Les Kennedy sont d'origine irlandaise ; les arrière-grands-parents ont immigré à Boston au milieu du XIXe s. L'un des grands-pères, Patrick J. Kennedy, a fait fortune en vendant des boissons alcoolisées, puis a ouvert une banque ; il a rempli cinq fois le mandat de représentant à la Chambre du Massachusetts et diverses charges municipales. John F. Fitzgerald, le grand-père maternel, est un des « bosses » démocrates de Boston, dont il a été élu maire. Les deux hommes ont eu l'heureuse idée de marier leurs enfants. Joseph Patrick Kennedy (1888-1969) réussit sans peine à faire fructifier le capital de la banque paternelle ; lors de son séjour à l'université Harvard, il s'est promis de posséder 1 million de dollars à 35 ans, mais sa fortune sera estimée à 300 ou 500 millions : la banque, l'immobilier, le cinéma, l'importation du whisky après la suppression de la prohibition ont fait de lui un des hommes les plus riches du pays et du parti démocrate. Pour le récompenser de sa générosité, le président Franklin Delano Roosevelt le met à la tête de la Commission des opérations boursières, puis, en 1937, fait de lui son ambassadeur à Londres, où il restera trois ans.
Sous l'influence de Joseph Patrick Kennedy, les enfants apprennent à rester unis, à former un clan qui se retrouve dans le malheur comme dans le bonheur.
Il suit des études dans les meilleurs établissements d'enseignement : Choate Academy à Wallingford (Connecticut), la London School of Economics, Princeton, enfin Harvard. Ses résultats scolaires et universitaires ne sont pas brillants. En 1937, puis en 1939, son père lui fait visiter l'Europe, et sa thèse de science politique remporte un beau succès de librairie (le sujet traite d'une actualité brûlante : Why England Slept). De retour aux États-Unis, John s'inscrit à Stanford, où il ne reste que quelques mois, et part pour l'Amérique du Sud. Quand les États-Unis entrent en guerre, il parvient, malgré une colonne vertébrale fragile, à obtenir un poste de combattant dans la marine ; en 1943, il accomplit un exploit dans le Pacifique en sauvant plusieurs de ses camarades, malgré ses propres blessures. Il termine la guerre à l'hôpital et en convalescence.
En 1945, la politique l'attire, à moins que son père l'ait convaincu qu'après la mort de l'aîné il se devait de briguer un mandat. De fait, la politique est une passion familiale, et l'esprit de clan n'est pas absent : « Je suis entré dans la vie politique, dira-t-il plus tard, parce que Joe est mort. Si quelque chose m'arrivait demain, mon frère Bobby se présenterait à mon siège de sénateur. Si Bobby mourait, Teddy lui succéderait. » John commence donc par tenter sa chance dans un quartier ouvrier de Boston lors des élections à la Chambre fédérale des représentants. Il dépense sans compter, fait jouer les relations de sa famille, utilise ses amis de Harvard, mène une très efficace campagne et se fait élire.
Réélu en 1948 et en 1950, il fait partie des libéraux et s'oppose, par exemple, à la loi Taft-Hartley. En 1952, le voilà candidat aux élections sénatoriales ; son adversaire s'appelle Henry Cabot Lodge, un grand nom du Massachusetts, le président du Comité national républicain. Les Kennedy, frères, sœurs et conjoints, se lancent dans la bataille. Si, dans l'élection présidentielle, Dwight David Eisenhower remporte le Massachusetts par plus de 200 000 voix, Lodge, lui, est battu dans l'élection au poste de sénateur. En 1958, contre un rival moins prestigieux, Kennedy sera réélu triomphalement, avec une avance de plus de 870 000 suffrages.
