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dauphin

Dauphin
Dauphin

Mammifère cétacé marin carnassier, excellent nageur, remarquable par ses facultés psychiques.

Les dauphins ont conquis les mers et les océans avant de devenir les compagnons fidèles des marins. Aimés de tous, ils font partie aujourd'hui de l'univers familier de l'homme qui les sait capables d'exploits inhabituels. Il faut maintenant les protéger sérieusement contre les prédateurs de toute sorte – en premier lieu l'homme !

Cri : le dauphin émet des sifflements ; le petit est le delphineau.

1. Classification

famille : delphinidé
sous-ordre : odontocète
ordre : cétacé
infra-classe : euthérien
sous-classe : thérien
classe : mammifère
sous-embranchement : vertébré
embranchement : chordé

2. Origines et évolution

Les dauphins forment la famille des delphinidés. Comme les baleines et  les marsouins, ce sont des cétacés, mammifères qui, au cours des temps et de leur évolution, se sont adaptés à la vie dans l'eau et ont perdu leur faculté de se déplacer à terre. Les ancêtres des cétacés sont en effet des mammifères terrestres proches des artiodactyles (mammifères à sabots – ongulés – à nombre pair de doigts).

Ces derniers sont probablement apparus à l'éocène, il y a 50 millions d'années environ, et ont colonisé les mers alors que la Terre n'était encore qu'une jungle luxuriante.

Le plus ancien de tous les fossiles connus de ces mammifères, nommé Pakicetus (famille des pakicétidés), a été découvert au début des années 1980 en bordure de l'Himalaya, à la frontière pakistanaise. Les études portant sur ses ossements ont montré qu'il s'agissait d'un animal quadrupède, de la taille d’un chien, carnivore ou charognard. À partir des pakicétidés (qui se seraient éteints il y a quelque 30 millions d’années), la lignée conduisant aux cétacés va progressivement s’adapter à la vie dans l’eau, amphibie d’abord, puis totalement aquatique.

On pense que l’écholocation serait apparue avec Squalodon (famille des squalodontidés), un odontocète (cétacé à dents) ayant vécu il y a 33 à 14 millions d’années (à cheval sur l’oligocène et le miocène). Des fossiles, découverts en Italie et dans la vallée du Rhin, ont permis de reconstituer le Squalodon type : les membres antérieurs ont été remplacés par des nageoires, les narines ont migré sur le sommet de la tête, la mâchoire est pourvue d'un grand nombre de dents et le corps, fusiforme, mesure environ trois mètres de long. Il semble que son régime alimentaire et sa biologie aient été très proches de ceux, de l'orque actuel, étroitement apparenté au dauphin. Les squalodontes sont-ils les ancêtres directs des delphinidés ? La question n’est pas tranchée. On sait en revanche qu’au cours du miocène (- 24 à - 5,5 millions d’années), les odontocètes sont déjà bien diversifiés.

D'après l'ITIS (Integrated Taxonomic Information System), les delphinidés comptent aujourd’hui 36 espèces et 17 genres (incluant Orcinus, l’orque) de toutes tailles et de toutes formes. Ils ont colonisé tous les océans, depuis les mers polaires jusqu'aux tropiques ; la sotalie de l’Amazone (Sotalia fluviatilis) est le seul delphinidé à avoir colonisé les eaux douces – il existe quelques autres espèces de dauphins dans les rivières de Chine et d’Amérique du Sud, mais ils appartiennent à une famille différente (celle des platanistidés). Véritables mammifères, les dauphins doivent respirer l'oxygène de l'air et non celui de l'eau comme le font les poissons. Mais leurs petits naissent dans l'eau comme ceux des poissons.

Animal particulièrement intelligent, le dauphin est aimé de l'homme depuis la plus haute antiquité : des fresques crétoises aux expériences de l'armée américaine, il est un des compagnons préférés des marins.

Malheureusement, volontairement – par des pêches inutiles et abusives – ou involontairement – par la pollution du milieu aquatique –, l'homme a une influence néfaste sur la vie de cet animal pacifique. C'est pourquoi il est grand temps de prendre des mesures radicales pour le protéger.

3. La vie des dauphins

3.1. Des familles unies et nombreuses

Les dauphins vivent et se déplacent en groupe. Les dauphins de haute mer (pélagiques) forment de larges bandes comptant, selon les espèces, une ou plusieurs centaines d'individus et parfois plus de mille ; mais les dauphins côtiers préfèrent vivre en famille d'une quinzaine d'animaux, souvent apparentés.

La composition du groupe ne varie guère, quels que  soient ses effectifs, et comporte des sous-groupes distincts : d'une part, les femelles qui allaitent et les jeunes jusqu'à 4 ou 8 ans, selon les espèces ; d'autre part, les adolescents subadultes, souvent rejoints par des mâles adultes. Ces sous-groupes se déplacent de façon coordonnée à l'intérieur d'un même territoire, les femelles restant au centre pour être protégées. La cohésion du groupe est importante au point que chez certaines espèces de globicéphales, s'il arrive à l'animal dominant de s'échouer, les autres le suivent.

La chasse, bien sûr, mais aussi l'entraide, pour mieux faire face aux prédateurs, semblent être les principales motivations de cette vie en groupe. Par exemple, les petits delphinidés comme les dauphins tachetés, qui vivent et chassent en groupes durant la nuit, forment des « supergroupes » de plusieurs milliers d'animaux pendant le jour pour se protéger des requins  ou des orques.

