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Drapeau du Tadjikistan

Tadjikistan

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Carton de situation

Tadjikistan
Nom officiel : République du Tadjikistan

État d'Asie centrale, le Tadjikistan est limité au nord par le Kirghizistan, à l'est par la Chine, au sud par le Pakistan et l'Afghanistan et à l'ouest par l'Ouzbékistan.

Superficie : 143 000 km2
Nombre d'habitants : 6 952 000 (estimation pour 2009)
Nom des habitants : Tadjiks
Capitale : Douchanbe
Langue : tadjik
Monnaie : somoni

Chef de l'État : Emomali Rakhmonov

Chef du gouvernement : Akil Akilov

Nature de l'État : république

Constitution :

 Entrée en vigueur : 6 novembre 1994

 Révision : septembre 1999

Institutions

Exécutif

Chef de l'État : président de la République

Chef du gouvernement : Président du Conseil des ministres

Législatif

Le Parlement se compose de l'Assemblée des représentants et de l'Assemblée nationale.

GÉOGRAPHIE

Le Tadjikistan est un pays de hautes montagnes : la majeure partie du territoire se situe au-dessus de 3 000 m d'altitude. La moitié orientale, qui forme la région autonome du Haut-Badakhchan, fait partie du massif du Pamir et possède de très hauts sommets : pic Ismaïl-Samani (7 495 m), pic Lénine (7 134 m). Le sud-ouest du pays s'organise autour de la capitale, Douchanbe, et des vallées du Vakhch et du Kafirnigan, jusqu'au Piandj, affluent de l'Amou-Daria (qui forme la frontière avec l'Afghanistan). Les chaînes du Turkestan, du Zeravchan et de Hissar, orientées ouest-est, ne favorisent guère l'accès à l'enclave tadjik située au nord, dans la dépression du Fergana, dont Khodjent, la deuxième ville du pays, sur les rives du Syr-Daria, est le centre économique. La difficulté des communications, la dépendance économique vis-à-vis de l'extérieur et, surtout, la guerre civile déclenchée en 1992 ont précipité la chute de l'économie du Tadjikistan, qui était déjà l'une des républiques les plus pauvres de l'ex-U.R.S.S.

   Le peuple tadjik, qui constitue un peu moins des deux tiers de la population totale, est l'une des rares ethnies non turques d'Asie centrale. Proche des Iraniens, les Tadjiks parlent une variante du persan ; ils sont également présents en Afghanistan, en Ouzbékistan et même en Chine. Les populations du Haut-Badakhchan, dans le Pamir, confondues avec les Tadjiks par les Soviétiques, parlent d'autres dialectes du groupe iranien. Ensuite viennent les Ouzbeks (23 % de la population), regroupés dans les villes et la vallée de Fergana. La population russe, massivement émigrée depuis l'indépendance (1991) et la guerre civile qui suivit, ne représentait plus que 4 % de la population en 1995. La religion principale est l'islam sunnite (à la différence de l'Iran, chiite). De toutes les anciennes « Républiques musulmanes » de l'U.R.S.S., c'est au Tadjikistan que le fondamentalisme est le plus vivace.

   Le sud du pays concentre les deux tiers de la population : les régions agricoles de Kouliab et de Kourgan-Tioube procurent du coton de bonne qualité, des céréales, des fruits et des légumes, grâce à l'irrigation. Sur le Vakhch, alimenté par les abondants glaciers du massif du Pamir, le barrage de Nourek, l'un des plus hauts du monde, fournit une abondante production hydroélectrique. Douchanbe, un ancien marché local, ne s'est développée qu'à partir des années 1930 : au secteur des services s'ajoutent des industries mécaniques (outillage), textiles et agroalimentaires. La gigantesque usine d'aluminium de Toursounzade s'avère aujourd'hui peu rentable, car elle dépend des importations. Au nord, la vallée du Zeravchan, isolée, permet le passage vers le bassin de Fergana et la ville de Khodjent. Important centre agro-industriel, celle-ci est orientée vers la production textile (soie et coton) et comprend un ancien complexe militaro-industriel, Tchkalovsk, qui est passé de la transformation de l'uranium à celle du plomb. Le Haut-Badakhchan, au sud-est, est quasiment inhabité ; bordant la Chine et l'Afghanistan, proche du Cachemire pakistanais, il constitue un important passage pour la contrebande. La population y pratique un peu d'élevage transhumant, mais la rudesse du climat rend le développement de la région difficile.

HISTOIRE

La période précoloniale

Les tribus est-iraniennes constituent les populations sédentaires des oasis d'Asie centrale. Dès le Ve s. de notre ère, ces tribus entrent en contact avec des nomades turcophones arrivés par vagues successives de haute Asie et avec lesquels ils développent une complémentarité sociale et économique. Malgré la diffusion en Asie centrale de divers dialectes turciques, le persan est la langue de la cour des Samanides (Xe s.) et des Timourides (XIIIe-XIVe s.) et reste largement parlée par les commerçants, les populations urbaines et les sédentaires montagnards..

