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Bruxelles

en néerlandais Brussel

Bruxelles
Bruxelles

Capitale de la Belgique et chef-lieu de la Région Bruxelles-Capitale, sur la Senne.

  • Population : 168 576 hab. (recensement de 2013)
  • Nom des habitants : Bruxellois

GÉOGRAPHIE

Bruxelles et son agglomération constituent la Région de Bruxelles-Capitale.

Bruxelles est située presque au contact des collines ou plateaux méridionaux et de la plaine septentrionale, sur le grand axe (déjà jalonné par Bruges et Gand) entre la mer du Nord et le Rhin. Cet axe ouest-est est ici coupé par la vallée méridienne de la Senne. Dès les origines, deux parties apparaissent. Dans la vallée initialement marécageuse, c'est la ville du commerce et aussi des industries, regroupant aujourd'hui l'hôtel de ville, la Bourse, les gares, les théâtres et les artères commerçantes ; les industries s'étirent le long de la vallée, jusqu'à Vilvoorde ou Halle et Tubize. Plus à l'E., la ville haute, sur le Coudenberg (le « Mont froid »), fut d'abord une résidence princière. Elle est dominée aujourd'hui par l'administration. C'est là que se trouvent le Palais royal, le Palais de justice, les grands musées, les ministères ; l'arrivée de la Communauté européenne a développé les fonctions directionnelles de la rue de la Loi à la place Charlemagne. La résidence de haut niveau s'est installée ici, à la fin du xixe s., dans les quartiers Léopold et Louise aujourd'hui de plus en plus occupés par des bureaux ou le commerce de luxe ; de ce fait, ce type d'habitat résidentiel continue de progresser vers l'E. et le S.-E., vers le bois de la Cambre.

L'agglomération concentre près du cinquième des travailleurs de l'industrie belge (confection, alimentation, imprimerie, constructions électriques et mécaniques, peinture, caoutchouc et même quelques branches lourdes), surtout en banlieue. Le secteur tertiaire est encore plus développé. Plus de la moitié des sièges sociaux des firmes belges sont localisés dans l'agglomération. Bruxelles a été privilégiée par ses fonctions politiques ; l'arrivée des Communautés européennes a provoqué une profonde transformation (ambassades, sociétés, bureaux) ; la ville est devenue l'une des capitales de l'Union européenne et, depuis 1967, le siège du Conseil permanent de l'O.T.A.N. À l'inverse, le rôle de Bruxelles est remis en question par le problème de la régionalisation. Bien qu'au nord de la frontière linguistique, la population (à plus de 80 % probablement) parle le français ; entre une Belgique néerlandophone et une Belgique francophone, Bruxelles forme ainsi une entité dont les statuts et les pouvoirs sont âprement discutés.

L'HISTOIRE DE BRUXELLES

D'après la légende, Bruxelles aurait été fondée vers 600 par l'évêque de Cambrai, saint Géry, sur une petite île de la Senne. Née sans doute sur les hauteurs de la rive droite de la Senne, la ville aurait été ainsi à l'abri des inondations. En 977, l'empereur Otton II confie le comté dont Bruxelles fait partie au duc de Basse-Lotharingie, Charles de France. Celui-ci fait alors construire dans l'île dite de Saint-Géry un castrum, ou château, protégeant la frontière occidentale de l'empire contre les attaques flamandes. Poste défensif, ce château est aussi le centre administratif du comté et une place marchande de grande importance. Bruxelles est un portus : la Senne cessant d'être navigable à cet endroit, les marchandises y sont débarquées pour être acheminées par terre, vers le sud. Par ailleurs, point de transit entre les deux principales villes de Flandre, Bruges et Gand, à l'ouest, et Louvain, Liège, la Meuse et le Rhin, à l'est, Bruxelles se trouve sur la nouvelle route commerciale Cologne-Bruges, qui remplace la vieille voie Bavai-Gembloux-Tongres, au sud. Favorisée par son site et sa situation, Bruxelles va connaître un essor rapide. Sous le règne du duc de Brabant, Lambert II Balderic (†vers 1063), le transfert de la châsse de Sainte Gudule de la chapelle du château à l'église des Saints-Michel-et-Gudule, récemment édifiée, est d'une grande importance pour le développement de la ville. Longtemps attribuée à Lambert II en 1040, la construction de la première enceinte de la ville ne daterait que de 1100. À l'abri de murs de 4 000 m de périmètre, flanqués de 50 tours, percés de 7 portes, la vie urbaine se développe autour de trois foyers principaux : l'église des Saints-Michel-et-Gudule, le Nouveau Marché installé en dehors de l'île de Saint-Géry et le château de Coudenberg, résidence ducale sur la rive droite de la Senne.

