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Séville

en espagnol Sevilla

Séville
Séville

Ville d'Espagne, sur le Guadalquivir, capitale de l'Andalousie et quatrième ville d'Espagne.

  • Population : 698 042 hab. (recensement de 2011)
  • Nom des habitants : Sévillans

GÉOGRAPHIE

Centre administratif, commercial et touristique, avec quelques industries (agroalimentaire, constructions mécaniques, etc.), Séville occupe la position classique d'un port de mer à l'intérieur des terres : située à 120 km de l'embouchure du Guadalquivir, elle s'est établie à l'amont des Marismas, là où un pont pouvait aisément enjamber le fleuve, qu'anime encore de façon sensible la marée. C'est aussi en ce point que se croisent l'axe de circulation est-ouest de la plaine du Guadalquivir, que prolonge vers l'ouest la route de Huelva (via Augusta des Romains), et l'axe sud-nord, qui de Cadix gagne l'Estremadure et les deux Castilles. Enfin, Séville est au centre d'une riche région agricole, dont les productions, les huiles et les vins principalement, ont toujours entretenu un courant d'exportation notable.

Le climat de Séville est méditerranéen, avec des précipitations assez faibles (564 mm par an), qui tombent surtout entre octobre et mai, et des températures qui oscillent entre 28 °C en juillet et en août et 11 °C en janvier, pour une moyenne annuelle de 19 °C.

L'HISTOIRE DE SÉVILLE

Séville est l'antique Hispalis qui tombe successivement aux mains des Phéniciens, des Grecs, des Carthaginois et des Romains. Au ve s., les Vandales, qui laissent leur nom à la province d'Andalousie, s'en emparent à leur tour. En 461, Séville est la capitale d'un royaume wisigoth ; au milieu du vie s., Justinien y restaure pour quelque temps la puissance impériale.

De 601 à 636, le siège épiscopal de Séville a pour titulaire l'un des plus illustres docteurs de cette époque, Isidore, qui s'emploie à condenser dans un grand ouvrage, les Etymologiae, la somme des connaissances de son temps, legs du monde antique mis au service des croyances chrétiennes.

Conquise en 712 par les Berbères de Tariq, Séville tombe bientôt sous la dépendance de Cordoue, mais conserve, dans le cadre du califat omeyyade, son importance politique. En 844, cependant, les Normands n'hésitent pas à remonter le Guadalquivir et à menacer la ville. Après la chute du califat au xie s., Séville devient la capitale du royaume indépendant des Abbadides. Avec le règne des Almohades, qui débute à Séville en 1147, la cité se couvre de superbes édifices, dont certains subsisteront (Alcázar, Giralda, Torre del Oro).

C'est à Séville que le calife Muḥammad al-Nasir rassemble ses armées pour résister aux soldats chrétiens de Pierre II d'Aragon et d'Alphonse VIII de Castille. Il est battu à la sanglante bataille de las Navas de Tolosa le 16 juillet 1212. Au milieu du xiiie s., Ferdinand III de Castille entreprend la reconquête de l'Andalousie et, le 23 novembre 1248, il entre à Séville.

La ville devient une cité puissante, et son importance commerciale ne fait que grandir. À la fin du xiiie s., elle est la capitale du roi de Castille, Alphonse X le Sage.

Mais l'époque la plus brillante de son histoire se situe au xvie s., lorsque, après la découverte de l'Amérique, les galions espagnols déversent dans son port l'or et l'argent des mines du Mexique et du Pérou. Le rôle maritime et commercial de Séville est alors primordial. En 1503, les Rois Catholiques créent à Séville la Casa de Contratación, chargée de contrôler toutes les opérations commerciales d'outre-mer ; son trésorier est chargé de lever pour le roi d'Espagne le cinquième, ou quinto, de ce que produit l'Amérique. La Casa de Contratación voit ses statuts réorganisés plusieurs fois entre 1510 et 1543.

Le déclin économique de Séville, qui commence vers 1640 et qui est aggravé par la crise démographique consécutive à l'épidémie de peste en 1649, est consacré par le transfert de la Casa de Contratación à Cadix en 1717. Durant la guerre de l'indépendance contre Napoléon Ier, la ville est prise en 1810 par les troupes du maréchal Soult et occupée jusqu'en 1812.