Il n'est pas facile d'établir les limites précises des territoires, qui peuvent varier de plusieurs centaines de km2 au large, dans l'Atlantique ou le Pacifique, à quelques km2, dans les estuaires ou même dans les eaux de faible profondeur à proximité des côtes.

3.1.1. Les dauphins sont polygames

Pendant la saison des amours reproduction, la hiérarchie s'affirme davantage encore. Il arrive que les groupes fusionnent, facilitant ainsi les rencontres entre leurs membres. Les mâles se rapprochent des groupes de femelles, les plus forts essayant d'impressionner les plus jeunes. Les dauphins sont polygames, mais ne vivent pas en harems. Les femelles sont souvent fécondées par plusieurs mâles pendant une même saison. Chez les grands dauphins, les mâles sont sexuellement matures vers 10 ans, mais souvent ne s'accouplent qu'au-delà de 15 ans.

Les parades nuptiales peuvent durer plusieurs semaines, pendant lesquelles les mâles effectuent d'innombrables prouesses acrobatiques. Les femelles fécondables s'approchent et les couples se forment. Avides de caresses, les dauphins se frottent contre les nageoires pectorales de leurs partenaires. L'accouplement lui-même ne dure que de 15 à 20 secondes et a lieu sous l'eau.

3.1.2. Une mère et une marraine

La gestation dure entre 10 et 12 mois en fonction des espèces. À la naissance, le jeune mesure entre 70 et 110 cm. Une autre femelle du groupe aide la mère. Toutes deux le soulèvent et le poussent délicatement vers la surface afin qu'il prenne sa première inspiration. La « marraine » veille aussi sur le jeune dauphin lorsque sa mère part à la chasse.

La femelle possède deux mamelles cachées au fond de deux fentes ventrales, de part et d'autre de la fente génitale. La glande mammaire est particulière chez le dauphin. Un muscle puissant permet la rétraction de la glande ou l'éjection du lait sous pression. Comme le petit dauphin ne peut pas téter parce qu'il n'a pas de lèvres, il donne de petits coups de rostre sur le ventre de sa mère lorsqu'il a faim. Le mamelon sort alors de sa fente et projette une giclée de lait dans la bouche entrouverte du petit.

Les jeunes se socialisent très vite. Une étude menée sur un groupe de 200 dauphins souffleurs (Tursiops truncatus), à Shark Bay (côte sud-ouest de l'Australie) a montré que 24 de ces animaux formaient des couples mères-jeunes. Dès l'âge de 4 mois, les jeunes s'éloignaient à plus de 20 mètres de leur mère et jouaient avec d'autres membres du groupe.

Mais certains animaux vivent en solitaires. Ce sont toujours des adultes, dont on ne sait s'ils ont été chassés du groupe ou s'ils ont eux-mêmes choisi ce mode de vie. Beaucoup de ces dauphins solitaires viennent même près des côtes jouer avec les enfants et se laisser caresser. Certains disparaissent au bout d'un certain temps puis reviennent dans les parages. Le comportement de ces dauphins reste encore assez mystérieux malgré l'intérêt et la curiosité qu'ils suscitent.

3.2. Les dauphins sont-ils vraiment intelligents ?

Des biologistes américains, spécialistes du comportement animal, ont proposé d'appliquer le QE, ou coefficient d'encéphalisation, aux dauphins. Cette mesure des capacités d'intelligence s'obtient en calculant le rapport entre le volume du cerveau et la surface corporelle d'un individu ou d'un animal.

Ainsi, la plupart des mammifères terrestres ont un QE inférieur à 2, comme la souris domestique dont le QE est inférieur à 1. En revanche, celui de l'homme est de 7,4 et celui du chimpanzé est de 2,5. Chez les dauphins, ceux de rivière (famille des platanistidés) ont un QE de 1,5, mais le grand dauphin a un QE de 5,6. Or, plus le QE est élevé, plus les facultés mentales et les capacités d'apprentissage sont développées, ce qui est le cas chez les dauphins.

3.2.1. Socialisation et communication

La vie en groupe implique aussi des moyens de communication. Selon de nombreuses études sur le langage, les dauphins utiliseraient 3 notes différentes pour converser. Leur vocabulaire serait donc assez complexe. Les mâles sifflent ou chantent pour attirer les femelles durant la saison des amours ou pour prévenir le groupe en cas de danger. Les mères sifflent pendant des journées entières après la naissance de leurs bébés afin de les habituer au son de leur voix.

Les attitudes sont, elles aussi, un langage : un dauphin qui reste à la verticale, la tête hors de l'eau, veut signifier aux autres qu'un objet flottant est en vue.

3.2.2. Écholocation

L'ouïe est particulièrement importante, comme le prouve le fort développement de la zone auditive du cerveau. Le dauphin l'utilise pour l'écholocation (système de « sonar ») qui lui permet de s'orienter par l'émission et l'interprétation d'échos ultrasonores et ainsi de localiser des objets très éloignés et de se déplacer la nuit sans rien heurter.

