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Genève

Genève et le lac Léman
Genève et le lac Léman

Ville de Suisse, chef-lieu du canton de Genève, à l'extrémité sud-ouest du lac Léman, sur le Rhône.

  • Nom des habitants : Genevois
  • Population pour l'agglomération : 533 529 hab. (estimation pour 2012)

GÉOGRAPHIE

Située à 405 m d'altitude, au pied du Jura, Genève s'est développée sur un site de collines de part et d'autre du Rhône, à l'endroit où le fleuve sort du lac Léman et reçoit l'Arve. La vieille ville est située sur la rive gauche du Rhône, dominée par la cathédrale du xie s., transformée aux xiie et xiiies., devenue église calviniste au xvie s. ; tout près s'élèvent l'Hôtel de ville et l'ancien arsenal. Sur la rive droite s'étend la ville neuve, avec la gare de Cornavin et de nombreux parcs, où se trouve le palais des Nations.

Genève est une ville presque exclusivement consacrée au secteur tertiaire ; elle est surtout connue pour ses banques spécialisées dans la gestion de fortune. C'est aussi une importante place commerciale, administrative et touristique. S'ajoutent, à la périphérie de la ville, des activités dans les domaines de la mécanique, de l'horlogerie, de la bijouterie, de l'électronique, de la chimie et de l'industrie agroalimentaire. De nombreux salons et congrès s'y tiennent (Télécom, Salon de l'automobile, Salon du livre, Salon des inventions). Université. Aéroport (Genève-Cointrin).

Siège de la Société des Nations (S.D.N.) jusqu'à la dissolution de celle-ci, Genève abrite, depuis la création de l'Organisation des Nations Unies (O.N.U.), le siège européen de cette dernière et plusieurs institutions spécialisées qui en dépendent : le Bureau international du travail, secrétariat permanent de l'Organisation internationale du travail (O.I.T.), l'Organisation mondiale de la santé (O.M.S.), l'Union internationale des télécommunications (U.I.T.), l'Organisation météorologique mondiale (O.M.M.), l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (O.M.P.I.), le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (H.C.R.). Genève est aussi le siège de l'Organisation mondiale du commerce (O.M.C.), du Conseil œcuménique des Églises (C.O.E.) et de la Croix-Rouge, dont les instances supérieures établirent les diverses conventions de Genève (1864, 1906, 1929 et 1949), relatives aux blessés et aux prisonniers de guerre.

Les collectivités qui composent l'agglomération transfrontalière du Grand Genève ont signé une charte d'agglomération en 2012, qui concerne le logement, les emplois, les transports et la politique de services. Cette charte institue une nouvelle structure, le Groupement local de coopération transfrontalière.

La ville de Genève est francophone. Après d'importantes vagues d'immigration, la population genevoise est caractérisée par un taux très élevé d'étrangers (43 %) parmi les résidents, auxquels s'ajoutent les travailleurs frontaliers qui viennent chaque jour de l'Ain et surtout de la Haute-Savoie. Historiquement protestante, la ville est aujourd'hui à majorité catholique (48 % contre 23 % de protestants).

Parmi ses principales curiosités touristiques, Genève compte la cathédrale, l'auditoire de Calvin, le Mur de la Réformation, la Place neuve, l'île Rousseau, le Jet d'eau, le Palais des Nations, ainsi qu'une trentaine de musées, parmi lesquels le musée d'Art et d'Histoire, le Mamco (musée d'Art moderne et contemporain) et le Musée d'histoire naturelle.

La ville bénéficie d'un climat tempéré hyperocéanique de façade ouest. Elle reçoit en moyenne 916 mm de précipitations par an, avec un maximum d'été. La moyenne des températures varie entre 1,8 °C en janvier et 18,8 °C en juillet. La durée d'ensoleillement, plutôt élevée, est de 1 979 heures par an.

