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Marrakech

en arabe Marrākuch

Marrakech
Marrakech

Ville du Maroc, chef-lieu de province, dans la plaine du Haouz, à proximité de l'oued Tensift (à 400 m d'altitude), au pied du Haut Atlas.

  • Population pour l'agglomération : 823 154 hab. (recensement de 2004)

Capitale régionale, grande métropole berbère et troisième ville du Maroc, après Casablanca et Rabat, Marrakech est la grande ville du sud du pays et un centre commercial et touristique.

GÉOGRAPHIE DE MARRAKECH

1. La médina

L’agrément de Marrakech résulte en premier lieu de son aspect de ville ceinte de remparts, relevée par la couleur ocre des constructions, qui fait de la ville une sorte d’oasis, au milieu de sa palmeraie, se découpant sur l’arrière-plan de la muraille de l’Atlas aux sommets enneigés l’hiver. La découverte de la médina ajoute à ce pittoresque avec l’alignement, coupé de bastions, de ses remparts, la montée très pure du minaret de la mosquée Kutubiyya, sœur de la Giralda de Séville, l’élégance des colonnes de marbre et des arabesques des tombeaux des Sadiens (xvie siècle). La place Djema'a el-Fna offre le grouillement de ses foules agglutinées autour des conteurs, des bateleurs, des acrobates, des charmeurs de serpents ; non loin de là, dans les souks, voisinent le bric-à-brac de la bimbeloterie internationale et les derniers produits de l’artisanat local rénové, ainsi que les palaces pour vacanciers ou retraités aisés, notamment français, dont le fameux hôtel de la Mamounia. Le tourisme ne fait cependant vivre de ses retombées qu'une petite partie des habitants de Marrakech, pas plus que l'industrie, principalement agroalimentaire.

C'est dans la médina industrieuse, transformant les produits de la campagne et créant des objets pour un artisanat mondialement réputé que réside la survie de Marrakech. Véritable manufacture, entassant près de 300 000 habitants sur 700 ha seulement, la médina ferait vivre près de 60 % des actifs de la ville. La médina a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 1985.

2. Les quartiers excentrés

Autour de cette médina, cœur de l'agglomération et de la mosquée Kutubiyya, gravitent des quartiers de plus en plus distendus, couvrant au total 16 000 ha : d'abord, sur le flanc ouest, Gueliz et Hivernage, conçus à l'époque coloniale, où sont les principaux hôtels ; puis el-Massira et, vers le nord, Daoudiat, lieux de résidence des classes moyennes. Ensuite vient la palmeraie, parsemée de villas et de palais ostentatoires. De nombreux projets touristiques et constructions haut de gamme ont vu le jour ces dernières années, notamment dans les quartiers de Targa, de Chrifia, de la route de l'Ourika. Enfin, à l'est et au sud-est, un faubourg de plus de 80 000 habitants, Sidi Youssef Ben Ali, et des noyaux refuges pour les migrants (douar) donnent une teinte rurale à une urbanisation spontanée et accueillent les prolétaires. Le trafic de l'aéroport est en forte hausse.

3. L'influence de Marrakech

Capitale d’une bonne partie du Sud marocain, Marrakech étend son influence non seulement sur la plaine environnante (le Haouz, ou banlieue), mais encore sur l’Atlas occidental et, par les trouées du Tizi N’Test et du Tizi N’Tichka, sur tout le pays chleuh et, par l’intermédiaire d’Ouarzazate et de Zagora, jusqu’aux confins du désert.

4. Le climat de Marrakech

Le climat de Marrakech est méditerranéen, avec des précipitations faibles (241 mm par an), qui tombent entre octobre et avril, et des températures qui oscillent entre 29 °C en juillet et août (38 °C maximum et 19 °C minimum) et 10 °C en janvier (18 °C maximum et 4 °C minimum), pour une moyenne annuelle de 20 °C.

L'HISTOIRE DE MARRAKECH

Fondée en 1062 par Yusuf ibn Tachfin, premier souverain de la dynastie des Almoravides, Marrakech doit en fait sa première gloire aux Almohades, spécialement dans la seconde moitié du xiie s., au temps du sultan Abd al-Mumin, qui entreprit la construction de la Kutubiyya, dont le style se retrouve dans celui de la Giralda de Séville. Après une éclipse sous les Marinides, la ville connut une splendeur nouvelle, au xvie s., avec les Sadiens, au moment où l'Empire chérifien s'étendait jusqu'à Tombouctou. Mais, avec les Alawites, la Cour se transfère à Meknès ou Fès, et Marrakech déclinera à nouveau jusqu'au début du xxe s.

