(731-Cordoue 788), émir de Cordoue (756-788).
Ayant échappé au massacre de sa famille ordonné par le premier Abbasside, il se réfugie en Afrique du Nord puis en Espagne, prend Séville (756) puis Cordoue où il se fait proclamer émir d'Andalousie. Il fonde l'empire omeyyade de Cordoue.
C'est sous son règne que Charlemagne pénétra jusqu'à Saragosse en 778 et que se situe l'épisode de Roncevaux.
Pour en savoir plus, voir l'article Omeyyades.
(Tolède 792-Cordoue 852), émir omeyyade de Cordoue (822-852).
Arrière-petit-fils d'Abd al-Rahman Ier et fils d'al-Hakam, il dut faire face à des révoltes et lutta contre les chrétiens. Constructeur, il fut également un protecteur des arts et des lettres.
(vers 890-Cordoue 961), souverain omeyyade d'Espagne (912-961), premier calife de Cordoue.
Le 16 octobre 912, un jeune homme de vingt-trois ans succède, comme émir de Cordoue, à son grand-père Abd Allah. C'est un Andalou au sang mêlé ; son père est un Arabe, mais sa mère, une esclave, est probablement originaire de Navarre. Le pays sur lequel il est appelé à régner est déchiré par les dissensions intérieures et menacé par ses voisins.
Le jeune émir va rétablir l'unité de son domaine en soulettant les féodaux arabes. Son principal adversaire, Umar ibn Hafsun, conduit la dissidence dans le Sud. Abd al-Rahman III dirige une série de campagnes et soumet nombre de chefs inféodés à son ennemi. En 917, Umar ibn Hafsun meurt ; dix années seront encore nécessaires pour mettre fin à la révolte et pour que le centre de la dissidence, Bobastro, tombe entre les mains des troupes de l'émir (janvier 928). Abd al-Rahman III complètera son œuvre d'unification en occupant Badajoz (930) et Tolède (932).
Au lendemain de sa victoire de Bobastro, le souverain montrera par un acte solennel qu'il est désormais le seul maître de l'Andalousie et marquera son indépendance complète à l'égard des califes abbassides de Bagdad. Il se proclamera lui-même calife et prince des croyants (amir al-muminin) et s'attribuera le surnom d'al-Nasir li-din-illah (« Celui qui combat victorieusement pour la religion d'Allah »).
Pour en savoir plus, voir l'article Andalousie.
Mais il avait fallu aussi assurer l'existence du califat vis-à-vis des royaumes chrétiens du nord de l'Espagne ; bien que leur situation fût précaire, ceux-ci n'en constituaient pas moins une menace pour l'Andalousie musulmane, contre laquelle ils lançaient d'audacieux coups de main. Abd al-Rahman avait pris l'offensive, mais celle-ci s'était soldée par un désastre : le roi de León, Ordoño II, avait remporté en effet une écrasante victoire sur les troupes arabes à San Esteban de Gormaz (917). Dans l'été 920, au val de Junquera, Abd al-Rahman avait pris une éclatante revanche sur le roi de León, cette fois allié au roi de Navarre. En 924, il s'était emparé de Pampelune et avait mis fin pour un temps aux agressions chrétiennes.
Le danger réapparaît avec la montée sur le trône de León, en 931, de Ramire II, qui va mener une lutte sans merci contre les Omeyyades d'Espagne. Avec l'aide du comte de Castille Fernán González et de la régente de Navarre Toda, Ramire II remporte sur Abd al-Rahman une grande victoire au fossé de Simancas (1er août 930). Mais la victoire de Ramire II sera sans lendemain. les généraux de Abd al-Rahman multiplient les incursions sur son territoire ; Ramire obtient une ultime victoire à Talavera vers 949, mais il meurt peu après.
Profitant des dissensions qui opposent ensuite les prétendants au trône de León, le calife remporte dès lors de nombreux succès.
Abd al-Rahman III se sent aussi menacé par les Fatimides, cette dynastie arabe qui, en quelques années, a étendu sa domination sur une grande partie de l'Afrique du Nord et a atteint les frontières du royaume idriside du Maroc. Le risque est grand, si les Fatimides se rendent maîtres du Maroc, de les voir s'attaquer ensuite à l'Espagne. Aussi, Omeyyades d'Espagne et Fatimides vont-ils se disputer le contrôle de ce territoire. En 927, Abd al-Rahman occupe Melilla et, en 931, Ceuta. Il fait reconnaître son autorité par les princes locaux du Nord du Maroc et du Maghreb central et, en 951, il annexe Tanger. Mais, en 958-959, les Fatimides passent à la contre-offensive : leur général, Djawhar al-Siqilli (?-992), mène une campagne victorieuse qui fait perdre au calife le contrôle des régions placées sous protectorat. Cependant, Abd al-Rahman réussit à conserver Ceuta et Tanger, places essentielles pour la surveillance du détroit de Gibraltar.
Abd al-Rahman est la figure dominante de l'histoire de l'Espagne musulmane : d'un royaume déchiré par la guerre civile, les rivalités des clans arabes et les dissensions des groupes ethniques, il fit un État uni, pacifié et prospère. Sous son règne, Cordoue devient une métroplole musulmane rivalisant avec les cités de l'Orient et jouissant d'un immense prestige dans le monde méditerranéen. Aux portes de cette ville, al-Nasir avait construit un immense palais, Medina Azara (Madinat al-Zahra), véritable foyer d'art et de pensée, qui témoigne du raffinement de la civilisation omeyyade d'Espagne.
Pour en savoir plus, voir les articles Cordoue, Omeyyades, Reconquista.