L'HISTOIRE DE GENÈVE

Petit vicus des Allobroges fortifié par César en 58 avant J.-C., chef-lieu de la Genavensium civitas (diocèse de Viennoise) à la fin du ive s., siège d'un évêché créé vers 400, Genève est occupée en 443 par les Burgondes, qui en font leur première capitale : leur souverain Gondebaud (vers 480-516) enserre la cité de murailles. La ville est annexée par le roi de Paris Childebert Ier en 534 et appartient ensuite à son frère Clotaire Ier (558-561), avant d'être incorporée par Gontran (561-593) au royaume de Bourgogne. Point de concentration des forces de Charlemagne parties en mai 773 à la conquête du royaume lombard, chef-lieu d'un comté carolingien, elle est attribuée en 843 à Lothaire par le traité de Verdun. Elle est cédée en 859 par son fils Lothaire II (?-869) à son autre fils, l'empereur Louis II (?-875), puis elle est finalement englobée dans le royaume de Bourgogne transjurane, constitué en 888 par Rodolphe, déjà comte de Genève, de Lausanne et de Sion. Réunie en 1034 à l'empire par Conrad le Salique, elle ne doit son importance au xiie s. qu'à son évêché. Reconnu vassal direct de l'empereur Frédéric Ier Barberousse en 1162, l'évêque impose la reconnaissance de sa suzeraineté au comte du Genevois en 1213 et devient ainsi le véritable souverain temporel de sa ville. Mais il se heurte alors à l'opposition du puissant comte de Savoie, qui s'empare en 1290 de la charge du vidomnat. Le transfert de la réalité du pouvoir entre les mains du comte de Savoie ne se fait pas sans troubles, à la faveur desquels la bourgeoisie locale impose la reconnaissance de ses privilèges. Au sein de cette bourgeoisie, les marchands jouent un rôle essentiel. Gérant aux portes de leur ville le plus important des ateliers monétaires de la maison de Savoie, celui de Cornavin, ils diffusent l'économie monétaire dans les milieux ruraux par la pratique du crédit à court terme. Le prêt à intérêt, formellement autorisé, au moins dès le xive s., renforce les liens étroits entre la ville et la campagne, dont les échanges quotidiens sont, par ailleurs, assurés par une foule de marchands ruraux. Ces derniers, qui sont considérés comme étrangers par les Genevois, achètent le droit de bourgeoisie afin d'être exempts du droit de la « soufferte », auquel échappent par contre les très nombreux marchands internationaux, qui ne fréquentent la ville que pendant la durée des foires, qui sont franches.

Bourgeois de naissance ou par achat de lettres de naturalité, ces marchands investissent une grande partie de leurs capitaux en terres, sur lesquelles ils développent les cultures maraîchères et la vigne. Malheureusement, la banlieue de Genève étant alors d'une superficie inférieure à celle de l'actuel canton, la ville dépend de l'étranger en matière céréalière à l'heure où sa population, qui a échappé aux conséquences démographiques de la Grande Peste, croît de 2 300 à 10 600 habitants entre 1356 et 1464. Aussi doit-elle assurer au xve s. la liberté des importations et limiter l'accaparement en ville, alors qu'au xvie s., puis au xviie s. elle préfère se rapprocher des États vendeurs de céréales (cantons suisses), puis instituer en 1628 la Chambre des blés, chargée de veiller au maintien des stocks de grains.

En fait, l'économie genevoise est pénétrée dès le xiiie s. par des marchands étrangers, dont les éléments les plus dynamiques sont les Italiens. Accéléré, sinon suscité par la tenue des foires internationales, ce mouvement contribue à faire de Genève au xive s. et au xve s. une ville cosmopolite, où se rencontrent des marchands de toutes origines regroupés en nations : Milanais, importateurs de futaines, d'épices, d'armes et exportateurs de laine, de draps, de pelleteries, de métaux non ferreux ; Florentins, plus nettement orientés vers les spéculations financières sous l'impulsion des Pazzi, des Baroncelli et surtout des dirigeants de la filiale des Médicis (vers 1420-1465), en particulier du plus célèbre d'entre eux, Francesco Sassetti, qui, de 1448 à 1459, soutient le Conseil de ville de son crédit ; Génois, qui font transiter par Genève les draps de Flandre et d'Angleterre, les soieries italiennes et les épices du Levant, et qui établissent avec la ville un important trafic de change de place en place et de change en foire avec ricorsa ; rares Vénitiens, qui y trafiquent sur les changes ; Bourguignons et Français, beaucoup plus nombreux que les Italiens, mais qui y pratiquent un commerce de caractère surtout régional, Genève étant pour eux un marché d'approvisionnement en articles de consommation courante et de concentration de produits régionaux (draps de Toulouse et de Normandie) destinés à l'exportation ; Suisses de Fribourg et même de Berne, les premiers y écoulant leurs draps, les seconds y achetant des produits de luxe et de demi-luxe ; hauts Allemands, apparus en 1388 seulement à Genève, où ils relaient à la fin du xve s. les Italiens émigrés à Lyon et où ils écoulent les toiles de Constance, puis de Saint-Gall, les métaux et la quincaillerie d'Europe centrale sous l'impulsion de Nuremberg et de la Grosse Ravensburger Handelsgesellschaft ; Flamands et Brabançons, dont le nombre décroît avec le déclin de leur draperie ; Catalans et Espagnols, qui, à la fin du xve s. et au xvie s., disparaissent totalement de Genève, sans doute parce que les marchands de cette ville, à la suite de leurs collègues allemands, vont trafiquer personnellement en Espagne.

