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Horace

en latin Quintus Horatius Flaccus

Horace
Horace

Poète latin (Venusia, Apulie, 65-Rome ? 8 avant J.-C.).

Jeunesse et engagements politiques

Horace est avec Virgile, son contemporain et son ami, un des poètes les plus brillants de l'époque augustéenne. Ses œuvres lyriques (Odes), sa pensée morale (Satires, Épîtres notamment), son Art poétique ont exercé une influence profonde sur le développement des formes littéraires et sur le devenir de la civilisation.

Horace est né le 8 décembre 65 avant J.-C. à Venusia, dans une famille de petites gens ; son père avait été esclave et venait d'être affranchi. À travers les allusions d'Horace, on l'imaginerait volontiers comptable, intendant, voire agent municipal ; homme de devoir en tout cas, connaissant beaucoup de gens et les observant de son coin avec un détachement amusé.

La famille s'était de bonne heure transportée à Rome, où l'ancien esclave fit tout pour assurer à son fils l'éducation la plus soignée. Après avoir achevé ses études libérales, Horace, qui vient de dépasser la vingtaine, part pour Athènes, où il vivra dans la compagnie de jeunes nobles, tel le fils de Cicéron, beaucoup plus riches que lui, mais également passionnés de poésie, de philosophie et de plaisir ; lui-même suit avec prédilection l'enseignement de l'Académie, la moins dogmatique, la plus scientifique des écoles d'alors.

Mais, en ces années cruciales pour l'avenir de Rome, les préoccupations politiques doivent aussi inquiéter beaucoup la jeunesse et, à la suite du meurtre de César (15 mars 44 avant J.-C.), elles vont tout emporter. Sans aucune hésitation, à ce qu'il semble, Horace s'est trouvé du côté des républicains, c'est-à-dire du sénat et des conservateurs. Plusieurs facteurs ont pu alors conjuguer leurs effets : les solidarités du milieu, où l'on n'a sûrement aucune tendresse pour l'idole des populares ; un tempérament positif et le dégoût de l'ambition ; l'amour de la liberté ; peut-être l'emprise personnelle de Brutus, qui passe alors quelques mois à Athènes. Horace s'enrôle ; il part en Asie pour rassembler la grande armée qui doit en finir avec les héritiers du dictateur abattu, Octave, Antoine ; il devient tribun militaire avec le commandement d'une légion ; il accède à la classe des chevaliers.

Brève équipée ; en octobre 42 avant J.-C., l'armée républicaine est battue à Philippes. Dans un poème (Odes, II, 7) taillé sur le patron d'une pièce d'Archiloque (712-vers 664 avant J.-C.) et, de ce fait, passablement obscur pour nous, Horace a évoqué sa participation à la bataille : il fit partie de ceux qui acceptèrent de déposer les armes lorsque tout parut perdu et qui ne refusèrent pas l'amnistie offerte par les vainqueurs.

Les années difficiles : les premières pièces

Cette bataille de Philippes ouvre la période la plus sombre de la vie d'Horace. Pourtant, revenu à Rome, où il commence à écrire, celui-ci doit conserver l'appui de ses anciens amis d'Athènes. Ses premières pièces, les Épodes, se situent à bien des égards dans la tradition aristocratique d'un Catulle (vers 87-vers 54 avant J.-C.), héritée elle-même des cercles ou cénacles de la fin du iie s. avant J.-C. Ce sont des pièces conçues pour l'amusement et la prouesse, mais où la perfection de la forme est comme dérision de l'insignifiance ou de l'irréalité du sujet : invectives contre un mauvais poète ou contre une vieille dame insatiable, épigrammes précieuses, variations fantaisistes sur les scènes de magie noire. D'autres poèmes, dans le même recueil, sont d'une veine toute différente, telle l'épode XVI, qui date peut-être du début de 41 avant J.-C. et où l'on retrouve le combattant de la liberté, déçu et amer : tout est fini, il faut renoncer à tout espoir, partir pour le bout du monde. Ou encore l'épode VII, cri d'horreur devant la montée de nouvelles haines.

