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Nantes

Nantes
Nantes

Chef-lieu de la Région Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique, à 383 km au S.-O. de Paris.

  • Population : 293 234 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Nantais
  • Population pour l'agglomération : 586 078 hab. (recensement de 2009)

GÉOGRAPHIE

À 54 km de la côte atlantique et à 16 km de l'estuaire, Nantes occupe sur la Loire une position portuaire précocement affirmée. Aujourd'hui carrefour de communication (nœud routier, aéroport de Nantes-Atlantique), elle exerce une fonction régionale active. Son secteur tertiaire, très prépondérant (les deux tiers des actifs), met en évidence sa place de « métropole d'équilibre » de l'Ouest français (marché d'intérêt national des fruits et légumes, commerce des vins [muscadet], Bourse, université et écoles supérieures, évêché). Nantes est aussi un grand centre industriel. À ses activités anciennes (chantiers navals, fonderies de non-ferreux, biscuiterie, conserverie, sucrerie) elle a ajouté des industries mécaniques et électriques (locomotives, moteurs Diesel, matériel aéronautique et frigorifique, équipements électroménagers), électronique, chimiques (peintures et vernis, encres, caoutchouc), textiles (bas sans couture).

Nantes est au centre d'une communauté urbaine qui groupe 24 communes (Saint-Herblain, Rezé, Orvault, Couëron, etc.). La fonction portuaire (grâce aux hydrocarbures) est active (30 Mt en 2011 avec Donges et Saint-Nazaire, 5e rang des ports de commerce en France). Bien qu'elle soit reliée à Paris par autoroute et par T.G.V., Nantes, devenue plus continentale que maritime, souffre, dans une France atlantique sous-industrialisée, d'un certain isolement.

L'HISTOIRE DE NANTES

Nantes est fondée par la tribu gauloise des Namnètes. Les Romains l'appelleront Condevicnum ou Condevincum ; elle se compose alors d'une bourgade au confluent de l'Erdre, d'un port et d'une autre bourgade sur la rive gauche, Ratiatum, l'actuelle Rezé, au confluent de la Sèvre Nantaise.

Le christianisme est prêché dans la région nantaise par saint Clair vers la fin du iiie s. Rogatien et Donatien, dits « les Enfants nantais », et l'évêque Similien y seront martyrisés (ive s.).

Ville de commerce et d'administration sous les Romains, Nantes est ravagée ensuite lors des invasions barbares par les Huns (453), les Saxons (480) et les Wisigoths (490). Clovis s'en empare en 497, puis les Bretons d'Armorique y établissent leur domination. Le roi Clotaire Ier en 560 reprend la ville et la fait administrer par l'évêque saint Félix, qui y entreprend d'importants travaux (568), entre autres un canal de jonction entre la Loire et l'Erdre.

Charlemagne au ixe s. soumet les Bretons ; ses successeurs donnent Nantes en fief au comte Lambert Ier (827). En 843, son fils, Lambert II, opposé à Charles le Chauve, livre par vengeance la ville aux Normands, qui la saccagent. Les Normands sont repoussés successivement par Alain Ier le Grand (888) et Alain Barbe-Torte (937).

Au xiie s., Nantes, comme le reste de la Bretagne, devient l'objet de la convoitise des Capétiens et des Plantagenêts : la victoire capétienne est assurée par le mariage d'Alix, héritière du duché de Bretagne avec Pierre Ier Mauclerc (1213-1237), l'arrière-petit-fils de Louis VI le Gros, qui défend la ville contre les Anglais en 1214. À partir de cette époque, le comté de Nantes se fond dans le duché de Bretagne, dont il va partager le sort. La cité fait figure de seconde capitale des ducs, qui y établissent leur Cour des comptes, y tiennent leurs états et, à partir du xve s., y résident.

