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art alexandrin

Relatif à l'art et à la littérature de l'Égypte ptolémaïque, dont le centre fut Alexandrie.

L'art alexandrin

On appelle « art alexandrin » l'art qui s'est développé durant la période hellénistique autour d'Alexandrie, qui fut à partir de sa fondation un foyer d'intense activité intellectuelle et artistique, et devait le demeurer pendant tout le haut Moyen Âge. L'importance et la durée de son influence culturelle en Égypte font aujourd'hui l'objet de controverses : a-t-elle été le foyer d'un rayonnement permanent de l'influence grecque ? L'hellénisme a-t-il perdu toute prépondérance en Égypte dès la conquête romaine ? Quoi qu'il en soit, Alexandrie restera dépositaire de la tradition grecque après la chute de Rome et ce sera dans son sein que le messianisme chrétien prendra contact avec la culture classique.

Le syncrétisme artistique

Il ne reste aucun monument permettant de juger de l'architecture de la ville antique décrite par Strabon, mais les fouilles ont fourni d'abondants vestiges dans le domaine des arts décoratifs, de la sculpture et de la peinture. Comme toujours, ce sont les sépultures et l'architecture funéraire les mieux connues. Le syncrétisme d'un art amalgamant les traditions locales de l'Égypte vaincue, comme le voulut Alexandre, et le classicisme grec décadent se traduit dans la sculpture par un réalisme imité de Lysippe et de Scopas, mais tempéré de douceur, par l'élégance subtile d'une idéalisation parfois excessive, par le raffinement et la surabondance des détails. Le Groupe du Nil, dont on connaît bien la réplique romaine (au musée du Vatican), est très représentatif du style alexandrin, qui se différencie par son calme un peu maniériste, et s'éloigne notamment de l'agitation tragique propre à l'art hellénistique. Le style des portraits, en filiation directe sur l'art de Lysippe, est modifié par la douceur empreinte de dignité qui caractérisait la statuaire égyptienne : le Gaulois de Gizeh, les bustes des Ptolémées en sont les célèbres exemples.

L'essor des arts mineurs

La vigueur de la tradition hellénique est attestée dans le développement des arts mineurs : vaisselle d'argent ornée, figurines de terre cuite imitées de celles de Tanagra, camées délicatement ciselés, tapis et tissus abondent dans les sépultures jusqu'au ier s. Alexandrie a fabriqué les derniers types de céramique hellénistique : coupes mégariques à figures rouges, urnes cinéraires noires, vases émaillés décorés en relief. Les progrès de la verrerie sont particulièrement redevables aux ateliers alexandrins très actifs qui recueillirent et perfectionnèrent la tradition égyptienne déjà millénaire, en y ajoutant des techniques nouvelles probablement inventées au Proche-Orient, dont celle du soufflage, qu'ils transmettront à Rome.

La littérature alexandrine

La littérature alexandrine est celle qui fleurit à la cour des Ptolémées à Alexandrie, mais aussi à Antioche, à Pergame et en Sicile (iiie-ier s. avant J.-C.). Elle peut se définir par le goût de la perfection formelle, la recherche de petits genres propres à mettre en valeur une facture souvent précieuse, les allusions savantes, auxquels s'ajoute une nouveauté : la peinture de l'amour humain traduite par une analyse aiguë des sentiments. Parmi ses principaux représentants, on peut citer les poètes Apollonios de Rhodes, Lycophron de Chalcis, Callimaque, Aratos, Hérondas, Philétas de Cos, Théocrite et les prosateurs Aristarque, Zénodote d'Éphèse, Cratès de Mallos, Denys de Thrace, Hégésias de Magnésie, Molon de Rhodes, Mégasthène, Pythéas, Ératosthène, Posidonios ainsi que Chariton de Lampsaque, Héliodore, Longus, Hécatée d'Abdère, Théophraste et Ménippe.