L'amitié de Mécène

Les circonstances, la volonté du poète ont juxtaposé à ces poèmes de protestation véhémente des vers où renaît une lumière – badinages d'amitié heureuse, espoir frémissant d'anxiété – à l'approche de la bataille d'Actium. C'est que, dans les dix ans qui ont suivi son retour, Horace a évolué : peu à peu il s'est résigné, puis rallié à Octave, devenu – il ne se trompait pas – le meilleur champion des chances qui restaient aux Romains. Une amitié aussi a contribué à cette renaissance intérieure, qui va rendre à Horace la joie de vivre. Un des fidèles du prince, Mécène, s'est intéressé à lui, et peut-être d'abord à l'homme plus qu'au poète. Grand seigneur sans préjugés, il n'a pas été choqué par la susceptibilité du partisan, naguère un ennemi, aujourd'hui une sorte de déclassé, qui hante des milieux si différents du sien. Horace l'a sans doute amusé et va devenir son ami pour toujours. D'où les premières Satires (vers 35 avant J.-C.), qui valent surtout par la peinture du petit peuple de Rome ou de ses idoles : chanteurs, danseuses, charlatans et philosophes de carrefour. C'est un grouillement d'anecdotes, d'allusions, un papillotement permanent du récit. Horace a mis son œuvre sous le patronage du poète Lucilius (vers 180-vers 102 avant J.-C.), chevalier romain comme lui et inventeur du genre. Lucilius, effectivement, paraît lui avoir ressemblé par son goût de la confidence personnelle et de l'auto-ironie, par la liberté de ses jugements ; il prolongeait une tradition de réalisme, de vérisme populaire qu'il avait reprise dans l'ancienne comédie grecque et qui, après Horace, suscitera Pétrone (?-66 après J.-C.) et Apulée. Les rapprochements qu'on a tenté d'établir entre la satire horatienne et les « diatribes » des prédicateurs stoïciens ou cyniques sont moins convaincants. Chez le poète, c'est le souci du trait authentique et plaisant qui prédomine ; la morale n'est encore que prétexte à faire ressortir la diversité des travers ou des folies des hommes.

Dans ces peintures un peu crispées, sarcastiques, il y a par moments des zones plus claires Satires, paru vers 29 avant J.-C.

Les Odes, poèmes lyriques de la volupté de vivre

Ce dut être une étrange surprise lorsque, six ans plus tard, Horace donna aux Romains son recueil d'Odes (livres I-III). Ceux qui le connaissaient comme un critique très éveillé et fort enclin à s'amuser de lui-même n'ont pas dû lire sans étonnement les pièces d'introduction, de conclusion, où il se promettait l'accès aux plus hauts parvis de la gloire. Pourtant, il avait raison, étant pleinement conscient qu'il venait de recréer le lyrisme. Et en effet, au temps d'Horace, le grand lyrisme méditatif et religieux, celui de Pindare et des chœurs de la tragédie, était mort, avec les solennités quasi liturgiques qui lui servaient de cadres. Sous d'autres cieux, il est vrai, et même plus anciennement, la Grèce avait connu encore un autre lyrisme, bien différent, celui de la chanson éolienne, illustrée des noms d'Alcée et de Sappho. En principe, c'était la chanson à boire avec des strophes courtes, bien dessinées, telle qu'on peut l'improviser dans un banquet d'amitié ; le primat revenait à la vivacité, à la confidence, aux charmes de l'instant. Mais, depuis des siècles, cette tradition, elle aussi, était entrée en léthargie, déshonorée par les productions d'amateurs sans talent ou par les prouesses rébarbatives de techniciens de la métrique. Ces deux lyrismes, Horace les ressuscite l'un et l'autre d'un même coup et comme l'un dans l'autre : il adopte la forme plus incisive de la chanson éolienne, dont il restreint l'exubérante et sans doute inutile polymétrie ; il se donne comme forme maîtresse la strophe ou la stance de quatre vers, unité particulièrement adaptée au déploiement des jeux contrastés du rythme métrique et du rythme syntaxique. Surtout, dans cette forme comme restructurée, mais qui reste à la mesure des inflexions d'une voix personnelle, il a cru que les thèmes les plus graves de la méditation des hommes pouvaient trouver leur expression. La poésie lyrique redevient, mais par la méditation d'un homme qui, à l'occasion, s'affirmera prophète ou chantre inspiré, une des éducatrices possibles de l'humanité.