Louis XI ne réussit pas à s'emparer du duché, mais à la mort du dernier duc, François II (1488), la fille de celui-ci, Anne, par son mariage avec Charles VIII (1491), puis avec Louis XII (1499), apporte Nantes et le duché à la couronne de France.

Fief catholique, Nantes, durant les guerres de Religion, se donne à la Ligue sous l'influence du gouverneur de la Bretagne, le duc de Mercœur. À la fin de la guerre, le duc remet la ville à Henri IV, qui promulgue, le 13 avril 1598, le fameux édit accordant aux protestants la liberté de pratiquer leur religion.

La situation de Nantes a fait de la ville, depuis le xve s., un important centre commercial (sel, toiles), mais ce sont les xviie et xviiie s. qui voient l'apogée de sa prospérité, favorisée par l'établissement de colonies aux Antilles. Au xviiie s. surtout, lorsque le commerce avec les Antilles devient libre (en 1726, la Compagnie des Indes rend leur liberté aux armateurs), le commerce triangulaire avec la traite des Noirs, celui du sucre, du tabac, du rhum, des bois précieux et de l'indigo font la fortune des grandes familles d'armateurs et de commerçants nantais, qui subventionnent l'établissement de distilleries, de raffineries et de chantiers de construction navale. L'embellissement de la ville au xviiie s. est la conséquence de cette richesse. À la fin du xviiie s., Nantes sera le premier port de France, avec 2 500 navires et barques.

Durant la Révolution, Nantes, chef-lieu du département de Loire-Inférieure (1790), embrasse les idées nouvelles et elle s'oppose énergiquement aux vendéens, dont elle repousse les attaques. Ce zèle n'empêche pas le Comité de salut public d'y envoyer un de ses plus sévères commissaires, Jean-Baptiste Carrier. Avec lui, la Terreur sera effroyable (« noyades » de Nantes). C'est à Nantes que Charette est fusillé en 1796.

Après 1815, le commerce reprend peu à peu à Nantes. La traite frauduleuse s'éteint avec le droit de visite (1833) et l'abolition de l'esclavage. Pendant la Seconde Guerre mondiale, à la suite de l'exécution par des résistants du chef de la kommandantur, 48 otages furent fusillés le 22 octobre 1941, 21 à Nantes et 27 à Châteaubriant.

NANTES, VILLE D'ART

Nantes est l'une des plus vieilles villes de France. César y fit construire les bateaux qui portèrent ses légions en Angleterre. De son lointain passé reste un pan de mur, de petit appareil, qu'on date du iiie s. ; d'une seconde enceinte dont la ville s'entoura au xiiie s. demeure la « tour Neuve » du château, que compléteront au xve s. les puissantes fortifications subsistantes, jadis baignées par la Loire. Leurs salles des gardes conservent de belles voûtes et des cheminées monumentales. Celles du bastion dit « en fer à cheval », par sa disposition peu commune, sont particulièrement intéressantes. Derrière ces murailles s'élèvent les anciens corps de logis ; le « Grand Gouvernement », en partie du xvie s., converti en musée, et le « Grand Logis ». L'ensemble du château, respectant les éléments de la forteresse médiévale, date en fait du règne de François II, qui en fit composer les plans en 1461 par Mathelin Rodier. Il fut le dernier réduit de l'indépendance bretonne. Mais la duchesse Anne, devenue reine de France, restait fidèle au pays breton. Elle voulut que son cœur, enfermé dans une reliquaire d'or, fût déposé à Nantes, dans l'ancienne église des Carmes, d'où il est passé au musée Dobrée. Certains bâtiments du château servirent de prison, puis plus tard d'arsenal : ils seront ravagés en 1800 par une explosion des poudres.

