paléolithique

Outils du paléolithique
Outils du paléolithique

Période la plus ancienne de la préhistoire, caractérisée par l'invention et le développement des outils en pierre taillée (industrie lithique).

Le paléolithique débute avec l’apparition des premiers hommes (genre Homo), il y a environ 3 millions d’années, et se termine il y a 10 000 à 12 000 ans, avec l’avènement du mésolithique, période de transition avec le néolithique.

1. Origines scientifiques du paléolithique

Le terme « paléolithique » a été bâti en 1865 par le préhistorien John Lubbock à partir du grec palaios, ancien, et lithos, pierre, par opposition au néolithique (ou âge de la pierre polie) qui lui succède à des époques différentes selon les régions. On subdivise généralement cette période de la préhistoire en 3 grands stades chronologiques : le paléolithique inférieur, le paléolithique moyen et le paléolithique supérieur. Ces stades chronologiques correspondent à des cultures différentes, des industries lithiques plus ou moins évoluées (on désigne par industrie lithique l’ensemble des outils en pierre produits, ainsi que les éclats issus de leur fabrication). En raison de leur longue durée, les limites de ces stades sont assez floues.

Chaque stade comprend lui même une ou plusieurs cultures, définies par les techniques employées pour produire les outils en pierre, ainsi que par les outils eux-mêmes. Chacune de ces cultures porte un nom dérivé de l’un des sites où elle a été mise au jour (par exemple, l’oldowayen vient des gorges d’Olduvai, en Tanzanie, l’aurignacien de la grotte d’Aurignac, en France, etc.) – et non du lieu où elles sont apparues. Leurs dates varient selon les régions du monde (toutes les cultures n’apparaissent pas partout en même temps). De même, les différentes périodes ont tendance à se chevaucher plus qu’à se succéder de façon stricte. La première chronologie du paléolithique a été proposée par le préhistorien Gabriel de Mortillet en 1869.

Au paléolithique inférieur, il est souvent difficile d’associer une culture lithique à une espèce humaine en particulier. En effet, les fossiles humains sont rares, et ne se retrouvent pas forcément aux mêmes endroits que les outils. De plus, la diversité des espèces d’hominidés est importante, et plusieurs espèces peuvent avoir partagé les mêmes techniques, ou bien une espèce peut avoir créé les outils et une ou plusieurs autres s’en être servi. En revanche, au paléolithique moyen en Europe, domine l’homme de Néandertal, tandis qu’au paléolithique supérieur, après la disparition de ce dernier, c’est l’homme moderne, Homo sapiens, qui est l’auteur de toutes les techniques.

Par ailleurs, les paléontologues ne retrouvent, pour l’essentiel, que des vestiges en matériaux durs, peu périssables ; tous les objets ou abris utilisant des branches, des feuilles, des peaux... sont beaucoup moins susceptibles d’être conservés. De plus, tous les sites ne sont pas fouillés. Ainsi l’absence de vestige n’est pas une preuve de l’absence d’un comportement ou d’une culture, de même que l’existence de vestiges ne prouve pas, de façon nette, une date d’apparition. Les grottes renferment beaucoup de vestiges, car ce sont des lieux abrités des intempéries et dont la fouille s’impose comme « évidente ». Pour autant les hommes du paléolithique n’étaient pas des « hommes des cavernes » : les grottes étaient sombres et souvent inaccessibles, plutôt lieux de rites que d’habitation. Quand elles étaient habitées, seule l’entrée l’était. Les abris sous roches, ouverts, semblent préférés.

2. Le paléolithique inférieur

2.1. L'oldowayen

Les premiers outils fabriqués par l'homme actuellement connus sont les galets aménagés ou galets taillés, désignés aussi sous le nom de pebble culture (auparavant, les hominidés, comme le font les grands singes, devaient se servir d'outils non travaillés, comme des bâtons ou des pierres). Les plus anciens de ces outils, datant de 2,7 millions d'années, ont été mis au jour en Afrique de l'Est (Éthiopie, Kenya, Tanzanie). On les retrouve ensuite en Afrique du Sud et du Nord, ce qui témoigne de la propagation de cette culture, appelée oldowayen (du site d’Olduvai, en Tanzanie), à travers tout le continent.

Ces galets aménagés sont des galets auxquels ont été enlevés un ou deux éclats en les frappant avec un autre galet, appelé percuteur (on appelle parfois choppers les galets auxquels ont été enlevés des éclats sur une seule face, et chopping-tools ceux dont ont été enlevés des éclats sur deux faces). Les galets eux-mêmes comme les éclats étaient probablement utilisés comme outils, principalement des tranchoirs et des rabots. Les galets aménagés sont souvent attribués à Homo habilis et Homo rudolfensis, mais certains paléontologues pensent qu’ils peuvent aussi avoir été réalisés par le paranthope Paranthropus boisei. Il est probable que toutes les espèces contemporaines d’hominidés s’en soient servi (Australopithecus garhi, Paranthropus boisei, Homo rudolfensis et Homo habilis).

