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Philippe III le Bon

Philippe III le Bon
Philippe III le Bon

(Dijon 1396-Bruges 1467), duc de Bourgogne (1419-1467).

1. Le maître d'un « Empire bourguignon » éparpillé

1.1. Armagnacs contre Bourgignons

Fils aîné de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière, il épouse en 1409 la fille de Charles VI, Michelle de France, qui lui apporte les villes de la Somme, le Boulonnais et la majeure partie de la Picardie. Veuf en 1422, il se remariera avec Bonne d'Artois (1424) puis Isabelle de Portugal (1429-1430).

Ayant succédé à son père, assassiné au pont de Montereau par les Armagnacs (septembre 1419), Philippe se lie aussitôt aux Anglais contre le Dauphin (→ futur Charles VII, qu'il rend responsable du meurtre et participe au traité de Troyes (1420), qui fait d'Henri V l'héritier du trône de France. À la mort de Charles VI (1422), il reconnaît Henri VI comme roi de France. Le régent anglais Bedford, qui épouse Anne, sœur du duc de Bourgogne (1423), cède à Philippe Tournai (1423), les comtés de Mâcon et d'Auxerre, la châtellenie de Bar-sur-Seine (1424).

En 1429, le duc de Bourgogne prend possession du comté de Namur, acheté en 1421 ; surtout, il se consacre au règlement de la succession de Jacqueline de Bavière (Hainaut, Zélande, Frise), qu'il finit par capter (1428-1433) ; en 1430, il hérite le Brabant et le Limbourg de son cousin Philippe de Saint-Pol. Occupé à unifier les Pays-Bas, Philippe le Bon n'apporte dans la lutte contre Charles VII qu'un appui médiocre aux Anglais, puis il finit par conclure avec le roi de France le traité d'Arras (septembre 1435), qui lui confirme les domaines cédés par Charles VI ou par Bedford (seules les villes de la Somme sont susceptibles de rachat) et le délie de tout lien de vassalité à l'égard du roi.

Philippe continue son expansion aux Pays-Bas, achetant le Luxembourg (1441), dont il prend possession en 1443, étendant sa protection aux évêques de Thérouanne et de Tournai, de Cambrai, de Liège et d'Utrecht, ainsi qu'aux duchés de Gueldre et de Clèves.

Au milieu du siècle, Philippe est ainsi parvenu à constituer un véritable Empire bourguignon auquel il ne manque que la continuité, la Champagne (le don lui en avait été fait par Henri VI d'Angleterre en 1430, mais les victoires de Jeanne d'Arc avaient tout remis en question) échappant en fait à son autorité. Le « grand-duc du Ponant » demande à l'empereur Frédéric III, théoriquement suzerain de la partie orientale de ses domaines, la couronne royale de Lotharingie (1447), mais il ne reçoit que l'offre de la couronne du Brabant, qu'il refuse. La part qu'il prend au gouvernement de ses États est mal connue.

2. Mécène fastueux

Il s'entoure de « légistes », dont le plus remarquable est, de 1422 à 1462, Nicolas Rolin, chancelier et Premier ministre de fait. Il a aussi des favoris, notamment les Croý. Féru de chevalerie, il fonde l'ordre de la Toison d'or (1429). Il se conduit en mécène averti, et autour de lui se développe une des plus grandes écoles d'art de l'histoire (→ Hans Memling, Van Eyck, Rogier Van der Weyden).

Son règne aboutit à la constitution d'un État fort pourvu d'institutions efficaces : quatre Chambres des comptes fonctionnent séparément à Dijon, Lille, Bruxelles, La Haye, tandis qu'un Grand Conseil siège à Dijon et qu'un chancelier et un receveur général ont compétence sur tous les États.

3. Une fin de règne difficile

La fin du règne est marquée par le déclin du caractère du duc. Les rapports avec Charles VII deviennent franchement mauvais, mais Philippe se préoccupe surtout de la croisade à laquelle il s'est engagé lors du fameux « banquet du Faisan » (1454). Le Dauphin Louis, qu'il a recueilli fugitif (1456) et qui est devenu le roi Louis XI (1461), le paie d'ingratitude. Mené par les Croý, qui travaillent, en fait, pour le compte du roi de France, le duc de Bourgogne accepte le rachat des villes de la Somme (1463), puis son fils, le comte de Charolais, chasse les Croý (avril 1465), et son règne s'achève sous le gouvernement effectif de Charles le Téméraire.

Pour en savoir plus, voir les articles Bourgogne, guerre de Cent Ans.