Aussi Bruxelles devient-elle au xiiie s. la ville politiquement la plus importante du Brabant, et cela bien que Louvain en soit de droit la capitale. Administrée par un échevinage en 1155 et peut-être même dès 1138, Bruxelles reçoit sa première keure, ou charte, des mains du duc Henri Ier (duc de 1190 à 1235), le 10 juin 1229. Celle-ci accorde à la commune constituée par les bourgeois qui ont prêté serment de nombreux privilèges : sauvegarde des personnes et des propriétés privées, prohibition de la justice personnelle, inviolabilité du domicile, interdiction d'abriter des coupables et de falsifier les poids et mesures. Privilégiés par hérédité ou par achat du droit de bourgeoisie, les notables bruxellois fondent une gilde dont la constitution est approuvée par le duc de Brabant en 1289. Composée des seuls membres des lignages, la gilde ne se contente pas de diriger l'industrie drapière et d'exercer sa domination économique et sociale sur les salariés ; ses préoccupations sont également politiques et ses interventions fréquentes auprès des échevins auxquels ses membres sont apparentés. Contre cette oligarchie dirigeante éclatent bientôt des mouvements revendicatifs unissant les petits patrons aux compagnons. Animée par la moyenne bourgeoisie désireuse de partager l'échevinage avec les lignages, la première émeute populaire de 1303 contraint le duc à accorder « une gilde au commun de sa ville de Bruxelles » ; il s'agissait sans doute d'élargir, du côté des petits métiers, la composition de la gilde. Une deuxième émeute ayant éclaté au début de 1306 et contraint les patriciens à la fuite, le duc Jean II (duc de 1294 à 1312), absent de Bruxelles, se hâte de revenir pour écraser les forces des gens des métiers à Vilvoorde. Malgré ces troubles, Bruxelles connaît un développement considérable, ses draps étant, en particulier, exportés avec succès, notamment au xive s. sur les marchés de Paris, d'Allemagne du Sud et jusqu'à Venise.

L'incendie de 1276, qui détruit plus du tiers des habitations, puis l'extension des faubourgs vers le sud, où se sont installés, après l'émeute de 1306, un grand nombre de tisserands et de foulons, enfin l'enrichissement de la ville justifient la construction d'une deuxième enceinte (1359-1379), qui s'étend sur 8 km et englobe 450 ha. Sous le règne de Venceslas Ier (1355-1383), le mouvement démocratique reprend, favorisé par l'affaiblissement du pouvoir ducal et par les oppositions à l'intérieur même des lignages. Bruxelles bénéficie, avec tout le duché de Brabant, de la charte de 1356, dite « Joyeuse Entrée ». Stimulés par l'attitude du duc qui cherche à affaiblir les patriciens de Louvain, les métiers bruxellois massacrent de nombreux patriciens, le 23 juillet 1360. Après avoir exercé de violentes représailles, les échevins acceptent de consulter à partir de 1366 les principaux chefs des métiers, notamment en matière financière. Cependant, le régime demeure oligarchique, les échevins restant choisis par le duc parmi les seuls candidats présentés par les sept lignages en vertu du privilège du 19 juin 1375. Ayant attaqué en 1421 les membres des lignages et exécuté plusieurs favoris du duc Jean IV (duc de 1415 à 1427), les gens des 49 métiers groupés en 9 nations arrachent aussitôt à celui-ci le droit de nommer la moitié des échevins et un des deux bourgmestres de la ville. En 1422, le clergé, la noblesse et la bourgeoisie prennent le nom d'états et décident de placer le duc sous la tutelle d'un conseil.

