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hymne

(bas latin ecclésiastique hymnus, du grec humnos)

LITTÉRATURE

L'hymne est une des plus anciennes formes de poésie, attestée par les textes des pyramides, la Bible, les Veda.

En Égypte ancienne, les hymnes étaient adressés aux dieux, aux rois, aux couronnes royales, aux villes. Les hymnes cultuels présentaient souvent un schéma type : définition de l'acte d'hommage au dieu, récitation des épithètes de la divinité, description louangeuse de son activité, rappel de ses lieux de culte, ferveur personnelle de l'orant ; parfois, l'hymne se terminait par quelque requête de celui-ci. Les hymnes royaux étaient soit des textes de propagande, soit de véritables péans vantant les gloires militaires du souverain (Hymne à Sésostris III, première moitié du xixe s. avant J.-C. ; hymnes à Ramsès V, Ramsès VI et Ramsès VII, composés, semble-t-il, à l'occasion du couronnement de ces rois).

En Grèce, la poésie chorale a gardé longtemps un caractère sacré : péans à Apollon, hymnes orphiques. Les Hymnes homériques sont des préludes épiques destinés à des fêtes religieuses : l'Hymne à Apollon célèbre la naissance du dieu à Délos ; l'Hymne à Hermès la naissance d'Hermès dans l'antre du Cyllène, dans l'alliance de religiosité et de grandeur, d'humour et de notations bucoliques. L'hymne reste musical avec Terpandre Thalétas, Alcman et jusqu'à Pindare. À l'époque alexandrine, il devient purement littéraire avec Callimaque et Cléanthe.

Rome, en dehors des chants rituels primitifs, a donné le seul hymne d'Horace, Carmen saeculare. Le christianisme crée, en même temps qu'un grand lyrisme religieux, une hymnologie latine (Veni Creator Spiritus; Stabat Mater; Dies irae) qui est à l'origine de notre versification syllabique et rimée.

La Réforme, qui introduit dans le culte le chant des psaumes en français, provoque leurs premières traductions en vers de Marot, de Bèze. Ronsard renoue avec la tradition de Callimaque et, sous l'influence du poète byzantin Michel Marulle qui, dans ses Hymni Naturales, décrit en termes sublimes l'action des divinités providentielles, donne ses Hymnes (1555) où les figures archétypales dessinent un cosmos, marqué par l'éternité et labouré par la mort. Le genre est repris par Desporte, Corneille, Racine, Lamartine. La Révolution lui donne une actualité dans ses chants. L'inspiration mystique et religieuse a suscité des essais hymniques chez Milton et Blake. Hugo, avec son hymne des Chants du crépuscule, retrouve la célébration funèbre pour évoquer les morts de 1830.

MUSIQUE

Dans l'Église latine, l'hymne appartient à la liturgie et fait partie de l'office divin. Elle célèbre le Christ ou la Vierge. La plus ancienne est le Te Deum. Mais le véritable point de départ est marqué par saint Ambroise de Milan (?- 397), qui composa des hymnes pour le cycle annuel des fêtes religieuses. Cependant l'Église romaine ne les admit définitivement dans son cursus qu'au xiie s. L'hymne est une composition personnelle qui, jusqu'à la fin du Moyen Âge, attira beaucoup de poètes chrétiens, mais dont on ignore le plus souvent l'origine de la mélodie. Jusqu'à la Révolution certains ordres religieux, certains papes, dont Urbain VIII, ont remanié le fonds ancien conservé à la basilique vaticane.

Les hymnes ont suggéré des commentaires polyphoniques à Dufay, Palestrina, Victoria, etc., et ont été l'objet de nombreuses paraphrases en vers français. La réforme de l'office (1969) a rétabli un grand nombre d'hymnes anciennes ou plus récentes, restauré le texte primitif et accueilli de nouvelles créations. La réalisation d'un office en français a provoqué la composition d'un hymnaire français.

La riche hymnologie des Églises issues de la Réforme (chorale de Luther, version métrique du psautier huguenot de Marot) a été d'une importance exceptionnelle pour le culte réformé.

Quelques grands hymnes nationaux

France : la Marseillaise, paroles et musique de Rouget de Lisle (1792), adopté en 1795, puis, définitivement, en 1879.
Belgique : la Brabançonne, paroles de H. L. A. Dechet, musique de F. Van Campenhout (1830).
Grande-Bretagne : God save the King ou the Queen, dont la mélodie remonte au xviiie s. ; cet hymne a servi, au xixe s., à d'autres pays (Danemark, Suède, Suisse, Russie, plusieurs pays germaniques, États-Unis).
U.R.S.S. : l'Internationale (1917-1944), hymne sur des paroles de S. Mikhalkov, musique de A. V. Aleksandrov (de 1944 à 1991).
Allemagne : Deutschland über alles, paroles de Hoffmann von Fallersleben, musique de Haydn (1841), devenu hymne national (1922), puis, sous le titre de Deutschlandlied, hymne de la République fédérale d'Allemagne (1952).
États-Unis : Star-Spangled Banner, paroles de F. Scott Key, musique de John Stafford Smith (1814), devenu hymne national en 1931.