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taïga

(mot russe)

Formation végétale constituée de conifères, qui longe, en une ceinture forestière presque ininterrompue, le nord de l'Eurasie et du Nouveau Monde, au S. de la toundra. (Vers le S., la taïga s'efface devant la forêt tempérée à larges feuilles caduques.)

Certains caractères individualisent fortement la taïga par rapport aux autres types de forêts du globe. En Amérique du Nord comme en Eurasie, elle s'étend d'un seul tenant sur une bande de 1 000 km de large, de l'Atlantique au Pacifique en Amérique, de la Norvège aux monts de Verkhoïansk en Russie. Sa superficie représente presque le tiers de celle des forêts du monde.

La taïga cède la place, vers le N., à la toundra : la limite entre les deux formations correspond à la zone où l'été est assez marqué pour permettre un dégel du sol suffisant, condition même du ravitaillement en eau de la végétation.

Le domaine des conifères

La taïga est presque uniquement composée de conifères, parmi lesquels les espèces les plus répandues sont le pin, le sapin de Sibérie, l'épicéa et le mélèze de Sibérie. Au nord, à la limite de la toundra, s'y mêlent le bouleau et le saule nains. Souvent, les peuplements forestiers sont monospécifiques, c'est-à-dire composés par une seule de ces espèces sur plusieurs milliers d'hectares. Ainsi, en Asie, le faciès de la taïga à mélèzes s'étend uniformément de l'lenisseï aux monts de Verkhoïansk, couvrant le plateau de Sibérie centrale.

Les arbres sont chétifs. Des clairières interrompent la continuité de l'association forestière lorsque se développent des lithosols ou des tourbières, en liaison avec des nappes d'eau superficielles conservées au-dessus d'un humus très imperméable.

Sous la strate arborescente, haute de 35 m à 40 m, aux fûts serrés, la strate arbustive est très clairsemée (sorbier, aulne, jeunes pousses de conifères). Le sous-bois de la taïga est moins riche que celui de la forêt tempérée : les horizons superficiels des sols podzolisés sont pauvres en éléments nutritifs. Au niveau du sol, où la lumière solaire pénètre peu, s'étend un tapis humide de mousses, sans racines, de buissons à racines profondes (myrtilles et airelles) et de lichens, qui se transforme en tourbière dans les dépressions mal drainées : plusieurs « ceintures » de plantes des lieux humides se succèdent vers le centre de la dépression, occupé par un lac. L'arbre ne parvient à pousser que sur les bordures, relayé par le tapis des mousses (sphaignes) et des plantes aquatiques qui s'avancent sur l'eau. Lorsque la couche de matière organique provenant de la décomposition des sphaignes mortes (tourbe) est suffisamment épaisse, les arbres, et en particulier les bouleaux et les mélèzes, se rapprochent de la dépression et contribuent à son comblement.

L'acidité des litières des conifères, la faiblesse de l'évaporation liée aux basses températures et le sous-sol gelé en permanence expliquent la stagnation des eaux et la prolifération, sur les sols, des mousses qui recherchent les milieux acides. En raison de la percolation de l'eau pendant la période de dégel et de la migration des éléments minéraux, entraînés en profondeur par l'eau, le sol, de type podzol, est appauvri en surface ; seuls les conifères peuvent s'y alimenter.

Les conditions climatiques sont rudes pour l'établissement d'une végétation forestière : des précipitations (neige) généralement inférieures à 700 mm par an (maximum d'été), des températures moyennes annuelles proches de 0 °C, des hivers longs (6 à 8 mois) et rigoureux (les températures moyennes peuvent descendre en hiver jusqu'à – 20 °C), des étés très courts (un mois au moins et quatre au plus ont une moyenne de température supérieure à 10 °C et le nombre de jours où la température moyenne atteint 10 °C est rarement supérieur à 100). Pourtant, l'existence d'un court été autorise la croissance de l'arbre.

Dans certains cas, il n'y a pas de mois sans jour de gel. Le cycle végétatif des plantes est donc très court. De plus, pour résister aux basses températures d'hiver et aux gels qui peuvent survenir durant la période d'activité, les végétaux présentent une série d'adaptations physiologiques (arbres nains, sempervirents, endurcissement des tissus et forte déshydratation pour empêcher le gel de l'eau des cellules). Ainsi, le mélèze de Dahurie (Larix dahurica), qui peuple la forêt boréale à l'est de l'lenisseï, peut supporter des températures de – 70 °C.

La faune est relativement nombreuse : caribou, élan, ours, etc. Le milieu constitué par les tourbières est particulièrement peuplé : castor, rat musqué, vison, loutre, etc. Chaque renouveau printanier est marqué par l'éclosion de la vie des insectes et des bactéries.

Au nord : la toundra ; au sud : la forêt mixte

Au nord et au sud, le milieu de la forêt boréale se dégrade en liaison avec la modification des conditions climatiques. Vers le nord, l'été diminuant, la productivité de la forêt (production annuelle de bois par le nombre d'arbres à l'hectare) diminue de 30 à 60 % ; les arbres sont plus petits et plus espacés ; ils cèdent progressivement la place aux plantes de la toundra. Vers le sud, au contraire, avec l'adoucissement de l'hiver et l'allongement de l'été, apparaissent les feuillus, et en particulier les chênes, mélangés aux conifères dans la forêt mixte. En Amérique du Nord, la taïga passe sans transition à la prairie dans la grande plaine centrale.