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Neil Young

Guitariste, chanteur et auteur-compositeur de rock, de folk et de country (Toronto 1945).

Fils d'un journaliste sportif, il apprend l'ukulélé et la guitare dès son adolescence puis, nourri de Bill Haley et de Presley, tourne avec des formations locales dans les clubs folk. En 1966, il s'exile à Los Angeles avec Bruce Palmer, son bassiste d'ami, où il s'acoquine avec Stephen Stills, Richie Furay et Dewey Martin pour fonder le mythique Buffalo Springfield. Après la séparation du groupe en 1968, Young entreprend une carrière solo avec l'acoustique et décevant Neil Young (1969), suivi de près par le beaucoup plus intéressant Everybody Knows This Is Nowhere qui recèle déjà de futurs classiques comme Cinnamon Girl, Down By The River ou Cowgirl In The Sand. Secondé par The Rockets, futurs Crazy Horse (le guitariste Danny Whitten, le batteur Ralph Molina et le bassiste Billy Talbot), Young décroche un disque d'or grâce à sa guitare indomptable, sa voix si étrange, si nasillarde, si originale. En parallèle, il collabore avec les très populaires Crosby, Stills, Nash, de 1969 à leur séparation l'été suivant. After The Gold Rush (1970) lui permet de faire connaître dans tous les États-Unis ses mélodies puissantes, son folk enjôleur, son rock teigneux, sa poésie rurale et ses longues lamentations électriques. Mais ce sont surtout les 3 millions d'exemplaires de Harvest (1972) et le hit Heart Of Gold qui en font une superstar. Aujourd'hui encore, les superbes ballades, la pureté de cette country pacifique et coulante, de ces bouts d'harmonica typiquement nord-américains n'ont pas vieilli. Il réalise ensuite une étrange B.O. pour le film Journey Trough The Past.

Descente aux enfers. En 1973, à la veille d'une tournée, Danny Whitten succombe à une overdose d'héroïne. Le live qui suit, Times Fades Away, enregistré en compagnie des Stray Gators, est un semi-échec commercial. Son contenu intense, douloureux, ses guitares torturées annoncent une période sombre. Tonight's The Night, écrit en hommage à Whitten (remplacé par Frank Sampedro) et à un roadie victime d'overdose, est un des disques les plus morbides de l'histoire du rock. Malgré son désespoir et sa description des ravages de la drogue, Young prétend qu'il s'agit d'une ode à la vie. Il y étouffe un désespoir abyssal. Il tente de soigner un mal incurable en s'arrachant la voix, en implorant, en déchirant ses accords de guitare et en pleurant.

En 1974, avec On The Beach, Young égrène ses états d'âme sur fond d'acoustique. Il sort lentement d'une dépression. Les effets destructeurs de la tourmente intérieure s'estompent progressivement avec Zuma (et son Cortez The Killer), un album de rock graveleux, intense mais réparateur. Durant l'été 1976, il rejoint Stills pour une tournée en duo et un album inégal (Long May You Run). En 1977, American Stars'n'Bars, une collection de chutes de studio (1974-1977) et surtout le triple album Decade offrent un récapitulatif parfait de sa carrière. L'année suivante, avec le folk atmosphérique de Comes A Time, il revient avec succès sur un territoire proche de Harvest. En 1979, la tournée Rust Never Sleeps débouche sur l'album du même nom, une pièce maîtresse d'un rock rageur, énervé (un morceau est dédié à Johnny Rotten des Sex Pistols), mais aussi sur une vidéo et un live, Live Rust (1980).

Écarts. Durant les années 1980, Young zigzague au hasard des styles avec plus ou moins de bonheur. Profondément perturbé par les problèmes de ses deux enfants handicapés, il gère sa carrière par à-coups. Après la country et le folk acoustique de From Hawks & Doves (1980), un Re-Ac-Tor (1981) inconsistant mais énergique, il atterrit sur le label Geffen en 1982. Il y fait des écarts électroniques avec Trans, rockabilly avec Everybody's Rocking (1983), country avec Old Ways (duos avec Waylon Jennings et Willie Nelson en 1985), synthétiques avec Landing On Water ou Life (1987), axés sur les cuivres et le rhythm and blues excentrique (This Note's For You en 1988 chez Reprise).

Perpétuelle renaissance. En 1989, Freedom marque son retour dans les charts avec une formule rock et folk. En 1990, les retrouvailles avec le Crazy Horse pour Ragged Glory ont lieu sur une toile de fond bruyante, distordue, où Neil triture sa guitare, lui arrachant des sons inédits. L'année suivante, Weld — et Arc, son complément — est un nouvel enregistrement public exceptionnel. Durant cette tournée avec le Crazy Horse (avec Sonic Youth et Social Distortionen première partie), les guitares déboulent en cascades. Se tordent de douleur. Tutoient l'apocalypse. La rédemption passe par l'électricité. Par l'urgence. En 1992, il collabore avec les Stray Gators pour le folk poignant de Harvest Moon, suivi de l'acoustique Unplugged et de Lucky Thirteen, une compilation des années Geffen.

En trente ans d'une carrière fabuleuse à la densité étourdissante, il est avec Bob Dylan le compositeur le plus abouti et le plus acclamé de sa génération. À la différence de bon nombre de ses collègues vétérans du rock, il ne suscite aucun ennui. Mieux, celui que l'on a baptisé le parrain du grunge (Kurt Cobain, chanteur suicidé de Nirvana, cite une de ses phrases dans sa lettre d'adieu), a toujours su sortir des ornières dans lesquelles se sont embourbés certains. En 1994, il collabore à la B.O. de Philadelphia puis sort Sleeps With Angels avec le Crazy Horse. Une fois de plus, le résultat suscite l'admiration. Plus enragé que les jeunes générations, plus visionnaire que certains sages, Neil Young se régénère sans cesse. Pour preuve, un sublime album avec Pearl Jam intitulé Mirror Ball (1995) et la bande originale du film Dead Man de Jim Jarmusch en 1996. Le meilleur reste sûrement à venir.