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Écosse

Écosse

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Écosse
en anglais Scotland

La plus septentrionale des trois parties de la Grande-Bretagne.

Superficie : 78 762 km2
Population : 5 062 011 hab. (recensement de 2001)
Nom des habitants : Écossais
Capitale : Édimbourg
Ville principale : Glasgow

GÉOGRAPHIE

Le milieu naturel

L'Écosse est presque entièrement constituée par les racines d'une chaîne de montagne primaire (plissement calédonien, du nom latin de l'Écosse, Caledonia), longuement usée par l'érosion. Les roches dures dont elle se compose (gneiss, granite, quartzite) ont répondu aux efforts tectoniques ultérieurs par de longues et profondes cassures, qui découpent l'Écosse en blocs rigides, d'altitude inégale. La glaciation quaternaire a creusé, surtout dans le Nord et l'Ouest, des cirques, des vallées en auge (glens), des fjords, des lacs allongés de fond de vallée (lochs). Ces paysages de caractère « alpin » donnent beaucoup d'attrait aux Highlands. À l'O. et au N., l'Écosse s'émiette en archipels (Shetlands, Orcades, Hébrides). Les principaux alignements du relief épousent encore la direction N.-E.-S.-O. du plissement calédonien.

   

Les Highlands, Hautes Terres du Nord, ont des reliefs d'une altitude supérieure à 800 m. Dans le nord-ouest, les monts de Ross et les North West Highlands étirent de lourdes croupes cristallines, d'où émergent des arêtes de roches dures, généralement des quartzites. Le long des lignes de failles s'enfoncent de profondes vallées en auge, les straths, ou les glens, plus étroites ; elles sont plus longues à l'est qu'à l'ouest, en raison de la dissymétrie générale du relief. On retrouve celle-ci dans l'est, dans les monts Grampians, où s'élève le plus haut sommet de la Grande-Bretagne, le Ben Nevis (1 343 m), qui domine le fossé calédonien du Glen More, parsemé de lacs profonds, parmi lesquels le Loch Ness.

   Les Lowlands, Basses-Terres du Centre, sont un compartiment effondré formant un isthme étroit et bas entre les firths du Forth, sur la mer du Nord, et de la Clyde, sur l'Atlantique. La fertilité du sol, la faiblesse du relief, la facilité du passage d'une mer à l'autre et, surtout, la présence d'un vaste et puissant gisement houiller ont fait des Lowlands le cœur de l'Écosse.

   Dans le sud, les Southern Uplands, dont l'altitude s'échelonne entre 300 et 800 m, constituent une réplique atténuée des Highlands. Deux ensembles de hauteurs s'y élèvent : les monts de Galloway, à l'ouest, qui culminent à 842 m, et les monts Cheviot, à l'est, qui n'excèdent pas 816 m. Ils sont drainés respectivement par la Nith et par la Tweed, plus importante.

   L'Écosse, très avancée vers le N. (latitude de 55 à 60°) et très exposée aux vents d'ouest, a un climat hyperocéanique, frais, pluvieux, peu lumineux, aux violentes tempêtes d'hiver. Les précipitations annuelles atteignent 2 100 mm sur les sommets écossais et la lande couvre d'immenses surfaces sur les plateaux.

La population et l'économie

Depuis l'union des deux royaumes d'Écosse et d'Angleterre (1707), la population n'a cessé de migrer des Highlands et des plateaux du Sud vers la dépression centrale. Les densités sont très faibles dans les highlands tandis que les Lowlands regroupent plus de 80 % des Écossais.

   Globalement l'agriculture écossaise tire la majorité de ses revenus des cultures céréalières. Cependant les très grands espaces des Highlands sont le domaine de l'élevage extensif dans de grandes propriétés nobiliaires. Les Lowlands offrent un riche paysage bocager où se succèdent champs de céréales et prairies artificielles : les rendements sont très élevés et une grande partie de la récolte fournit l'alimentation des bovins, élevés principalement en vue de la production de lait.

   La pêche, jadis active, a conservé le plus souvent une structure artisanale ; elle donne vie à quelques ports de la côte occidentale, tels Gairloch et Ullapool, et au seul grand port de la côte orientale, Aberdeen, qui concentre la production de poissons séchés et salés. S'y ajoute la production, notable de l'aquaculture.