En 1823, elle donne asile aux Cortes chassées de Madrid par le gouvernement absolutiste de Ferdinand VII. En 1843, elle se prononce contre le gouvernement du régent Espartero.

Au début de la guerre civile de 1936 à 1939, elle est ralliée au Mouvement national par le général Queipo de Llano.

L'ART À SÉVILLE

Séville islamique

Introduction

Nous ne conservons rien de la Séville omeyyade, que les califes, et en particulier ‘Abd al-Rahman II (822-852), avaient parée, entre autres, de murailles et d'une grande mosquée, et où les traditions des Romains et des Goths survécurent longtemps. Sous la dynastie des Abbadides (xie s.) et pendant la domination almohade (xiie s.), la ville, par le nombre des habitants et le talent de ses artistes, se posa en rivale de Cordoue. Abu Yaqub Yusuf (1163-1184) fut un de ses grands bienfaiteurs. On lui doit un pont sur le Guadalquivir, deux casbah, un aqueduc, les remparts et la nouvelle Grande Mosquée (commencée en 1171). De ces constructions et d'autres, il ne demeure que peu de choses : les restes de l'enceinte en pisé, flanquée de tours barlongues et précédée d'un avant-mur plus bas enveloppant les organes de défense ; quelques éléments, au reste splendides, du sanctuaire, qui jouit en son temps d'une grande célébrité.

La Grande Mosquée

C'était un édifice à dix-sept nefs, comme la Kutubiyya de Marrakech, mais plus profond, sur les fondements duquel fut construite au xve s. l'actuelle cathédrale. Celle-ci n'a gardé de la mosquée que le sahn, devenu le Patio de los Naranjos (des Orangers), la Puerta del Perdón (porte du Pardon), décorée dans la tradition andalouse d'étoiles et d'hexagones garnis d'inscriptions arabes, et la Giralda (1184-1195). Cet ancien minaret, parent de ceux de Ḥasan et de la Kutubiyya au Maroc, élève à près de 100 m des murs de brique sur une base carrée de 13,55 m de côté. Le lanternon qui le dominait a été remplacé, au xvie s., par le couronnement dont la statue, servant de girouette (giraldillo), a donné son nom à l'édifice. Ses faces sont divisées en trois registres verticaux, creusés de fenêtres géminées et d'arcatures aveugles dont les lobes servent de départ à des entrelacs.

L'Alcázar

À l'emplacement du château arabe, Pierre Ier le Cruel mit en chantier (1364-1366) son propre palais, le plus pur et le plus glorieux édifice de style mudéjar, en grande partie réalisé par des Grenadins sur le modèle de l'Alhambra, et non sans remploi de matériaux de Cordoue et du palais de Madinat al-Zahra. Les restaurations des xvie s., xviie s. et xxe s. ont un peu défiguré l'Alcázar. Celui-ci s'ordonne autour du Patio de las Doncellas (des Jeunes Filles), à péristyle, et du patio, plus petit, de las Muñecas (des Poupées). Ses salles sont somptueusement décorées : on y remarque en particulier les arcs lobés en faveur au xive s. et les portes en bois à panneaux géométriques. Le grandiose portail à auvent de la façade et les délicieux jardins de strict canon musulman méritent une mention spéciale.

Les autres monuments

L'influence de l'Alhambra se retrouve ultérieurement à la Casa de Pilatos, de style mudéjar, et en partie à la Casa de las Dueñas (palais des Duègnes, aujourd'hui palais du duc d'Albe), mélange d'arabe, de gothique et de Renaissance. Les églises San Lorenzo et San Marcos sont d'anciennes mosquées très transformées. La seconde conserve son minaret almohade. Santa Ana est une synthèse de roman et de mudéjar. Bien antérieure, la Torre del Oro, construite par l'Almohade Yusuf al-Mustansir, en 1220, pour défendre le palais et le fleuve, avait son pendant sur l'autre rive.

