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Djokhar Moussaïevitch Doudaïev

Général et homme politique soviétique d'origine tchétchène (Pervomaïsk, Tchétchéno-Ingouchie, auj. Tchétchénie, 1944-Guekhi-Tchou, près de Groznyï, 1996).

À peine né, il est déporté avec sa famille dans la région de Pavlodar, au Kazakhstan, ainsi que des millliers de Tchètchènes et d'Ingouches, accusés par Staline de collaboration avec le IIIe Reich. Ce n'est qu'en 1957 que les survivants des « peuples punis » sont réhabilités par Khrouchtchev et autorisés à retourner dans leur région d'origine. Le jeune Djokhar rentre à Groznyï, alors capitale de la République socialiste soviétique des Tchétchènes-Ingouches. Sorti diplômé de l'école militaire de pilotage de Tambov (1966), il devient officier, sert en Sibérie, combat en Afghanistan avant d'accéder au grade de major-général en Estonie. Lors de la désintégration de l'U.R.S.S., il démissionne, rentre à Groznyï et s'engage dans la lutte politique. Profitant de la tentative de putsch contre Mikhaïl Gorbatchev, en août 1991, il chasse Dokou Zavgaïev, le chef local du parti communiste, se fait élire à la présidence de la République autonome tchétchène le 27 octobre 1991 avant de déclarer, le 1er novembre suivant, la souveraineté de la République tchétchène d'Itchkérie. Au pouvoir, D. Doudaïev parcourt l'Arabie saoudite, la Turquie, Chypre, le Liban, la Bosnie-Herzégovine dans le but de recruter des combattants islamistes. Il cherche également à tirer profit de la signature de nouveaux contrats par des pétroliers anglo-saxons en Azerbaïdjan, gage du transit de grandes quantités de pétrole – et de recettes tout aussi conséquentes – par le pipeline transtchétchène. Au printemps 1994, le président indépendantiste échappe à plusieurs tentatives d'assassinats de ses opposants, soutenus par la Russie du président Boris Ieltsine. Ce dernier, sous l'influence des économistes libéraux qui l'entourent (notamment Anatoli Tchoubaïs, le « père » des privatisations), attirés par la privatisation des raffineries situées en Tchétchénie et compromis dans de multiples trafics, opte finalement pour l'intervention militaire, le 11 décembre 1994, escomptant une victoire rapide. Doudaïev s'enfuit dans les montagnes du sud du pays et prend la tête d'une résistance impliquant l'ensemble de la population et ses principaux lieutenants : le chef d'état-major Aslan Maskhadov, le commandant Chamil Bassaïev. Réfugié dans son fief de Gekhi-Tchou, D. Doudaïev continue de négocier avec l'armée russe, mais, traqué depuis plusieurs mois par les services secrets russes, meurt dans la nuit du 21 au 22 avril 1996 dans un abri pulvérisé par un missile sol-air.