En 1430, le duc Philippe de Saint-Pol étant mort sans enfants, les états du Brabant désignent Philippe le Bon comme héritier du duché, pour l'empêcher de tomber entre les mains de l'empereur. Devenue l'une des résidences des ducs de Bourgogne, la ville s'enrichit au temps des Valois et conserve son importance sous les Habsbourg, au prix d'une importante mutation économique (substitution de la tapisserie à la draperie et construction du canal de Willebroek [1550-1561], qui remplace la Senne envasée comme voie d'accès à la mer). Temporairement transféré à Malines, le siège du gouvernement est rétabli définitivement à Bruxelles sous Philippe II. Les troubles religieux du xvie s. et la réaction catholique, principalement sous le duc d'Albe, portent un coup sévère à la prospérité de la ville : en 1576, par la Pacification de Gand, les 17 provinces des Pays-Bas se fédèrent et se donnent pour objectifs l'expulsion des troupes espagnoles et la suspension des décrets du duc d'Albe contre les hérétiques. Ayant chassé les Espagnols en 1578, Bruxelles est réoccupée par le duc de Parme, Alexandre Farnèse, le 10 mars 1585. La période espagnole est pour la ville une période de stagnation, voire de décadence.

Assiégée par le maréchal de Villeroi, Bruxelles est écrasée à partir du 13 août 1695 par un bombardement qui dure deux jours : 4 000 maisons, l'hôtel de ville et le centre de la ville sont gravement touchés. Occupée par les Alliés en 1706, Bruxelles passe sous la domination de la maison d'Autriche à la suite du traité d'Utrecht (1713). Résidence des gouverneurs généraux autrichiens jusqu'en 1794, Bruxelles s'oppose ouvertement à ses nouveaux maîtres. Accusé d'avoir conspiré contre la sûreté de l'État, en défendant les privilèges des métiers, un de leurs doyens, François Anneessens, est décapité en 1719. Plus conciliante, l'impératrice Marie-Thérèse contribue à la popularité de son beau-frère, le gouverneur général (1744-1780) Charles de Lorraine (1712-1780) qui confie à l'architecte Barnabé Guimard le soin de faire de Bruxelles une capitale classique. La politique limitative des libertés provinciales de Joseph II ayant entraîné la révolte du Brabant (1789), le conflit reprend entre les Habsbourg et Bruxelles. Servant dès le début de la Révolution française de dépôt d'armes aux émigrés et aux coalisés, Bruxelles est occupée le 14 novembre 1792 par Dumouriez, vainqueur à Jemmapes des Autrichiens. Ceux-ci ayant repris la ville peu après, l'empereur François II vient y confirmer la Constitution brabançonne, la Joyeuse Entrée supprimée par Joseph II.

Réoccupée par les Français le 10 juillet 1794, Bruxelles devient le chef-lieu du département de la Dyle (1795-1814), à la suite de l'annexion des Pays-Bas autrichiens par la France. Une année sur deux résidence du roi des Pays-Bas entre 1815 et 1830, Bruxelles se soulève le 25 août 1830. Commencée par une bataille de rues, cette révolution s'achève par la proclamation de l'indépendance de la Belgique, dont cette ville devient tout naturellement la capitale. Grâce surtout à l'action des bourgmestres Charles de Brouckère (1796-1860) bourgmestre de 1848 à 1860 et Jules Anspach, celle-ci se transforme rapidement au xixe s., notamment grâce au voûtement de la Senne (achevé en 1871) sur le cours de laquelle s'élèvent les boulevards du centre. Occupée du 20 août 1914 au 18 novembre 1918 par les Allemands, Bruxelles oppose à ces derniers une résistance passive efficace pendant la Première Guerre mondiale sous l'impulsion de son bourgmestre Adolphe Max (1869-1939 ; bourgmestre de 1909 à 1939). Bombardée le 10 mai 1940, la ville est de nouveau occupée par les Allemands le 18 mai. Victime des bombardements stratégiques alliés de 1943-1944, Bruxelles est libérée par les Britanniques (3 septembre 1944), mais est alors exposée aux fusées allemandes.

