Friedrich August von Hayek

Économiste britannique d'origine autrichienne (Vienne 1899-Fribourg-en-Brisgau 1992).

Ultralibéral, von Hayek est considéré comme l'un des principaux défenseurs du monétarisme du xxe s. Après un recueil de conférences intitulé Prix et production (1931), il publia notamment la Route de la servitude (1944), The Constitution of Liberty (1960), Droit, législation et liberté (1971), les Erreurs du socialisme (1988).

L'analyste des cycles

Von Hayek montre que la croissance de la masse monétaire, décidée par les pouvoirs publics, est génératrice de chômage et d'inflation. Lorsque l'État injecte artificiellement de la monnaie, on assiste à une baisse des taux d'intérêt (coût de l'argent emprunté). L'argent étant moins cher, les entreprises sont incitées à investir. En revanche, la hausse de la demande en biens d'équipement renchérit le prix du capital technique et suscite un transfert de main-d'œuvre du secteur des biens de consommation vers le secteur des biens de production.

Comme la demande en biens de consommation n'a pas baissé, les prix de ces derniers augmentent : c'est l'inflation. L'augmentation des prix des produits destinés aux consommateurs entraîne, à son tour, un transfert de ressources en main-d'œuvre vers le secteur des biens de consommation. Les projets d'investissement sont arrêtés et le chômage fait son apparition.

L'antikeynésien

La pensée de von Hayek dépasse la simple remise en cause de celle de John Maynard Keynes, dans la mesure où il dénonce le « constructivisme » inhérent au socialisme et à la social-démocratie. Pour lui, il existe des « ordres spontanés » qui se sont mis en place sans véritables desseins collectifs, comme le marché, le langage ou la morale. L'erreur des constructivistes consiste à croire qu'ils peuvent modifier les ordres spontanés. Les penseurs socialistes sont ceux qui vont le plus loin dans la remise en cause de l'ordre existant et qui, par le « scientisme » hérité du xixe s., souhaitent infléchir les structures économiques, sociales et politiques.

Pour von Hayek, les sociétés sont fondées sur la « division de la connaissance », qui repose sur la répartition des savoirs, des capacités et des initiatives entre des millions d'individus. C'est au marché d'assurer la confrontation de toutes ces initiatives et non à une autorité administrative, qui ne peut techniquement opérer la synthèse de toutes les informations disponibles. Vouloir planifier l'économie, construire ou reconstruire les structures économiques ne peut aboutir qu'au totalitarisme et à la servitude du plus grand nombre. (Prix Nobel de sciences économiques 1974, avec K.G. Myrdal.)