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église

Poitiers, l'église Notre-Dame-la-Grande
Poitiers, l'église Notre-Dame-la-Grande

Édifice cultuel des diverses confessions chrétiennes. (En France, les Réformés d'obédience calviniste emploient de préférence le mot temple.)

ARCHITECTURE

L'édifice du culte catholique est un lieu sacré, autel entouré d'un espace assez vaste pour accueillir les fidèles lors de la célébration du sacrifice. Destination et parti architectural de la synagogue annoncent largement ceux de l'église, notamment lorsque cette dernière adopte un plan de basilique. Mais une fonction particulière apparaît dans la chrétienté primitive : triomphant de la persécution, celle-ci va honorer ses martyrs en plaçant leurs reliques à l'intérieur des autels. Cette fonction de martyrium invite à adopter le plan centré des mausolées païens : les édifices voûtés circulaires, carrés ou en croix grecque connaissent ainsi une grande faveur dans les pays byzantins. Toutefois, l'église basilicale, en longueur et longtemps charpentée, de construction plus facile, finira par l'emporter, quitte à ce que la création du transept introduise une combinaison des deux types.

Le sol du sanctuaire est surélevé et entouré d'un chancel (clôture dont la façade tendra à l'iconostase orientale et au jubé), pour affirmer la prééminence de l'autel. Les prêtres prennent place dans l'abside, les notables latéralement et les fidèles dans la nef (certains peuvent être tenus à l'écart dans un narthex, lieu de préparation en avant de la nef). Au haut Moyen Âge, dans quelques grands monastères, l'extension du culte des reliques conduit à superposer l'autel à une crypte qui abrite celles-ci ; des déambulatoires, que parcourront les pèlerins, entourent abside et crypte.

Même si l'église médiévale, édifice public majeur, a des fonctions multiples, y compris civiles, la sacralisation des autels tend à s'étendre à l'édifice entier, en ce sens maison de Dieu comme le temple antique : tradition vivifiée par la vision apocalyptique de la Jérusalem céleste, qui se concrétisera lorsque le progrès technique permettra de faire passer les représentations figurées de l'opacité d'un mur peint roman à la lumineuse vitrerie gothique.

Par la suite, l'église catholique se résigne peu à peu à ses seules fonctions cultuelles. Au symbolisme imagé du Moyen Âge, l'époque baroque substitue des modes de persuasion plus subtils, notamment une scénographique empruntée à l'architecture laïque.

Toutefois, il faut attendre le xixe s. pour voir la liturgie remise en cause, et ce n'est que de nos jours, depuis le concile de Vatican II, qu'une réponse satisfaisante commence à être donnée à ce besoin de renouveau du culte, que l'insolite du cadre (qu'il soit passéiste ou d'avant-garde) ne saurait satisfaire.