Le sénateur Kennedy se marie en 1953 avec Jacqueline Lee Bouvier, et subit l'année suivante deux opérations délicates, que ses blessures de guerre ont nécessitées. Il profite de sa convalescence pour écrire Profiles in Courage (1956), où il trace le portrait de quelques sénateurs américains. La maladie l'empêche de voter lorsqu'en 1954 Joseph McCarthy (1909-1957) est censuré ; sans doute est-il hostile, plus que ses électeurs, aux excès du sénateur du Wisconsin, mais son frère Robert sert quelques mois comme conseil juridique auprès du sous-comité de McCarthy.
À la fin de l'année 1955, John Fitzgerald Kennedy devient une personnalité de premier plan. Il propose des mesures législatives qui visent à améliorer la condition des travailleurs, mais celles-ci sont rejetées ou modifiées. Il prend la parole sur la limitation des importations de pétrole et de laine, sur l'aide à l'étranger, sur les subventions fédérales aux villes, sur les droits civiques. Dès 1956, il réclame l'indépendance de l'Algérie, critique le président Eisenhower et sa politique chinoise, intervient plusieurs fois dans les débats de politique étrangère. C'est que John Fitzgerald Kennedy a décidé, dès ce moment-là, de se présenter aux élections présidentielles. À la convention démocrate de 1956, Adlai Stevenson reçoit l'investiture du parti. Comme candidat à la vice-présidence, John Fitzgerald Kennedy est battu de peu par Estes Kefauver (1903-1963).
Son succès aux sénatoriales de 1958 augmente ses chances. Toutefois, il doit surmonter un obstacle : un catholique peut-il être président des États-Unis ? En 1928, un autre démocrate, Alfred E. Smith (1873-1944), n'avait pu vaincre ce handicap ; trente ans plus tard, beaucoup d'Américains se demandent encore si un « papiste » ne subventionnerait pas avec des fonds fédéraux les écoles catholiques, s'il ne nouerait pas avec Rome des relations privilégiées, s'il maintiendrait la séparation de l'Église et de l'État. Malgré tout, John Fitzgerald Kennedy annonce, le 2 janvier 1960, qu'il sera candidat dans une dizaine d'élections primaires. Il élimine l'un de ses rivaux, Hubert Horatio Humphrey, en remportant la victoire dans le Wisconsin et surtout en Virginie-Occidentale, État foncièrement protestant. Reste le sénateur Lyndon Baines Johnson, qui ne s'est pas présenté aux primaires et qui compte beaucoup d'amis et de partisans chez les démocrates modérés. À la convention de Los Angeles, l'organisation Kennedy, dirigée par Robert, fonctionne parfaitement : John est investi dès le premier tour de scrutin. Songeant au poids politique de Lyndon Baines Johnson, il propose à ce dernier – à la surprise de son propre frère – d'être candidat à la vice-présidence. Lyndon Baines Johnson accepte.
Chez les républicains, le candidat à la présidence est Richard M. Nixon, le bras droit et l'héritier du général Eisenhower. Les sondages lui donnent l'avantage jusqu'à la fin de septembre : les Américains ne paraissent croire que modérément à la Nouvelle Frontière dont parle Kennedy ; ils préfèrent Richard M. Nixon, qui possède une certaine expérience du pouvoir. Puis, dans les dix dernières semaines de la campagne, quatre débats télévisés mettent aux prises les deux adversaires : le charme, l'esprit de repartie, les connaissances précises de John Fitzgerald Kennedy impressionnent, d'autant plus que Richard M. Nixon est particulièrement maladroit. Le lendemain des élections, un avantage de 100 000 voix sur 68 millions de suffrages exprimés donne à John Fitzgerald Kennedy la présidence. Celui-ci a bénéficié du soutien des Noirs, qui ont applaudi l'appui du candidat au pasteur Martin Luther King – alors emprisonné en Géorgie. Il a surtout inspiré confiance à cette Amérique, riche mais inquiète, puissante mais menacée, qui s'incarne dans cet homme de quarante-trois ans.
