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Ceský Krumlov

Bohême

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Bohême
en tchèque Čechy

Région d'Europe centrale qui constitue la partie occidentale de la République tchèque.

Superficie : 52 678 km2

La Bohême est formée de six provinces (Bohême-Centrale, Bohême-Méridionale, Bohême-Occidentale, Bohême-Orientale et Bohême-Septentrionale, auxquelles s'ajoute la capitale, Prague)

GÉOGRAPHIE

Région la plus peuplée et la plus développée du pays, elle est formée d'un pourtour de hautes terres (Krušné Hory, Český les, Krkonoše, collines de Moravie), dominant une partie centrale. Elle juxtapose collines, plateaux et plaines (dont le fertile Polabí) et correspond au bassin supérieur de l'Elbe (Labe). Anciennement industrialisée (métallurgie, verrerie), la Bohême possède un dense réseau urbain, dominé par Prague.

HISTOIRE

La Bohême doit son nom aux Boïens, Celtes qui occupèrent le pays au milieu du Ier millénaire avant J.-C. et qui furent refoulés au Ier s. après J.-C. par des Germains, les Quades et les Marcomans. Les Slaves s'établirent dans la région au Ve s. Leur premier État, la Grande-Moravie (fin du VIIIe s.-début du Xe s.), fut détruit par les Hongrois (902-907). La tribu des Tchèques, établie autour de Prague, unifia au Xe s. les diverses tribus slaves de Bohême sous l'autorité des princes přemyslides. Vassaux du Saint Empire romain germanique, ceux-ci obtinrent définitivement en 1212 le titre de roi, accordé à Otakar Ier Přemysl (1197-1230). Son successeur, Otakar II Přemysl (1253-1278), fut vaincu par Rodolphe II de Habsbourg (1278), et la dynastie s'éteignit en 1306.

   

La couronne de Bohême passa alors à la dynastie des Luxembourg (1310-1437). Jean Ier de Luxembourg (1310-1346) et Charles IV de Luxembourg, élu empereur en 1355, parachevèrent le rattachement à la Bohême de la Moravie, de la Silésie et de la Lusace. Le pays, alors à son apogée, connut une grande prospérité liée à l'exploitation des mines d'argent. Prague, dotée d'une université en 1348, fut élevée au rang de capitale impériale par Charles IV. La protestation de Jan Hus contre la richesse du clergé et la puissance des Allemands entraîna une guerre civile (1420-1436) entre les hussites et les croisés de Sigismond IV de Luxembourg (1419-1436). Les Compactata de 1436 rétablirent la paix et permirent l'organisation de l'Église utraquiste. En 1458, la diète élut roi Georges de Poděbrady. Tchèque et utraquiste, celui-ci désigna pour successeur Vladislav II Jagellon, proclamé roi en 1471. À la mort de son fils, Louis II (1516-1526), la diète élut roi Ferdinand Ier de Habsbourg (1526-1564) et se prononça ainsi pour l'union avec l'Autriche.

   La Réforme fit de nombreux adeptes en Bohême et Rodolphe II (1575-1611) dut accorder aux ordres un édit de tolérance (lettre de majesté, 1609). Cependant, en 1618, une partie de la noblesse protestante se révolta contre Ferdinand II de Habsbourg (défenestration de Prague). La victoire des impériaux sur l'armée des États à la Montagne-Blanche (5 novembre 1620) permit à Ferdinand II (1617-1637) de rétablir le catholicisme en Bohême. La constitution de 1627 donna à titre héréditaire la couronne de Bohême à la maison d'Autriche. En outre, le renforcement du domaine seigneurial depuis le XVIe s. aboutit à un « second servage », qui ne fut aboli qu'en 1781 par Joseph II (1780-1790). Au cours de la révolution de 1848, les Tchèques revendiquèrent l'égalité avec les Allemands. Mais les espoirs de F. Palacký et des austroslavistes furent ruinés par la signature du compromis austro-hongrois de 1867. Le gouvernement autrichien adopta à partir de 1879 une politique de concessions à l'égard des Tchèques, contre laquelle s'élevèrent les Allemands de Bohême (qui représentaient en 1910 plus de 37 % de la population). À l'issue de la Première Guerre mondiale, la Tchécoslovaquie accéda à l'indépendance. À partir de 1969, la Bohême forme avec la Moravie la République tchèque, qui constitue l'une des deux républiques fédérées de la Tchécoslovaquie puis (au terme de la partition de 1993) un État indépendant.

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