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devoir

Obligation particulière imposée par la morale, la loi, un règlement, les conventions sociales, etc. ; tâche à accomplir ; responsabilité, charge.

PHILOSOPHIE

Le mot devoir est d’abord un verbe relatif à un rapport objectif de dette. Le débiteur doit au créditeur. Avant de signifier l’obligation de rendre, le verbe devoir signifie l’origine de ce qui est possédé : « je te dois la vie » ne signifie pas une exigence de restitution mais une reconnaissance du don. La notion de reconnaissance est donc centrale ici : reconnaître, c’est d’abord avouer, expliciter ce qui existe ; de là peut s’ensuivre la gratitude. Le devoir est un lien : le sujet qui bénéficie du don, le donataire, est l’obligé du donateur. Le latin obligare, d’où vient obligation, indique ce lien découlant du don.

Devoir est donc reconnaître un lien de dépendance et agir en cohérence avec ce lien. Cette cohérence se réalise selon différentes modalités : dans tous les cas, il s’agit de rendre, mais ce « rendre » varie en fonction de ce qui a été reçu et des conditions dans lesquelles cela a été donné. Si une somme d’argent a été donnée sous la condition de la restitution, il va de soi que le devoir consiste en cette restitution. Si, en revanche, il y a eu don sans condition, le devoir est l’exigence de la gratitude : le donataire ne doit pas se considérer comme la source de ce qu’il a. Ici, rendre n’est pas restituer le don, mais rendre grâce, signifier la source du don.

Cette logique a des conséquences sociales et politiques considérables. L’existence en société est fondée sur l’interdépendance : personne ne se donne à soi-même la vie, la langue, l’instruction, les institutions, le passé. Il y a donc lieu de reconnaître ces multiples liens : le respect de la société est un devoir d’honnêteté. De plus, les droits de chacun exigent les devoirs de chacun : le droit est un dû que l’on peut légitimement réclamer ; il suppose le devoir corrélatif de celui à qui on peut réclamer ce droit. En un sens, l’État est cette instance à qui l’on peut réclamer le respect des droits : l’État a des devoirs envers les citoyens. Mais cela n’exclut pas que le citoyen ait des devoirs envers l’État : il lui doit la paix civile, les garanties élémentaires, les politiques sociales, etc. ; il lui doit donc le respect de son fonctionnement. Il doit agir en tant que partie prenante de la communauté politique. Ainsi, on peut lire sur les cartes d’électeur la mention : « Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique. »

Le citoyen a également des devoirs envers les autres citoyens : le droit à la sécurité, à la liberté de circulation, par exemple, s’accompagnent du devoir de ne pas entraver celle des autres. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 établit que « l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits ». Le régime de l’an III (1795) avait placé, pour la première fois dans l’histoire institutionnelle française, en préambule à sa Constitution, une « Déclaration des droits et des devoirs de l’homme et du citoyen ».

Même si les devoirs ne sont pas explicitement associés aux droits dans la Constitution de la Ve République, ils apparaissent dans des textes de loi. La loi pour la sécurité intérieure du 18 mars 2003 (dite « loi Sarkozy ») a créé de nouveaux délits et de nouvelles sanctions, qui concernent notamment les menaces, le hooliganisme et l’homophobie. La loi du 26 novembre 2003, sur la maîtrise de l’immigration, le séjour des étrangers en France et la nationalité, introduit un entretien individuel dans la procédure de naturalisation. Le candidat doit montrer sa connaissance des droits et des devoirs conférés par la nationalité française.