2.2. L'acheuléen

L’oldowayen donne naissance à une autre industrie lithique, plus perfectionnée, l’acheuléen (du site de Saint-Acheul, dans la Somme). Cette culture est née en Afrique il y a environ 1,7 million d’années. On en a trouvé des vestiges en Afrique de l’Est, du Nord et du Sud. On pense que son inventeur est Homo ergaster (mais Paranthropus robustus a pu l’utiliser ou la reproduire). Elle se diffuse ensuite en Asie (un site acheuléen en Chine est daté de – 800 000 ans) et en Europe, vers – 700 000 ans (on trouve divers sites en France par exemple, dont celui, éponyme, de Saint-Acheul). Cette propagation en Eurasie est vraisemblablement le fait d’Homo erectus et d’Homo heidelbergensis.

L’acheuléen est caractérisé par les bifaces. Ce sont des blocs en pierre (silex, quartz, pierres volcaniques, etc.) taillés en forme d’amande (larges et ronds à la base, fins et pointus à l’extrémité). Ils sont obtenus en enlevant de nombreux éclats sur les deux faces. Avec le temps, les bifaces deviendront plus fins et plus petits. Ce sont sans doute des outils polyvalents : ils pouvaient servir à couper, trancher, racler, percer des trous, déterrer des racines... Au cours de l’acheuléen, une méthode complexe de débitage fait son apparition en Eurasie : le débitage ou méthode ou encore technique Levallois (du site de Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine). Cette technique consiste à préparer le bloc de pierre afin d’obtenir de grands éclats de forme prédéterminée (et régulière) en fonction de leur usage. Elle demande de la réflexion et d’importantes capacités d’anticipation. Sur les lieux de campement, on trouve des accumulations d’ossements d’animaux, de déchets de nourriture ou d’outils (les abris de l’époque, sans doute en branchages, feuilles, etc. ne sont pas conservés).

Les hommes de l’acheuléen sont également à l’origine d’une autre acquisition majeure : la maîtrise du feu. Celle-ci est avérée aux alentours de – 400 000 ans, en Chine et en Europe. Mais elle pourrait être bien plus ancienne : des vestiges d’objets brûlés datant de – 790 000 ans, dont la disposition laisse supposer des feux volontaires et non naturels, ont en effet été mis au jour en Israël.

Vers la fin du paléolithique inférieur, à partir de – 300 000 ans environ, émerge de l’acheuléen la culture du moustérien, caractéristique du paléolithique moyen. Le moustérien et l’acheuléen coexistent jusqu’à environ 200 000 ans BP (avant le présent, en anglais Before Present), date à laquelle se termine le second.

3. Le paléolithique moyen

Le moustérien (du site de Moustier, en France) est la principale culture du paléolithique moyen. Il est apparu et s’est diffusé en Europe, au Proche-Orient et en Asie, entre – 300 000 ans et – 45 000 ans environ.

Il est l'œuvre de l'homme de Neandertal (Homo neanderthalensis), mais au Proche-Orient, à partir de – 100 000 ans environ, Homo sapiens (apparu il y a au moins 200 000 ans en Afrique) l’adopte également.

Avec le moustérien, les bifaces disparaissent et le travail sur galets se standardise avec le débitage Levallois. Celui-ci permet d’obtenir des éclats de taille et de forme diverses, qui servent de pointes, racloirs, grattoirs, etc. Certains sont fixés sur des manches en bois pour former par exemple des lances. Les recherches paléontologiques ont montré que les hommes du paléolithique moyen travaillent aussi le bois (par exemple pour fabriquer des épieux) et les peaux animales. L’homme de Neandertal chasse les grands mammifères comme le bison, le saïga (une antilope d’Asie), le bouquetin, l’aurochs (un bœuf sauvage aujourd’hui disparu), le cheval.

Pendant cette période, on trouve les traces d’une spiritualité naissante, avec notamment les premières sépultures humaines. Les plus anciennes connues remontent à – 100 000 ans. Elles sont aussi bien le fait de l’homme de Néandertal en Eurasie que d’Homo sapiens au Proche-Orient. Du côté de l’habitat, on trouve les premiers abris en pierres, des paravents de forme elliptique, protégeant des cuvettes, mis au jour en Afrique du Sud.

Dès – 100 000 ans, l’utilisation de colorants est attestée, avec la découverte de blocs d’ocre ou d’hématite portant des traces d’utilisation. Ils servent à décorer des pierres, des abris ou encore des parures. En Afrique du Sud, dans la grotte de Blombos, un véritable atelier Homo sapiens a été mis au jour, avec des blocs d’ocre, de l’os et du charbon de bois, des coquillages servant de récipients, des spatules et des meules. Les préoccupations esthétiques se révèlent également dans les premières gravures sur os ou sur pierre (des traits ou des signes géométriques). Des ocres gravées datant de 75 000 ans ont par exemple été mises au jour dans la grotte de Blombos. Alors que l’on a longtemps cru que les premières parures étaient apparues au paléolithique supérieur, de petits coquillages percés montrant des traces d’usure ont été découverts au Maroc (– 82 000 ans) ainsi qu’à Blombos (– 75 000 ans) : probablement utilisés comme colliers ou bracelets, ou encore accrochés à des vêtements, ce sont les plus anciens bijoux connus. Des coquilles trouvées en Espagne et datées de – 50 000 ans sur un site néandertalien devaient servir de bijoux ou de récipients à maquillage.

