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vaudeville

(sans doute altération de *vauder, tourner, et virer)

Comédie légère fondée sur l'intrigue et le quiproquo.

Le terme de vaudeville désignait autrefois des chansons satiriques et mordantes, chantées dans les villages du Val-de-Vire et composées sur un air connu. Elles roulaient sur quelque aventure, quelque événement du jour. Aujourd'hui le mot sert à désigner une comédie d'intrigue, gaie, légère, riche en quiproquos et en situations inattendues.

Une forme frondeuse

Ainsi, à partir d'une chanson bachique, puis d'un montage de chansons et de dialogues, le vaudeville devient au xviiie s. une courte comédie en un acte, bouffonne et souvent satirique. C'était le plus souvent une série d'anecdotes, reliées entre elles par des couplets faisant allusion à l'actualité. Il était joué surtout au théâtre de la Foire, et Lesage, Fuzelier et Piron lui fournirent de nombreux types.

Cette forme frondeuse, qui nous fait penser à nos chansonniers actuels, subsista notamment avec Désaugiers, et l'on notera que le plus célèbre vaudeville parodique fut, au xixe s., Rude Blague (parodie du Ruy Blas de Victor Hugo), mais le genre évolua surtout dans deux autres directions : le développement de la partie chantée conduisit à l'opéra-comique, alors que, au contraire, la comédie-vaudeville (ou vaudeville, tout simplement) se développa en réservant une place prépondérante au dialogue et à l'action : les couplets chantés n'intervinrent plus qu'à la fin de certaines scènes et le plus souvent à la fin de certains actes. Dans les dernières années du xviiie s., le vaudeville est illustré par Pierre Barré (1750-1832), qui fonde en 1792, avec Pierre Piis, le Vaudeville, rue de Chartres ; il écrit en collaboration avec Rodet (1751-1831) et Desfontaines (1733-1825) de nombreuses pièces : Arlequin afficheur (1792), Gaspard l'avisé. Au xixe s., notamment depuis la Restauration, le vaudeville prend la forme de comédies gaies, coupées de couplets sur des airs connus. Il s'allonge d'un à cinq actes et mêle bouffonnerie et sentimentalité. Scribe est alors le plus célèbre représentant de cette manière, avec Labiche, qui triomphe sous le Second Empire en faisant représenter : Un chapeau de paille d'Italie (1851), le Voyage de Monsieur Perrichon (1860), la Cagnotte (1864).

Une genre en évolution

Labiche est le dernier grand vaudevilliste dans le premier sens du terme. Après lui, le vaudeville devient un genre dont la forme ne se distingue pas de celle de la comédie. Abandonnant presque tout couplet chanté, il est une sorte de farce, de comédie bouffonne, utilisant le genre ou les tics d'un acteur en vogue, multipliant les situations risquées, les imbroglios et les quiproquos. Le genre a atteint sa perfection avec Courteline et surtout avec Feydeau, qui, moins réaliste, moins « poète comique » que le premier, a su faire de ses pièces des constructions magistrales où les situations et leur évolution implacable suscitent à la fois suspense et rire. Des auteurs comme Scribe et Courteline (auteur entre autres de Lidoire, 1891 ; Boubouroche, 1893 ; Un client sérieux, 1897 ; Le gendarme est sans pitié, 1899 ; Le commissaire est bon enfant, 1900 ; l'Article 330, 1900 ; la Paix chez soi, 1903 ; le Train de 8 h 47, 1909) sont depuis entrés au répertoire de la Comédie-Française.

Aujourd'hui, le vaudeville se confond avec la comédie dite de boulevard, comédie légère dont le succès est dû avant tout à la présence d'un acteur connu et à la vivacité de l'action, souvent satirique. Cette dernière manière est illustrée par des dramaturges contemporains comme André Roussin, Barillet et Grédy, Françoise Dorin.

Pour en savoir plus, voir les articles vaudeville [littérature], vaudeville [musique].