Le dauphin émet et reçoit des sons entre 250 et 220 000 hertz. Les basses fréquences (BF) émises par sa bosse frontale (melon) lui permettent de localiser les objets très éloignés. Les hautes fréquences (HF) émises par la pointe du rostre définissent avec précision les objets rapprochés. Les échos renvoyés sont reçus au niveau des sinus graisseux de la mâchoire inférieure et envoyés vers la bulle tympanique. Le cerveau les analyse et fournit au dauphin une image acoustique de l'objet rencontré. Les dauphins peuvent ainsi déceler des bancs de poissons à plusieurs centaines de mètres.

Quand ce système vient à être perturbé ou altéré à cause de parasites ou d'interférences électromagnétiques, il peut arriver que les dauphins s'échouent.

3.2.3. Les autres sens

Les dauphins voient aussi bien sous l'eau que hors de l'eau grâce à une particularité du cristallin de l'œil qui se déforme légèrement en passant du milieu aquatique au milieu aérien.

Leur odorat est au contraire inexistant, les delphinidés n'ayant pas de nerf olfactif.

Leur peau, dépourvue de poils, possède de nombreuses terminaisons nerveuses, ce qui la rend très sensible. Les dauphins aiment se frotter les uns contre les autres et recherchent les caresses.

3.3. Des chasseurs organisés et efficaces

Pour se nourrir, les dauphins chassent, et chaque espèce possède sa technique.

Les dauphins côtiers, qui vivent en petits groupes, chassent individuellement. Ils s'attaquent à des proies isolées, en s'approchant très près du rivage, et évoluent parfois dans des eaux qui ne dépassent pas deux mètres de profondeur. Leur régime alimentaire est beaucoup plus varié que celui de leurs congénères de haute mer. Ils mangent tout ce qu'ils trouvent : anguilles et autres poissons vivant sur le fond, céphalopodes, crevettes. Le mulet est leur plat préféré.

3.3.1. La chasse en haute mer

Les dauphins qui vivent en haute mer par groupes de plusieurs centaines d'individus, se nourrissent la plupart du temps tôt le matin et en fin d'après-midi. Loin de chasser en solitaire, ils pratiquent la coopération.

Au moment de la chasse, plusieurs équipes se constituent, puis s'éparpillent sur un grand espace tout en maintenant un contact sonore entre elles. Grâce à leur système d'écholocation, ils repèrent vite les bancs de poissons : morues, maquereaux, harengs ou éperlans. Lorsque l'un d'eux est localisé, les dauphins s'en rapprochent et les « rabatteurs » l'encerclent. Les poissons se retrouvent ainsi prisonniers, entourés par un mur vivant et, sous l'effet de la panique, ils se resserrent, facilitant la tâche de leurs prédateurs.

Les dauphins les plus forts se jettent les premiers sur leurs proies, tandis que les « sentinelles » restent en périphérie pour contenir le banc. Les chasseurs attrapent les poissons un par un en les aspirant et les empêchent de glisser en les agrippant au moyen de leurs nombreuses dents.

Il arrive fréquemment que membres d'espèces différentes se regroupent. Par exemple, on peut voir des dauphins tachetés (Stenella frontalis) en compagnie de dauphins à long bec (Stenella longirostris) et de thons. Dans les eaux tropicales du Pacifique, ils se rassemblent par milliers. Les deux espèces de dauphins se réuniraient pour mieux se défendre contre d'éventuels prédateurs comme les requins. Il semble que ces deux espèces ne soient pas en compétition pour la chasse, n'ayant pas les mêmes habitudes alimentaires. Les dauphins tachetés, tout comme les thons, se nourrissent pendant la journée de poissons de pleine eau, tandis que les dauphins à long bec chassent la nuit des poissons lanternes et des céphalopodes (mollusques). L’association avec le thon est plus mystérieuse, mais les biologistes supposent que les thons, également avides de poissons, suivent les dauphins afin de profiter de leur système ) de repérage – .elle a malheureusement pour conséquence la prise de nombreux dauphins dans les filets destinés aux thons.

Comme les thons, les frégates, qui sont de grands oiseaux de mer, savent profiter de l'habileté des dauphins. Elles les accompagnent dans leur chasse et attrapent les poissons qui tentent de fuir en sautant hors de l'eau.

Tous les delphinidés sont carnivores : ils saisissent poissons, céphalopodes et crustacés avec leurs dents et les avalent sans mâcher. Dans la nature, il est impossible d'estimer la quantité de nourriture avalée par un dauphin dans une journée. Les seules études réalisées l'ont été sur des dauphins morts, par analyse du contenu de leur estomac.

Les estimations sont plus faciles en captivité. Un grand dauphin (tursiops), qui pèse environ 230 kg, mange entre 8 et 10 kg de poisson par jour. Une femelle en gestation a besoin de 15 kg par jour. Mais les dauphins en liberté ingèrent sans doute de bien plus grandes quantités, car leurs proies ne possèdent pas les qualités nutritives des espèces distribuées aux animaux en captivité.

3.3.2. Une dentition adaptée à l'alimentation

Tous les dauphins possèdent des dents, mais ils n'ont qu'une seule dentition, contrairement à la plupart des mammifères, et non pas une série de dents pour les jeunes et une autre pour les adultes.

Ces dents sont semblables, quel que soit leur emplacement dans la mâchoire (l'animal est dit « homodonte », par opposition aux mammifères « hétérodontes », comme l'homme).