La prospérité de la ville, ébranlée dès 1450 par une récession alimentaire, et affectée par le déséquilibre des finances publiques, conséquence des prêts consentis de bon ou de mauvais gré aux ducs de Savoie, survit mal à celle de ses foires, victimes des privilèges accordés par Louis XI, le 20 octobre 1462, aux foires de Lyon, afin de priver Charles le Téméraire des possibilités de crédit qu'il trouvait antérieurement à Genève.

Menacés par ailleurs dans leur indépendance par les ducs de Savoie, qui soutiennent dans la ville le parti des Mamelucs contre celui des Eidgenots, attachés à la défense de leurs libertés politiques et religieuses, les conseils de bourgeois s'allient à Fribourg en 1519, puis à Berne en 1526. Cette dernière ville introduit alors le protestantisme à Genève et l'aide à repousser une offensive savoyarde en juillet 1536. Ayant chassé l'évêque en 1533, Guillaume Farel (1489-1565) fait alors appel à Jean Calvin. Après un premier séjour de 1536 à 1538, celui-ci fait de Genève la « Rome du protestantisme », foyer de diffusion de sa foi vers la France et le reste de l'Europe. Il y stimule à partir de 1550 l'essor de l'imprimerie, première industrie urbaine timidement apparue dans la ville à la fin du xve s. En même temps, il impose à Genève un gouvernement théocratique. Comprenant six ministres et douze anciens désignés par les conseils, le Consistoire associe l'Église et l'État dans la surveillance intolérante des mœurs (exécution de Michel Servet en 1553), tandis que l'Académie, fondée en 1559, assure le rayonnement intellectuel et religieux de la ville. Résistant à une nouvelle offensive marquée par la guerre de 1589-1593 et par l'ultime tentative de l'Escalade (nuit du 11 au 12 décembre1602 ancien style). Genève fait reconnaître son indépendance par le duc de Savoie au traité de Saint-Julien de 1603.

Au xviiie s., la ville accueille Voltaire aux Délices. Elle oriente son économie vers les spéculations financières (banque Malet) et industrielles (horlogerie), et elle évolue vers un régime oligarchique dominé par le patriciat des « négatifs ». Aussi doit-elle briser de nombreuses révoltes, dont celle de Pierre Fatio en 1707 et celles de Nicolas Chenaux en 1766-1768 et en 1782. Mais, alliés aux bourgeois, les « natifs » forment en 1781 un parti révolutionnaire qui oriente la ville vers la constitution d'un gouvernement de ce type le 5 décembre 1792. Rattachée à la France comme chef-lieu du département du Léman le 26 avril 1798, occupée le 31 décembre 1813 par les Autrichiens, Genève entre dans la Confédération helvétique le 12 septembre 1814 et obtient du congrès de Vienne, le 20 mars 1815, les territoires français et savoyards qui forment l'actuel canton. Dotée de constitutions de plus en plus démocratiques (1815, 1842 et 1847), gouvernée de 1846 à 1864 par le chef du parti radical James Fazy (1794-1878), la ville redevient alors une importante place internationale, siège du Comité international de la Croix-Rouge, qui y est fondée en 1863 par le Genevois Henri Dunant, siège également de la S.D.N. (1920-1947), puis de nombreuses organisations annexes de l'O.N.U. D'importantes conférences internationales s'y réunissent : la plus célèbre met fin à la guerre franco-vietnamienne d'Indochine (26 avril-21 juillet 1954).