   L'industrie a fondé la richesse écossaise des Lowlands au XIXe s. Des bassins houillers, dont les couches alternaient avec du minerai de fer, sont à l'origine de la sidérurgie et de la métallurgie lourde. Ils ont organisé,sur les bords de la Clyde, le paysage classique des Pays noirs, et ont fait de Glasgow la capitale industrielle de l'Écosse. Le charbon ne fournit plus que 5,9 Mt par an et le minerai de fer est depuis longtemps importé. La reconversion industrielle était incontournable. Elle s'est appuyée sur l'amélioration des voies de communication : la construction d'autoroutes, de ponts suspendus sur les firths du Forth et du Tay, la modernisation des chemins de fer ont contribué au désenclavement des Lowlands. Des subventions gouvernementales (puis européennes) ont aidé les investissements industriels. Ainsi, à côté des établissements traditionnels de la métallurgie et de la construction automobile, s'est créée la Silicon Glen : plusieurs centaines d'entreprises dans les secteurs de l'électronique et des semis-conducteurs,se sont installées, majoritairement japonaises et américaines, profitant d'une main d'œuvre bon marché, mais avec un avenir incertain en raison de la concurrence du marché de l'emploi des pays émergents.

   L'économie écossaise avait auparavant connu une première relance grâce à l'exploitation des hydrocarbures sous-marins de la mer du Nord. Depuis 1975, à partir des plates-formes de forage, de nombreuses canalisations expédient le brut et le méthane vers la côte ; deux oléoducs aboutissent à Sullom Voe (Shetlands), un autre à Flotta (Orcades), un quatrième à la raffinerie de Grangemouth. Le gaz naturel des gisements de Frigg et de Brent arrive à la côte à Saint Fergus et dessert l'industrie et les foyers domestiques. Aberdeen et Dundee ont su profiter du pactole pétrolier, aujourd'hui en nette diminution.

   Le secteur tertiaire s'appuie sur les deux grands villes que sont Édimbourg et Glasgow. Édimbourg est un grand centre universitaire et la deuxième place financière du Royaume-Uni. Par ailleurs le tourisme constitue une ressource en essor. À la chasse et à la pêche traditionnelle s'ajoutent maintenant le golf et les sports d'hiver.

   Un statut d'autonomie a été accordé par le gouvernement britannique en 1997. Un Parlement régional, aux pouvoirs étendus, existe depuis 1999. La dévolution donne au pouvoir local écossais des prérogatives en matière d'éducation, de santé, de prison et de transports. Le Parlement a aussi le pouvoir de modifier légèrement l'impôt. Les mouvements séparatistes, voire indépendantistes, bénéficient d'une forte audience.

HISTOIRE

C'est avec la conquête romaine de l'île de Bretagne au Ier s. que la future Écosse entre dans l'histoire. Elle est alors habitée par les Pictes, qui résistent aux légions romaines. À partir du Ve s., les Scots colonisent l'ouest du pays, les Bretons s'implantent dans la région de la Clyde, tandis que les Angles s'installent au sud-est. L'évangélisation chrétienne du VIe s. avec saint Colomba, les raids scandinaves qui commencent au VIIIe s. vont accélérer la fusion de ces nations. La première étape vers l'unité est réalisée vers 843 par le roi scot Kenneth MacAlpin, qui unifie les pays des Scots et des Pictes. Au début du XIe s., ses successeurs étendent leur autorité sur les Lothians et le Strathclyde. L'Écosse est née. Sous l'influence de la reine sainte Marguerite, princesse anglaise, et du roi David Ier, l'Écosse s'anglicise et la féodalité se développe. Cependant, la mort sans héritier d'Alexandre III (1286) permet l'intervention d'Édouard Ier d'Angleterre, qui impose son protectorat sur le pays (1292), avant de l'annexer (1296). Wallace, puis Bruce s'opposent à cette conquête. La victoire de Bannockburn (1314) assure le triomphe de la cause écossaise, et le traité de Northampton (1328) reconnaît l'indépendance de l'Écosse. Au cours de la guerre de Cent Ans, l'Écosse s'engage avec les Stuarts dans l'alliance française, qui contribue à desserrer pour deux siècles l'étau anglais, mais qui n'empêche pas le pays d'entrer dans une longue période de convulsions internes.

   

Le désastre de Flodden (1513) fait renaître les prétentions anglaises. La réforme religieuse de John Knox fait de nombreux adeptes dans l'aristocratie, et l'oppose à la monarchie, demeurée catholique. En 1603, la mort sans postérité d'Élisabeth Ire réalise l'union des couronnes anglaise et écossaise en la personne de Jacques VI d'Écosse (Jacques Ier d'Angleterre). En 1644, l'Écosse et le Parlement anglais se trouvent alliés contre l'absolutisme de Charles Ier. Mais il faudra attendre 1707 pour que l'union personnelle des deux couronnes se transforme en fusion des royaumes d'Écosse et d'Angleterre (Acte d'union).

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