4. Le paléolithique supérieur

La limite inférieure du paléolithique supérieur est mal définie et mouvante. On l'associe en effet en général à l'arrivée en Europe d'Homo sapiens, l'homme moderne.Or celle-ci, longtemps estimée à – 35 000 ans, a été reculée à environ – 45 000 ans : en 2011, une mâchoire d’Homo sapiens découverte dans le sud-ouest de l’Angleterre en 1927 a subi une nouvelle datation, qui a calculé un âge de 44 000 ans.

On a pu identifier, au paléolithique supérieur, plusieurs cultures différentes, avec une diversification et une spécialisation de l'outil de plus en plus poussée, ainsi qu'un développement majeur de l'art (peintures, gravures, musiques) et des parures. Le paléolithique supérieur est également marqué par la domestication du chien : les plus anciens ossements fossiles de chiens domestiques sont datés de 31 700 ans.

4.1. Le châtelperronien (– 38 000 à – 30 000 ans environ)

Le châtelperronien (du village de Châtelperron, à côté duquel se trouve le site préhistorique de la grotte des Fées), encore parfois appelé périgordien ancien, est caractérisé par la technique du débitage laminaire. Il s’agit du débitage standardisé de lames, auxquelles sont ensuite apportées des retouches, et qui servent de grattoirs, de burins, de pointes. L’outil caractéristique de cette culture est le couteau ou pointe de Châtelperron, au dos arrondi. Les Châtelperroniens travaillent aussi l’os (des poinçons, des épingles et des pendentifs en os ont été découverts sur leurs sites), ainsi que les dents d’animaux (utilisés comme parures) et l’ivoire des défenses du mammouth (pendentifs).

On trouve les sites châtelperroniens dans le centre et le sud-ouest de la France, ainsi que dans le nord de l’Espagne. Cette culture est de façon relativement consensuelle attribué à l’homme de Néandertal, mais très peu d’ossements fossiles viennent soutenir cette hypothèse. Certains auteurs pensent qu’elle est l’œuvre d’Homo sapiens (présent dans ces régions à la même époque), ou encore que l’apparition de cette technique chez l’homme de Néandertal pourrait résulter d’une acculturation au contact d’Homo sapiens ou de ses outils.

4.2. L'aurignacien (– 45 000 à – 25 000 ans)

C’est la première culture développée par l’homme moderne après son arrivée en Europe. On trouve des sites aurignaciens à travers l’Europe, en Roumanie, en Bulgarie, en Allemagne, en Italie, en France et en Espagne. Homo sapiens se serait déplacé le long de la vallée du Danube à l’occasion d’un adoucissement relatif du climat il y a 38 000 à 40 000 ans (les glaciations du quaternaire se succèdent depuis – 2,5 millions d’années).

Les outils sont des lames aurignaciennes, épaisses et retouchées, et des lamelles (la lamelle Dufour, du nom d’une grotte de Corrèze). On trouve aussi des pointes de sagaies en bois de renne ou en ivoire, ainsi que les premiers bâtons percés. Ce sont des bâtons en bois de cervidé (de renne notamment) présentant une fourche, décorés et percés d’une (parfois plus) perforation, et dont la fonction n’est pas élucidée – l’hypothèse la plus communément admise est qu’il s’agit d’outils pour redresser, à chaud, les pointes de sagaies. Une importante industrie sur os a également été mise au jour.

Les sites les plus anciens connus de culture aurignacienne se trouvent en Allemagne, dans la chaîne de montagnes appelée Jura souabe (→ Souabe). Elle abrite de nombreuses grottes dont certaines recèlent des vestiges préhistoriques. Les objets trouvés dans la grotte de Geissenklösterle ont été estimés, par datation au radiocarbone, entre 42 000 et 43 000 ans BP. Ils comprennent de nombreux outils en pierre, des parures telles des dents d’animaux percées (sans doute portées en colliers ou en bracelets), ainsi que des flûtes réalisées en ivoire de mammouth ou en os d’oiseau. Non loin de là, près de Schelklingen, dans la grotte de Hohle Fels, a été mise au jour la plus ancienne représentation figurative humaine connue, la Vénus de Schelklingen ou Vénus de Hohle Fels, datée de 35 000 à 40 000 ans. Mesurant un peu moins de 6 cm de haut, il s’agit probablement d’une amulette-pendentif. Cette grotte renfermait aussi, entre autres objets, une flûte en os de vautour, une en os de cygne et une en ivoire de mammouth, datant de – 35 000 ans.

L’aurignacien marque aussi le début des peintures pariétales. Dans le nord de l’Espagne, la grotte d’El Castillo recèle des peintures (lignes, motifs géométriques, figures humaines et animales, empreintes de mains) datées de – 40 800 ans. La grotte Chauvet, en Ardèche, recèle de remarquables représentations animales datées de – 35 000 ans.

L’aurignacien a également révélé des cabanes circulaires (28 000 – 33 000 ans BP), découvertes dans la grotte d’Arcy-sur-Cure, en Bourgogne.

4.3. Le gravettien (– 29 000 à – 22 000 ans)

Homo sapiens est désormais la seule espèce humaine (dans l’état actuel des connaissances, l’homme de Néandertal a disparu partout, sauf dans le détroit de Gibraltar où il aurait survécu jusqu’à - 24 000 ans environ). C’est l’époque de « l’homme de Cro-Magnon », dont les squelettes trouvés sur le site éponyme (abri sous roche de Cro-Magnon, en Dordogne) sont datés de 27 000 ans environ.