Ayant rapidement réparé ses ruines au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et retrouvé une grande prospérité dont témoigne la réussite de l'Exposition internationale de Heysel (17 avril-19 octobre 1958), Bruxelles est devenue une des capitales de l'Union européenne. Depuis avril 1967, la ville est aussi le siège du Conseil permanent de l'O.T.A.N.

BRUXELLES, VILLE D'ART

Introduction

À maintes reprises, Bruxelles a été ville résidentielle des comtes et des ducs régnants. Grâce notamment à leur mécénat, la vie artistique, au cours des siècles, y apparaît fort riche ; nombreux sont les monuments et les œuvres d'art qui en témoignent aujourd'hui.

Architecture

La cathédrale Saint-Michel est gothique (xiiie-xviie s.) : le chœur fut achevé vers 1275, la grande nef, la façade et le collatéral nord au xvie s. Elle renferme de nombreuses œuvres d'art, notamment dans la chapelle du Saint-Sacrement, aux remarquables vitraux de 1533-1539. Fondée au xie s., l'église Saint-Nicolas a été reconstruite au xive s. ; Notre-Dame-de-la-Chapelle a un transept encore roman du début du xiiie s., les autres parties (xiiie-xvie s.) sont caractéristiques du gothique brabançon (nombreuses peintures et sculptures) ; Notre-Dame-du-Sablon date des xive et xve s. Parmi les églises baroques du xviie s. subsistent Saint-Jean-Baptiste-au-Béguinage (1657-1676), Notre-Dame-de-Bon-Secours (1664-1669), Notre-Dame-aux-Riches-Claires (1665), probablement par l'architecte Luc Faydherbe de Malines. L'église des Minimes (1700-1715), par Willem de Bruyn (1649-1719), est d'inspiration plus classique.

La Grand-Place constitue un ensemble d'architecture civile ancienne d'une étonnante richesse décorative. Elle est dominée par le plus remarquable monument gothique de Bruxelles, l'hôtel de ville (1402-1454) avec son beffroi de 96 mètres de haut, chef-d'œuvre de sveltesse. La maison dite du Roi, primitivement halle au pain (aujourd'hui Musée de la Ville), fut élevée sous Charles Quint, notamment par Lodewijk Van Boghem (vers 1470-1540), et reconstruite à l'identique au xixe s. La plupart des maisons qui entourent la place furent bâties par des gildes de métiers ; après le bombardement de la ville par les Français, en 1695, elles furent restaurées ou reconstruites dans un style baroque très orné.

Bruxelles est riche en monuments de styles Louis XVI et néoclassique : place Royale, due principalement au Français Barnabé Guimard (†1792) ; palais de la Nation (1779) du même architecte ; place des Martyrs ; palais de Laeken, par Louis-Joseph Montoyer (1749-1811), restauré après un incendie de 1890 ; palais du prince d'Orange, aujourd'hui des Académies (1823-1826) ; etc. L'éclectisme de la seconde moitié du xixe s. trouve sa plus baroque expression dans l'immense entassement de pierres du Palais de justice de Joseph Poelaert (1817-1879). Le même architecte rebâtit en style gothique l'église Notre-Dame de Laeken, dont la crypte abrite les sépultures des souverains belges.

