Impressionniste à ses débuts, il passe rapidement, à travers le Chemin de paradis (1895), à un conservatisme social, une certaine amertume et une éloquence soutenue, caractéristiques de l'œuvre à venir. Fondateur de « l'École parisienne du félibrige », pratiquant une esthétique néoclassique, il se lance dans une campagne antiromantique après avoir fixé, dans les Amants de Venise (1902), sa doctrine littéraire et morale : il faut à la France une contre-révolution littéraire. En tant que journaliste, traditionaliste, monarchiste et antidreyfusard, il fait de l'Action française, à partir de 1899, le fer de lance du nationalisme intégral et du néoroyalisme antiparlementaire et décentralisateur, exaltant ce qui fit la France d'autrefois et combattant le mouvement démocrate-chrétien. Mais son agnosticisme et son utilisation de l'Église catholique comme Église de l'ordre font condamner l'Action française par Rome en 1926. Adversaire des défaitistes de 1914-1918, mais saluant l'avènement de Vichy (1940) comme une « divine surprise », Maurras sera arrêté en 1944, condamné à la détention perpétuelle en 1945 et gracié peu avant sa mort. Outre ses œuvres poétiques (la Musique intérieure, 1925), il a donné des ouvrages politiques (Enquête sur la monarchie, 1900-1909 ; l'Avenir de l'intelligence, 1905 ; le Dilemme de Marc Sangnier, 1906 ; Dictionnaire politique et critique, 1934 ; la Seule France, 1941) et philosophiques (Anthinea, 1901). [Académie française, 1938 ; exclu en 1945.]
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