La culture gravettienne (du site de la Gravette, en Dordogne) se retrouve en Europe occidentale (ouest de la France, Belgique, Espagne, Italie) et orientale (république Tchèque et Russie). Elle se caractérise par la production de lames de silex droites, de plus en plus longues, appelées pointes de la Gravette. L’outillage comprend aussi diverses petites lames en pierre (micro-gravettes, pointes de la Font-Robert), ainsi que des burins et des harpons. On a également retrouvé de nombreuses pointes de sagaie en os ou en bois de renne. Les savoir-faire à l’origine de ces productions sont complexes, et il en existe de nombreuses variantes.

Dans le domaine artistique, les hommes du gravettien ont laissé des gravures (sur galets, os, bois de renne), des Vénus, petites représentations féminines hautes de quelques centimètres, ainsi que des parois ornées de silhouettes animales et d’empreintes de mains (dites mains négatives : la main est plaquée contre la paroi puis la peinture projetée ou étalée autour), comme celles des grottes de Pech Merle (Midi-Pyrénées), de Gargas (Pyrénées), de Cosquer (à Marseille) et de Pair-non-Pair (Gironde).

4.4. Le solutréen (22 000 à 17 000 ans)

Les sites solutréens (de la roche de Solutré, en Saône-et-Loire) se situent dans la partie sud de la France, en Espagne et au Portugal. En effet, l’étendue de la dernière glaciation (une calotte glaciaire de 2 à 3 000 m d’épaisseur recouvre le nord de l’Europe jusqu’au milieu de l’Angleterre ; dans les Alpes, les glaciers emplissent les vallées et en débordent sur les plaines) confine les hommes aux régions dont le climat est le moins rude.

Les outils caractéristiques du solutréen sont de minces lames de silex très finement retouchées, au bord crénelé, évoquant des feuilles, et appelées « feuilles de laurier » et « feuilles de saule ». Ce n’est plus la percussion (frappe d’un bloc de pierre avec un autre bloc appelé percuteur) qui permet les retouches, mais la pression, effectuée avec un outil en os ou en bois de cerf sur un silex préalablement chauffé – cette même technique a déjà été utilisée par les hommes de la grotte de Blombos, en Afrique du Sud, il y a 75 000 ans pour fabriquer des pointes en silcrète, mais cette découverte reste pour l’instant isolée.

Les hommes du solutréen inventent aussi les propulseurs, qui permettent de démultiplier la force de lancement des sagaies. De cette époque date la plus ancienne aiguille à chas, qui permet l’assemblage par couture des peaux animales, pour les vêtements, pour aménager les habitats et pour confectionner des outres – les fils proviennent de tendons d’animaux chassés.

L’art paléolithique solutréen qui nous est parvenu est surtout marqué par les peintures et gravures sur paroi, que l’on retrouve notamment dans la grotte Cosquer (seconde période d’occupation). À Roc de Sers, on a découvert des blocs de pierre sculptés de figures animales (chevaux, bouquetins, bisons, cervidés), qui formaient une frise avant leur effondrement.

4.5. Le magdalénien (17 000 à 10 000 ans)

Le magdalénien (de l’abri sous roche de la Madeleine, en Dordogne) est la dernière culture du paléolithique. On a retrouvé des sites magdaléniens de la Pologne au Portugal, ainsi que dans le sud de l’Angleterre. L’outillage est très diversifié, et réalisé aussi bien en silex qu’en os, ivoire de mammouth, bois de cervidés. On trouve des lames, des lamelles, des burins, des grattoirs, des perçoirs, des armes montées sur manches en bois (végétal). Des sifflets (phalanges de rennes percées) permettent peut-être la communication entre chasseurs ou servent d’appeaux. Des campements de chasse ont été retrouvés, où les Magdaléniens s’installent pour de longues périodes quand la région ne fournissait pas d’abris rocheux. Ces campements de chasse étaient spécialisés (certains consacrés aux chevaux, d’autres aux rennes) ; on trouve aussi des campements destinés uniquement à la pêche. Les abris étaient des tentes recouvertes de peaux de rennes ou de chevaux, avec des armatures en petites branches ou en os de mammouth (dans les régions où l’on en trouve). Ces tentes sont entourées de cercles de pierres et possèdent un dallage au sol.

Sur le plan artistique, le magdalénien correspond à l’apogée des grottes et abris ornés, découverts en Europe, en Asie, en Afrique du Nord. Ils sont décorés de dessins, peintures, gravures, sculptures... et représentent des animaux et des hommes, avec un grand souci du détail et des proportions, voire le rendu du mouvement. Parmi les sites les plus célèbres figurent les grottes d’Altamira, dans le nord de l’Espagne, et de Lascaux, en Dordogne. En France, on peut également citer les grottes de Rouffignac (Poitou-Charentes), Niaux (Ariège) et de Roc-aux-Sorciers (Vienne), ainsi que l’abri sous roche de Cap-Blanc (Dordogne).

5. L'art au paléolithique

L’apparition de l’art a longtemps été associée au paléolithique supérieur, mais plusieurs découvertes effectuées à partir de la fin du xxe siècle ont fait reculer les premières manifestations artistiques au paléolithique moyen. Outre la musique, on distingue l’art mobilier ou art des objets (outils ou armes gravés, récipients décorés, éléments de parures, figurines...), l’art pariétal (sur les parois de grottes) et l’art rupestre (sur des parois rocheuses en plein air).

