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Ludwig van Beethoven

Ludwig van Beethoven
Ludwig van Beethoven

Compositeur allemand (Bonn 1770-Vienne 1827).

La destinée de Beethoven, adepte des idées révolutionnaires françaises, le situe à la jonction entre le classicisme, dont il représenta l'aboutissement, et le romantisme, dont il favorisa l'éveil. Entre ces deux tendances de l'art s'impose la grandeur d'un génie qui exerça une influence libératrice sur la pensée musicale.

L'enfance rhénane

C'est à Malines, en Belgique, que naît, en 1712, le premier Beethoven musicien, Ludwig l'Ancien. Il s'installe à Bonn et se met au service du prince-archevêque. Johann, son seul enfant demeuré en vie, lui succède à la chapelle princière comme ténor et épouse, en 1767, Maria Magdalena Keverich. De leurs sept enfants, trois seulement vont survivre. Ludwig, le deuxième des sept et l'aîné des trois frères survivants, naît dans leur pauvre logis de la Bonngasse.

L'enfance de Beethoven n'est pas heureuse, quoiqu'on ait exagéré les cruautés de Johann à l'égard de son fils qu'il voulait « enfant prodige » comme Mozart. Christian Gottlob Neefe (1748-1798) doit être considéré comme le premier maître sérieux de Beethoven. Celui-ci accomplit de tels progrès sous son égide qu'il reçoit à douze ans un titre d'organiste suppléant, avant d'occuper un poste d'altiste dans l'orchestre princier (1785). C'est à cette époque que Beethoven déserte de plus en plus le domicile familial – où son père sombre dans l'alcoolisme –, pour celui de la famille von Breuning, qui va devenir son foyer d'adoption.

Un talent précoce

Très tôt, le talent du musicien rayonne au-delà de ce cercle amical. Le comte Waldstein, favori du nouveau prince-électeur, obtient que Beethoven effectue un voyage d'études à Vienne. De ce premier séjour (du 7 au 20 avril 1787 environ), on ne sait pas grand-chose. La rencontre avec Mozart, absorbé par la composition de Don Giovanni et méfiant à l'égard des jeunes prodiges, semble être restée sans résultat : ni enseignement ni consécration, des encouragements peut-être.

Beethoven revient à Bonn pour assister à la mort de sa mère.

Départ définitif pour Vienne (1792)

Johann et Kaspar, les plus jeunes frères, sont alors à la charge de Ludwig (ils en resteront humiliés). De cette époque (1790) datent les cantates pour la mort de Joseph II et pour l'avènement de Léopold II ; non jouées « à cause de leurs difficultés », ce sont des œuvres assez conventionnelles dont les maladresses laissent cependant présager un grand musicien.

D'ailleurs impressionné, Joseph Haydn, lors d'un passage à Bonn, invite le jeune Beethoven à faire des « études suivies » avec lui. Le fidèle comte Waldstein intervient une nouvelle fois (« Recevez des mains de Haydn l'esprit de Mozart ») et Beethoven quitte Bonn pour Vienne, le 2 novembre 1792 – en principe pour quelques mois, en réalité pour le restant de ses jours.

Succès publics et douleurs personnelles

Le pianiste de l'aristocratie viennoise

Les premières années de Beethoven à Vienne sont brillantes, mondaines (grâce au soutien de l'aristocratie) et marquées par ses éclatants succès comme pianiste. Il compose beaucoup pour le piano (sonates, trios, concertos), abordant en dernier les genres « difficiles » du quatuor à cordes et de la symphonie. De 1798 à 1800, il écrit six de ses dix-sept quatuors et, en 1800 et 1802, ses deux premières symphonies.

Amour malheureux, surdité et créativité

Désespéré par son amour malheureux pour la comtesse Giulietta Guicciardi, et hanté depuis 1798 par des crises de surdité, Beethoven va s'enfermer quelque temps à Heiligenstadt, localité près de Vienne où il rédige la pathétique lettre à ses frères, connue sous le nom de Testament de Heiligenstadt (6 octobre 1802).

Pourtant, malgré la surdité qui lui enlève 60 % de ses facultés auditives, son activité créatrice ne ralentit pas. Une explication en est fournie par un médecin ayant étudié les lettres de Beethoven, lors d'une communication à l'Académie des sciences à la fin des années 1920. Celui-ci déclarait alors : « Si Beethoven avait été atteint d'otite scléreuse, c'est-à-dire s'il avait été plongé dans le noir acoustique […], il est probable, pour ne pas dire certain, qu'il n'aurait écrit aucune de ses œuvres à partir de 1801. […] Mais sa surdité, d'origine labyrinthique, présentait cela de particulier que, si elle le retranchait du monde extérieur, elle avait l'avantage de maintenir ses centres auditifs dans un état constant d'excitation. »

L'apothéose du compositeur

Durant les années 1804-1812, Beethoven domine la scène musicale viennoise. Il écrit de nombreuses partitions, dont celle de la symphonie no 3, dite symphonie Héroïque (dédiée, à l'origine, à Bonaparte), puis celles des symphonies nos 4 à 8, cinq nouveaux quatuors à cordes, les derniers concertos pour piano et celui pour violon, des sonates (la Waldstein, l'Appassionata), ainsi que son unique opéra, Fidelio, qui chante l'amour conjugal et la liberté.

