fausse-route alimentaire

Pharynx
Pharynx

Cet article est extrait de l'ouvrage « Larousse Médical ».

Accident dû à l'inhalation dans les voies respiratoires de liquide ou de particules alimentaires normalement destinés à l'œsophage.

1. Causes de la fausse-route alimentaire

Cet accident se produit le plus souvent au cours de l'alimentation. Les fausses-routes sont plus fréquentes chez le nouveau-né et le nourrisson : nourrisson glouton ou vomisseur, dysfonctionnement du pharynx par immaturité des cartilages, malformations œsophagiennes, laryngées ou cardiovasculaires, prématurité. La fausse-route peut être favorisée par des erreurs de technique alimentaire (tétine trop percée, tétée en position inclinée).

Chez l'adulte, elle peut être consécutive à un mouvement inspiratoire intempestif ou témoigner d'une paralysie des nerfs commandant le pharynx et le larynx. Une fausse-route peut également survenir en cas d'ingestion de nourriture peu de temps avant une anesthésie, après une anesthésie générale (inhalation de vomissements) ou une anesthésie locale, réalisée pour une endoscopie par exemple. Après l'anesthésie, un délai minimal de 2 heures doit être observé avant toute ingestion.

2. Symptômes et signes de la fausse-route alimentaire

La fausse-route se manifeste par une gêne respiratoire et des accès de toux, voire par une syncope (→ respiration). L'évolution est en général bénigne, mais peut se compliquer de pneumopathie ou d'un abcès du poumon. Exceptionnellement, elle se complique de mort subite par syncope réflexe.

3. Traitement de la fausse-route alimentaire

Il faut arrêter immédiatement l'alimentation et, s'il s'agit d'un nourrisson, favoriser la toux en lui tapotant le thorax, le mettre en position déclive (tête plus basse que les pieds) et, si besoin, lui faire reprendre la respiration par le bouche-à-bouche.

Chez l'adulte, si le malade peut respirer et parler, il ne faut pas contrarier ses tentatives d'expulsion du corps étranger par la toux. Si l'obstruction des voies aériennes est complète (impossibilité de parler, de tousser ou de respirer) et que le malade est conscient, il faut lui appliquer la manœuvre de Heimlich, c'est-à-dire se placer derrière lui, passer les bras autour de sa taille, fermer un poing que l'on couvre de l'autre main et que l'on pose sur l'ombilic sous le rebord costal, avant de l'enfoncer rapidement dans l'abdomen par traction ferme vers le haut ; cette manœuvre peut être répétée plusieurs fois. Si l'asphyxie est totale, le malade étant inconscient, il faut pratiquer en urgence les manœuvres de réanimation cardiorespiratoire ; l'obstruction des voies aériennes supérieures peut nécessiter une trachéotomie en urgence. Une endoscopie bronchique permet d'extraire le corps étranger. L'inhalation de vomissements accroît le risque de pneumopathie et impose un traitement antibiotique.

4. Prévention de la fausse-route alimentaire

Elle consiste :

– chez les prématurés, à remplacer la succion buccale par le gavage par sonde gastrique ;

– chez tous les nourrissons, à donner le sein ou le biberon en position assise ou verticale, en veillant à ce que l'enfant ne boive pas trop rapidement et en attendant, pour le recoucher, qu'il ait effectué son rot (→ alimentation du nourrisson) ;

– chez les nourrissons habituellement vomisseurs, à faire vomir le nourrisson en position oblique, couché sur le côté et non sur le dos (→ vomissement du nourrisson) ;

– chez les opérés, à astreindre le patient à la diète plusieurs heures avant l'anesthésie et l'intervention.