Leur forme et leur emplacement varient cependant selon les différentes espèces, en fonction de leur alimentation. Il est donc possible de connaître le régime alimentaire d'une espèce de dauphins en étudiant la forme de sa mâchoire et de ses dents. Les dauphins ichtyophages (ceux qui mangent exclusivement des poissons), comme le grand dauphin ou les Stenella (dauphin bleu et blanc, dauphin à long bec), ont de nombreuses dents (entre 80 et 150) dont la pointe est recourbée vers l'arrière, ce qui leur permet d'agripper et de maintenir des proies glissantes comme les harengs. Les dauphins teuthophages (mangeurs de céphalopodes ou mollusques) comme les globicéphales ont une mâchoire arrondie pourvue de très peu de dents. Elles maintiennent simplement la proie dans la cavité buccale mais ne servent pas à la broyer.

4. Pour tout savoir sur les dauphins

4.1. Dauphin souffleur (Tursiops truncatus)

Aussi appelé grand dauphin ou tursiops, le dauphin souffleur est le plus connu de tous les dauphins parce qu'il se rencontre un peu partout près des côtes et en pleine mer. Il doit son nom au bruit caractéristique que produit l'air expulsé par l'évent lorsqu'il respire. Le dauphin souffleur évolue dans les eaux côtières de nombreux pays et son adaptation étonnante à la vie en captivité a grandement facilité son étude.

L'espèce existe sous deux formes, ou écotypes : une forme côtière et une forme océanique. Les premiers sont plus grands et plus clairs que les seconds.

Les dauphins souffleurs forment des groupes de 10 (forme côtière) à 25 animaux (forme de haute mer) ; mais il arrive que plusieurs centaines d'individus se regroupent, notamment dans le Pacifique tropical.

Son profil hydrodynamique et sa musculature puissante font du dauphin souffleur un athlète accompli qui peut se déplacer à 40 km/h dans l'eau grâce à la structure de sa peau. C'est le plus rapide de tous les petits delphinidés.

Il est capable de plonger jusqu'à 300 m de profondeur et de rester en apnée jusqu'à 15 minutes pour chercher sa nourriture : petits poissons, poissons-chats, mulets, anguilles, céphalopodes et parfois même crevettes.

En fin stratège, le dauphin souffleur sait tirer parti des activités de l'homme en mer : il attrape les poissons qui s'échappent des filets de pêche que l'on remonte et récupère les poissons que les pêcheurs rejettent à l'eau.

Dans les zones peu profondes, il nage souvent le ventre à l'air, sans doute pour réduire les perturbations que causent les bruits de surface sur son système d'écholocation qui lui fournit une image acoustique des objets rencontrés

Les femelles donnent naissance à un unique petit, tous les deux ou trois ans, pendant l'été. Le lait maternel, riche en protéines, est projeté en giclée dans la bouche du petit qui ne peut téter, n'ayant pas de lèvres. C'est sa seule nourriture pendant 19 mois et parfois jusqu'à ce qu'il ait 4 ans. Durant cette longue période, le jeune fait son apprentissage. Lorsque sa mère chasse, tout le groupe veille sur lui.

Comme tous les dauphins, le dauphin souffleur n'a pas d'odorat, mais il possède une excellente vue et une bonne ouïe.

Le dauphin souffleur a la particularité de pouvoir se croiser facilement avec d'autres espèces de dauphins et de donner ainsi naissance à des hybrides. Dans les années 1950, on aperçut près des côtes irlandaises un groupe de dauphins ressemblant à la fois au dauphin de Risso et au grand dauphin. Depuis, de nombreux croisements ont eu lieu en captivité : avec des globicéphales (Californie), des sténo (Japon), des fausses orques (Japon et Hawaii), des dauphins de Risso (Hawaii). Un « wholphin », issu d'un grand dauphin et d'une femelle fausse orque, est né en 1985 au Sea Life Park, à Hawaii, et peut se reproduire : ses deux premiers petits sont morts prématurément et le troisième est né en 2004.

Considéré comme peu ou pas menacé (avec au moins 600 000 individus), il est toutefois chassé dans certaines régions au harpon ou au filet comme au Sri Lanka ou à Taïwan.

DAUPHIN SOUFFLEUR OU GRAND DAUPHIN

DAUPHIN SOUFFLEUR OU GRAND DAUPHIN

Nom :

Tursiops truncatus

Famille :

Delphinidés

Ordre :

Odontocètes

Classe :

Mammifères

Identification :

Aspect robuste, gris beige, plus clair sur le ventre, bec court bien marqué, nageoire dorsale falciforme. Deux formes : la forme côtière (claire) et la forme océanique

Taille :

Jusqu'à 3,90 m : mâle ; femelle plus petite. La forme côtière est la plus grande

Poids :

275 kg : mâle ; femelle plus légère

Répartition :

Toutes les mers

Habitat :

Eaux côtières et haute mer

Régime alimentaire :

Carnivore

Structure sociale :

Vie en groupe de 10 (forme côtière) à 25 individus (forme océanique)

Maturité sexuelle :

10 ans : mâles ; entre 5 et 12 ans : femelles

Saison de reproduction :

En été, entre juin et septembre, dans l'hémisphère Nord ; entre décembre et mars, dans l'hémisphère Sud

Durée de gestation :

12 mois

Nombre de jeunes par portée :

1, tous les deux ou trois ans

Taille à la naissance :

De 0,90 à 1,20 m

Durée de l'allaitement :

De 19 mois à 4 ans

Effectifs :

Inconnus précisément

Statut :

Pas menacé

 

4.2. Signes particuliers

4.2.1. Rostre, ou bec

Prolongement osseux du crâne, le rostre, de 20 cm environ, est effilé. Il est formé par l'ensemble maxillaire-mandibules. Il correspond à la bouche des mammifères terrestres et non pas au nez. Incapable de mouvements latéraux, il « claque ». Il permet aussi à l'animal de saisir des proies rapides. Un coup de rostre dans le ventre d'un requin est aussi un moyen de défense efficace.

