Après avoir étudié, lors de ses voyages, les mécanismes financiers des grands centres monétaires et bancaires de l'Europe (Amsterdam, Venise, Gênes, Paris), il expose dans ses Considérations sur le numéraire et le commerce (1705) son système financier comprenant une banque d'État qui émettrait une quantité de billets proportionnelle aux besoins des activités économiques et qui serait associée à une compagnie de commerce par actions ayant le monopole du commerce extérieur. Le Régent l'ayant autorisé à appliquer son système en France pour enrayer la crise financière, il fonde la Banque générale (mai 1716), banque de dépôts, d'escompte et d'émission, érigée en Banque royale (décembre 1718), qu'il réunit à la Compagnie d'Occident (créée en septembre 1717), dotée du monopole de l'exploitation de la Louisiane et devenue la Compagnie des Indes (mai 1719). Pourvu du monopole des monnaies, de l'adjudication de la Ferme générale (1719), puis nommé contrôleur général des Finances (janvier 1720), Law remporte un énorme succès. En 1720, les agioteurs de la rue Quincampoix font monter les actions de la Banque de 500 à 18 000 livres. Mais la réalisation que font alors les plus gros actionnaires (prince de Conti, duc de Bourbon) et les manœuvres des financiers (tels les frères Pâris), provoquent l'effondrement de son système (octobre 1720). Contraint de s'enfuir devant l'émeute, Law s'exile à Bruxelles puis à Venise, où il mourra dans la misère.