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Province de Québec

province de Québec

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province de Québec

Province du Canada.

Superficie : 1 540 680 km2
Population : 7 546 131 hab. (recensement de 2006)
Nom des habitants : Québécois
Capitale : Québec
Ville principale : Montréal

GÉOGRAPHIE

Le milieu naturel

Par le relief et la structure, la province se divise en trois parties, de dimensions très inégales. Le secteur oriental du Bouclier canadien, qui couvre plus des neuf dixièmes du Québec, est composé de roches cristallines raclées par les glaciers qui ont creusé les cuvettes d'innombrables lacs (12 % de la superficie) ; la bordure sud du Bouclier se relève dans les Laurentides (de 600 à 900 m). La région appalachienne est formée de plateaux et collines avec quelques sommets comme le mont Jacques-Cartier (1 268 m). Entre ces deux ensembles, les basses terres laurentiennes doivent à la submersion postglaciaire de bons sols meubles ; leur partie aval est ennoyée (estuaire du Saint-Laurent), sauf dans l'île d'Anticosti.

   

Du S. au N., on passe progressivement du climat continental à hiver froid au climat arctique par un hiver de plus en plus rigoureux et long et un été de plus en plus court et frais (− 12 °C à Québec, − 23,5 °C à Schefferville en janvier et respectivement 19,8 °C et 12,8 °C en juillet). La neige est particulièrement abondante dans l'est des basses terres et des Laurentides (plus de 4 m). La durée du gel des eaux douces stagnantes s'accroît également du S. au N. (de 5 à 9 mois). Les glaces de mer encombrent, pendant 6 à 9 mois, les côtes de la mer et du détroit d'Hudson, mais la navigation d'hiver est possible dans l'estuaire du Saint-Laurent et, à l'aide de brise-glace, jusqu'à Québec et Montréal. Les cours d'eau (Saint-Laurent, Saint-Maurice, Outaouais) doivent à l'abondance des pluies et neiges des débits énormes (en moyenne 10 200 m3/s pour le Saint-Laurent à Québec).

   La zonation végétale est parallèle à celle du climat : à la forêt mixte des basses terres et des Laurentides succèdent la forêt boréale dense, puis ouverte et enfin la toundra ; forêt et toundra sont interrompues par de vastes tourbières.

Les hommes et l'économie

La forte natalité traditionnelle des Québécois a commencé à décroître dans les années 1960, et le taux est maintenant voisin de la moyenne nationale. Les francophones demeurent largement majoritaires. L'agglomération de Montréal rassemble près de la moitié d'une population très largement urbanisée (80 %). La vie économique est fondée sur l'industrie. Celle-ci bénéficie, avec les équipements tributaires de la baie James, d'un potentiel d'électricité hydraulique très important. Le sous-sol fournit notamment de l'amiante, du fer, du cuivre, de l'or, du zinc, du titane et du sélénium. La métallurgie (aluminium, cuivre et zinc), la chimie (raffinage du pétrole et pétrochimie), la construction aéronautique et automobile, la pâte à papier et l'imprimerie, le textile et la confection, les industries alimentaires sont les principaux secteurs représentés, tournés surtout vers l'exportation. L'agriculture (5 % des actifs) concerne l'élevage bovin et les cultures spécialisées (tabac, fruits et légumes, produits de l'érable). La pêche joue un rôle assez faible. Le tourisme se développe.

HISTOIRE

1. Avant la colonisation

Originellement peuplée de multiples nations autochtones, cette vaste région du Bouclier canadien, entaillée par l'embouchure du Saint-Laurent, voit l'arrivée successive de petits contingents européens dès le Moyen Âge (→ Vikings), puis pêcheurs, notamment basques, bretons et normands, et enfin, après les grandes découvertes de la Renaissance, navigateurs).

2. La Nouvelle France

À partir des années 1600, sous la houlette de Samuel de Champlain, pour le compte de la couronne de France, un projet de colonisation s'organise et une « Nouvelle-France » se développe le long du grand fleuve et de son estuaire. Cette entreprise ne survit toutefois pas à la rivalité qui oppose, depuis la fin du XVIIesiècle en Europe et jusque dans le Nouveau monde, la France et la Grande-Bretagne, dont les établissements nord-américains voisins enregistrent une croissance autrement plus rapide.

