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Alger

en arabe al-Djazā’ir ou El-Djazaïr

Alger
Alger

Capitale de l'Algérie et chef-lieu de wilaya (786 km2).

  • Population pour l'agglomération : 2 915 650 hab. (estimation pour 2011)

Sur la Méditerranée, adossée aux hauteurs du Sahel, Alger est située à mi-chemin des frontières marocaine et tunisienne. Il s'agit de la ville la plus importante du pays, par le nombre de ses habitants, par ses activités tertiaires de capitale, par les industries de son agglomération, par son rôle historique dans la formation de l'État algérien. Alger combine les activités multiples d'une grande capitale : politique (ministères, ambassades, administrations), intellectuelle (université, grandes écoles, journaux), financière (sièges des grandes sociétés d'État, des banques). C'est la plaque tournante des transports : port maritime (aujourd'hui très encombré) ; centre routier et ferroviaire ; aéroport international de Dar el-Beida. Des industries différenciées sont développées depuis la fin de la période coloniale dans l'agglomération : raffinage du pétrole, métallurgie de transformation, automobile, agro-alimentaire, bâtiment…

La population ne cesse d'augmenter dans la ville et dans l'agglomération, s'installant souvent dans des conditions très médiocres (entassement dans les anciens quartiers [bidonvilles jadis, habitat précaire maintenant]) : elle aurait triplé (malgré le départ des 200 000 Européens) depuis 1962. Aussi se posent de multiples problèmes sociaux, de logement, d'hygiène, d'alimentation en eau, de délinquance, de circulation. Une première ligne de métro, desservant dix stations, a été ouverte en 2011 (il s'agit du premier métro du Maghreb et du deuxième métro d'Afrique, après celui du Caire). Téléphérique. L'est de la ville et la région avoisinante ont été endommagés par un séisme en 2003.

Ville très contrastée, le Grand Alger s'adosse aux hauteurs du Sahel et fait face à une vaste baie qui s'allonge jusqu'au cap Matifou. Il juxtapose les anciens quartiers de la ville précoloniale (la Casbah), les anciens quartiers européens du centre ou des proches extensions (Bab el-Oued, Belcourt), les beaux quartiers des hauteurs dominant la baie, et, vers l'E., les extensions industrielles et les banlieues ouvrières d'Hussein Dey, El-Harrach, Rouiba.

HISTOIRE

Modeste comptoir punique, puis romain, Alger fut détruite par une suite d'invasions. Buluggin, prince de la dynastie ziride, la fait renaître vers 980. Malgré une vie politique troublée, Alger devient dès lors un centre commercila actif, en relation avec toute la Méditerranée. Vers 1492, elle accueille des morisques figitifs de Grenade, qui développent la course et la piraterie. En 1514, la prise de l'ilôt principal, (le Penon) par les Espagnols entraîne le recours aux frères corsaires Barberousse (Baba Arudj et Khayral-Din) qui occupent la ville en 1516. Ces derniers s'étant placés sous la protection de Constantinople, Alger devient la capitale d'un État algérien plus ou moins vassal de l'Empire ottoman. En 1541, Charles Quint l'assiège sans succès. La rivalité entre les janissaires turcs et les « raïfs » (capitaines corsaires) crée le désordre, mais Alger connaît une grande prospérité lors de l'apogée de la course au xviie s. ; la piraterie est combattue par Louis XIV (bombardements de 1679 à 1683). Dominée par la forteresse de la Kasbah, la ville couvre les pentes de l'acropole et étend, en bordure de mer, ses riches quartiers commerçants semés de palais et de mosquées. Le 4 juillet 1830, Alger est prise par les Français commandés par Bourmont. Après 1830, des monuments anciens sont détruits et font place aux constructions européennes, administratives et militaires. Après avoir été une ville de garnison, Alger prend son essor à partir de 1880 et devient un grand marché de vin, un centre financier et un grand port.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Alger est un des points choisis pour le débarquement des troupes alliées, le 7 novembre 1942. Les troupes françaises ne leur opposent qu'une brève résistance bientôt suivie de leur entrée dans le conflit contre l'Axe. Après l'assassinat de l'amiral Darlan, le 24 décembre 1942, le géénral Giraud devient commandant en chef civil et militaire en Afrique du Nord. La conférence interalliée de Casablanca (avril 1943) amène le général de Gaulle à partager avec lui la présidence du Comité français de libération nationale (CFLN), dit « comité d'Alger », créé le 3 juin 1943. Bientôt de Gaulle en devient seul président. Alger reste la « capitale de la France libre » jusqu'au retour à Paris du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) après la Libération (août 1944).

La ville, pendant la guerre d'Algérie (novembre 1954-juillet 1962), est l'un des principaux foyers de la lutte menée par le Front de libération nationale algérien (FLN). Les épisodes les plus marquants de la guerre à Alger seront successivement : le contrôle de l'activité clandestine armée du FLN dans la ville, assuré par le général Massu et la 10e division parachutiste (janvier-septembre 1957) ; la création d'un Comité de salut public, le 13 mai 1958, qui amène la chute de la IVe République et le retour au pouvoir du général de Gaulle (→ crise du 13 mai 1958) ; la journée des barricades du 24 janvier 1960, en réaction contre la politique de négociations du président de Gaulle. Le putsch d'Alger du 22 avril 1961, mené par les généraux Salan, Challe, Jouhaux et Zeller, sera l'utime tentative militaire contre cette même politique. Après l'échec rapide du putsch, l'opposition des Français d'Algérie à l'indépendance se manifestera par un terrrisme de désespoir conduit par l'Organisation armée secrète (OAS). En juillet 1962, Alger devient la capitale de l'Algérie indépendante.

Pour en savoir plus, voir l'article histoire de l'Algérie.

BEAUX-ARTS

La ville « arabe » date essentiellement de la période turque. Seule la Grande Mosquée (xie s.) est antérieure. La mosquée de la Pêcherie (1660) rappelle les basiliques de Constantinople. Les demeures traditionnelles sont pleines de charme avec leur patio central et leurs décors de faïence. Dans la ville moderne, cathédrale du Sacré-Cœur par Herbé, Le Couteur et Sarger (vers 1960). Principaux musées : de Préhistoire et d'Ethnographie (villa du Bardo), des Antiquités classiques et musulmanes, des Beaux-Arts.