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îles Salomon

en anglais Solomon Islands

Carton de situation - îles Salomon
Drapeau des îles Salomon
Drapeau des îles Salomon

État insulaire d'Océanie, les îles Salomon sont situées en Mélanésie, dans l'océan Pacifique occidental, à l'est de la Nouvelle-Guinée.
Les îles Salomon sont membre du Commonwealth.

  • Superficie : 30 000 km2
  • Nombre d'habitants : 561 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Salomonais
  • Capitale : Honiara
  • Langue : anglais
  • Monnaie : dollar des îles Salomon
  • Chef de l'État : Élisabeth II représentée par Frank Kabui
  • Chef du gouvernement : Gordon Darcy Lilo
  • Nature de l'État : monarchie constitutionnelle à régime parlementaire
  • Constitution :
    • Entrée en vigueur : 7 juillet 1978
Pour en savoir plus : institutions des îles Salomon

GÉOGRAPHIE

L'archipel des Salomon s'étend entre 5° et 12° de latitude nord. Les deux îles septentrionales, Buka et Bougainville, font aujourd'hui partie de l'État de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les autres îles, ancien protectorat britannique, ont obtenu leur indépendance en 1978 et forment l'État des Salomon. Les îles sont alignées en deux rangées : Choiseul, Santa Isabel, Malaita au nord-est, Vella Lavella, Nouvelle-Géorgie, Guadalcanal, Russell, Florida et San Cristobal au sud-ouest ; il s'y ajoute le petit archipel de Santa Cruz et quelques atolls (Ontong Java). Les îles principales sont montagneuses et quelques volcans sont encore en activité. Les pluies sont très abondantes (2 à 4 m par an). La forêt dense cache quelques groupes isolés qui vivent de cultures sur brûlis.

La population, estimée à plus de 500 000 habitants en 2009, augmente rapidement, avec un taux d'accroissement naturel de 2,6 % par an, ce qui explique sa grande jeunesse (39 % sont âgés de moins de 15 ans). Près de 90 % des Salomonais se concentrent sur les littoraux, où ils vivent de l'horticulture vivrière traditionnelle (taro, igname, banane, patate douce, manioc) et de la pêche côtière. Le riz est cultivé dans la plaine du nord de Guadalcanal ; il existe également de grandes plantations de cocotiers et de palmiers à huile. Dans son ensemble, l'agriculture fournit près de 50 % du produit intérieur brut (PIB). Le pays dispose d'une importante zone économique exclusive (ZEE) de 1,3 million de km2 ; des droits de pêche sont concédés aux grandes puissances maritimes du Pacifique, notamment au Japon. Le coprah, l'huile de palme, le bois de charpente et le thon constituent les principaux produits d'exportation. Les îles Salomon sont, dans la région, le pays dont l'autosuffisance économique est le plus élevé. Les infrastructures sont un legs de la forte présence américaine pendant la guerre du Pacifique. La capitale, Honiara, est la seule ville notable. Elle est le siège de l'Agence des pêches de l'organisation régionale de coopération économique du Pacifique sud (SPEC).

HISTOIRE

L'Espagnol Alvaro de Mendaña de Nerta découvre en 1568 l'archipel qu'il nomme en référence au roi Salomon ; Bougainville y passe, deux siècles plus tard. Les îles du Nord sont soumises à un protectorat allemand en 1885, mais, à la suite d'un échange avec Samoa, la Grande-Bretagne étend, en 1893, sa domination sur tout l'archipel à l'exception de Buka et Bougainville, restées allemandes. Elles passeront sous mandat australien en 1921. En 1942, les Japonais envahissent les îles Salomon, qui deviennent un champ de bataille particulièrement sanglant jusqu'en 1945 ; les Américains reprennent Guadalcanal après 6 mois de combat à l'hiver 1942-1943 ; la population et le paysage sont restés marqués par la dureté des affrontements. Le protectorat britannique a été aménagé en 1960 : une Constitution a été accordée prévoyant l'élection d'une assemblée. Le 7 juillet 1978, l'indépendance est proclamée, le nouvel État restant dans le Commonwealth.

Les îles Salomon sont très actives sur la scène régionale du Pacifique sud. C'est sur une initiative du gouvernement d'Honiara qu'a été créé en 1986 le groupe dit du « fer de lance mélanésien », regroupant les Salomon, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Vanuatu, destiné à soutenir la cause des Mélanésiens de Nouvelle-Calédonie. Les velléités sécessionnistes de l'île papouane de Bougainville, très proche des îles Shortland (nord-ouest des Salomon), suscitent des tensions régulières entre Honiara et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, liées aux incursions armées dans les deux sens. L'amorce d'un processus de paix conduit à une amélioration des relations bilatérales en 1997.

En juin 2000, une milice locale prend en otage le Premier ministre B. Ulufa'alu, victime de la lutte que se livrent deux groupes ethniques sur l'île de Guadalcanal depuis début 1999 : les militants du Isatambu Freedom Fighters (IFF) cherchant à chasser les habitants originaires de l'île voisine de Malaita, regroupés au sein de la Malaita Eagles Force (MEF), à l'origine du coup de force. En proie à une guerre civile larvée entraînant plusieurs centaines de victimes, l'ex-protectorat britannique connaît une crise profonde : à la paralysie du gouvernement, incapable de gouverner dans un État de non droit, s'ajoute une crise économique sans précédent. En juin 2003, la constitution, à l'initiative des seize membres du Forum du Pacifique, et l'envoi d'une force multinationale (environ 2 200 hommes) placée sous commandement australien permet la cessation des hostilités et le retour à la stabilité. À la suite de l'adoption en 2008 par le Parlement de la loi relative à la « Commission vérité et réconciliation », celle-ci est officiellement ouverte en avril 2009 en présence de Monseigneur Desmond Tutu et rend son rapport final en février 2012 au Premier ministre qui tarde cependant à le divulguer.

La vie politique nationale est dominée par la succession rapide de Premiers ministres (tous les trois ans en moyenne) depuis l'indépendance. Les allégeances politiques sont très lâches et plus fondées sur des liens personnels et sur des sujets précis que sur l'appartenance partisane. Un projet de loi sur les partis visant à donner davantage de stabilité au système politique – en empêchant notamment les parlementaires de changer de camp –, ayant été écarté, les élections de 2010 entraînent, tout comme celles de 2006, une grande fragmentation du Parlement national. Les candidats indépendants viennent encore en tête du scrutin avec 19 sièges devant le parti démocrate des îles Salomon (13 sièges) et onze autres « partis » dont certains récemment créés. Sept d’entre eux, représentés par 27 députés sur 50, créent alors une « Coalition nationale pour la réforme et le progrès » qui élit Danny Philip à la tête du gouvernement. Ce dernier, suspecté de mauvais usage des fonds d’aide alloués par Taïwan et menacé par une motion de censure, doit cependant démissionner l’année suivante. Gordon Darcy Lilo lui succède en novembre 2011.