4.2.2. Évent

Chez les dauphins, les narines sont remplacées par un évent rond, d'environ 5 cm de diamètre, au sommet de la tête. Il est fermé par une cloison nasale étanche que le dauphin peut ouvrir par une action musculaire volontaire. Il communique avec les poumons par une série de sinus et de sphincters empêchant le passage de l'eau dans la trachée.

4.2.3. Profil hydrodynamique

Le dernier tiers du corps, appelé pédoncule caudal, est un organe de propulsion qui facilite le déplacement par ses mouvements verticaux. Pour accélérer, l'animal fait de grands sauts hors de l'eau, la résistance dans l'air étant moins importante que dans l'eau. Les nageoires pectorales et dorsales lui servent de stabilisateurs.

4.2.4. Peau très souple

Lorsqu'un objet ou un animal fend l'eau à grande vitesse, il se crée des turbulences qui freinent la progression. L'épiderme du dauphin, élastique et lisse, recouvre un derme souple composé d'un système de papilles et de canaux. À petite vitesse, il reste lisse, mais, à grande vitesse, il se déforme pour absorber les turbulences, ce qui permet à l'animal d'être très rapide.

4.3. Les autres dauphins

La famille des dauphins ou delphinidés compte 36 espèces regroupées en 17  genres. Tous ont une caractéristique anatomique commune : la fusion des deux premières vertèbres cervicales limite les mouvements de leur tête. On peut subdiviser la famille en deux groupes : les petits delphinidés, qui n'excèdent pas 4 m, et dont le dauphin souffleur (Tursiops truncatus) est le plus connu, et les grands delphinidés dont l'orque ou épaulard, appellé « baleine tueuse » (killer whale) en anglais au risque de confondre ces espèces (l’orque est bien un odontocète, cétacé à dents, et non un mysticète, cétacé à fanon, comme les baleines).

Seule exception au mode de vie marin de la famille, le tucuxi ou sotalie de l’Amazone (Sotalia fluviatilis) se rencontre en eau douce, dans le bassin de l’Amazone.

Pour en savoir plus, voir l'article delphinidé.

4.4. Milieu naturel et écologie

Où rencontre-t-on les delphinidés ? On pourrait répondre : partout ! Les dauphins ont conquis toutes les mers et tous les océans. Certains ont des aires de répartition très réduites. C'est le cas des Cephalorhynchus, dont les 4 espèces habitent les eaux côtières de l'hémisphère Sud : Cephalorhynchus hectori est présent à proximité des côtes de Nouvelle-Zélande, alors que Cephalorhynchus heavisidii habite les eaux bordant l'Afrique du Sud. Les deux autres espèces évoluent dans les eaux côtières d'Amérique du Sud ; l'habitat de Cephalorhynchus eutropia est limité à la côte ouest qui s'étend du Chili au cap Horn, et le dauphin de Commerson vit dans les eaux chiliennes, argentines et autour des îles Falkland et Kerguelen.

D'autres espèces de delphinidés ont des répartitions beaucoup plus vastes. Ainsi, on trouve l'orque aussi bien à proximité de la banquise que dans les eaux tropicales.

Plusieurs facteurs peuvent affecter la distribution des espèces : la température de l'eau, sa profondeur, la salinité et la topographie des fonds sous-marins, enfin la présence de nourriture.

Les différentes espèces de delphinidés se sont adaptées aux divers types d'habitat. Quelques-unes vivent uniquement dans les estuaires et les fleuves, comme le dauphin de l'Irrawaddy et le tucuxi. Certaines, comme les Cephalorhynchus, évoluent près des côtes, mais les Stenella, les Lissodelphis et le dauphin commun (Delphinus delphis) vivent en pleine mer. D'autres, enfin, comme l'orque et le grand dauphin (Tursiops truncatus), habitent aussi bien les eaux côtières que la haute mer.

Les cétacés se déplacent beaucoup : ils sont parmi les animaux les plus mobiles de la Terre. Sans effectuer de véritables migrations, certaines espèces voyagent en fonction des saisons. La température extérieure modifie celle de l'eau, affectant ainsi la présence de nourriture. Quelques espèces suivent la migration de leurs proies. Les globicéphales se rapprochent des côtes de Terre-Neuve, pendant l'été, pour suivre certains céphalopodes et retournent en pleine mer, l'hiver, dans les eaux réchauffées par le Gulf Stream. Le tucuxi profite de la saison des pluies pour pénétrer dans la jungle et les plaines inondées ; pendant la saison sèche, il reste dans les bras de mer pour éviter les échouages. Les orques surveillent elles aussi leurs proies. C'est ainsi qu'elles apparaissent dès juin à Johnston Strait, en Colombie-Britannique. En début de saison, elles n'y sont présentes que quelques heures par jour, mais, en juillet et en août, certains groupes y restent pendant plus de 30 jours : chaque année, entre 2 et 20 millions de saumons passent par ce lieu.