5.1. La musique

Grâce aux découvertes faites dans les grottes du Jura souabe, en Allemagne (→ Souabe), on sait qu’Homo sapiens utilisait des instruments de musique il y a plus de 35 000 ans (des flûtes en os de vautour, os de cygne et ivoire de mammouth ont été mises au jour). La question de savoir si l’homme de Néandertal avait lui aussi inventé cette pratique n’est pas tranchée. Une « flûte néandertalienne », la flûte de Divje Babe, un fémur d’ours percé de trous daté de 43 000 à 44 000 ans BP découvert en Slovénie est, selon certains auteurs, le premier instrument de musique connu. D’autres estiment que les trous sont dus à des morsures de prédateurs voulant en extraire la moelle (des loups par exemple), d’autant que les extrémités de l’os sont rongées, et qu’il n’a pas été entièrement vidé de sa moelle. Quoiqu’il soit, ces découvertes ne datent pas la naissance de la musique : il est en effet impossible de savoir à quel moment sont apparues les mélodies chantées ou les rythmiques produites en frappant les mains entre elles ou sur les cuisses...

Au paléolithique moyen, on trouve des rhombes, des pièces d’os ou de bois dont l’usage a été déduit par observation de l’utilisation d’objets identiques par des populations actuelles : percés d’un orifice et attachés à une cordelette, on les fait tournoyer, ce qui produit un vrombissement musical. Certaines pierres sonores retrouvées dans des grottes ornées ont été interprétées comme des instruments de musique et appelées lithophones.

5.2. Les figurines

C’est à Hohle Fehls, en Allemagne, qu’ont été découvertes les plus anciennes figurines connues représentant des animaux : une figurine de mammouth de quelques centimètres datant de 35 000 ans, ainsi qu’une tête de cheval datant de 30 000 ans. C’est là également que l’on a trouvé la plus ancienne représentation féminine connue : la Vénus de Schelklingen ou Vénus de Hohle Fels, datée de 35 000 à 40 000 ans. Il s’agit d’une statuette féminine mesurant un peu moins de 6 cm de haut et pesant 33 g, réalisée en ivoire de mammouth.

Au paléolithique moyen, les Vénus se multiplient : ce sont des statuettes ou des gravures de quelques centimètres de haut, présentant souvent (mais par toujours) de façon hypertrophiée la partie centrale du corps (seins, hanches, vulve, ventre), tandis que les bras et les jambes sont peu présents, et le visage le plus fréquemment absent. On en a mis au jour un peu partout en Europe, sauf en Espagne (à l’exception de deux exemplaires douteux). Leur signification n’est pas élucidée : certaines, percées, étaient utilisées comme parures, d’autres sont interprétées comme des objets de culte (liés à la fécondité) ; certains auteurs voient dans certaines formes des poupées, ou encore des autoportraits réalisés par des femmes enceintes.

Parmi les Vénus les plus remarquables, citons par exemple la Vénus de Galgenberg (Autriche) en serpentine verte, datée de – 30 000 ans, qui, le bras en l’air, semble exécuter un pas de danse ; la Vénus de Monpazier (Dordogne), à la même époque, avec un ventre proéminent de femme enceinte ; la Vénus de Dolní Vĕstonice (république Tchèque), datée de 25 000 à 29 000 ans, parmi les plus vieilles céramiques connues ; la Dame de Brassempouy (Landes), en ivoire, entre 22 000 et 29 000 ans, l’une des plus anciennes représentations connues du visage humain ; la Vénus de Lespugue (grotte des Rideaux, Haute-Garonne), en ivoire de mammouth, âgée de 24 000 à 26 000 ans ; la Vénus de Willendorf (Autriche), en calcaire, datée de 23 000 ans ; et la Vénus de Laussel (Dordogne), bas-relief sur un bloc de calcaire, environ 25 000 ans.

5.3. Les outils et les armes

Au paléolithique supérieur se multiplient les objets utilitaires gravés et sculptés, parfois très finement. Ainsi les propulseurs de sagaies du magdalénien, en bois de renne, s’ornent-ils souvent de figures animales sculptées en bas-relief ou en ronde-bosse : sont représentés bisons, chevaux, bouquetins, poissons, mammouths... On connaît aussi une hyène ainsi qu’un faon d’une grande finesse. Certains propulseurs sont également décorés de motifs géométriques (lignes, points, croisillons). À l’aurignacien et au magdalénien, des bâtons percés décorés sont également courant ; ils sont décorés de diverses figures animales, ainsi que d’éléments sexuels (phallus et, dans une moindre mesure, vulves). « Les baguettes demi-rondes », objets qui étaient sans doute assemblées deux à deux pour former des pointes de sagaies, sont généralement ornées de motifs géométriques (spirales, lignes, points, etc.).

5.4. Les bijoux

Les plus anciens éléments de parure ont été retrouvés en Afrique : il s’agit des coquillages percés de la grotte des Pigeons, au Maroc, datant de 82 000 ans, et ceux de la grotte de Blombos, en Afrique du Sud, remontant à 75 000 ans. Suit une période de plus de 30 000 ans pour laquelle on ne dispose d’aucun vestige de bijoux. À partir du paléolithique moyen en revanche, les bijoux se multiplient. Outre les coquillages, on trouve des dents d’animaux percées (dents de renards, de loups, de cervidés), des pendeloques en pierre ou en os, des rondelles taillées dans des omoplates d’animaux ainsi que de petites figurines.

