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Alawites ou Alaouites

(de l'arabe ‘alawī, descendant de Ali)

Nom donné aux chérifs marocains issus de Hasan, l'un des deux fils de Ali, qui mirent fin à la dynastie sadienne, au xviie s., et fondèrent la dynastie dite « alawite », qui s'est maintenue depuis Mulay al-Rachid (1666-1672).

Originaires du Hedjaz, les Alawites s’établirent au Tafilalet (d’où leur autre nom de Filaliens) au milieu du xiiies. avec pour premier chérif, Hassan al-Qasim. Parmi ses descendants, s’imposa à partir de 1664, Mulay al-Rachid (1666-1672), véritable fondateur de la dynastie, qui entreprit de soumettre l’ensemble des potentats locaux et s’empara de Fès en 1666 puis de Marrakech en 1669. À sa mort, son frère Mulay Ismail (1672-1727) lui succéda, fit de Meknès sa capitale et à la tête d’une armée réorganisée autour d’un corps de combattants noirs (les Abid al-Boukhari) parvint, écrasant de nombreuses rébellions, à réunifier le Maroc qui retrouva ses frontières de l’époque mérinide. Il s'opposa aux empiètements des Ottomans, reprit la plupart des places côtières (Tanger, 1684, Larache, 1689) encore occupées par les Européens et étendit son autorité jusqu’au Sénégal.

La pénétration européenne

La succession de Mulay Ismail en 1728 plongea le pays dans l’anarchie et les luttes intestines jusqu’au règne du sultan Muhammad ibn Abd Allah (1757-1790) qui marque une stabilisation et l’ouverture du Maroc aux puissances européennes avec la signature de traités de paix et de commerce avec plusieurs États dont l’Angleterre en 1760, l’Espagne en 1766 et la France en 1767. Après l’intermède sanglant du règne de Mulay Yazid (1790-1792), marqué notamment par des exactions contre la communauté juive, Mulay Sulayman (1792-1822) s’attacha à régler les litiges avec les pays européens (libération des derniers prisonniers chrétiens et interdiction de la course contre les navires européens en 1816-1817) au prix d’un isolement volontaire du pays tandis qu’il poursuivit la politique de rapprochement avec les Turcs. Mais il dut affronter plusieurs confréries ainsi que des révoltes berbères contre la pression fiscale toujours très pesante exercée par le makhzen.

L’ouverture aux intérêts européens reprit sous le règne de Mulay Abd al-Rahman (1822-1859) et de Muhammad ibn Abd al-Rahman (1859-1873) malgré deux guerres avec la France (1842-1844, conflit qui se termina par la débâcle de l’Isly [→ bataille de l'Isly]) et l’Espagne (1859-1860, prise de Tétouan) tandis que les relations avec les Britanniques furent resserrées. Entre ces trois puissances, Hasan Ier (1873-1894) ne voulut en privilégier aucune, défendant l'intégrité territoriale du Maroc contre les tentatives de pénétration européenne dans le sud du pays (1882 et 1886) et tentant, en vain, de réformer le régime des protections consulaires en vigueur depuis 1863. Mais ses successeurs, affaiblis, ne résistèrent pas à la pression des puissances coloniales ce qui conduisit à la conférence d’Algésiras (1906) puis au protectorat français (1912). C’est le sultan Muhammad V (1927-1961) qui, après avoir apporté finalement son soutien aux nationalistes de l’Istiqlal – ce qui lui valut d’être déposé en 1953-1955 – obtint la reconnaissance de l’indépendance du Maroc (1956), érigé en royaume l’année suivante. Son fils Hasan II entreprit de réorganiser le pouvoir en imposant une très nette prééminence du trône, une politique qualifiée parfois de « makhzenienne », tandis que son fils Muhammad VI (1999-) autorise depuis le début des années 2000 une certaine démocratisation du système politique.

Pour en savoir plus, voir les articles histoire du Maroc, Maroc : vie politique depuis 1961.