Les arts mineurs

Si le décor de faïence de la Giralda, seulement marqué de cercles noirs isolés dans la brique rose, traduit un déclin passager des ateliers de céramistes, Séville, comme les autres cités d'Espagne, produisit à d'autres époques d'éclatants azulejos. Ses ateliers de tissage (soie et or), rivaux de ceux d'Almería, furent actifs surtout au xiie s. À sa mort, Pierre Ier le Cruel possédait, dit-on, cent vingt-cinq coffres de draps d'or. Les orfèvres, les joailleries et les bijoutiers pratiquaient toutes les techniques : damasquinage, filigrane, émaillage, incrustation, niellure, sertissage, ciselage : leurs traditions ont participé au maintien d'un artisanat vigoureux qui n'a pas disparu de nos jours.

L'art occidental

La domination musulmane n'est qu'un moment de l'histoire de Séville, qui fut aussi, et successivement, gothique, renaissante et baroque.

En 1401 s'ouvre un important chantier gothique avec le début de la construction de la cathédrale. Après 1454 s'y développe une sculpture attachante, celle de Lorenzo Mercadante de Bretaña et de son élève Pedro Millán.

La chute de Grenade, en 1492, provoque à Séville un renouveau de l'art mudéjar, marqué, comme on l'a dit, par la construction de la Casa de las Dueñas et surtout de la merveilleuse Casa de Pilatos. Le plateresque rivalise de richesse avec cet art exubérant dans l'Ayuntamiento (hôtel de ville), commencé en 1527 par Diego Riaño (?-1534) et considérablement agrandi par la suite.

Cependant, dans cette cité qui contrôle depuis le début du xvie s. le commerce des Indes occidentales, se développe un important marché de peinture. Alejo Fernández (vers 1475-vers 1545) préside à l'éveil de cette activité. D'autres artistes, comme lui d'origine étrangère, tels le Bruxellois Pieter Kempeneer (Pedro de Campaña), et le Hollandais Hernando Sturm, y cultivent ensuite le maniérisme.

Dans la seconde moitié du xvie s. se développe un classicisme sévère. Juan de Herrera (vers 1530-1597), l'architecte de l'Escorial, dessine la Lonja, ou Bourse de commerce, dont il confie la réalisation à son disciple Juan de Minjares (ou Mijares, † 1599).

Pendant le Siècle d'or, la peinture sévillane brille d'un exceptionnel éclat, qu'annonce l'œuvre de Roelas. Entre 1620 et 1630 se manifestent quatre génies : Francisco Herrera le Vieux, Vélasquez, Zurbarán et Alonso Cano. Vers le même moment, Juan Martínez Montañés fait naître une grande école sévillane de sculpture baroque. Alors que la décadence économique s'esquisse dès 1640, la ville demeure un important foyer d'art durant tout le xviie s., grâce à Murillo et à Valdés Leal.

Mieux, avec un décalage surprenant, c'est seulement à la fin du xviie s. et au début du xviiie s. que s'épanouit en architecture le baroque sévillan. Leonardo Figueroa (vers 1650-1730), qui lui donna son visage particulier, dirige la construction de l'hôpital des Venerables Sacerdotes (1687-1697). Il élève la grande église dominicaine de San Pablo (1691-1709), la majestueuse collégiale de San Salvador (1696-1711), l'église San Luis du noviciat des jésuites (1699-1731). Son chef-d'œuvre est le Colegio seminario de San Telmo (1724-1734), mais il est aussi l'auteur du couvent de La Merced, aujourd'hui musée des Beaux-Arts. Un accent viril est apporté par le dernier monument du xviiie s., l'ancienne Manufacture des tabacs (1725-1757), aujourd'hui affectée à l'université, qui fut l'œuvre de plusieurs architectes.

En 1992, Séville a accueilli, dans l'île de la Cartuja, l'Exposition universelle. Des pavillons, des jardins, des ponts audacieux sur le Guadalquivir, ont été réalisés à cette occasion.

LES MUSÉES DE SÉVILLE

Le musée des Beaux-Arts, dans l'ancien couvent de la Merced, offre un panorama particulièrement riche de la peinture espagnole et sévillane du Siècle d'or (Pacheco, les Herrera, Roelas, et surtout Zurbarán, Murillo, Valdès Leal) et du xixe s. (Esquivel, José Gutiérrez de la Vega, Gonzalo Bilbao. Le Musée archéologique, dans le parc María Luisa, abrite d'intéressantes collections de préhistoire (trésor d'El Carambolo, viiie s. avant J.-C.) et d'archéologie romaine.