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Alexandre Dumas

Alexandre Dumas
Alexandre Dumas

Écrivain français (Villers-Cotterêts 1802-Puys, près de Dieppe, 1870), fils du général Dumas.

Nom

Alexandre Dumas.

Naissance

Le 24 juillet 1802 à Villers-Cotterêts.

Famille

Fils d’un noble mulâtre de Saint-Domingue devenu général de la Grande Armée sous le premier Empire et d’une mère issue d’une famille d’aubergistes.

Formation

Études au collège privé de l’abbé Grégoire. Refus d’entrée au séminaire pour devenir prêtre. Engagé par le notaire de la ville dont il devient second clerc en 1822.

Début de carrière

Rencontre avec l’acteur Talma. Passion pour le théâtre. Écriture de récits et nouvelles, de pièces de théâtre avec divers collaborateurs. Rencontre avec la jeunesse romantique : Nodier, Hugo, Vigny, Musset…

Premiers succès (1829-1839)

Accueil triomphal de Henri III et sa cour à la Comédie-Française, puis d’Antony, drame en cinq actes. Production de La Tour de Nesle, réécrit par Dumas sur un manuscrit de Gallardet sans que le nom de ce dernier apparaisse. Premiers procès. Triomphe de Kean, comédie en cinq actes. Publication des premiers romans (Le Capitaine Paul).

Années de succès (1839-1853)

Début de la collaboration avec Auguste Maquet. Publication des Trois Mousquetaires (1844), de Vingt Ans après, du Comte de Monte-Cristo, de La Reine Margot, du Vicomte de Bragelonne, du Collier de la reine, de La Tulipe noire, de Mes Mémoires (1852).

Dernière partie de carrière

Démêlés nombreux avec la justice pour impayés. À partir de 1857, procédure de Maquet contre Dumas sur la propriété des livres écrits en collaboration. 1865 : publication de l’intégrale des œuvres de Dumas écrites depuis 1847 chez Michel Lévy.

Mort

Le 5 décembre 1870 à Puys près de Dieppe.

« Mon père est un fleuve… »

La présence de ce colosse éclatant de santé et de bonne humeur semble à première vue quelque peu incongrue dans une époque à laquelle Novalis a apporté l'« idéalisme magique », qui admire le cynisme provoquant de Byron, où Chateaubriand berce son orgueil mélancolique. Au fils d'un général d'Empire descendant du marquis Alexandre Antoine Davy de La Pailleterie et de Marie Cessette Dumas, esclave noire de Saint-Domingue, la nature bienveillante a épargné les tourments métaphysiques, les raffinements cérébraux, les grandes souffrances sentimentales, voire les ostracismes politiques chers à Hugo. Lui aussi est un républicain sincère : mais s'il se mêle aux combats de rue de juillet 1830, ce serait plutôt pour le plaisir. Les tristesses douces, les joies paisibles et intimes d'un Lamartine, la solitude hautaine autant qu'amère de Vigny, même le goût du fantastique cultivé par son ami Nodier, autant d'attitudes, de dispositions d'esprit étrangères à son tempérament. Aux subtilités introspectives de Stendhal, son heureux caractère fait préférer la compagnie de ses multiples maîtresses. Pas de complications. Nul mépris. En fait, il ignore les grands problèmes. Sauf ceux d'argent. Généreux jusqu'à la prodigalité, il dilapide les fortunes nées de sa plume dans des dépenses d'un mauvais goût énorme et bon enfant. Comme la plupart des écrivains de l'époque, il adore voyager. De pérégrinations qui l'entraînent de la Suisse à la Russie, Dumas rapporte des monceaux de notes consignées à partir de 1834 dans ses Impressions de voyage, aussi abondantes que ses Mémoires (1852-1854). Toutefois, si une expédition comme celle qu'il fit avec Garibaldi en 1860 peut rappeler par son objet l'entreprise de son aîné Byron, il n'y entre ni tragique ni désenchantement blasé. Il considère l'humanité sans hauteur, abandonne le sarcasme aux chefs de file du romantisme. Son arme, c'est l'esprit. L'esprit de boulevard mis à la mode par Béranger. Et pourtant, Alexandre Dumas père est un authentique produit de son siècle. Doué d'une fécondité étonnante, il y occupe par son talent, sa facilité et son imagination créatrice particulière une place à part, sans doute, mais une place de premier rang.