L'ART À GENÈVE

La cathédrale de Genève (aujourd'hui temple Saint-Pierre) est en partie des xiie s. et xiiie s. ; la façade, de Benedetto Alfieri (1700-1767), est classique et d'ordre corinthien ; la flèche a été exécutée à partir de 1895. Plus homogène, l'église de la Madeleine date des xive s. et xve s., tandis que l'hôtel de ville est du xvie s. Autour de ces monuments, un vieux quartier aux rues étroites a gardé son caractère de pittoresque moyenâgeux. Dans la ville moderne, le théâtre a été construit en 1879 sur le modèle de l'Opéra de Paris (il a brûlé en 1951 et a été rénové à cette occasion). Un des principaux attraits de Genève réside dans ses promenades et ses jardins, sur les deux rives du lac. Une statue de Jean-Jacques Rousseau, par James Pradier (1792-1852), est érigée dans l'île Rousseau. Sur la promenade des Bastions, le monument de la Réformation, d'un art sévère, aligne sur 100 m de long, de nombreuses figures dues aux sculpteurs Paul Landowski et Henri Bouchard.

Au S.-O. de la ville, le musée ethnographique n'est pas moins riche. Dans le parc Ariana, le musée du même nom conserve d'importantes collections de faïences et de porcelaines. Le musée d'Art et d'Histoire (1909), dont les parois de l'escalier ont été décorées de grandes et vigoureuses peintures par Ferdinand Hodler, abrite, outre des collections préhistoriques et antiques et des collections d'arts décoratifs, une galerie des beaux-arts, dont l'un des joyaux est le retable de la Pêche miraculeuse, exécuté par Konrad Witz pour la cathédrale Saint-Pierre en 1444 ; sont également représentés Véronèse, Lucas Cranach, Gérard Dou, Philippe de Champaigne, William Hogarth, Élisabeth Vigée-Lebrun (portrait de Mme de Staël sous les traits de Corinne), Quentin de la Tour (portrait de J.-J. Rousseau), Jean Etienne Liotard (portrait de Mme d'Épinay), Barthélemy Menn, Houdon, ainsi que Courbet, Cézanne, Pissarro, Sisley, Rodin. La bibliothèque de l'université (1873) garde de précieux manuscrits enluminés ; une de ses salles porte le nom de musée Jean-Jacques-Rousseau. Enfin, le musée du Petit Palais abrite l'ensemble de peintures postimpressionnistes réunies par le collectionneur Oscar Ghez.

LES FOIRES DE GENÈVE

Confirmés à la fin du xiiie s. ou au début du xive s., animant l'économie d'au moins vingt-trois localités du diocèse de Genève, les marchés et les foires annuelles ou semestrielles de cette contrée « ont été des foires satellites de Genève, des sortes de succursales régionales » (J.-F. Bergier). Les grandes foires genevoises, dont la première a été fondée avant 1262, se développent grâce à l'ouverture de la route du Simplon, qui favorise l'afflux massif de marchands italiens dans la haute vallée du Rhône à partir de 1270, à l'heure même où s'amorce le déclin des foires de Champagne. Bénéficiant, en 1285, de la protection du compte de Savoie, les sept foires franches de Genève font de la ville, du xive s. au milieu du xve s., un centre de commerce international presque permanent. Genève assume la succession, au début du xve s., de Paris en tant que grande place bancaire de l'Occident. Chaque année, la perception des leydes et autres droits levés aux halles est affermée aux enchères publiques à un Maître des halles responsable de leur police et de leur administration. Orientées vers le grand commerce international, puis vers la spéculation sur les changes qui en résulte, à partir du xve s., les foires de Genève ne suscitent aucun développement industriel dans la ville avant le milieu du xvie s., sans doute parce que leurs principaux bénéficiaires sont des marchands étrangers qui ne réinvestissent pas leurs capitaux sur place. Concurrencées par les foires de Lyon à partir de 1462, elles déclinent irrémédiablement à la fin du xve s. En 1465, le transfert à Lyon de la totalité des établissements bancaires italiens de Genève porte un coup fatal à leurs activités financières. Détachées de leur support italien, les foires de Genève se trouvent brusquement resserrées dans leur cadre naturel fort étroit jusqu'à ce que l'intervention allemande, après 1480, assure de nouveau leur expansion jusqu'au milieu du xvie s. dans un cadre purement commercial. Mais, comme le souligne Jean-François Bergier, elles ont été moins victimes de la concurrence des foires de Lyon que d'une « crise structurale d'adaptation à un rythme général de croissance économique essentiellement différent », dû au recul économique du monde italo-oriental et à la montée des pays de l'Europe et de la Méditerranée occidentales, pays qui offrent un cadre géographique mieux adapté aux conditions de l'économie moderne.