3. Au sein de la Confédération canadienne (de 1867 à aujourd'hui)

Après la défaite de la France et le traité de Paris (1763), la Grande-Bretagne s'assure en effet le contrôle des possessions françaises au Canada et crée la province de Québec. En 1791, l'arrivée des « loyalistes » fuyant les États-Unis indépendants aboutit à la séparation du Bas-Canada, francophone (avec Québec pour capitale), et du Haut-Canada, anglophone (actuel Ontario). En 1837, les parlementaires des deux Canadas réclament de réels pouvoirs. La rébellion éclate et est durement réprimée (1840). Les deux Canadas (aujourd'hui Ontario et Québec) sont réunis en une même province, le Canada-Uni. La province de Québec est restaurée dans le cadre de la Confédération canadienne, créée en 1867, mais la dépendance politique et l'infériorité socio-économique de facto des francophones par rapport aux anglophones se poursuit.

   

La vie politique locale est alors marquée par la division entre libéraux et conservateurs cléricaux, qui se succèdent au pouvoir, les uns et les autres pouvant se réclamer d'un nationalisme de plus en plus prononcé.

3.1. De Maurice Duplessis à la « révolution tranquille » de Jean Lesage

De 1936 à 1939, puis de 1944 à 1959, l'Union nationale de Maurice Duplessis dirige d'une main de fer et sous le contrôle de l'Église la vie d'une province encore extrêmement rurale et même agricole. À l'inverse, à partir de 1960, les libéraux de Jean Lesage entreprennent d'en moderniser profondément les cadres économiques, sociaux et culturels dans le cadre d'une « révolution tranquille » destinée à faire entrer les Québécois dans le XXe siècle.

   Depuis des décennies, et notamment pendant ces années 1960 de grandes transformations, le courant indépendantiste se développe, en particulier autour de la défense de la langue française et de la culture propre à la province, mais aussi de considérations économiques, sociales et politiques liées au statut des francophones dans la Fédération.

3.2. Clivages gauche-droite et fédéralisme-souveraineté

Porté par cette contestation, le parti québécois (PQ) de René Lévesque, indépendantiste, gagne les élections provinciales de 1976. Mais, en 1980, les Québécois se prononcent par référendum contre le projet de « souveraineté-association » avec le reste du Canada. René Lévesque démissionne en 1985. Les libéraux, dirigés par Robert Bourassa (déjà Premier ministre de 1970 à 1976), reviennent au pouvoir. À partir de 1988, ils doivent faire face à une nouvelle crise linguistique doublée d'une crise constitutionnelle. En 1990, l'échec du projet d'accord (dit « du lac Meech ») destiné à satisfaire les demandes minimales du Québec ouvre une crise politique sans précédent, aggravée par des revendications amérindiennes. En 1992, un nouveau projet de réforme constitutionnelle (élaboré à Charlottetown), soumis à référendum, est rejeté. En 1994, Robert Bourassa démissionne et le libéral Daniel Johnson devient Premier ministre. Après la victoire des indépendantistes aux élections législatives de septembre, Jacques Parizeau, chef du parti québécois, lui succède à la tête du gouvernement.

   

Le référendum sur la souveraineté du Québec organisé en octobre 1995 se solde par une très courte victoire des partisans du maintien de la province dans la Confédération canadienne. Jacques Parizeau, démissionnaire, est remplacé à la tête du parti québécois et du gouvernement par Lucien Bouchard (1996). Le parti québécois remporte à nouveau les élections de 1998, mais, en janvier 2001, Lucien Bouchard, reconnaissant son échec à faire avancer le Québec sur la voie de la souveraineté, annonce sa démission et son retrait de la vie politique. Il est remplacé par Bernard Landry, son vice-Premier ministre.