La signification des parures préhistoriques fait l’objet de débats : elles étaient peut-être utilisées dans un but d’embellissement (comme nous le faisons aujourd’hui), pour signifier une appartenance sociale ou religieuse, comme moyen de communication...

5.5. L'art pariétal

Ce sont les grottes ornées, qui se développent au paléolithique supérieur, à partir de l’aurignacien, et dont on connaît plus de 300 sites. Les plus anciennes grottes ornées connues sont celle d’El Castillo, en Espagne (– 40 800 ans) et celle de Chauvet, en Ardèche (– 35 000 ans). Les hommes du paléolithique utilisent diverses techniques : la gravure (sans doute avec des pointes de silex) et le raclage, la sculpture (bas-relief), la peinture (des rouges, bruns et jaunes obtenus avec des bâtons d’ocre, et du noir produit par du charbon de bois ou d’os ou de l’oxyde de manganèse, utilisés seuls [figures monochromes] ou en association [figures polychromes]), l’utilisation des reliefs naturels pour accentuer le relief de leurs représentations, etc. On a aussi retrouvé, dans la grotte du Tuc d’Audoubert (Ariège), des bisons modelées dans l’argile. Les figures représentées sont animales (bisons, chevaux, mammouths, oiseaux, poissons, méduses...) ou humaines. Les empreintes de mains sont très nombreuses. Elles sont le plus souvent négatives, c’est-à-dire que la main est plaquée sur la paroi comme un pochoir, et la couleur projetée, mais il existe aussi des mains positives (plongées dans le colorant ou enduites, et ensuite appliquées sur la paroi).

La signification de l’art pariétal n’est pas élucidée. Diverses hypothèses ont été avancées, aucune ne pouvant fournir d’explication universelle. Celle de « l’art pour l’art », proposée au xixe siècle, a été abandonnée, notamment en raison de la localisation des peintures, souvent au plus sombre de salles peu accessibles. L’art pariétal était plus probablement lié à des pratiques rituelles, mais lesquelles ? L’explication d’une « possession magique » des animaux préalable à la chasse n’a pas survécu (nombreux sont en effet les animaux non chassés), ni celle du totémisme (la présence d’animaux blessés étant incompatibles avec leur caractère sacré). La thèse du chamanisme est notamment défendue par le préhistorien Jean Clottes : celui-ci estime, sur la base des pratiques des peuples chasseurs-cueilleurs actuels, que les fresques paléolithiques peuvent s’interpréter comme le résultat de transes dans lesquelles entraient les chamanes ; le choix de salles profondes des grottes montreraient la croyance en un monde souterrain. Cette thèse est loin de faire consensus. Le préhistorien André Leroi-Gourhan a proposé en 1965 une interprétation structuraliste, selon laquelle on peut trouver, derrière le désordre apparent des représentations, un ordre déterminé (par exemple des figures de fond et des figures d’entrée, des éléments mâles [bison/aurochs] et des éléments femelles [cheval]). Cette approche n’a pas non plus été confirmée.

La conservation de ce patrimoine artistique pariétal est des plus délicates. Le milieu souterrain qui, jusqu'à nos jours, a permis la conservation de ces œuvres est très sensible aux perturbations, et l'altération des parois entraîne la disparition des peintures et gravures. Les visites trop fréquentes modifient dans certaines grottes les conditions d'éclairage et de température, la teneur en gaz carbonique et introduisent des bactéries, pollens et spores qui menacent les œuvres pariétales. C'est pourquoi certaines grottes ne sont ouvertes qu'à un nombre limité de visiteurs, voire interdites au public. C'est le cas de la grotte de Lascaux, dont un fac-similé a été réalisé et est accessible au public depuis 1983.

L'existence de préoccupations esthétiques n'est admise qu'en 1860, et l'authenticité d'Altamira (découverte en 1879) n'est reconnue qu'en 1895, après la découverte des gravures et des peintures de La Mouthe. Deux formes d'expression se développent simultanément : l'art mobilier (galets, os gravés, statuettes féminines, et l'art pariétal, qui dans le sud-ouest de la France (Pair-non-Pair, Les Combarelles, Font-de-Gaume, Lascaux, Niaux, Pech-Merle, Angle-sur-l'Anglin, etc.) et dans le nord-ouest de l'Espagne (Altamira, la Pasiega, le Castillo, etc.) forment un ensemble cohérent, souvent dénommé franco-cantabrique.

Plusieurs techniques sont à l'origine de l'art pariétal : simples tracés digitaux sur support tendre, gravures avec outil de silex sur surface dure, sculptures en bas relief, modelage d'argile, dessin et peinture mono- et polychrome. L’abbé Henri Breuil reconnaît des cycles évolutifs successifs. André Leroi-Gourhan propose une chronologie différente en se référant à des arguments stylistiques. Il distingue quatre styles, depuis le style I primitif, correspondant à l'aurignacien, jusqu'à l'apogée du magdalénien, avec les styles III (en partie à Lascaux) et IV, qui présentent une amélioration du modelé et des couleurs. La découverte, près de Marseille, de la grotte Cosquer, contenant des peintures pariétales datées de − 28 000 ans, puis celle de la grotte Chauvet, près de Vallon-Pont-d'Arc, en Ardèche, où les peintures et gravures remonteraient à − 30 000 ans, semblent mettre en cause la progressivité linéaire de cette évolution avec des datations plus hautes pour une manière déjà très accomplie. Les travaux de Leroi-Gourhan restent essentiels pour ce qui est de la fréquence des associations de figures et de signes abstraits et de leur présence à des emplacements identiques de la grotte. Il s'agit d'une organisation volontaire ayant une signification (encore ignorée) mais qui permet d'envisager les grottes ornées comme de véritables sanctuaires.