Voilà qui restreindra singulièrement la part des chansons à boire ou des pièces légères, dont on serait d'abord tenté de croire que, si charmantes soient-elles, elles représentent un peu, dans cette poésie, le passé. Ce ne serait pas tout à fait vrai, car, là aussi, Horace a fait œuvre neuve. Cependant, ce grand lyrisme nouveau, il faut le chercher d'abord dans le cycle des six Odes romaines qui ouvrent le livre III, méditation sur les valeurs qui ont fait la grandeur de Rome. Un peu au hasard de la lecture, on trouvera dans le livre II, où prédomine l'inspiration philosophique, les pièces où le poète aborde ses thèmes de prédilection : l'application à ne pas laisser dissiper le temps, la maîtrise de soi, le souci de l'essentiel.

La qualité dominante de l'ensemble du recueil consiste peut-être en ceci : Horace a trouvé un ton – il s'agit sans doute d'une certaine distance établie entre le poète et l'objet du poème – qui assure grâce, consistance à tout ce qu'il confie à sa strophe. Non pas un monde de marbre : les attitudes sont pleines de souplesse, et les sentiments souvent ondoyants. On dirait plutôt une luminosité amicale, un silence sûr et non intimidant, comme si, de fait, l'éternité, ce paroxysme de présence, était toute proche. C'est cette attitude émerveillée, contemplative en somme, qui a déconcerté les romantiques. Dans cette vision uniformément belle, la réussite du lyrisme horatien est d'avoir rendu la saveur distincte des moments les plus fugitifs, irremplaçables, perdus à jamais si un regard n'a su les recueillir. La vie est brève, le monde est plein de choses précieuses. Cueille ton aujourd'hui ; il est fleur. Carpe diem.

L'art d'Horace n'a-t-il été que de nous faire voir le monde, notre vie à travers une buée lumineuse, analogue à celle qui monte des coupes indulgentes d'une ivresse naissante, sereine, somme toute, même quand s'y mêle un grain d'acceptation désabusée ? Nous fait-il voir la vie plus belle, mais en nous mentant ? N'a-t-il été artiste que pour agencer des mirages ? Ou, au contraire, plutôt qu'il ne fut en deçà de la réalité qui nous obsède, ne serait-il pas au-delà, au seuil d'une plus consistante réalité ? Le même problème se pose, on le sait, à la lecture des Bucoliques de Virgile. Il est important, pour progresser dans l'intelligence de l'œuvre, de laisser ouvertes ces deux possibilités de lecture.

Un traité de la morale et du goût : les Épîtres

Le premier livre des Épîtres, qui se construit parallèlement au recueil lyrique, nous montre en tout cas un homme qui, à sa manière, prend la vie fort au sérieux. Formellement, les Épîtres sont des lettres en vers adressées à des amis ; mais la préoccupation morale y est partout présente, en sorte que le lecteur se demande souvent s'il s'agit de « vraies » lettres ou si le poète n'a pas choisi cette forme, souple et plaisante, afin de mettre au clair et pour lui-même les tâtonnements d'une recherche personnelle qu'il poursuit présentement à longueur d'années ; dans cette perspective, les Épîtres ne nous apporteraient pas grand-chose pour restituer au jour le jour les événements de la vie d'Horace ; chacune des lettres serait moins adressée que dédiée à un apparent destinataire.