Une génération plus tard, et pour quelques années seulement, Bruxelles prend une position d'avant-garde dans l'architecture occidentale, grâce à sa contribution à la naissance du modern style, principalement représenté par le baron Horta et Henry Van de Velde, sans oublier Paul Hankar (1859-1901). Victor Horta (Gand1861- Bruxelles 1947) fut un pionnier du modernisme dans les années 1890. Par le caprice élégant des courbes, il renouvela dans un style précieux la technique du métal et du verre. La maison Tassel (1892), l'hôtel Solvay (1895-1900), la maison du Peuple (1896-1899, aujourd'hui détruite), la maison Horta (1898), transformée en musée de l'Art nouveau, sont les exemples les plus célèbres d'une manière qui met brillamment en concurrence imagination formelle et logique constructive. Plus tard, Horta reviendra à une manière classique, notamment avec son palais des Beaux-Arts (1914-1928), toujours à Bruxelles.

Henry Van de Velde (Anvers1863- Zurich 1957), architecte, décorateur, théoricien, construisit sa propre demeure à Bruxelles-Uccle en 1895. Son utilisation de la courbe, de motifs décoratifs empruntés à la végétation eut à cette époque une grande influence sur l'architecture d'intérieur et le mobilier en Europe. Après différentes activités à l'étranger, et surtout en Allemagne, il devint, en 1926, directeur de l'Institut supérieur des Arts décoratifs de Bruxelles. Son dernier style le montre proche du fonctionnalisme néerlandais.

Peinture

Rogier Van der Weyden, originaire de Tournai, fut peintre officiel de la ville d'environ 1435 à sa mort, en 1464, définissant l'orientation d'une école originale qui comprend notamment Vranck Van der Stockt (avant 1424-1495), successeur de Rogier comme peintre de la ville. Au xvie s., celle-ci fut le centre de la Renaissance de style « romaniste ». Bernard Van Orley, peintre de Marguerite d'Autriche et auteur de cartons de tapisseries et de vitraux, marque le passage du maniérisme gothique à cette tendance italianisante que représente encore un Pieter Coecke Van Aelst (1502-1550, d'abord actif à Anvers). Gendre de ce dernier, Pieter Bruegel l'Ancien fut, ainsi que ses enfants, lié à la vie artistique bruxelloise ; le musée d'Art ancien conserve plusieurs de ses œuvres majeures.

Au xviie s., la ville d'Anvers a la prépondérance ; toutefois David Teniers travaille à Bruxelles et Jacob d'Arthois (1613-vers 1686), peignant la forêt de Soignes, renouvelle l'art du paysage.

Au xixe s., François Joseph Navez (1787-1869) représente le renouveau du classicisme que, devenu directeur de l'Académie, il maintint en face des romantiques, Antoine Joseph Wiertz (1806-1865) et Louis Gallait (1810-1887). Dans la seconde moitié du siècle, Hippolyte Boulenger (1837-1874), fondateur de l'école paysagiste de Tervuren (en forêt de Soignes), et Charles De Groux (1825-1870), qui subit l'influence de Millet, sont les propagateurs sensibles du réalisme. Guillaume Vogels (1836-1896) représente le passage à un impressionnisme non soumis aux modèles français ; par contre, Henri Evenepoel (1872-1899) fait à Paris l'essentiel de sa brève carrière. Tous deux furent membres du « groupe des XX », l'une de ces associations qui témoignent du rôle alors joué par Bruxelles comme centre d'attraction et de création.

Ce rôle se poursuit au xxe s. Tous les grands artistes, comme précédemment Ensor, ont exposé à Bruxelles, tels Rik Wouters (1882-1916) et Permeke, et sont bien représentés au musée d'Art moderne de la capitale belge. La carrière des surréalistes Magritte et Delvaux est liée à la vie artistique de la capitale. En 1945, le groupe « la Jeune Peinture belge » est constitué par des artistes de tendance abstraite comme Antoine Mortier, Louis Van Lint, Englebert Van Anderlecht.

Sculpture

En 1379, Claus Sluter est inscrit sur les registres corporatifs de la ville, mais il est à Dijon dès 1383. À la fin du xve s., l'atelier de Jean Ier Borman produit des retables de bois que caractérisent à la fois le réalisme et l'invention pittoresque.