→ préhistoire

6. Le mode de vie des populations paléolithiques

Il était essentiellement basé sur une économie de prédateurs (chasseurs-cueilleurs). Les habitats de plein air ou sous-abris révèlent dès l'acheuléen un souci d'aménagement de l'espace. Constructions sommaires et sépultures agrémentées d'ocre existent au paléolithique moyen, alors qu'au paléolithique supérieur Pincevent et Kostienki possèdent de véritables habitations.

Brassempouy, tête de femme en ivoire
Brassempouy, tête de femme en ivoire
Industrie aurignacienne
Industrie aurignacienne
Industrie azilienne
Industrie azilienne
Industrie gravettienne
Industrie gravettienne
Industrie magdalénienne
Industrie magdalénienne
Industrie moustérienne
Industrie moustérienne
La Madeleine, bois de cerf gravé
La Madeleine, bois de cerf gravé
Outillage acheuléen
Outillage acheuléen
Outils du paléolithique
Outils du paléolithique
Peinture rupestre de Niaux
Peinture rupestre de Niaux
Peintures rupestres d'Altamira
Peintures rupestres d'Altamira
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  • vers -3,7 millions d'années Empreintes de pas humains imprimées dans la cendre volcanique (Laetoli, Tanzanie).
  • vers -3,1 millions d'années Premiers galets fendus récupération et première utilisation de l'éclat (Omo, Éthiopie).
  • vers -3,1 millions d'années Vie de Lucy (Australopithecus afarensis), dont le squelette fut découvert par Yves Coppens en Éthiopie (1974).
  • -3 millions d'années Outils par éclat (Hadar, Éthiopie).
  • -2,8 millions d'années Australopithecus africanus en Afrique du Sud (Sterkfontein, Transvaal) ; disparition d'afarensis auquel succède probablement Homo habilis.
  • -2 millions d'années Premières traces d'aménagement de l'habitat (Oldoway, Tanzanie).
  • -2 millions d'années L'Homo erectus est connu en Chine sous le nom de « sinanthrope » ou « homme de Pékin » ; en Indonésie, sous le nom de « pithécanthrope » ou « homme de Java ».
  • -2/-1,6 millions d'années Apparition d'Australopithecus robustus (Oldoway, Tanzanie).
  • vers -1,9 million d'années En Europe centrale et méridionale, les plus anciennes traces d'occupations humaines datent du villafranchien moyen.
  • vers -1,8 million d'années Homo habilis utilise des galets aménagés ; éclats et industrie très primaire (oldowayen), associée à des outils en os et en ivoire d'hippopotame (lac Turkana, Kenya ; Oldoway, Tanzanie).
  • vers -1,8 million d'années Galets aménagés associés à des ossements de mastodontes (Chilhac, Haute-Loire).
  • -1,75 million d'années Fondations en demi-cercle d'un abri coupe-vent (Oldoway, Tanzanie).
  • -1,7 million d'années Galets aménagés et utilisation de l'éclat (vallée de l'Aouach, Melka Kontouré, Éthiopie).
  • vers -1,6 million d'années Homo erectus associé à une industrie de pierre de type acheuléen ; utilisation de l'os (vallée de l'Omo, Éthiopie).
  • 1 million d'années Galets aménagés préacheuléens (site de Tardiguet el-Rahla, littoral atlantique du Maroc).
  • -950 000/-900 000 Culture des galets aménagés (grotte du Vallonnet, Alpes-Maritimes).
  • vers -900 000 Premiers habitats ; levée de blocs aménagée au bord d'un ancien lac à Soleilhac (Haute-Loire).
  • vers -800 000 Culture des galets aménagés, en Asie.
  • vers -800 000 Europe : abbevillien ou préchelléen (bifaces grossiers, outillage fruste sur éclats) ; clactonien (outils sur éclats).
  • vers -700 000 L'Homo erectus est connu sous le nom d'« atlanthrope » ou « homme de Ternifine » (Algérie).
  • vers -650 000 Utilisation du feu (grotte de l'Escale, Bouches-du-Rhône).
  • -600 000 Industrie lithique acheuléenne (Oldoway, Tanzanie).
  • -600 000 L'homme de Lantian (Chine), associé à un outillage de quartzite (galets aménagés).
  • -500 000 Présoanien ; éclats massifs, difficilement identifiables, sur les bords de la Soan (Pakistan) ; soanien ancien : industrie de galets aménagés (interglaciaire Mindel-Riss).
  • -500 000 L'homme de Zhoukoudian (Chine) connaissait le feu et probablement la cuisson (traces de foyer) ; industrie sur quartz et sur silex.
  • -500 000 Galets aménagés ; site de Ubaydiyya (Palestine).
  • vers -450 000 Habitat en grotte de la Caune de l'Arago (Tautavel, Pyrénées-Orientales) ; organisation de l'espace, dont une partie est réservée au débitage des silex.
  • vers -450 000 Traces de feu maîtrisé (foyer délimité) à Vértesszollos (Hongrie).
  • vers -380 000 Foyers organisés (protégés par une murette de pierres) à l'intérieur de huttes (Terra Amata, près de Nice).
