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Karl von Frisch

Naturaliste autrichien (Vienne 1886-Munich 1982).

Quatrième fils d'un chirurgien de Vienne, il est attiré par les animaux dès ses premières années. Avant même qu'il aille à l'école, il possède un jardin zoologique dans sa chambre. Et il ne s'intéresse pas seulement, comme tant d'autres gamins, aux papillons ou aux grenouilles. Si l'on en juge par la liste retrouvée dans un carnet datant de ses années de lycée, il compte parmi les hôtes qu'il soigne neuf espèces de mammifères, seize d'oiseaux, vingt-six de reptiles et de batraciens, vingt-sept de poissons, quarante-cinq d'invertébrés ! À huit ans, un ami de la famille lui offre une petite perruche brésilienne, qu'il appelle Tschoki et qui lui tiendra compagnie pendant quinze ans.

Devenu étudiant, il veut se lancer dans la zoologie, mais son père, qui trouve cette matière peu lucrative, le pousse à faire d'abord sa médecine. Avec son oncle, le chercheur Sigmund Exner, il fait des études en laboratoire qui lui font découvrir la souffrance des animaux cobayes. Abandonnant la médecine, il entre à l'Institut de zoologie de Munich. Ses premières recherches ne porteront pas sur les abeilles, mais sur les poissons, et plus particulièrement sur leur perception des couleurs. Ses découvertes dans ce domaine lui attirent les foudres d'un grand professeur d'anatomie de sa ville, le professeur von Hess, pour qui les poissons et tous les invertébrés étaient incapables de distinguer les couleurs. Cette querelle sera d'une importance capitale pour la suite de ses travaux.

Des poissons, il passe en effet aux abeilles..Pour ses nouvelles expériences, il n'hésite pas à mettre à contribution sa nombreuse et chaleureuse tribu familiale : ainsi, lorsqu'il s'agit de compter avec précision toutes les abeilles qui se posent sur les papiers de différentes couleurs sur lesquels il a déposé de l'eau sucrée, il fait appel à deux oncles, chercheurs à la barbe grisonnante. La journée pour lui la plus mémorable est celle durant laquelle, au printemps 1919, il découvre la danse des abeilles et leur façon de se communiquer les sources de nourriture. Ce jour-là, il est assis dans le jardin de l'Institut et surveille sa ruche, une boîte spéciale munie de deux fenêtres de verre lui permettant de voir des deux côtés le mouvement des abeilles sur leur rayon de miel. Après en avoir attiré quelques-unes hors de la ruche, il les marque avec de la peinture pendant qu'elles se gorgent d'eau sucrée, afin de pouvoir les reconnaître. « J'interrompis l'apport de nourriture. Quand tout fut redevenu tranquille près de la coupelle, je la remplis de nouveau et j'observai le retour à la ruche d'une abeille qui était venue en éclaireuse et avait bu à la coupelle. Je n'en crus pas mes yeux ! L'abeille se mit à danser en rond, entourée des abeilles marquées qui témoignèrent d'une grande excitation, et provoqua leur envol vers la coupelle pleine. Cette observation fut la plus féconde de toute ma vie. » Ultérieurement, von Frisch parviendra à décrypter le « langage » des abeilles et établira que les butineuses, par leur danse, indique à leurs congénères la direction et la distance d'une source de nourriture. Ses travaux lui inspireront notamment son ouvrage le Professeur des abeilles (1957).

En 1973, il a partagé le prix Nobel de physiologie ou médecine avec Konrad Lorenz. et Nikolaas Tinbergen.