Quel programme propose-t-il ? Il dit que les républicains ont laissé le pays s'affaiblir. L'U.R.S.S. a humilié les États-Unis en prenant une nette avance dans le domaine des missiles et en abattant l'avion espion de Gary Francis Powers. La défense des îles Quemoy et Mazu contre la Chine peut entraîner une troisième guerre mondiale. En Amérique latine, Fidel Castro accroît son prestige en recourant aux sentiments anti-américains : il faut créer un Corps de la paix, qui apportera aide et conseils aux pays sous-développés. Aux États-Unis, il faut satisfaire les légitimes revendications des Noirs, qui veulent obtenir des droits civiques égaux à ceux des Blancs ; le gouvernement fédéral doit aider les fermiers et les déshérités, intervenir plus activement dans les différends qui opposent ouvriers et patrons. Bref, il est temps que le pays sorte de la torpeur dans laquelle l'ancien président l'a plongé, qu'il bouge vers cette Nouvelle Frontière des années 1960.
Lecteur infatigable, curieux des choses de l'esprit et de l'art, intelligent et excellent directeur d'hommes, ne manquant pas du sens de l'humour, le président rassemble autour de lui des collaborateurs qui lui sont dévoués – et qui souvent continueront à servir la famille Kennedy après l'assassinat de 1963. Des universitaires brillants, comme les frères Bundy ou Arthur Schlesinger jr., s'installent à la Maison-Blanche, à côté de journalistes de valeur comme Pierre Salinger ou Theodore Sorensen. Des politiciens, souvent d'origine irlandaise, gèrent les affaires courantes. Au sein du cabinet, Robert dirige le département de la Justice ; Dean Rusk, président de la Fondation Rockefeller, est secrétaire d'État ; Arthur J. Goldberg, un avocat des syndicats, est à la tête du département du Travail ; deux républicains sont présents : C. Douglas Dillon au Trésor, Robert S. McNamara à la Défense. A. Stevenson est ambassadeur aux Nations unies.
Elle vise à atteindre deux objectifs : faire sortir les États-Unis de la récession et stimuler la croissance économique – aider les groupes socio-économiques défavorisés. Or, il est clair qu'en trois ans de pouvoir les résultats ont été médiocres. Certes, 5 milliards de dollars sont alloués à la construction de logements sociaux ; le salaire minimum est porté de 1 à 1,25 dollar par heure ; 400 millions de dollars sont attribués aux régions victimes de la stagnation économique ; les sociétés sidérurgiques qui voulaient augmenter leurs prix, en dépit de la politique anti-inflationniste de la Maison-Blanche, se soumettent à la volonté du président ; enfin, le Trade Expansion Act de 1962 réduit les droits de douane de 50 % et quelquefois de 100 % sur les produits échangés avec le Marché commun. Mais les échecs sont plus nombreux que les réussites : le projet d'aide fédérale aux écoles, le contrôle de la production du blé, l'assistance médicale gratuite aux personnes âgées (Medical Care), la création au sein du cabinet d'un département des Affaires urbaines et cet allégement fiscal que les conseillers économiques du président jugent indispensable pour relancer l'expansion, toutes ces mesures se heurtent à l'hostilité ou à l'inaction du Congrès.
En effet, si les démocrates sont majoritaires dans les deux Chambres fédérales, ils n'éprouvent pas tous des sympathies pour John Fitzgerald Kennedy ; les conservateurs du Sud, qui détiennent un pouvoir d'autant plus grand que leurs circonscriptions sont « sûres », s'unissent aux républicains pour empêcher le passage d'une législation progressiste. Pourtant, John Fitzgerald Kennedy s'est efforcé de rassurer le monde des affaires : il refuse de suivre une politique de grosses dépenses ; il tâche de redonner confiance dans le dollar.