Jean Charest (2003-)

À l'issue des élections générales d'avril 2003, les libéraux (PLQ) obtiennent la majorité absolue des sièges à l'Assemblée de la province avec 76 députés, contre 45 pour le parti québécois et 4 pour l'Action démocratique du Québec (ADQ). Cette dernière, une formation populiste de droite fondée en 1994 par des dissidents du parti libéral – Jean Allaire et Mario Dumont, son dirigeant – fait figure, depuis sa fondation, d'outsider d'un duel entre le PLQ et le parti québécois. Jean Charest, chef du PLQ, remplace B. Landry au poste de Premier ministre et met en œuvre un plan de réduction des services et des dépenses publics rapidement impopulaire.

   En novembre 2006, le vote à Ottawa d'une résolution faisant du Québec « une nation au sein d'un Canada uni » se lit comme un geste en direction des Québécois mais aussi comme un coup de pouce donné par le gouvernement fédéral aux conservateurs à la tête de la province.

   Aux élections générales de 2007, le mécontentement des électeurs, conjugué au besoin de sortir des clivages politiques traditionnels gauche-droite et fédéralistes-souverainistes, prive les libéraux de majorité absolue. Avec 43 % des voix pour le PLQ (48 sièges), 31 % pour l'ADQ (41 sièges) et 28 % pour le parti québécois (36 sièges, son plus mauvais score), le Premier ministre libéral sortant, Jean Charest, ne peut former qu'un gouvernement minoritaire (le premier depuis 1878). Ces élections marquent, à l'image de celles qui ont porté Stephan Harper au pouvoir à Ottawa en 2006, une montée du conservatisme dans la société québécoise. Leur vainqueur véritable, l'ADQ, désormais opposant officiel, semble mettre fin au bipartisme politique. Très critiqué pour le piètre résultat du parti québécois, André Boisclair en abandonne la direction qui revient à Pauline Marois. Aux élections provinciales du 8 décembre 2008, cette formation, qui bénéficie de l'effondrement de l'ADQ (16 % des voix, 17 sièges, et retrait consécutif de M. Dumont), réalise son meilleur score (35 %, 51 députés) de la décennie et redevient la principale force d'opposition aux libéraux de Jean Charest.

   Fort de la majorité absolue (66 sièges sur 125) qu'il escomptait obtenir en déclenchant cette consultation anticipée (motivée officiellement par la nécessité en temps de crise de donner à l'exécutif une assise législative stable, mais davantage due à l'état des forces politiques dans la province et à l'éclatement de l'opposition à son gouvernement), Jean Charest est reconduit une troisième fois à la tête de l'exécutif québécois – une situation inédite depuis les années 1950.

   Comme le Premier ministre Harper à l'échelle fédérale, Jean Charest s'emploie à combattre les effets de la crise internationale qui assombrit les perspectives de croissance d'une province en proie en outre à une accumulation dangereuse de déficits. En mai 2009, il inaugure un projet hydroélectrique colossal, dit de la Romaine, nom d'une rivière qui se jette dans le Saint-Laurent et sur laquelle 4 centrales géantes doivent être construites d'ici 2020. Deux ans plus tard, il dévoile le « Plan Nord », ou programme de développement économique des régions septentrionales, basé sur l'exploitation de leurs abondantes ressources énergétiques et minières, la création de dizaines de milliers d'emplois, et l'accent porté sur l'environnement durable, avec une enveloppe de plus 80 milliards de dollars canadiens pour les 25 prochaines années, mais la nécessité, problématique, de trouver une accord avec les populations autochtones.

   Enfin, après la confirmation en 2008 de la présence d'immenses réserves de gaz de schiste le long du Saint-Laurent, le gouvernement prend des mesures favorisant la prospection et envisage un début d'exploitation pour 2010. C'est toutefois sans compter avec la mobilisation citoyenne contre ces décisions : protestations, pétitions et manifestations ponctuent l'année 2011 et accentuent l'impression de fossé qui existe au sein de l'opinion entre un gouvernement usé par les années de pouvoir et des scandales d'une part, et le gros de la population de l'autre. De fait, la popularité du Premier ministre tombe au seuil historique de 13 %.

   Pour en savoir plus, voir l'article histoire du Canada.

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