Dwight David Eisenhower
Général et homme d'État américain (Denison, Texas, 1890-Washington 1969).
Général victorieux à la tête des armées alliées en 1945, Dwight David (dit « Ike ») Eisenhower fut le président des États-Unis à l'époque de la guerre froide. Il ébaucha cependant la politique de coexistence pacifique avec l'Union soviétique.
La carrière militaire
Né au Texas, Dwight David Eisenhower passe sa jeunesse au Kansas, parmi six frères et sœurs. Sorti de West Point en 1915, promu commandant dès 1918, il sert à Panamá (1922-1924) puis aux Philippines (1935-1939), où il se lie avec MacArthur, et passe à 48 ans son brevet de pilote. Envoyé à Londres, en 1942, pour mettre au point le débarquement allié en Afrique du Nord, il prend ensuite le commandement des armées alliées (11 février 1943). Après la campagne de Tunisie, il dirige aussi les débarquements en Sicile et en Italie (mai-septembre 1943).
Revenu à Londres fin 1943, Eisenhower est placé à la tête des forces alliées chargées de la libération de l'Europe occidentale. À ce poste, il sera le véritable créateur de l'état-major combiné terrestre, naval et aérien. C'est sous son autorité qu'aura lieu le débarquement de Normandie (6 juin 1944) et c'est lui qui, le 7 mai 1945, recevra, à Reims, la capitulation de l'Allemagne.
Promu chef d'état-major de l'armée américaine, Eisenhower quitte cependant le service actif et est élu, en 1948, président de l'université Columbia. Rappelé peu avant la signature du pacte de l'Atlantique Nord (1949), il est nommé président du Comité des chefs d'état-major américains (Joint Chiefs of Staff) et conseiller militaire du président Truman. En 1950, il met sur pied le SHAPE, qu'il dirige à Rocquencourt jusqu'en 1952.
La carrière présidentielle
En 1952, Eisenhower reçoit l'investiture républicaine pour se présenter à l'élection présidentielle, qu'il remporte avec éclat. Pour diriger la politique extérieure américaine, il fait appel à John Foster Dulles, qui accorde la priorité à la lutte contre le communisme. Une fois terminée la guerre de Corée (juillet 1953), les États-Unis veillent à la mise sur pied de l'OTASE (septembre 1954). En Europe, ils s'emploient à faire des démocraties libérales un rempart contre le bloc dominé par l'URSS. Les deux superpuissances, néanmoins, s'entendront sur l'indépendance et la neutralité de l'Autriche (mai 1955). En 1956, Eisenhower n'interviendra pas en Hongrie, au moment de l'insurrection de Budapest.
Après sa réélection en 1956, le président américain s'efforce de résoudre le problème racial dans le Sud par l'intégration scolaire ; il impose aussi l'arbitrage de l'État en cas de conflit entre patrons et ouvriers afin de réduire les dangers économiques et sociaux d'une grève. En faisant adopter par le Congrès (janvier 1957) son plan d'aide militaire et économique aux pays du Moyen-Orient (la « doctrine Eisenhower »), il justifie par avance l'intervention américaine par la volonté de les protéger « contre une agression armée provenant de tout pays dominé par le communisme international ». Conscient de l'avance prise par les Soviétiques dans le domaine de la conquête spatiale, il accélère le programme américain de missiles intercontinentaux. La politique de détente avec l'URSS s'amorce cependant à l'occasion du voyage officiel de Khrouchtchev aux États-Unis (septembre 1959).
En vertu d'un amendement à la Constitution, promulgué en 1951, Eisenhower ne peut pas se présenter à un troisième mandat présidentiel. Lui qui avait fait revenir les républicains au pouvoir aura pour successeur un démocrate, John F. Kennedy. Il publiera ses Mémoires sur la période 1956-1961 entre 1963 et 1965.
Eisenhower et l'opération Overlord
« OK, let's go ! » (« C'est bon, on y va ! ») C'est par ces simples mots que le général Eisenhower donna l'ordre, le 6 juin 1944, du débarquement allié en Normandie. L'opération, baptisée « Overlord », avait été retardée de 24 heures en raison du mauvais temps. Dans un message à ses troupes, daté précisément du 5 juin 1944, Eisenhower rappelait l'enjeu de ce qu'il nommait lui-même « la grande croisade » et concluait : « Nous n'accepterons que la victoire totale. »
Eisenhower fut à l'origine de la fabrication des chars amphibies DD (Duplex Drive, dits « Donald Duck »). Les péniches de débarquement, indispensables au transport des 1 200 000 GI massés dans le sud de l'Angleterre, et les Jeep furent aussi des instruments déterminants de la logistique en vue du jour J, auquel la Résistance française se prépara dès que la radio de Londres diffusa ces deux vers de Verlaine : « Les sanglots longs des violons de l'automne/Bercent mon cœur d'une langueur monotone. »
Pour en savoir plus, voir les articles histoire des États-Unis, États-Unis : vie politique depuis 1945.