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folie

(de fol)

Théodore Géricault, la Folle
Théodore Géricault, la Folle

Dérèglement mental, démence.

Les travaux de M. Foucault (Histoire de la folie à l'âge classique, 1961) ont montré que la folie n'a reçu que récemment le statut de maladie mentale. En effet, au Moyen Âge, la folie, catégorie du sacré, est partie intégrante de l'expérience de chacun. L'Église y voit le signe d'une possession démoniaque et le fou sera assimilé, jusqu'au xve s., à l'hérétique et au sorcier. À partir de la Renaissance, la folie, devenue l'enjeu du conflit religion-médecine mentale, va être réduite au silence par la création des hôpitaux généraux, où sont enfermés les fous et toute une population hétérogène : débauchés, oisifs, blasphémateurs, vénériens. Ces lieux deviennent alors le champ clos de la folie, qui fait aussi objet d'étude et d'expérimentations de la part des médecins. Ceux-ci cherchent à l'assimiler à la maladie selon le modèle des maladies organiques. Les aliénistes du xixe s., après Pinel et Esquirol notamment, imitant les méthodes de la botanique et de la zoologie, donnent une description détaillée des états d'aliénation mentale et élaborent des classifications minutieuses. Ils s'attachent à attribuer chaque maladie mentale à une lésion organique bien déterminée et, à défaut d'une cause organique indiscutable, se contentent de notions comme celles d'hérédité ou de dégénérescence. S. Freud sera à l'origine d'une mutation radicale dans la conception de la folie : avec la notion d'inconscient, la folie devient chargée de sens et représente une tentative pour régler des problèmes ayant leur origine dans l'enfance.