Les Duquesnoy représentent l'art baroque de la première moitié du xviie s. ; Gilles Lambert Godecharle (1750-1835), le retour au classicisme (frontons du palais de la Nation et du palais de Laeken) ; Constantin Meunier (1831-1905), le réalisme social du xixe s. (monument au Travail). G. Moeschal, J.P. Ghijsels, J.M. Strebelle comptent parmi les principaux sculpteurs du xxe s.

Tapisserie

Les premières corporations de tapissiers apparaissent à Bruxelles vers 1300, mais leur production n'a pas été conservée. À la fin du xve et au début du xvie s. se développe une manière caractérisée par le manque voulu de perspective, les larges drapés aux plis sculpturaux, les gestes précis, le sens décoratif. Averti de l'œuvre de Raphaël, Bernard Van Orley est le principal romaniste de l'histoire de la tapisserie en Belgique : son influence s'étend à tout le pays pendant plus d'un siècle. Plusieurs cartons de Michiel Coxcie (1499-1592) et tous ceux de Pieter Coecke Van Aelst(†1531) furent exécutés à Bruxelles. Parmi les praticiens, on peut citer Pieter Van Aelst, qui travaille pour la cour de Charles V et pour le pape, Pieter de Pannemaker, fournisseur de la cour de Marguerite d'Autriche, les Kempeneer, les Dermoyen, etc. Vers 1560, le centre de la tapisserie se déplace progressivement à Anvers. Pieter de Kempeneer (1503-1580) est néanmoins très actif comme dessinateur de cartons de 1563 à 1580. C'est en 1794 que disparaît le dernier grand atelier, celui de Jacques Van der Borght. Le musée d'Art et d'Histoire de la capitale expose de nombreuses tentures illustrant l'évolution de cet art de la tapisserie bruxelloise.

Enfin Bruxelles a connu depuis le xviie s. une importante production dentellière et, depuis le xviiie s., une production de céramique. Cornelis Mombaers fonda en 1705 une manufacture de faïences que son fils Filip releva après un certain déclin. La ville compta de nombreuses fabriques jusqu'en 1866, et une nouvelle expansion de cette industrie s'est produite à la fin du xixe s. (importantes collections au musée d'Art et d'Histoire et au Musée de la Ville).

LES MUSÉES DE BRUXELLES

Les musées royaux des Beaux-Arts (musée d'Art ancien et musée d'Art moderne) possèdent de nombreuses œuvres de peintres de l'école flamande Retable de la Vie de la Vierge (xive s.), Jugement dernier de Diest (xve s.), œuvres de Van der Weyden, Bouts, Memling, Bosch pour le xve s., de Metsys, Gossart, Van Orley, Bruegel l'Ancien (la Chute d'Icare) etc., pour le xvie s. Nombreux tableaux de Rubens, Van Dyck, Jordaens, Teniers… Parmi les écoles étrangères : le Jérémie du Maître de l'Annonciation d'Aix et la Vierge à l'Enfant avec des Anges du Maître de Moulins. Écoles belge et française du xixe s. (Marat assassiné de David). Sculptures des xviie s., xviiie s. et xixe s. Le musée d'Art moderne (ouvert en 1984) possède d'importantes collections, notamment de l'école belge à partir d'Ensor.

Le musée royal d'Art et d'Histoire comporte, outre des sections antiques, d'Extrême-Orient, d'ethnographie, de folklore, une importante section d'industries d'art (ivoires, tapisseries, dentelles, vitraux, orfèvrerie…).

Les armes et armures sont présentées au musée royal d'Armes et d'Armures, le plus ancien d'Europe (1406), dans l'ancienne porte de Hal, dernier vestige de l'enceinte du xive s.

Le Musée instrumental du Conservatoire royal de musique possède une riche collection d'instruments de tous temps et de tous pays.

La Bibliothèque royale (ancienne bibliothèque de Bourgogne) conserve des manuscrits, des estampes, des monnaies, des médailles.

À Anderlecht, un musée occupe la maison où, vers 1521, séjourna Érasme.

Ouvert en 1990, le Centre belge de la bande dessinée est installé dans un bâtiment de 1903 de V. Horta.