Certains animaux sont capables de couvrir de grandes distances à la recherche de nourriture. Un dauphin se déplace en moyenne à 20 km/h, mais les orques et les grands dauphins peuvent effectuer des pointes de 44 km/h.

4.4.1. Sensibles à la température de l'eau

Mais la migration des proies et le changement de la température de l'eau ne produisent pas que des mouvements saisonniers. Ils modifient également, à plus long terme, la répartition de certaines espèces de delphinidés. Le dauphin de Risso, par exemple, très abondant au début du siècle dans la baie de Monterey, en Californie, disparut de cette zone pendant 70 ans environ avant de réapparaître dans les années 1970. Grâce à l'examen des courbes de température et du résultat des pêches de ces 100 dernières années, C. Hubbs a pu conclure que la présence des dauphins coïncidait avec les deux périodes anormales de réchauffement des eaux dans cette région. Des grands dauphins (tursiops) ont fait une nouvelle apparition au même endroit en 1982-1983, en même temps que le phénomène « El Niño », qui entraîna un réchauffement considérable des eaux. On pense que les animaux ont suivi leurs proies dans leur migration. L'abondance de poissons dans la baie de Monterey et les étonnantes capacités des grands dauphins à s'adapter a ainsi permis l'installation d'une population côtière de cette espèce à cet endroit.

4.4.2. Prédateurs et proies

Les dauphins sont des prédateurs qui se situent en haut de la chaîne alimentaire. C'est-à-dire que peu d'animaux les chassent pour les manger alors que, eux-mêmes, consomment des quantités importantes de poissons et de mollusques.

Mais les petites espèces comme les Stenella, les dauphins à bosse et même les grands dauphins peuvent devenir les proies de superprédateurs tels que les orques ou les requins notamment en Afrique du Sud et en Australie. Les animaux attaqués présentent des cicatrices, ou des nageoires lacérées, voire manquantes. Mais plus que des superprédateurs, ce sont surtout des filets anti-requins que sont victimes les dauphins à bosse d’Afrique du Sud...

4.4.3. Les échouages et leur cause

Les échouages et leurs causes rendent les biologistes bien perplexes. Beaucoup d'animaux trouvés sur les côtes sont sans doute morts en mer et les courants ont ramené leurs cadavres sur la terre ferme. Il est extrêmement difficile de déterminer la date exacte de la mort d'un cétacé, car son corps peut rester en bon état pendant quelques jours, dans l'eau, avant de se détériorer.

Les échouages en masse, qui peuvent concerner plusieurs dizaines d'animaux, sont relativement fréquents chez certaines espèces. C'est le cas chez les globicéphales, dauphins particulièrement sociaux, et dont les groupes sont très soudés. S'il arrive que l'animal dominant du groupe s'échoue pour quelque raison que ce soit, il est très probable que les autres le suivent..  En 2003, une mission du bureau de l'UICN en Mauritanie a découvert 230 dauphins et un globicéphale échoués sur les plages au sud de Nouakchott.

Les infestations parasitaires sont parfois responsables de certains échouages : le trématode Nasitrema ou le nématode Crassicauda peuvent provoquer des lésions du  cerveau et de l'oreille interne. Les dauphins qui sont atteints de ces infirmités ont des comportements anormaux : ils ne peuvent plus tourner ni éviter les obstacles.

L'ingestion de proies intoxiquées, sans oublier celle de sacs en plastique peut aussi entraîner la mort.

Il existe de nombreuses autres causes d'échouage. Les animaux sont parfois blessés par les hélices des bateaux ou faits prisonniers dans les filets de pêche. Les infections bactériennes sont fréquentes, de même que les troubles consécutifs à la pollution du milieu marin. Il est donc essentiel que des mesures soient prises partout pour éviter ces destructions.

5. Les dauphins et l'homme

5.1. Aimés des uns massacrés par les autres

Les dauphins sont admirés par l'homme depuis bien longtemps. Curieux et fasciné, celui-ci en a fait des objets scientifiques et des animaux de cirque. Mal aimés des pêcheurs, les dauphins sont régulièrement massacrés dans plusieurs régions du monde, en dépit des mesures de protection.

5.1.1. Une longue histoire commune avec l'homme

Les dauphins fascinent les hommes depuis toujours. La plus ancienne des fresques qui les représentent est celle de Cnossos, en Crète. Elle date de 1 500 ans avant J.-C. On y voit des dauphins blanc et bleu, espèce commune en Méditerranée occidentale.

Nombre de poètes et d'écrivains considéraient ces animaux comme des créatures sacrées, des réincarnations de l'esprit humain dotées de la puissance vitale des océans. Le philosophe grec Aristote (384-322 avant J.-C.) fut le premier à décrire les dauphins comme des mammifères, dans l'Histoire des animaux :

« Le dauphin, la baleine et tous les autres cétacés – c'est-à-dire les animaux qui ont un évent à la place des narines – sont vivipares [...] Tous les animaux qui sont [...] vivipares ont des mamelles, comme par exemple tous les animaux qui ont des poils : l'homme, le cheval et les cétacés... »

Aristote accompagnait ses textes descriptifs d'histoires « vraies » ; les dauphins y apparaissent comme des créatures douces à l'intelligence presque humaine. Le savant romain Pline (23-79 après J.-C.) rapporte dans ses Histoires naturelles une des anecdotes les plus célèbres. Un jeune garçon apportait tous les jours du pain à un dauphin qu'il appelait Simo. Celui-ci le faisait alors monter sur son dos et l'emmenait à l'école. L'enfant tomba malade, il mourut et le dauphin en fut très affecté. Peu après, il fut retrouvé mort sur le rivage.