La période coloniale et soviétique

La chute de Tachkent (1865) puis l'annexion du khanat de Kokand (1876) marquent l'avancée des troupes tsaristes en Asie centrale. Les ethnologues russes nomment « Sartes » tous les sédentaires urbains ou ruraux de la région, quelle que soit leur langue. L'ethnonyme « Tadjik » est alors réservé aux populations sédentaires des montagnes, qui sont restées à l'écart du métissage turco-persan, et parlent exclusivement le tadjik, variante orientale du persan. Mais l'instauration du régime communiste après la révolution de 1917 entraîne l'abandon de la catégorie Sarte que Staline, commissaire aux nationalités, qualifie de bourgeoise. Les anciens Sartes sont alors reclassés suivant une logique linguistique : les Tadjiks regroupent désormais l'ensemble des populations parlant le tadjik, qu'il s'agisse des villageois de montagnes ou des citadins largement polyglottes ; les Ouzbeks désignent quant à eux un ensemble hétéroclite de tribus turcophones sédentarisées ou semi-nomades. La division ethno-territoriale de l'Asie centrale aboutit à la création en 1924 d'une République socialiste soviétique (R.S.S.) d'Ouzbékistan, à laquelle est fédérée une R.S.S. autonome tadjike. Le Tadjikistan accède au statut de R.S.S. à part entière en 1929 avec Stalinabad (actuelle Douchanbe) pour capitale. L'impossibilité de faire correspondre groupes ethniques et territoires conduit au maintien d'une large communauté turcophone (25 % de la population) au Tadjikistan. La période soviétique est marquée par de vastes aménagements hydrauliques qui permettent d'étendre la surface agricole irriguée à plus d'un million d'hectares, voués majoritairement à la culture du coton. À partir de 1985 et du lancement de la politique de perestroïka par Mikhaïl Gorbatchev, le Tadjikistan connaît une période de liberté au cours de laquelle toutes les revendications sont permises : valorisation de l'islam, démocratisation politique, libéralisation économique, tensions nationalistes à l'égard des réfugiés arméniens.

Le Tadjikistan indépendant

Le Tadjikistan accède à l'indépendance à la suite de la dissolution de l'U.R.S.S. fin 1991. L'élection présidentielle de novembre 1991 permet à l'ancien premier secrétaire du parti communiste tadjik Rakhmon Nabiev de prendre le pouvoir. L'opposition regroupe un ensemble hétéroclite de démocrates, de nationalistes (parti Rastakhez), de régionalistes du Pamir et d'islamo-conservateurs (parti de la renaissance islamique PRI), unis contre le leader communiste. L'exacerbation des revendications politiques, économiques et sociales éclate en une guerre civile (1992-1997), dont le clivage idéologique recoupe une rivalité régionale : le camp communiste regroupe les nordistes de Khoudjand et les sudistes de Koulob, tandis que les démocrates se concentrent à la capitale et les islamo-conservateurs sont issus de la région montagneuse de Gharm, au centre du pays. Le conflit se solde par 50 000 morts, un million de déplacés et la signature en juin 1997 d'un accord de paix qui établit un gouvernement d'union nationale entre les communistes d'Emomali Rahmonov et le PRI d'Abdoulla Nouri. Les premières élections – présidentielle (novembre 1999) et législatives (février-mars 2000) –, depuis la fin de la guerre civile, sont respectivement remportées par Emomali Rahmonov (97 %) et par son parti populaire démocratique (64,5 %). En mars 2000, la dissolution de la Commission de réconciliation nationale met officiellement fin au processus de paix et consacre la victoire de Rakhmonov qui élimine progressivement tous ses opposants politiques (Nouri décède en 2006) et développe une gestion patrimoniale du pays. Il est réélu président en novembre 2006 avec près de 80 % des voix.

   En termes de politique étrangère, le Tadjikistan reste très lié à la Russie, qui a conservé sa 201e unité d'infanterie à Douchanbe, assiste le pays dans le contrôle de ses frontières et représente le principal investisseur, particulièrement dans le secteur hydroélectrique. L'Iran, malgré le clivage confessionnel (les Tadjiks sont sunnites et les Iraniens chiites), développe de nombreux projets de coopération avec son voisin persanophone dans les domaines culturel, médiatique et d'infrastructure. Enfin, l'ouverture de voies terrestres avec la Chine (col de Koulma) et l'Afghanistan (ponts sur la rivière Piandj) ainsi que l'implantation en décembre 2001 d'une base militaire française à Douchanbe dans le cadre de l'intervention alliée en Afghanistan contribuent à renforcer la position stratégique du Tadjikistan en Asie centrale.

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