La cathédrale, élevée sur les substructions d'une église romane dont la crypte subsiste, fut commencée en 1434. Elle présente une originalité rare : de ses cinq portails, si les trois principaux s'alignent en façade, les deux autres sont percés en retour d'équerre, au pied des deux tours. Le portail médian est sculpté d'un Jugement dernier. L'intérieur, remarquable par la pureté des lignes de la nef, est un bel exemple de gothique flamboyant. Dans le transept droit se voit un chef-d'œuvre de la statuaire française de la Renaissance, le monument funéraire de François II et de Marguerite de Foix, sa femme, par Michel Colombe. La sculpture du xixe s. est dignement représentée par le tombeau du général de Lamoricière (1879), œuvre de Paul Dubois, qui occupe le transept gauche.

Nantes conserve de remarquables monuments d'architecture civile médiévale : la porte Saint-Pierre, assise d'énormes blocs de granit, restes de bâtiments primitifs, la Psalette ancienne maison du chapitre de la fin du xve s., accolée d'une tourelle où s'élève un curieux escalier à vis hélicoïdale, et tout un groupe de maisons en pans de bois du xvie s. Le siècle suivant est illustré par l'église de l'Oratoire, de style classique. Le xviiie s. est magnifiquement représenté par les hôtels du quai de la Fosse et de l'ancienne île Feydeau, dont une ligne continue de balcons de fer forgé signale le « bel étage », les balcons des étages supérieurs se limitant à la largeur des baies. Nombre de ces hôtels ont conservé leurs cheminées sculptées, leurs lambris et leurs parquets mosaïques en bois « des îles ».

L'évolution du style classique s'est poursuivie : à la générosité du style rocaille s'oppose bientôt la simplicité du néoclassicisme. Face au quai de la Fosse, d'autres quais sont aménagés et bordés de nouveaux hôtels, dessinés par deux architectes nantais : Jean-Baptiste Ceineray (1722-1811), à qui l'on doit l'élégante Chambre des comptes, aujourd'hui préfecture (1764), et l'hôtel d'Aux (1765), puis son élève Mathurin Crucy (1749-1826), qui donne les plans de l'hôtels de Montaudoin, de la Bourse (1792-1812) et du théâtre Graslin (1788). L'hôtel de la Chambre des notaires reste un magnifique exemple de la décoration intérieure de style Empire. Emules de Crucy, Pierre Rousseau (vers 1750-1810) et Pierre Vigné de Vigny (1690-1772) construisent l'hôtel de l'armateur Grou, qu'on appela, pour l'originale disposition de son escalier, le « temple de goût ».

Au début du xxe s., un charme mystérieux se dégageait de la ville, qui sera sacrée haut lieu du surréalisme par André Breton. Malheureusement, les destructions dues à la Seconde Guerre mondiale furent nombreuses : témoins de l'architecture moderne, les magasins Decré (1931), construits en fer et en verre par Henri Sauvage (1873-1932), disparurent sous les bombardements.

Après la guerre, Nantes bénéficie d'un vaste programme de reconstruction et d'extension, auquel participe Le Corbusier, entre 1952 et 1957, avec la Cité radieuse de Rezé.

LES MUSÉES DE NANTES

Le musée des Beaux-Arts, créé en 1800 et constamment enrichi, est installé dans le vaste palais construit pour lui à la fin du xixe s. Sa collection de peintures va des primitifs italiens et des grands Vénitiens à Rubens, G. de La Tour (trois œuvres capitales), Tournières, Lancret, Greuze, Vernet, Ingres (Portrait de Mme de Senonnes), Gros, Delacroix, Géricault, Courbet (les Cribleuses de blé), ainsi qu'aux éclectiques du xixe s., aux impressionnistes et aux maîtres contemporains (donation G. Fardel).

Le musée du château des ducs de Bretagne, installé dans le château ducal, est dédié à l'histoire de Nantes et de sa région. Il regroupe les collections des anciens musées d'art populaire régional et des Salorges. Citons encore le musée Dobrée (archéologie ; objets d'art : Reliquaire du cœur d'Anne de Bretagne ; sculptures ; etc.), le muséum d'Histoire naturelle et le musée Jules-Verne.