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Aquitaine

Aquitaine, bassin d'Arcachon
Aquitaine, bassin d'Arcachon

Région administrative du sud-ouest de la France, regroupant cinq départements (Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne et Pyrénées-Atlantiques).

  • Superficie : 41 308 km2
  • Population : 3 232 352 hab. (recensement de 2010)
  • Chef-lieu : Bordeaux

Vaste région, mais assez peu peuplée, l'Aquitaine s'identifie à peu près avec la zone d'influence de Bordeaux. Elle correspond approximativement à la partie occidentale du bassin d'Aquitaine, du Périgord au Pyrénées occidentales, Périgord et Pyrénées étant séparés par la forêt landaise et la vallée de la Garonne. Elle regroupe l'ouest de la Gascogne (Landes de Gascogne, Chalosse), l'ouest de la Guyenne (Périgord, Bordelais, Agenais), le Béarn et les trois provinces basques françaises.

Excentrée, adossée aux Pyrénées, avec une métropole (Bordeaux) longtemps plus maritime que terrienne, sans grandes ressources minières, délaissée par les grands axes de circulation, l'Aquitaine peut aujourd'hui bénéficier de la croissance économique de l'Espagne et de l'amélioration des dessertes autoroutières, ferroviaires (T.G.V.) et aériennes. Celle-ci a stimulé le tourisme estival, balnéaire, mais aussi gastronomique, alors que se sont multipliées les résidences secondaires dans l'intérieur.

Le milieu

Le climat

L'Aquitaine jouit d'un climat océanique. Les vents d'ouest et du nord-ouest sont les plus fréquents ; souvent violents, ils apportent la pluie. En dehors du Lot-et-Garonne et du sud de la Dordogne, les précipitations excèdent 800 mm ; au nord, elles augmentent légèrement à mesure qu'on s'approche du Limousin ; au sud, elles s'accroissent rapidement pour excéder 1 m dans le piémont béarnais et basque, et dépasser 2 m sur les sommets pyrénéens. Dans l'ensemble, les hivers sont doux et pluvieux, encore que, par temps anticyclonal, le froid puisse s'installer ; le mimosa fleuri sur la côte ; les plus fortes précipitations tombent au printemps et en automne, saison où le vent du sud amène pourtant de belles journées ; des averses de grêle peuvent dégrader les coteaux, mais, d'une façon générale, le soleil l'emporte sur la pluie ; au printemps, particulièrement instable, peuvent se succéder de grandes pluies, un temps ensoleillé et chaud, ou froid et humide ; des étés chauds et secs, avec cependant quelques orages, alternent avec des étés pluvieux.

Le relief

L'Aquitaine est un pays de basses terres largement ouvert sur l'Océan ; ces basses terres sont dominées au sud par les Pyrénées basques et béarnaises. La montagne béarnaise, transition vers les Pyrénées, est plus élevée que les Pyrénées basques. Dans la première, à l'est, la zone axiale, avec ses pics et ses sierras, est un domaine de hautes montagnes qui excèdent souvent 2 000 m (pic du Midi d'Ossau, 2 885 m), frangé, au nord, par des barres de calcaires. Les vallées de l'Adour et du gave de Pau sont les principaux axes fluviaux du Sud aquitain. À l'ouest, entre le gave d'Aspe et le Saison, les Pyrénées basques sont le domaine des moyennes montagnes, plus morcelées, voire aérées. Aussi, les cols les plus occidentaux des Pyrénées sont-ils empruntés par quelques routes transpyrénéennes fréquentées : d'est en ouest, la route du Somport, la route de Roncevaux et la route côtière. Le reste de l'Aquitaine est un ensemble de faible altitude (moins de 500 m), mais au relief souvent très accidenté.