« Le casque du pompier, c'est l'équivalent du capucin baromètre… le pompier qui sort de la coulisse… c'est l'intérêt populaire… »

Le succès attaché à peu près à toutes les entreprises littéraires de Dumas- y compris le journalisme Le Mousquetaire, 1854-1857- est du à son instinct sûr de ce qui plaira à la foule. Pour le théâtre, celle des Boulevards, de la Porte-Saint-Martin. Il n'échafaude pas de doctes théories. Le critère du goût populaire lui suffit, et si ses comédies, dont la plus célèbre demeure Mademoiselle de Belle-Isle (1839), n'ajoutent rien à sa gloire, c'est, assez paradoxalement, que la comédie historique convient moins au joyeux Dumas que le drame du même nom. Dès 1829, précédant de peu la « bataille » d'Hernani, la représentation de Henri III et sa cour se termine en triomphe pour la nouvelle école. La Tour de Nesle (1832), par le panache, la superbe de Buridan joints aux noirceurs de Marguerite de Bourgogne, par sa démesure, ses clinquants historiques, ses répliques redondantes, hausse d'un seul coup le mélodrame au genre littéraire. Mais la veine de Dumas ne saurait s'enfermer dans une mode. Son intuition quasi infaillible de ce qu'attend le grand public le conduit, entre Henri III et la Tour de Nesle, à donner Antony (1831), une pièce qui semble prendre à contre-pied toutes les conceptions dramatiques du moment. L'auteur veut démontrer que « … les passions sont les mêmes au xve s. qu'au xixe s. et que le cœur bat d'un sang aussi chaud sous le frac de drap que sous le corselet d'acier ». Sorti de ses oripeaux, des allusions historiques, débarrassé de la pléthore de couleur locale, de tous les attributs où il s'étouffait lentement, le drame romantique se donne de l'air. Antony reçoit un accueil enthousiaste. Dumas a bien mérité du théâtre romantique.

« Récit qui court sans cesse et qui sait enlever l'obstacle sans jamais faillir. »

Son romantisme très personnel, Dumas l'apporte dans le roman. Ici, comme au théâtre, l'histoire se place au premier rang des préoccupations artistiques et de l'engouement du public. Ivanhoé, Quentin Durward ont fait école. Avec Dumas, l'histoire, même quand elle témoigne de la collaboration d'Auguste Maquet (1813-1888), ancien professeur, se dégage des annales historiques, des sphères littéraires, des thèmes idéologiques. Elle se transforme en quelque sorte en état du cœur. La verve, l'alacrité, le talent dramatique de Dumas, où le sens du dialogue l'emporte sur celui de la description, la rendent populaire. Par la magie de ce conteur sans égal et le truchement de leur feuilleton, les plus humbles lecteurs de la Presse ou du Siècle pénètrent dans l'intimité des héros des Trois Mousquetaires (1844). Avec eux, ils assistent aux grands événements de l'histoire. « En direct », pourrait-on dire. La vie déborde. Chevauchées, franches beuveries, amitié indissoluble, panache des rapports avec les femmes, tout cela va droit au cœur des foules et part à la conquête du monde, fixant à tout jamais dans l'esprit des gens le chevaleresque à la française. Pas de profondeur psychologique, une morale peu intransigeante, mais le mouvement (dont parle Sainte-Beuve), de grands mythes comme celui du justicier dans le seul roman, le Comte de Monte-Cristo (1844-1845), qui ne soit pas historique, quoiqu'il en garde l'esprit, font à Dumas un succès aussi énorme que sa production. Dans Vingt Ans après (1845), la Reine Margot (1845), le Chevalier de Maison-Rouge (1845), le Vicomte de Bragelonne (1848-1850) ou Ange Pitou (1852), le miracle de la vie est tel que le roman de Dumas est passé au rang de classique. À l'égal d'un Robinson Crusoé. Les cendres d'Alexandre Dumas ont été transférées au Panthéon (2002).