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Robert Zimmerman, dit Bob Dylan

Graffiti représentant Bob Dylan
Graffiti représentant Bob Dylan

Compositeur et chanteur américain de folk et de rock (Duluth, Minnesota, 1941).

Influencé tant par les pionniers du blues que par les poètes de la Beat generation, le chanteur Bob Dylan est devenu une icône de l'histoire du folk et du rock. En 1990, il a même été considéré comme l'un des cent Américains les plus influents du xxe s.

Le folk contestataire

Robert Zimmerman passe son enfance à Hibbing (Minnesota), où ses parents, qui appartiennent à la petite bourgeoisie juive, se sont installés en 1947. À 10 ans, il découvre la musique folk ; il s'initie alors à la guitare, à l'harmonica et au piano. Dès 1961, il chante à New York, où il se lie avec le « père » du protest-song, le guitariste Woody Guthrie. Après avoir adopté le nom de Bob Dylan, il sort, sous ce titre, son premier album (1962), qui contient notamment House of the Rising Sun. Seul, il s'accompagne à la guitare. Ce premier essai ne suffit pas à le lancer.

Tout change en 1963, lorsque sa chanson Blowin' in the Wind est érigée en hymne du mouvement pour les droits civiques. On la retrouve sur son deuxième album : The Freewheelin' Bob Dylan (1963). Cet engagement de nature politique – prolongé par des titres tels que Masters of War et Oxford Town – trouve un écho dans la jeunesse américaine, qui reconnaît là sa propre révolte. Lors du Festival de Newport (26 juillet 1963), Dylan obtient une véritable consécration. Il y chante les titres de son album culte, The Times They Are a-Changin' (1964).

Les changements de cap

Dans Another Side of Bob Dylan, le chanteur privilégie l'introspection mystique et sentimentale (My Back Pages). Les premiers accents rock and roll émergent. L'ascendant d'Arthur Rimbaud se fait sentir dans une écriture qui se veut de plus en plus poétique et imagée. Cette évolution se poursuit avec Bringing It All Back Home (1965). Elle est cependant loin de faire l'unanimité de son public. Highway 61 Revisited (1965) confirme la scission : cet album rock aux premières réminiscences bibliques, et aux textes plus hermétiques, contient le mythique Like a Rolling Stone.

Blonde on Blonde (1966) marque un nouveau tournant dans la carrière du chanteur : c'est le premier double album de l'histoire du rock. Les thèmes amoureux (I Want You, Visions of Johanna) s'y affirment. Victime d'un accident, le 25 juin 1966, Dylan se retire pendant près de deux ans. Il en profite pour expérimenter différents styles, du blues à la country, et écrit des chansons à l'inspiration surréaliste (Please Mrs Henry, Quinn the Eskimo), traitant de ses propres angoisses (Tears of Rage, Too Much of Nothing). Il revient sur le devant de la scène, en participant au Woody Guthrie Memorial Concert, alors que l'album John Wesley Harding, sorti lui aussi en 1968, marque un retour à la critique sociale, à la religion et à l'enfance.

Jusqu'en 1974, les albums que Dylan enregistre (Self Portrait, 1970 ; New Morning, id. ; Pat Garrett and Billy the Kid, 1973 ; Planet Waves, 1974 ; Before the Flood, id.) ne supportent pas la comparaison avec les opus précédents – exception faite de Nashville Skyline (1969) et de la chanson Knockin' on Heaven's Door.

L'hommage mondial

La géniale inspiration revient avec les albums Blood on the Tracks (1975) puis Desire (1976). Contre toute attente, Dylan se convertit au christianisme en 1979. Cette année-là, Slow Train Coming confirme ses nouvelles dispositions à travers un répertoire gospel. Dans Infidels (1983), il semble pourtant en finir avec sa ferveur de catéchumène. En 1985, il entame sa collaboration avec le rocker Tom Petty à l'occasion d'Empire Burlesque.

Accompagné par Tom Petty & the Heartbreakers, Dylan se lance en 1989 dans une tournée qui durera sept ans (The Never-Ending Tour, « la tournée sans fin »). Il trouve tout de même le temps d'enregistrer : Oh Mercy (1989), The Bootleg Series Volumes, coffret de 58 inédits depuis 1961 (1991). Honoré de multiples distinctions (dont la médaille de commandeur des Arts et des Lettres, en France [1990], et le Lifetime Achievement, saluant trente ans de carrière [1991]), il plonge encore au cœur de la tradition musicale américaine avec des albums comme Good As I Been to You (1992) et World Gone Wrong (1993). Time out of Mind (1997) et Modern Times (2006), qui appartiennent au meilleur de son œuvre. En 2007, le film I'm Not There de Todd Haynes s'inspire des multiples visages de Dylan. Il reçoit en 2008 le prix Pulitzer de musique et est décoré de la plus haute récompense civile des États-Unis par Barack Obama en 2012. Son trente-sixième album Shadows in the Night sorti en 2015 est une fois de plus salué par la critique. Ainsi, malgré les honneurs, Dylan échappera toujours à ceux qui croient l'arrêter. Blowin' in the Wind, il est lui aussi l'« homme aux semelles de vent ».

En 2016, le prix Nobel de littérature lui est décerné « pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique ». Il est le premier musicien a être récompensé par cette prestigieuse académie.

Le choix d'un nom

La plupart des exégètes de Bob Dylan s'accordent à dire que son nom d'artiste lui a été inspiré par le poète gallois Dylan Marlais Thomas. C'est l'hypothèse la plus vraisemblable, en effet. Néanmoins, on a avancé l'idée que Dylan aurait pu être le prénom de son oncle (le frère de sa mère), un joueur professionnel de Las Vegas. Selon d'autres témoignages, le chanteur aurait avoué que, dans la seconde moitié des années 1950, il n'avait jamais entendu parler de Dylan Marlais Thomas et que le nom de Dylan lui était venu spontanément. Une illustration de plus du flou artistique qu'il a cultivé à dessein sur les débuts de sa carrière – comme sur d'autres aspects de sa vie.