5.1.2. Menaces et protection

Les hommes ont souvent porté préjudice aux dauphins. Le conflit avec les pêcheurs, par exemple, ne date pas d'hier. Ceux-ci reprochent aux animaux de détruire les filets, de faire fuir les poissons et de se nourrir d'espèces précieuses pour le commerce.

 Dans l'Atlantique,  les îles Féroé sont toujours le siège d'une chasse « traditionnelle » et d'une exploitation commerciale intensives de globicéphales. En été, les animaux passent en grand nombre à proximité des côtes. Dès que les pêcheurs les repèrent, ils mettent à l'eau de petites embarcations pour encercler les dauphins. Ils les repoussent ensuite dans des eaux peu profondes et les harponnent ou les tuent au couteau. Ils récupèrent la viande et le tissu graisseux. Chaque année, entre 400 et 1 000 animaux sont ainsi massacrés.

De même, au Japon, depuis les années 1950, les effectifs de dauphins bleu et blanc ont considérablement diminué en raison d'une chasse intensive et l'espèce a totalement disparu dans certaines zones. Mais de nombreux pêcheurs japonais continuent de massacrer clandestinement des grands dauphins côtiers.

En Méditerranée occidentale, les dauphins qui ne parviennent pas à repérer les filets des pêcheurs se laissent prendre au piège. Il arrive que ceux-ci, mécontents des dégâts infligés à leur matériel, les amputent de leur queue avant de les rejeter à l'eau !

D'autres pays tuent encore les delphinidés dans un but alimentaire. Dans les Caraïbes, les pêcheurs de Saint-Vincent chassent les baleines à bosse et attrapent des orques, des fausses orques et des globicéphales. Au Chili, les pêcheurs de crabes se servent parfois de la viande de dauphin comme appât. La pêche officielle a fortement régressé, mais les captures accidentelles dans les filets des pêcheurs sont encore très courantes. Les dauphins se font prendre dans les sennes, d'immenses filets destinés à attraper les thons qui les accompagnent. Les pertes, dans le Pacifique tropical, sont inconnues, mais on sait que les pêcheurs installent plus de 50 000 km de filets en surface. D'autres facteurs peuvent entraîner la raréfaction locale d'une espèce. Ainsi, la petite population des côtes de la Floride a été menacée par les prélèvements effectués pour approvisionner les delphinariums.

La dégradation des océans pose aussi de sérieux problèmes pour la survie des dauphins. Les substances toxiques provenant des produits chimiques industriels s'accumulent dans les poissons, puis dans les tissus des dauphins qui les ingurgitent. Les graves problèmes hormonaux qui en résultent les empêchent souvent de se reproduire.

Devant toutes ces menaces pesant sur la survie et l'avenir des delphinidés,  des mesures internationales de protection ont été adoptées depuis l'entrée en vigueur, en 1975, de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction). Malheureusement,  elles  ne concernent que les pays signataires. Comme certains autres pays, le Japon s'y est refusé. Le contrôle étant difficile, les dauphins continuent d'être  chassés ou  menacés dans de nombreuses parties du monde dont l'Amérique du Sud,  l'Asie du Sud et du Sud-Est mais aussi l'Europe. À cet égard, l'Union européenne a également adopté un programme international pour la conservation des dauphins en 1999. En France, le WWF a lancé en novembre 2003 un programme de Limitation des Interactions Négatives entre Dauphins et Activités humaines (Linda) afin de protéger le grand dauphin en Corse et d'éviter les conflits avec les pécheurs.

Les espèces les plus en danger aujourd'hui ne sont pas des delphinidés mais trois dauphins d'eau douce (platanistidés) : le dauphin fluviatile (ou lacustre) de Chine (Lipotes vexillifer) – un animal très farouche qui a du quitter son habitat naturel dans le cours inférieur du Yangzi Jiang notamment sous la pression de l'aménagement du fleuve – le dauphin de l'Amazone (Inia geoffrensis) ainsi que le dauphin du Gange (Platanista gangetica).

5.1.3. Les recherches en cours

Nombreuses sont les recherches en biologie, physiologie, pathologie et les études sur le comportement des dauphins.

Les moyens d'étude en milieu naturel sont peu nombreux. Des patrouilles maritimes, aériennes ou de surveillance depuis les côtes observent la composition des groupes. Des satellites repèrent les diverses espèces, notamment dans les eaux du Pacifique. Ainsi l'institut Scripps de La Jolia, en Californie, est responsable des études de recensement de toutes les populations de delphinidés du Pacifique tropical. En Europe, depuis 1994,  l'Université de St Andrews, en Écosse, coordonne le projet international SCAN (Small Cetaceans of the European Atlantic and North Sea) visant à recenser les petits cétacés dans l'Atlantique et la Mer du Nord. Les derniers résultats comparatifs ont été présentés en 2006.

