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John Law

John Law
John Law

Financier écossais (Édimbourg 1671-Venise 1729).

1. Le « système Law »

Fils de William Law, orfèvre à Édimbourg, il hérite d'une grande fortune et s'initie de bonne heureaux affaires de la place de Londres. Enfermé à la suite d'un duel meurtrier (1695), il s'évade et s'exile. Parcourant l'Europe, il étudie les mécanismes financiers des grands centres monétaires et bancaires : Amsterdam, Venise, Gênes. De retour en Écosse, il expose dans les Considérations sur le numéraire et le commerce (1705) les bases du futur « système de Law ».

Il pose en postulat que la richesse d'un pays dépend de l'abondance et de la rapidité de circulation de la monnaie. Il préconise la création d'une banque d'État qui se constituerait une encaisse métallique, lancerait une masse importante de billets, se libérerait progressivement des contingences du métal et proportionnerait la quantité de billets aux besoins des activités économiques. Une compagnie de commerce, qui s'appuierait sur le crédit de la banque, disposerait du monopole du commerce extérieur et de la colonisation de l'Amérique du Nord et lèverait les impôts, supprimant ainsi les offices de finances et le personnel des fermes.

2. Les réalisations

2.1. La Banque générale

Le Régent (→ Philippe II, duc d'Orléans), qui cherche un moyen de résoudre le déficit légué par Louis XIV, est séduit par les idées de Law. Le 2 mai 1716, celui-ci fonde la Banque générale, au capital de 6 millions de livres (1 200 actions de 5 000 livres). Cette banque fait le dépôt, le change, l'escompte et surtout émet des billets payables au porteur et acceptés par les caisses royales.

Le 6 septembre 1717, un édit crée la Compagnie d'Occident (ou du Mississippi), qui reçoit pour 25 ans le monopole de l'exploitation de la Louisiane ; son capital est de 100 millions répartis en 200 000 actions de 500 livres. Ces actions sont payables en billets d'État, façon ingénieuse de transformer les créanciers en actionnaires qu'on remboursera plus tard avec les bénéfices du commerce américain. Une publicité habile et mensongère sur les richesses fabuleuses de la Louisiane déclenche l'engouement du public et l'émission de nouvelles actions.

2.2. La riposte de Law à l'« Antisystème » des frères Pâris

Menacés, les frères Pâris fondent une compagnie rivale, l'« Antisystème » (16 septembre 1718), aux actions d'une rentabilité supérieure et garanties par les revenus de la Ferme générale. Law contre-attaque, soutenu par le Régent : le 4 décembre 1718, sa banque est déclarée royale, l'État détenant seul les actions. Après avoir obtenu la ferme du tabac (septembre 1718), Law reçoit les privilèges des compagnies des Indes orientales, de Chine et du Sénégal (mai 1719), obtient le monopole des monnaies (juillet) et l'adjudication de la Ferme générale (août), et défait ainsi l'Antisystème des Pâris.

3. L'apogée du système

Sa compagnie, qui prend le nom de Compagnie des Indes, contrôle donc toute la fiscalité royale et les activités commerciales du royaume. Subordonnant chaque société à la Compagnie par l'émission de nouvelles actions, dites mères, filles et petites-filles, Law promet d'énormes dividendes pour maintenir leur cours et développe la propagande pourtenir les actionnaires en haleine afin d'éviter les réalisations, les actions n'étant garanties que sur des profits escomptés. En octobre, pour éteindre le plus gros de la dette de l'État, il lance un emprunt de 1 200 millions, rapidement couvert. La rue Quincampoix devient le centre d'un agiotage frénétique. Des actions de 500 livres s'arrachent à 18 000 et des fortunes se constituent en un jour. C'est l'apogée du système. Le 5 janvier 1720, Law devient contrôleur général des Finances et réunit la Banque à la Compagnie le 22 février 1720.

4. L'échec du système et ses conséquences

Mais en quelques jours tout s'effondre à l'annonce des maigres dividendes (2 %). C'est la panique, l'afflux des remboursements et la chute des cours. Law tente vainement d'enrayer le krach par des rachats massifs, par la fixation d'un cours minimal garanti et en interdisant la monnaie d'or (mars 1720). En juin, on ne rembourse plus que 10 livres par personne. En juillet, les caisses sont vides et en octobre les billets n'ont plus cours.

C'est l'émeute et Law doit s'enfuir. Il s'exile à Bruxelles (décembre 1720), puis à Venise, où il mourra dans la misère. La liquidation du système est confiée aux frères Pâris, qui procèdent à une banqueroute partielle (→ chambre du visa).

L'échec du système retardera longtemps la modernisation des structures financières du royaume. Mais dans la France de la Régence le système de Law avait allégé la dette de l'État, et une incontestable impulsion avait animé le commerce maritime, les ports atlantiques (→ Nantes, Bordeaux, Lorient) et la mise en valeur de la Louisiane (fondation de La Nouvelle-Orléans, 1718).

Pour en savoir plus, voir l'article la Régence.