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Sardaigne

en italien Sardegna

Sardaigne
Sardaigne

Île et région d'Italie, au S. de la Corse.

  • Superficie : 24 090 km2
  • Population : 1 642 528 hab. (recensement de 2011)
  • Nom des habitants : Sardes
  • Capitale : Cagliari

Elle est formée de 8 provinces (Cagliari, Carbona-Iglesias, Medio Campidano, Nuoro, Ogliastra, Olbia-Tempio, Oristano et Sassari).

GÉOGRAPHIE

À la différence de la Sicile, la Sardaigne est relativement peu peuplée. Vaste quadrilatère de 270 km sur 110 km, situé à 200 km à l'ouest des côtes italiennes, l'île présente des caractères bien particuliers.

Du point de vue physique, l'île est un élément du socle granitique parcouru de nombreuses failles, recouvert par endroits d'une couverture sédimentaire et faisant place, à l'ouest, à d'épaisses accumulations volcaniques. Plateaux et montagnes aux formes lourdes dominent (massif de Gennargentu), d'où une impression de massivité. Les plaines (18 % de la superficie) sont peu développées (la principale étant celle du Campidano, au sud-ouest de l'île). Le climat méditerranéen est ici altéré par l'altitude, la fréquence et la violence des vents, l'humidité atmosphérique. Il en résulte un paysage végétal marqué par le maquis.

La Sardaigne a été soumise au cours des siècles à diverses vagues de colonisation et la population s'est réfugiée vers l'intérieur des terres pour résister. L'Unité italienne n'a pas changé son état de quasi-colonie, mais, depuis 1948, des transformations notables ont lieu. La population augmente, ainsi d'ailleurs que l'émigration vers le continent. De nombreux Sardes quittent la montagne pour les plaines littorales et les villes, dont les principales sont les quatre chefs-lieux de province : Cagliari, Sassari, Nuoro et Oristano.

Les activités rurales demeurent importantes. L'île est d'abord une grande région d'élevage ovin (le tiers du troupeau italien) en dépit d'une crise de la société pastorale. L'agriculture, qui a bénéficié des travaux d'irrigation, repose sur les céréales, la vigne, les arbres fruitiers et les cultures maraîchères. L'exploitation du chêne-liège se maintient. L'industrie s'est développée. À côté des traditionnelles activités extractives (plomb, zinc), de nouveaux foyers industriels ont été implantés : la papeterie à Arbatax, la métallurgie de transformation à Portovesme, la pétrochimie à Porto Torres et à Cagliari, la chimie à Nuoro. Le tourisme a connu un vif essor, en particulier dans la Gallura, au nord-est, sur la luxueuse Costa Smeralda (Porto Cervo). Mais le retard économique de l'île n'est pas effacé, et sa situation de dépendance demeure.

HISTOIRE

Habitée dès la préhistoire, la Sardaigne connut un certain développement culturel aux âges des métaux, grâce à l'exploitation de ses minerais. De ces temps anciens subsistent des monuments, dolmens et surtout nuraghi. L'île est occupée ensuite par les Phéniciens (vers le viie s. avant J.-C.), par les colons grecs (vie s.) et, après la bataille d'Alalia (535), par les Carthaginois. Les Romains prennent leur place à partir de 238, mais la pacification est très laborieuse. Province sénatoriale, puis impériale, pays malsain, resté assez sauvage, la Sardaigne est un lieu de déportation, en particulier pour les chrétiens employés dans les mines. Elle procure aussi à Rome une partie de son ravitaillement en blé.

Occupée par les Vandales (ve s. après J.-C.), elle est reconquise par Bélisaire (534), et des moines du Mont-Cassin s'y établissent. Cependant, à partir du viiie s., de multiples incursions de Sarrasins dévastent les côtes. Pour s'en affranchir, les Sardes, virtuellement indépendants, font appel à Pise et à Gênes, qui la libèrent des pirates, pour mieux la posséder. L'île s'organise politiquement à partir du xie s. La lutte pour le contrôle du territoire, avec les Pisans au nord-ouest et les Génois au sud-est, s'achève par la victoire des Génois à la Meloria (1284).

Le pape Boniface VIII attribue la souveraineté de la Sardaigne à l'Aragon et Jacques II en fait la conquête, à partir de 1323. Une révolte prend la forme d'une guerre civile d'un demi-siècle, à partir de 1368 et jusqu'à la chute de Sassari en 1420. En 1478 est instauré un régime de vice-royauté. L'influence espagnole se développe. Conquise en 1708 par les Anglais (→ guerre de la Succession d'Espagne), l'île est livrée à l'Autriche (traité de Rastatt, 1714) et finalement échangée avec le duc de Savoie contre la Sicile en 1718-1720. Dès lors, elle suit la destinée des États sardes, dont elle est une dépendance lointaine et arriérée, refuge des souverains de Savoie pendant la période révolutionnaire (1798-1814). Elle est rattachée au Piémont en 1847, puis intégrée au royaume d'Italie en 1861. Son particularisme et son médiocre développement lui ont valu d'être reconnue en 1948 comme région autonome.

BEAUX-ARTS

Entre le xve et le xe s. avant J.-C. se développe la civilisation des nuraghi : grande civilisation du bronze, en liaison constante avec la zone atlantique riche en étain. Les nuraghi, maisons-forteresses, et de nombreuses sépultures (Uta, Albini, etc.) ont livré des statuettes de bronze : guerriers, lutteurs, joueurs de flûte, animaux stylisés, etc. (musée de Cagliari).

Par la suite, la Sardaigne a reçu l'apport de ses occupants successifs : Carthaginois, Romains (amphithéâtre de Cagliari), Pisans (cathédrale de Porto Torres, église Santa Trinità di Saccargia, xiie s.), Aragonais. Les styles de la Renaissance, baroque et néoclassique sont également représentés.