Le problème ainsi posé n'est peut-être qu'un faux problème. Pas plus à Rome qu'en Grèce les usages de la vie de société n'excluent les sujets sérieux des libres entretiens où se rejoignent des amis ; le banquet est un des cadres traditionnels de la discussion d'idées : Horace n'apparaît ni comme un importun ni comme un indiscret quand il mêle des considérations morales dans une invitation à dîner. Les Anciens, d'autre part, ont, beaucoup plus que nous, l'habitude de poursuivre en commun des recherches que nous réservons, de coutume, au secret d'une méditation solitaire : n'oublions jamais Socrate. En revanche, s'ils sont plus libres que nous pour des échanges portant sur le fond, ils sont aussi plus attentifs à ce qu'une certaine tenue leur garde une qualité. Ils n'aiment guère l'abandon, souvent si proche du laisser-aller ; ils préfèrent ce qui est fin, aiguisé, exact ; une lettre en vers leur fait plus de plaisir qu'une lettre en prose, et elle n'est pas à leurs yeux, pour autant, un semblant de lettre : l'apprêt ne porte pas atteinte à la sincérité ; il en peut être le truchement le plus sûr. Ni la solidarité, donc, de la pensée morale, ni l'insistance avec laquelle elle s'affirme, ni les finesses de l'expression, ni l'architecture étudiée du plan d'ensemble n'empêchent que les Épîtres soient de vraies lettres.

Horace n'est pas de ceux dont l'effort de réflexion relègue dans l'insignifiance tout le détail de la vie : il écrit rarement sans autre intention que de donner un conseil ou proposer un thème de méditation ; le plus souvent, c'est pour demander ou donner des nouvelles, pour recommander un jeune homme, pour excuser une absence, pour inviter un ami, pour donner ses impressions après une nouvelle lecture d'Homère. L'expérience quotidienne et la pensée morale s'entremêlent étroitement. Nourrie de lectures très diverses, orientée vers l'éclectisme intelligent de l'Académie, la morale d'Horace est essentiellement pratique ; elle prend forme au niveau des événements ; aucun dogmatisme ; aucun souci d'établir des axiomes universels auxquels rattacher une pratique cohérente. C'est ce qui explique que l'homme Horace, avec ses « problèmes », comme nous dirions, mais aussi avec le détail de sa vie, ses souvenirs, ses dons de conteur, intervienne si souvent.

Le lecteur moderne se demande parfois si cette morale ne manque pas un peu d'horizon, d'idéal et, somme toute, d'efficacité. Elle semble un effort sans cesse à reprendre – vrai travail de Pénélope – pour établir la vie dans un état d'équilibre qui ne nous paraît pas, de soi, extrêmement attrayant. Les conseils négatifs, les recettes y tiennent beaucoup de place. Tout serait acquis, semble-t-il, si l'on parvenait à vivre dans l'égalité d'humeur, en se gardant de l'ambition, de l'amour des richesses, de l'envie. Horace nous touche souvent par sa simplicité, son sérieux souriant ; il est resté cependant, lui si vivant, prisonnier des cadres de la morale hellénistique : réaliser des vertus, fuir des vices, mettre à profit les exemples d'autrui. Il manquait à cette sagesse d'avoir compris que, pour s'unifier et se consolider, l'homme avait à viser plus loin que lui-même. Horace aurait pu trouver cela chez Platon : il a été victime de son aversion pour toute forme systématique de la pensée.

Le recueil des Odes, le premier livre des Épîtres représentent ce qu'Horace a réalisé de plus achevé. Poèmes bien différents de ton, mais qui ne sont pas sans rapports ; il se pourrait que la netteté du regard dans les Odes soit, en quelques moments fulgurants, la récompense, la justification de cette ascèse un peu tatillonne qui emplit les Épîtres. Et, de part et d'autre, c'est un même monde de réalités immobiles, ici saisies dans l'intuition esthétique, là précautionneusement dégagées ou préservées.