Le président fait ce qu'il peut pour tenir ses promesses envers la communauté noire. L'attorney général, Robert Francis Kennedy, est actif ; il protège les « Freedom Riders », ces libéraux blancs et noirs qui se rendent dans le Sud en autocars pour abattre directement et immédiatement les dernières traces de la ségrégation. En novembre 1962, il est interdit de procéder à une discrimination raciale dans les logements construits ou achetés avec des fonds fédéraux. La Maison-Blanche emploie la force pour contraindre l'université du Mississippi à accepter la présence de James H. Meredith, dont la faute impardonnable est d'être le premier étudiant noir à vouloir pénétrer dans cet établissement. En 1963, dans sa campagne en faveur des droits civiques, le pasteur King sait qu'il peut compter sur l'appui du président Kennedy.
Mais celui-ci ne parvient pas à faire voter une nouvelle loi sur les droits civiques. L'opposition d'une partie du Congrès paraît irréductible. Aussi faut-il bien admettre que le programme de 1960 n'est toujours pas, trois ans plus tard, réalisé.
En ce domaine, la présidence de John Fitzgerald Kennedy commence mal, mais, très vite, elle obtient de remarquables résultats. Au début de 1961, la CIA soumet un projet de débarquement à Cuba, qui serait exécuté par des exilés cubains ; les États-Unis fourniraient une aide matérielle et politique. Ce projet, préparé sous la présidence de Dwight David Eisenhower, John Fitzgerald Kennedy l'accepte. Le débarquement a lieu le 17 avril, dans la baie des Cochons. L'échec est total : Fidel Castro capture 1 200 hommes et tire le plus grand parti de cette agression. Les États-Unis sortent de l'aventure affaiblis et ils ont été mis en accusation par l'opinion américaine et internationale. De cette tragique erreur, John Fitzgerald Kennedy a assumé l'entière responsabilité ; il a même consenti à livrer du matériel aux Cubains, malgré l'embargo, pour obtenir la libération des prisonniers. En mai, il a fait voter un crédit de 500 millions de dollars pour aider l'Amérique latine dans le cadre d'une Alliance pour le progrès ; et le Corps de la paix a contribué à améliorer l'image des États-Unis. Même limités, les résultats de cette politique valent d'être soulignés.
La seconde crise de Cuba touche aux relations entre l'Union soviétique et les États-Unis. Dès 1961, John Fitzgerald Kennedy se déclare partisan d'une réponse graduelle si les Soviétiques déclenchent une attaque contre l'Ouest ; en conséquence, il accroît les forces conventionnelles. En même temps, il cherche à rattraper le retard que son pays a pris sur l'U.R.S.S. dans le domaine des expériences spatiales et à gagner la course à la conquête de la Lune. En juin 1961, il rencontre à Vienne Nikita S. Khrouchtchev : les deux hommes s'entendent sur la neutralisation du Laos, mais ne tombent d'accord sur aucun autre problème. Bien plus, l'Union soviétique déclenche une nouvelle crise à Berlin. John Fitzgerald Kennedy demande alors et obtient du Congrès la mobilisation de 250 000 réservistes ; les Soviétiques préfèrent la prudence et se contenteront, en août, de construire le mur de Berlin.
Les négociations sur le désarmement progressent peu ; le 31 août, Moscou décide de reprendre ses expériences nucléaires. Les Américains répliquent qu'ils feront de même si un traité d'interdiction n'est pas immédiatement signé. Les Russes refusent. Les relations entre les deux pays se tendent, lorsqu'en octobre 1962 éclate la crise de Cuba. Des photographies aériennes révèlent que l'U.R.S.S. installe une quarantaine de missiles nucléaires à moyenne portée. Le 22, dans un discours télévisé, John Fitzgerald Kennedy annonce le blocus des côtes cubaines pour tous les bateaux transportant des armes offensives ; mais, en même temps, il négocie avec Nikita S. Khrouchtchev, qui, le 28, s'incline.