L'ART À MARRAKECH

Fondée par les Almoravides, la ville de Marrakech a livré les vestiges de leur première forteresse, datée de 1062, à l'emplacement même où s'élèvera plus tard la Kutubiyya. Rien d'important ne subsiste de ce qu'ils ont construit ; en particulier ont disparu, sous la pioche des Almohades, qui les trouvaient mal orientées, les nombreuses mosquées de cette première époque. Celle de Ali ibn Yusuf, qui est bien une fondation almoravide, a été tellement remaniée au cours des siècles que, de ses origines, elle ne garde que son nom (réfections au xvie s., puis aux xviiie s. et xixe s.).

De l'époque almohade demeure heureusement intacte la mosquée des Libraires, en arabe la mosquée al-Kutubiyya, une des plus belles réalisations architecturales de l'islam. Son oratoire comprend dix-sept nefs en profondeur, huit de chaque côté de la nef centrale, plus large, qui viennent buter sur une travée transversale longeant le mur du fond. À la rencontre de la nef centrale et de la travée, conformément au plan établi à la Grande Mosquée de Kairouan, une coupole à stalactites surmonte le mihrab et la magnifique chaire (minbar) en marqueterie ; quatre autres coupoles, régulièrement espacées, couvrent la travée. Sur les bas-côtés, quatre nefs de part et d'autre se prolongent pour encadrer la cour et former des portiques. Le célèbre minaret en moellons, prototype de la Giralda de Séville et de la tour Hasan de Rabat, mais qui a conservé son lanternon, a été achevé en 1195. Haut de 69 m, il est sobrement décoré d'arcatures, autrefois rehaussées de peintures, et d'un bandeau de céramiques.

Une autre fondation almohade, moins grande et moins ambitieuse, devait égaler sinon surpasser la Kutubiyya, mais elle a été fort transformée, en particulier au milieu du xviiie et au xixe s. Il s'agit de la mosquée de la Casbah, dite aussi mosquée d'al-Mansur (vers 1190) ; son minaret, magnifiquement décoré de céramiques vertes ceignant le sommet de la tour, garde seul l'aspect qu'on lui avait primitivement donné. C'est sans doute aussi de cette même époque que datent l'essentiel de l'enceinte de 12 km qui entoure la ville d'une ceinture trop vaste pour elle et la casbah, à l'extrémité sud-est de la ville, où la porte dite « Bab Agnau » (xiie s.) peut rivaliser avec les portes monumentales de Rabat, de Meknès ou de Fès.

Marrakech ne doit guère aux Marinides que le sanctuaire de Sidi Mulay al-Qsur et le beau minaret de la mosquée d'ibn Satih (1331). Il faut attendre l'arrivée au pouvoir de la dynastie sadienne pour que la ville retrouve son éclat d'antan. La medersa d'ibn Yusuf (1564-1565) est le seul exemple connu d'une université sadienne ; de majestueuses proportions, elle comprend une grande cour, un spacieux oratoire, une multitude de cellules groupées autour de sept petits patios. À la mosquée de Bab Dukkala (1557-1558), à sept nefs, on chercha à faire revivre les traditions marinides, mais on les enrichit en portant à dix le nombre des coupoles.

Ce qu'on nomme les tombeaux des Sadiens est un ensemble de mausolées de dates diverses, en particulier du xviie s., construits dans un cimetière au voisinage de tombes plus anciennes, sans doute du xive s. Les stèles des princes sadiens, décorées d'arabesques et d'épigraphies, sont abritées sous des qubba successives, splendides pavillons à portiques, parfois sur colonnes galbées supportant, par l'intermédiaire d'arcs gracieux, une somptueuse charpente : les sculptures s'y mêlent aux dorures et aux peintures ; les revêtements muraux, en plâtre sculpté et en mosaïques, sont d'un art un peu décadent, mais délicat.

Il ne reste rien du palais al-Badi, débauche de marbre et d'or, qui occupa les ouvriers du xvie s. pendant une quinzaine d'années. Quelque chose de son souvenir est sans doute passé dans les immenses résidences (Bahia, Dar al-Makhzen), souvent du xixe s., qui ornent encore Marrakech et lui donnent un de ses plus grands charmes.