Si la plupart de ces œuvres montrent en Beethoven un continuateur direct de Haydn et de Mozart, elles développent aussi, en profonde rupture avec ces derniers, à la fois un côté tribun, inconcevable avant lui, et des sentiments intensément personnels.

L'été de 1812 est celui de la rencontre de Beethoven avec Goethe et, surtout, de sa crise sentimentale et morale, concrétisée par la « lettre à l'immortelle bien-aimée ». Sa production elle-même est atteinte et sa créativité réduite, bien que 1814 soit l'année où sa popularité est à son apogée.

Après 1815, Beethoven livre d'épuisantes batailles juridiques pour la tutelle de son neveu et souffre de la concurrence de la musique italienne (Rossini). La fin de sa carrière se déroule parallèlement à celle de Schubert.

Un rénovateur de la musique

Un renouveau créateur décisif se manifeste avec la monumentale sonate Hammerklavier (1817-1819). Puis Beethoven compose ses trois dernières sonates, les Variations Diabelli pour piano et la Missa solemnis. La Symphonie no 9 (ou Neuvième), avec solistes et chœurs, sur l'Ode à la joie de Schiller, est créée le 7 mai 1824. Il écrit encore cinq des derniers quatuors à cordes (nos 12 à 16), véritables actes d'introspection, auxquels il faut ajouter la Grande Fugue (1825).

Deux ans plus tard, Beethoven meurt d'une pneumonie. Il laisse une œuvre à laquelle la postérité donnera les prolongements artistiques les plus variés.

Principales œuvres de Beethoven

Œuvres vocales

Nombreux lieder, airs, chœurs et canons (1782-1826). Cantates (1790). Fantaisie pour piano, chœurs et orchestre (1808). Cycle de mélodies À la bien-aimée lointaine (1816).

Oratorio : le Christ au mont des Oliviers (1803). Messes : en ut majeur (1807) ; Missa solemnis en majeur (1823).

Œuvres instrumentales

Piano : 32 sonates avec numéro d'opus (1795-1822), dont 23 jusqu'en 1805 ; Variations Diabelli (1819-1823).

Musique de chambre : 10 sonates pour piano et violon (1798-1812), dont la sonate no 9 À Kreutzer ; 5 sonates pour piano et violoncelle (1796-1815).

7 trios pour piano, violon et violoncelle (1794-1811), dont le 7e À l'Archiduc ; 4 trios à cordes (1792-1798) ; 3 quatuors pour piano et cordes (1785) ; 17 quatuors à cordes (1798-1825) ; 1 quintette à cordes (1801); 1 septuor pour clarinette, cor, basson, violon, alto, violoncelle et contrebasse (1800), etc.

Musique symphonique : 9 symphonies (1800, 1802, 1804 [no 3, dite « Héroïque »], 1806, 1808 [no 5 et no 6, ou Pastorale], 1812 [nos 7 et 8], 1824 [no 9 avec chœur]) ; 5 concertos pour piano (1795, 1798, 1802, 1806, 1809 [Concerto pour piano et orchestre no 5, dit l'Empereur]), 1 pour piano, violon et violoncelle (1804) et 1 pour violon (1806).

Œuvres dramatiques

Les Créatures de Prométhée, ballet (1801) ; Fidelio opéra : 3 versions, dont les deux premières intitulées Léonore (1805, 1806, 1814), et 4 ouvertures, dont 3 intitulées Léonore (1805-1806) et une Fidelio (1814). Ouvertures et musiques de scène : Coriolan (1807), Egmont (1810), les Ruines d'Athènes (1811), le Roi Étienne (1811), Die Weihe des Hauses, écrit pour l'inauguration du théâtre de la Josefstadt (1822).

Citations

« Faire tout le bien qu'on peut,
Aimer la Liberté par-dessus tout,
Et, quand ce serait pour un trône,
Ne jamais trahir la vérité. »

Ludwig van Beethoven, Feuille d'album, 1792.

« C'est l'art, et lui seul, qui m'a retenu. »

Ludwig van Beethoven, Testament de Heiligenstadt, dans lequel il avoue avoir songé à mettre fin à ses jours.

« La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie. »

Ludwig van Beethoven, Lettre à Bettina [Brentano], 1810.