Le poète du prince

Pourtant, une nouvelle carrière va s'ouvrir encore pour le poète. En quelque sorte, celle de poète national. Depuis des années, son amitié avec Mécène l'avait introduit dans la proximité du prince, mais, en réponse à des sollicitations qui furent nombreuses, il avait toujours préservé jalousement son indépendance : en 17 avant J.-C., on eut l'idée de lui proposer une mission vraiment inédite. Avec le temps, le souvenir et la menace des guerres civiles reculaient dans le passé, il devenait raisonnable de croire que, cette fois, une page pouvait être tournée. Or, il existait à Rome des cérémonies destinées à clore une époque et à en inaugurer une autre qu'on espérait meilleure ; on les appelait séculaires. Auguste s'y décida pour le début de juin 17 avant J.-C. et demanda à Horace l'hymne (Carmen saeculare) dont l'exécution marquerait le sommet de la fête. Ce fut un moment important dans la vie du poète : il est revenu plusieurs fois sur le bonheur qu'il avait éprouvé en mettant sur les lèvres innocentes de ses choristes (vingt-sept jeunes gens et vingt-sept jeunes filles) les paroles que Rome elle-même adresserait aux dieux. Il a découvert alors, semble-t-il, l'importance possible de sa poésie et que la cité pouvait se reconnaître en elle. Il a compris, surtout, que le projet fondamental d'Auguste, la paix à rétablir dans l'univers, la prospérité à ramener, cet idéal d'un bonheur un peu terre à terre, mais apporté à tous et embelli par la proximité des dieux, c'était, en somme, son projet à lui. Porte ouverte sur de nouveaux horizons ? Ces thèmes font, en tout cas, la nouveauté d'un quatrième livre d'Odes, paru vers 13 avant J.-C.

Il faut sans doute rattacher à ces échanges plus intimes qui s'établissent entre Horace et le prince la composition de deux très longues Épîtres sur le théâtre. L'une est adressée à Auguste lui-même ; c'est un véritable rapport sur la possibilité de restaurer à Rome un théâtre de qualité qui puisse, en même temps, avoir un sens pour tous ; l'autre, dédiée à Lucius Calpurnius Pison et à ses fils, s'applique surtout à définir, dans le cadre d'une esthétique générale (d'où le nom usuel d'Art poétique), les exigences de l'œuvre dramatique. Horace est plus affirmatif, plus enthousiaste quand il écrit à ses amis et plus réservé sur les chances d'un succès quand il s'adresse à Auguste. S'agit-il de deux moments différents de sa pensée ou ces différences dépendent-elles surtout de la qualité de ses correspondants ? Les problèmes du théâtre ont dans les sociétés antiques une importance qui outrepasse la littérature ; c'est là que s'affine, s'exalte, comme dans un creuset, l'âme commune de la cité. On comprend qu'Auguste ait pris la question à cœur. Dans le détail, l'Art poétique est un véritable feu d'artifice, crépitant de toutes les discussions poursuivies depuis la Poétique d'Aristote jusqu'aux traités les plus récents des théoriciens. Horace a le don de les styliser en formules frappantes ; il y mêle sa gaieté, son entrain. On sait l'immense retentissement de l'œuvre, à la Renaissance, dans la formation du classicisme ; aujourd'hui même, on ne s'y reportera jamais sans fruit.

Quand Mécène mourut en septembre 8 avant J.-C., ses derniers mots à l'empereur furent pour Horace : Horati Flacci ut mei esto memor. Mais, le 27 novembre, un malaise soudain emporta le poète. Accomplissement mystérieux d'un vœu exprimé quinze ans plus tôt (Odes, II, 17) ? On déposa ses restes au mont Esquilin, près du tombeau de Mécène.