Au nord de la Garonne, le Périgord septentrional est constitué de vastes plateaux ondulés, modelés dans les roches cristallines et disséqués par de profondes vallées. Vers l'est s'ouvre le bassin de Brive. Le soubassement calcaire du mésozoïque et du début du cénozoïque du Périgord est, en grande partie, recouvert par des matériaux meubles, morcelés en une multitude de coteaux, au milieu desquels s'individualisent les larges vallées alluviales de l'Isle, en aval de Périgueux, de la Dordogne, en aval de Bergerac, et du Lot ; de larges placages de sables sidérolithiques ont été épandus sur les coteaux périgourdins et portent des bois. Au sud, en Béarn, en Chalosse et dans le bas Adour, des coteaux et des collines aux pentes vigoureuses ont été modelés dans les formations détritiques du cénozoïque ; la confusion générale du relief est quelque peu atténuée par la présence de longues bandes de plateaux dans le nord du Béarn et par les vallées alluviales de l'Adour et des gaves.

Dans un triangle dont les sommets seraient Bayonne, Nérac et Le Verdon, les Landes montrent des plateaux et des plaines qui s'abaissent vers la mer, d'une part, vers la Garonne et l'Adour, d'autre part, à partir d'une sorte de dorsale centrale ; les sables poussés par les vents réguliers du Quaternaire y ont oblitéré tout relief antérieur et détruit le réseau hydrographique. Dans cette immensité plane et peu humanisée, où les rivières sont rares et modestes, la forêt de pins maritimes, la « pignada », s'étend sur 1 million d'hectares. En bordure d'une côte rectiligne de la Gironde à l'Adour, le vent édifie des dunes vives, que l'homme est parvenu à fixer depuis le xviiie s. ; ces dunes isolent des étangs dont les eaux s'écoulent vers le bassin d'Arcachon au nord et vers l'Océan par des courants ou boucaus, au sud. Les Landes sont bordées par un bourrelet de hautes dunes, drapées de pins, qui dominent vers l'est des étangs, tels ceux de Hourtin et de Lacanau. Le Bordelais est peu élevé : au nord de la Dordogne et sur la rive droite de la Gironde, les bas plateaux et les buttes dominent les plaines alluviales, ou palus. Dans le pays du Marmandais alternent un dédale de coteaux et de larges vallées. Au-dessus de celle de la Garonne et du cours inférieur du Lot s'étagent d'amples terrasses alluviales. Entre la Dordogne et la Garonne, l'Entre-deux-Mers est un plateau calcaire fortement disséqué en étroites lanières en Agenais oriental (pays des Serres), dont les rebords, abrupts, dominent les vallées de la Dordogne et de la Garonne ; sur la rive gauche de celle-ci et à l'ouest de la Gironde s'étendent de vastes marais, submergés par les crues hivernales des affluents landais de la Garonne ; ils sont à quelques mètres en contrebas des croupes graveleuses du Médoc et des Graves, qui portent de prestigieux vignobles, et à partir desquelles on passe insensiblement sur le plateau landais.

Les cours d'eau

La Garonne véhicule en toute saison des flots abondants. En dépit de la régularité de son régime, elle peut se signaler par des crues catastrophiques. La Dordogne et ses affluents ont un tempérament plus pondéré. Au sud, l'Adour se comporte en fleuve pyrénéen par son abondance moyenne élevée et son régime pluvio-nival.

La végétation

La réussite du boisement de pins maritimes de la forêt des Landes, effectué au xixe siècle alors que le littoral était déjà pourvu de ce peuplement végétal, témoigne de l'influence du climat atlantique, tandis que les premières pentes du Massif central sont le domaine des châtaigniers et des chênes.

L'économie

L'agriculture

Si les bois couvrent près de 1 800 000 ha, la polyculture est en général la règle. L'agriculture (à la base d'ailleurs de l'agroalimentaire) demeure une activité essentielle et l'Aquitaine constitue encore largement une mosaïque de terroirs aux productions variées et souvent de qualité (fruits et légumes, vins du Bordelais, aviculture, etc.). Dans la production agricole, l'Aquitaine vient au quatrième rang des Régions françaises.

