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vaudeville

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

L'origine du terme a prêté à certaines confusions entre « vau (val) de Vire », impliquant une provenance normande du genre, et « voix de ville ». La seconde hypothèse est la plus plausible : il s'agit, en effet, au début du xvie siècle, de chansons urbaines constituées de petits couplets se chantant sur une même mélodie. La première apparition d'un « vaul de ville » se rencontre dans une « moralité » (jeu de cour) de Nicolas de la Chesnaye, la Condamnation de banquet (1507). Vers le milieu et la fin du siècle, le vaudeville s'étend aux couches supérieures de la société et va se confondre avec l'air de cour, prenant facilement un caractère grivois.

Parmi les premiers compositeurs qui publient des livres de vaudevilles ou d'airs de cour, il faut citer Pierre Certon (1552), suivi par Adrien Le Roy (Livre d'airs de cour mis sur le luth, 1571). Les premiers vaudevilles sont critiqués par du Bellay à cause de leur vulgarité. Quant à leur style musical, à l'inverse de l'écriture savante polyphonique, il adopte l'harmonisation verticale. Au xviie siècle, le vaudeville retourne à ses origines populaires, et une distinction entre airs de cour et vaudevilles commence à se préciser, tenant essentiellement au caractère de plus en plus satirique de ces derniers, fréquemment dirigés contre les personnages et les mœurs de la Cour. Un recueil de Ballard, la Clef des chansons (1717), rassemble 300 vaudevilles, dont certains datent « de cent ans et plus ».

Il est à noter que la tradition des vaudevilles se transmet plus oralement que par écrit. Les mélodies sont appelées « timbres ». Au début du xviiie siècle, les vaudevilles constituent la base musicale des théâtres populaires des foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent. Les interdictions et les restrictions imposées par l'Académie de musique aux spectacles non officiels conduisent à des subterfuges amusants : ainsi les fameuses « pièces par écriteaux » où les acteurs auxquels il est interdit de chanter portent sur la poitrine des pancartes avec des textes satiriques, tandis que les musiciens jouent des airs de vaudevilles connus. Des spectacles de ce genre sont couramment pratiqués par Favart, père de l'opéra-comique français (auquel néanmoins un arrêté, en 1745, interdit de s'exprimer), Lesage, d'Orneval, qui ouvrent la voie à Duni, Philidor, Monsigny. Avec eux, le genre passe dans le domaine professionnel et s'officialise. L'importance historique du vaudeville, tant musicale que scénique, est donc d'avoir permis, au xviiie siècle, la naissance et l'évolution de l'opéra-comique.

En 1792, un théâtre du Vaudeville est ouvert à Paris par Piis et Barré. Mais, à partir du xixe siècle, le vaudeville, tout en restant un genre comique, burlesque et de plus en plus nourri d'intrigues bouffonnes, perd ses attaches musicales folkloriques.

Pour en savoir plus, voir les articles vaudeville [généralités], vaudeville [littérature].