  • vers -200 000 Apparition du débitage Levallois, méthode de débitage de la pierre utilisant un percuteur souple, autre que la pierre (bois, os) ; la préparation du plan de frappe provoque des éclats ayant une forme prédéterminée.
  • -200 000 Soanien supérieur (Pakistan) : débitage de type Levallois.
  • -200 000 Pièces bifaces de type acheuléen (Jordanie).
  • vers -100 000 Jabroudien (Syrie), faciès de type moustérien.
  • -100 000 Débuts du moustérien, caractérisé par un abondant outillage sur éclats, associé parfois à des bifaces ; premières sépultures.
  • -100 000 Culture de Fen (Chine) ; pierres taillées d'aspect moustérien.
  • -50 000 Sépulture fleurie d'un néandertalien à Chanidar (Iraq), qui pourrait être celle d'un sorcier ayant utilisé des plantes médicinales.
  • de -40 000 à -35 000 Débuts du peuplement du continent américain par des petits groupes de chasseurs venus d'Asie par le détroit de Béring.
  • -37 000 Vestiges de foyer à Lewisville (Texas).
  • -35 000/-30 000 Culture châtelperronienne ; développement de l'outillage osseux, multiplication des grattoirs et des burins.
  • -33 000/-28 000 Aurignacien ; apparition des grattoirs carénés et des burins busqués ; pointes de sagaie en os ; l'aurignacien s'étend à travers toute l'Europe, du Proche-Orient à la péninsule Ibérique.
  • de -35 000 à -8 000 En Amérique, glaciation dite « de Wisconsin », correspondant à la glaciation de Würm des régions alpines d'Europe (de -80 000 à -10 000).
  • vers -30 000 Occupation des sites du lac Mungo (État de Victoria, Australie).
  • vers -28 000 Os carbonisés de mammouth à Tule Springs (Nevada).
  • -27 000/-19 000 Le gravettien présente une unité culturelle, surtout dans l'industrie lithique ; il est caractérisé par la pointe de la Gravette (France), couteau à dos rectiligne et extrémité acérée (aire de répartition : Europe occidentale, Europe centrale et Russie jusqu'au Don).
  • -27 000/-19 000 En Europe, premiers objets utilitaires en os à décor figuratif, nombreuses vénus (Brassempouy, Lespugue, Willendorf, etc.)
  • vers -26 000 Pygmées et Papous commencent à peupler la Nouvelle-Guinée et les Nouvelles-Hébrides ; industrie lithique sur éclats, peu retouchés.
  • -24 000/-20 000 Vestiges d'habitat (tentes circulaires ou rectangulaires, cabanes semi-enterrées, renforcées par des dalles ou des ossements) associés à des statuettes anthropomorphes et animales.
  • -20 000/-16 000 Solutréen ; l'industrie lithique est caractérisée par des pointes dites feuilles-de-laurier et feuilles-de-saule, aux retouches très plates.
  • -18 000/-9 000 Ibéromaurusien (Afrique du Nord) ; abondant outillage sur lamelles.
  • entre -17 000 et -12 000 Cueillette de l'orge et du blé en Haute-Égypte.
  • -16 000/-10 000 Le magdalénien marque l'épanouissement de l'outillage osseux (sagaies, harpons à une puis deux rangées de barbelures) ; plusieurs types d'habitat coexistent : campement de chasseurs en peaux de bêtes (Pincevent), grottes où se développe l'art pariétal (Lascaux, Altamira, la Mouthe), cabanes semi-souterraines dont l'armature est faite de défenses de mammouth ; le magdalénien s'étend sur toute l'Europe, en Sibérie et au Moyen-Orient.
  • de -15 000 à -12 000 Culture de Sandia (Nouveau-Mexique), caractérisée par la pointe de Sandia, non cannelée.
  • de -15 000 à -11 000 Culture de Clovis (Nouveau-Mexique) ; pointe cannelée associée à des grattoirs et des couteaux ; utilisation de l'os poli.
  • de -11 000 à -8 000 Culture de Folsom (nord-est du Nouveau-Mexique), caractérisée par des pointes à cannelures longues et larges (on en a retrouvé quelque 8 000 près de traces de huttes, au sol en cuvette, premier type d'habitat connu des Paléo-Indiens ; Folsom était un site de massacre collectif de gros gibier précipité de la falaise).
  • -10 000 Crâne de trépané découvert à Taforalt (Maroc). Les premières tentatives de chirurgie crânienne avaient peut-être un sens magique.
  • -10 000 Présence de chasseurs-collecteurs dans le site de Tepexpán (vallée de Mexico).
  • -8400 Domestication du chien (grotte du Jaguar, Idaho, États-Unis).
  • vers -8000 Amas de coquilles contenant un abondant outillage en obsidienne à Englefield (Chili méridional).
  • vers -8000 Débuts du peuplement du Japon par des populations provenant probablement du continent nord-asiatique.
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