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égalité

(latin aequalitas, -atis)

Absence de toute discrimination entre les êtres humains, sur le plan de leurs droits.

PHILOSOPHIE

L’égalité est le caractère d’un rapport : relation d’identité entre deux termes référés à une norme. L’égalité est donc doublement relative : elle suppose, d’une part, la relation entre les termes que l’on compare et, d’autre part, la relation entre ces termes et l’unité de référence. Ainsi, deux corps peuvent être égaux en poids sans être égaux en taille.

Appliquée à la communauté humaine, la question de l’égalité varie donc selon les références que l’on retient. Trois grands types d’égalité peuvent être retenus : l’égalité de nature, l’égalité de droit, l’égalité économique.

L’égalité de nature

Le stoïcisme a été le premier courant de pensée à concevoir une égalité entre les hommes. La physique stoïcienne, en effet, pense le monde comme un seul être vivant animé par une raison suprême (le logos). Les hommes ont en commun de participer de cette raison immanente au monde : quels qu’ils soient, hommes libres ou esclaves, Grecs ou Barbares, ils sont tous également citoyens du monde. Le cosmopolitisme trouve là son acte de naissance.

Le christianisme radicalise l’idée d’égalité de nature entre les hommes par l’introduction de la notion de création et de salut. Tous les hommes sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Tous ont péché en Adam, tous sont rachetés par le Christ, tous sont appelés à être sauvés. Cette logique surnaturelle a eu des incidences sociales : l’abolition des discriminations, l’abolition de l’esclavage. Elle a toutefois coexisté pendant dix-huit siècles avec une importante inégalité de droit.

L’égalité de droit

La pensée des Lumières, en partie influencée par le christianisme, s’oriente vers une revendication de l’égalité devant la loi : quelles que soient les circonstances sociales, familiales, etc., tous les citoyens ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. « Nul n’est au-dessus de la loi » : à cette condition, la loi vaut pour tous sans exception. Rousseau, dans le Contrat social, théorise de façon systématique l’articulation entre liberté et égalité : chacun n’obéit qu’à soi-même tout en obéissant aux autres à la condition que tous veulent la même chose. Cette logique préside au système républicain : l’association entre la liberté et l’égalité dans la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » n’est pas une simple juxtaposition d’idéaux ; elle répond à une logique rigoureuse : l’égalité est la condition de la liberté.

L’égalité de droit a toutefois été contestée comme étant abstraite et purement formelle.

L’égalité économique

Marx oppose la liberté et l’égalité formelles à la liberté et l’égalité matérielles : les premières sont abstraites et ont une fonction idéologique d’illusion ; les secondes, en revanche, sont effectives. Il faut passer des premières aux secondes : l’égalité va être référée non aux droits formels (circulation, réunion, participation à la vie politique) mais à la réalité économique de fait. Cette égalité suppose le collectivisme et la planification.

Cette conception de l’égalité marque la pensée et la vie politique au-delà de son contexte strictement collectiviste. La notion de « droit à », distincte du « droit de », en est largement tributaire. Le « droit de » exige la garantie formelle d’une possibilité ; « le droit à » exige la prestation de la réalité même. La première logique tient l’État pour garant des conditions de l’agir possible, la seconde tient l’État pour prestataire des moyens d’agir. Ces deux logiques relèvent toutefois également du souci de faire exister l’égalité. La loi sur la parité vise à « favoriser l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ». Elle ne donne pas aux femmes le droit d’accéder aux mandats électoraux puisqu’elles l’ont déjà ; elle prend des mesures incitatives pour que l’égalité ne soit pas seulement possible mais devienne réelle.