Des biologistes de Brisbane et de Sydney, en Australie, ont mis au point, en novembre 1989, un centre d'alimentation près de l'île de Moreton. Une équipe donne aux dauphins du poisson tout juste pêché afin de les habituer à la présence humaine. Depuis 1990, les  dauphins, mis en confiance, se laissent approcher au Tangalooma Wild Dolphin Resort. Des recherches sur leur langage et leur comportement sont entreprises dans le Marine Research and Education Centre.

De nombreuses études sont menées également sur des dauphins gardés en captivité. Dès 1961, le Sea Life Park de Hawaii conduisait des recherches sur le comportement des cétacés. Le langage et le système d'écholocation sont actuellement au centre des investigations. Dans plusieurs marinelands, on étudie l'intelligence des dauphins, et des généticiens travaillent sur leurs chromosomes afin de mieux comprendre leur évolution.

Des congrès internationaux réunissent régulièrement les chercheurs et biologistes qui s'intéressent aux mammifères marins.

5.1.4. Les dauphins participent aux activités de l'homme

L'amitié entre des enfants et des dauphins n'appartient pas qu'au passé. En 1956, le Parlement néo-zélandais adopta une loi pour protéger un grand dauphin nommé « Opo ». Son amie, une petite fille, le caressait, grimpait sur son dos et jouait au ballon avec lui. Des histoires de ce genre nous viennent des quatre coins du monde. Mais la plus extraordinaire est sans doute celle, des dauphins de Monkey Mia à Shark Bay, en Australie. Lors d'une nuit d'été, en 1964, une jeune femme australienne, Ninny Watts, admirait un dauphin qui tournait autour du voilier sur lequel elle se trouvait. Elle prit un poisson dans la glacière du bateau et le lança à l'animal qui jouait dans les vagues. Très vite, celui-ci vint prendre les poissons directement dans sa main. Elle l'appela Charlie. Il devint la mascotte de la baie, et il amena avec lui d'autres dauphins. Depuis les années 1970, une vingtaine d'animaux se sont ainsi installés à Shark Bay. Plus de 40 000 visiteurs viennent chaque année voir et caresser ces dauphins sauvages. Ceux-ci sont libres d'aller et venir, mais, si vous vous approchez avec un hareng, leur mets préféré, ils vous entoureront aussitôt. Certains iront même jusqu'à vous offrir un poisson qu'ils auront pêché. Depuis 1986, avec le nombre grandissant de personnes venues du monde entier pour voir ces dauphins, une législation a été mise en place et des rangers assurent leur sécurité et leur bien-être. Les scientifiques peuvent ainsi étudier un groupe de dauphins sauvages mais facilement observables.

Certains dauphins ont d'autres types de rapport avec les hommes. Ainsi, au banc d'Arguin, en Mauritanie, des pêcheurs locaux (les Imragens) collaborent avec des dauphins sauvages (tursiops, Stenella, Delphinus). Une fois leurs filets tendus le long des plages, ils frappent la surface de l'eau à l'aide de bâtons afin d'attirer les dauphins. Ceux-ci arrivent très vite et jouent le rôle de rabatteurs en poussant les poissons en direction des filets. Dauphins et pêcheurs n'ont plus qu'à se servir. Il est impossible de savoir laquelle des deux espèces tire le plus d'avantages d'une telle coopération !

On peut observer une pratique semblable dans l'île de Santa Catarina, au Brésil. Dans le canal de la lagune de Santo Antônio, des dauphins aident quotidiennement les pêcheurs locaux à capturer mulets et autres poissons en banc et reçoivent en récompense une partie de la prise. Il s'agit là, sans doute, de traditions très anciennes.

5.1.5. La vie en captivité

Les premiers dauphins maintenus en captivité furent installés à l'aquarium de New York, en 1913. En 1938, une compagnie cinématographique américaine créa un aquarium en Floride : il s'agissait de prendre des photos sous-marines. Devant l'engouement du public, un dresseur fut engagé pour éduquer ces animaux. Les aquariums de Seattle, Washington et Vancouver présentèrent par la suite des orques en captivité.

Depuis 1913, des milliers de grands dauphins (tursiops), et des centaines de globicéphales, dauphins tachetés, orques et dauphins communs ont été mis en captivité à travers le monde. La reproduction en captivité laisse espérer que les prélèvements en nature seront bientôt inutiles. Le grand dauphin (tursiops) se reproduit sans problèmes dans de nombreux parcs. L'orque, lui, a davantage de difficultés : les jeunes meurent souvent avant d'avoir atteint 1 an. Pourtant, Corky et Orky, pensionnaires du Sea World de San Diego (Californie), ont régulièrement des petits.

Certains delphinariums ont développé des programmes de sauvetage des animaux échoués sur les côtes. Des biologistes et des vétérinaires les soignent, puis les relâchent en mer.

La remarquable faculté d'apprentissage des dauphins a conduit l'homme à en exploiter les capacités. Bien éduqués, ils l'aident par exemple à travailler sur les chantiers sous-marins. Beaucoup plus rapides que les plongeurs, les grands dauphins servent de messagers entre la surface et le fond ou ramènent sur leur dos des hommes en détresse.

L'armée américaine entraîne également des dauphins maintenus en semi-captivité. Des dresseurs leur apprennent à poser des mines, à détecter des bâtiments sous-marins et à effectuer les tâches d'un plongeur militaire.