Le pays de l'Adour, foyer de la révolution du maïs hybride, est devenu un très gros producteur de cette céréale (18 % de la production nationale en 2012 pour la région). Celle-ci a gagné les Landes où se sont ouvertes, dans la forêt, de grandes clairières vouées au maïs irrigué, si bien que se posent des problèmes d'équilibre entre sylviculture dominante et culture conquérante du maïs. Les régions de maïs se livrent de plus en plus à l'élevage des palmipèdes ; le foie gras de canard ou d'oie est une spécialité landaise, mais aussi périgourdine. En Périgord, la truffe, bien que sa production ait décliné, reste une spécialité fort prisée, avec les noix. Le pays de la moyenne Garonne et les vallées du Périgord méridional sont devenus de vastes vergers de pommiers, de pêchers, de pruniers et des régions maraîchères irriguées. Le maraîchage a aussi connu un développement spectaculaire dans le pays de l'Adour, avec, récemment, l'introduction de l'arbuste à kiwis. Un peu partout, sauf dans les Landes, l'élevage bovin, pour le lait ou pour la viande, est présent. Périgord méridional et Marmandais sont de grands pays tabacoles. Si la viticulture reste marquante en Périgord méridional et en Agenais, c'est le vignoble bordelais qui l'emporte. Mais avec 145 000 hectares de vignes, dont 97 % en Appellation d'origine contrôlée (30 % de la production nationale d'AOC), l'Aquitaine est la deuxième région française en ce qui concerne la valeur de la production agricole hors subventions après la Champagne-Ardenne. Dans les Pyrénées-Atlantiques, en raison du relief montagneux, les élevages bovin et ovin prédominent.

L'ostréiculture du bassin d'Arcachon ou l'exploitation de l'esturgeon dans l'estuaire de la Gironde n'atténuent pas le déclin du secteur de la pêche maritime, consécutif au désarmement du dernier terre-neuvas dans les années 1980, et celui de la pêche thonière luzienne. Capbreton, Saint-Jean-de-Luz, Bayonne et Hendaye, sur les littoraux landais et basque, entretiennent de petites flottilles de pêche, surtout à vocation côtière.

Les ressources énergétiques

L'Aquitaine dispose de ressources énergétiques, mais assez modestes (pétrole des Landes et des collines du nord du Béarn, hydroélectricité pyrénéenne, gaz naturel de Lacq dont les puits sont fermés depuis octobre 2013), auxquelles s'ajoute l'électricité nucléaire du Blayais. Toutes les autres exploitations minières ont cessé (en dehors des matériaux de construction).

L'industrie

L'Aquitaine ne dispose ni de sidérurgie ni de métallurgie lourde. L'industrie lourde est localisée en Gironde (raffinage), à Bayonne (engrais) et près de Lacq (aluminium, chimie), la construction aéronautique et les industries spatiales et de défense, à Bordeaux, Bayonne et Bordes. Plus dispersées sont les papeteries, les industries agricoles et alimentaires, le travail du cuir. L'agglomération bordelaise a accueilli des industries des technologies de pointe : constructions aéronautiques à Saint-Médard-en-Jalles et au Haillan, informatique, pétrochimie.

L'activité portuaire de Bordeaux – au huitième rang des ports français – n'est forte que de 8,2 tonnes de fret par an. La fermeture des raffineries d'hydrocarbures en bordure de l'agglomération bordelaise a bouleversé son trafic. L'activité maritime s'est déplacée vers l'aval, à Bassens, à Blaye, au Verdon, équipé pour le trafic des conteneurs. En raison de l'extension de l'espace bâti sur les deux rives du fleuve, le franchissement de la Garonne est un problème crucial, que la construction du pont d'Aquitaine n'a permis de pallier qu'en partie.

Les transports

L'infrastructure des transports, assez lâche, est organisée en fonction de Bordeaux. Le rôle de la voie d'eau (axe garonnais, bas Adour) est très faible ; l'essentiel du trafic ferroviaire se fait sur les lignes principales, et les gares de la région paloise, expéditrices de soufre et de maïs, font le plus gros trafic, avec celles de Bordeaux. En 2012, l'aéroport de Bordeaux-Mérignac a généré un trafic de 4,5 millions de passagers.

Le tourisme

La montagne, le Périgord et surtout les côtes landaise et basque (côte d'Argent) sont les grands foyers d'un tourisme actif.