Les États-Unis viennent de remporter une belle victoire, avec l'aide de leurs alliés. Une étape de la guerre froide s'achève. Russes et Américains s'orientent vers une nouvelle conception de leurs relations : chaque camp sait jusqu'où il peut aller s'il ne veut pas affronter l'autre directement ; tous les deux s'efforcent d'éviter une guerre nucléaire.
En 1963, l'Union soviétique propose que les puissances nucléaires renoncent à leurs essais ; les États-Unis acceptent. C'est que, désormais, la puissance de la Chine hante les imaginations. Les Chinois dénoncent la complicité objective des deux super-grands, qui, selon eux, se partagent le monde aux dépens des autres nations. Aussi s'efforcent-ils de brouiller les cartes. L'Asie du Sud-Est devient un problème brûlant de la politique américaine. En juillet 1962, le Laos est neutralisé à la suite de la conférence de Genève, mais, au Viêt Nam du Sud, le régime de Ngô Dinh Diêm lutte contre des maquis communistes. John Fitzgerald Kennedy envoie des armes, des hélicoptères, des conseillers militaires, des soldats enfin (il y a 16 000 Américains en novembre 1963). Quand Ngô Dinh Diêm est assassiné – quelques jours avant John Fitzgerald Kennedy –, Saigon connaît une période d'instabilité et une vacance de pouvoir qui déroutent les États-Unis. John Fitzgerald Kennedy ne veut pas abandonner cette partie du monde à ce qu'il croit être l'influence chinoise ; sa politique est hésitante et ouvre la voie à toutes les aventures. Il est vrai que la Chine ne fait rien pour rassurer : en octobre 1962, à propos de la question des frontières himalayennes, elle entre en conflit avec l'Inde, que les États-Unis soutiennent.
John Fitzgerald Kennedy se préoccupe de l'évolution de la situation européenne. Ses voyages lui donnent, dans cette partie du monde, une popularité qui n'a d'égale que celle de sa femme. Quand il crie à Berlin en 1963 « Ich bin ein Berliner », il devient un héros en Allemagne. Le président veut réaliser un « grand dessein » : unir par des intérêts communs son pays et la Communauté européenne élargie à la Grande-Bretagne. Il imagine une zone de libre-échange qui permettrait aux Américains d'écouler leurs produits et de limiter leurs dépenses militaires. Mais la France se montre un partenaire difficile : elle fait exploser sa première bombe atomique en 1960 et refuse en 1963 de signer le traité sur les essais nucléaires ; elle ne ménage pas son appui dans les affaires de Cuba ou de Berlin, mais prend ses distances à l'égard de l'O.T.A.N. En janvier 1963, le général de Gaulle met son veto à l'entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun et signe un traité de réconciliation avec le chancelier Konrad Adenauer. Quelques mois plus tard, John Fitzgerald Kennedy se rend en Europe pour rassurer l'Allemagne, l'Italie, la Grande-Bretagne sur les intentions de son pays, qui s'engage une nouvelle fois à protéger l'Europe occidentale contre une éventuelle agression soviétique.
Incontestablement, le plus grand succès de John Fitzgerald Kennedy en politique étrangère a été le règlement de la seconde crise cubaine. Mais, en trois ans, le président n'avait certainement pas eu le temps de donner la pleine mesure de son talent. Il comptait sur sa réélection en 1964 pour l'emporter sur ses ennemis du Congrès et régler le mieux possible les problèmes de politique étrangère en suspens.
Le 22 novembre 1963, dans une rue de Dallas (Texas), John Fitzgerald Kennedy est assassiné par Lee Harvey Oswald, qui, lui-même, est abattu peu de temps après par Jack Ruby. En 1964, la commission Warren conclue, dans son rapport, au geste d'un déséquilibré agissant en son nom personnel.
L'Amérique et le monde ressentent profondément le choc de cette disparition. Entretenue par l'entourage et la presse, la légende prend immédiatement des proportions considérables.