un climat de type continental dans la plaine (devenant montagnard sur les hauteurs), rude et brumeux l'hiver, chaud et humide l'été. Le problème de l'eau ne s'y pose pas, et de grandes cultures sont possibles comme le riz ou le maïs. S'y oppose une Italie centrale et méridionale définitivement méditerranéenne, aux températures douces, avec des coups de froid et des pluies l'hiver, un été torride et sec, des saisons intermédiaires marquées par de fortes pluies et des orages, une luminosité très grande toute l'année. Les conditions agricoles y sont plus difficiles.

À l'intérieur de chacun de ces domaines, des nuances existent, quand ce ne sont pas de véritables anomalies climatiques, comme pour la côte ligure, où l'on retrouve une situation proche de celle de la Côte d'Azur française. Les rythmes pluviométriques opposent le golfe de Gênes, où se produisent d'abondantes précipitations d'automne et de printemps, à la Calabre, région arrosée en hiver. Sur la façade adriatique, l'été reste très chaud et sec, tandis que l'hiver est relativement froid : la lagune de Venise est parfois prise par les glaces. Globalement, la relative douceur des hivers, la chaleur des étés et la faiblesse des précipitations en sont autant de caractères appréciés des touristes.

Pour en savoir plus, voir les articles population de l'Italie et activités économiques de l'Italie.